LA VENGEANCE DE MAITRE FRASNE

Une petite valise à la main, engoncé dans son pardessus à cause de

la fraîcheur matinale, M. Frasne descendit de l'express de sept

heures à la gare de Chambéry, et d'un pas rapide regagna son

domicile après deux jours d'absence. À l'air emprunté de la femme

de chambre qui lui ouvrit la porte, il comprit immédiatement qu'il

s'était passé ou qu'il se passait quelque chose dans sa maison.

C'était un homme approchant de la cinquantaine, assez bien

conservé, correct, froid et distingué au premier aspect, mais dont

les lèvres charnues et surtout les yeux à fleur de tête, à demi

dissimulés derrière le lorgnon, causaient bientôt une impression

inquiétante:

--Tout va bien? demanda-t-il malgré son fâcheux pressentiment. Et

Madame?

La servante mît dans sa réponse un imperceptible accent de

raillerie:

--Madame est partie hier soir pour l'Italie avec ses malles.

--Pour l'Italie?

--Oui, monsieur.

--À quelle heure?

--À minuit.

--Sans explications?

--Madame m'a dit en s'en allant que Monsieur était prévenu.

--En effet, répliqua M. Frasne avec sang-froid. Vous me porterez à

déjeuner dans mon cabinet.

Et sans manifester plus de surprise, il entra dans son cabinet de

travail, qui communiquait avec l'étude. À quoi bon interroger

cette fille malveillante et évidemment mal renseignée? La nouvelle

inattendue qu'il recevait à bout portant comme un coup de feu ne

lui faisait encore aucun mal. Il n'en éprouvait que de

l'étonnement. Une blessure, même mortelle, ne se distingue pas

tout d'abord d'un simple choc. Il faut quelque temps pour en

souffrir. Le regard aiguisé et les nerfs tendus, il remarqua sur

la table une lettre fermée qui s'y trouvait placée de façon

ostensible et presque agressive. Il la prit en main sans l'ouvrir,

cherchant à la deviner. Elle contenait sans doute l'explication de

ce départ, --abandon, bravade ou inconséquence? Après neuf années

de mariage, il était si peu sûr de sa femme que toutes les

conjectures lui paraissaient également vraisemblables. Devait-il

lui chercher un compagnon de fuite ou imaginer le caprice d'une

neurasthénique qui ne tarderait pas à rentrer au bercail? Le nom

de Maurice Roquevillard ne s'imposait pas à son esprit. Mme Frasne

recherchait les hommages et s'en divertissait: chacun lui faisait

une cour anodine. Il pouvait donc ne pas prendre au sérieux la

banale amitié qu'elle témoignait à son clerc, bien que par des

lettres anonymes il eût appris que la ville s'en préoccupait avant

lui. Il partageait le dédain assez commun des hommes mûrs pour les

jeunes gens qui, prenant le temps pour allié, se contentent

volontiers de l'espérance. À mesure qu'on perd sa jeunesse, c'est

toujours son âge ou un âge rapproché du sien que l'on attribue aux

séducteurs. Les sentiments ne valaient à ses yeux qu'appuyés sur

des contingences, et il savait combien d'adultères de désir les

coalitions morales de la province empêchent de se réaliser. Puis,

comment admettre une hypothèse aussi déraisonnable que le

renoncement volontaire à une situation confortable et de tout

repos? Il ne comprenait pas, mais il se trouvait en présence d'un

fait, lui qui n'attachait d'importance qu'aux faits. Irrité de ce

mystère que sa clairvoyance n'élucidait pas, il déchira

l'enveloppe et lut:

"Monsieur, je ne vous ai jamais aimé, et vous le saviez. Qu'est-ce

que le coeur d'une femme pour qui la possède par acte authentique?

J'ai pu subir neuf ans cet esclavage parce que je n'aimais pas.

Tout est changé aujourd'hui: je me libère loyalement au lieu de me

partager. Qui me retiendrait? Au début de notre mariage vous

redoutiez les enfants: il eût peut-être suffi d'une petite main

tendue pour m'enchaîner tout à fait, mais notre maison est vide et

personne n'a besoin de moi. Vous m'avez estimée cent mille francs

dans notre contrat de mariage. Vous trouverez naturel que

j'emporte mon prix. J'ai payé, la première, avec ma jeunesse. En

vous quittant, je vous pardonne. Adieu.

"Édith DANNEMARIE."

Pour maître Frasne, soit par coutume professionnelle, soit par

tournure d'esprit positif, toutes les choses de la vie, même les

sentiments, se traduisaient en actes et obligations. Notre

caractère gouverne jusqu'à nos agonies dans ce naufrage ou son

existence s'abîmait, il n'était sur le moment sensible qu'à la

perte de sa femme et non à celle de son argent, bien qu'il n'en

fût pas prodigue; mais, pour revivre son passé et exaspérer sa

douleur, il alla d'instinct exhumer d'un carton son contrat de

mariage auquel la lettre faisait allusion. Avec, le papier timbré,

il évoqua plus nettement la grande passion de son arrière-

jeunesse. Il revit, sur un seuil d'église, une jeune fille svelte

et souple dont les mouvements et les yeux dénonçaient la fièvre

intérieure. C'était à la Tronche, près de Grenoble, son pays

d'enfance. Il y venait en vacances chaque été, de Paris où il

était premier clerc; il ne pouvait se résoudre, malgré la

quarantaine menaçante, à quitter définitivement la capitale pour

acquérir une étude en Dauphiné. Informations prises, Édith

Dannemarie habitait avec sa mère, dans le voisinage, une petite

maison où les deux femmes s'étaient retirées presque sans

ressources après la mort du chef de famille, qui s'était ruiné au

jeu. Une jeune fille à la campagne, avec ces yeux-là, devait être

une proie facile. Deux ans de suite, il tenta de s'en emparer.

Elle attendait un prince, car elle était exaltée, et

s'impatientait de l'attendre, la solitude échauffant son

imagination. Ainsi elle le rebutait, mais pas assez pour

l'éloigner sans retour. Elle découvrait sans études préparatoires

l'art de se promettre en se refusant et le pratiquait aux dépens

d'un homme que des conquêtes dans un monde trop aisé et des

habitudes sensuelles devaient rendre plus irritable et nerveux

devant cette coquetterie. Il dut se reconnaître vaincu: son désir

fut plus fort que son intérêt. Ayant perdu ses parents qui lui

transmettaient un bel héritage, il se décida enfin à demander

officiellement la main qui le repoussait tout en lui montrant la

place d'un anneau de fiançailles.

Comment pouvait-il, à travers les clauses laconiques d'un contrat,

relever les traces de cet amour? Un article concédait à la future

épouse, en considération du mariage, une donation de cent mille

francs; non pas, comme il est d'usage et presque de style en

pareil cas, une donation sous la condition de survie du donataire,

mais une donation immédiate, comportant une translation de

propriété. Cette générosité anormale, c'était la preuve de sa

faiblesse, le témoignage lamentable de sa défaite. Elle conférait

l'authenticité à sa passion.

M. Frasne fut arraché à son examen par la femme de chambre qui lui

apportait son chocolat. Elle observa son maître du coin de l'oeil

tout en le servant, et fut déconcertée de lui voir en main des

papiers d'affaires. Il compulsait un dossier, quand elle guettait

son dépit ou sa fureur pour l'annoncer à la ville. D'un geste, il

la congédia. Il déjeuna sans appétit, par ordre de sa volonté;

n'aurait-il pas besoin de ses forces intactes, tout à l'heure,

quand il lui faudrait prendre une décision?

Tandis qu'il avalait de petites gorgées brûlantes, il achevait de

revivre les années mortes. Il les revivait à son point de vue,

incapable, comme beaucoup d'hommes et comme presque toutes les

femmes, de se représenter celui de son partenaire. C'était, après

bien des hésitations et des délais qui ne venaient pas de son

côté, le mariage à la Tronche, puis le départ pour Paris. Paris

lui révélait une compagne inconnue qui, de l'isolement et de la

monotonie, passait sans transition et sans surprise à la plus

folle agitation. Elle ne le ménageait pas dans sa maturité, mais

il ne respectait pas sa jeunesse. C'était alors que, dans l'espoir

de se reposer en province, il avait acquis à Chambéry l'office de

maître Clairval, à défaut d'une étude vacante à Grenoble. Mme

Frasne s'était pliée, avec l'indifférence de ceux que la vie ne

peut plus satisfaire, à un changement d'existence aussi radical.

Elle paraissait accepter la retraite comme le plaisir, sans élan

mais sans objection. Deux ans s'étaient écoulés ainsi, paisibles

autant qu'ils pouvaient l'être auprès d'une femme qui, même dans

le calme, ne cessait d'inspirer quelque inquiétude. Et

brusquement, quand il la croyait enlisée dans l'aisance, les

bonnes relations et le trantran journalier, sans crier gare, elle

abandonnait le domicile conjugal pour s'enfuir avec un amant.

Abattu par une catastrophe qui ne le trouvait pas préparé, le

notaire avait remonté machinalement la pente de ses souvenirs que

précisait un acte civil. De nouveau il rencontra l'abîme et, cette

fois, il le mesura mieux. Ce Maurice Roquevillard qu'il dédaignait

en arrivant s'imposait maintenant à sa fureur jalouse. Édith

n'était point partie seule. Elle était partie avec lui,

probablement, sûrement. En ce moment même, là-bas, très loin, en

Italie, hors d'atteinte, il la pressait sur sa poitrine... M.

Frasne prit son mouchoir, le passa sur ses yeux, puis le déchira à

pleines dents. Il pleurait et ne se possédait plus. "Il m'aime à

sa manière ", avait-elle dit de lui.

Cette manière, qui n'est pas la plus noble, est la plus fertile en

tourments: elle se heurte à des images définies et cruelles, elle

laboure le coeur, comme une charrue la terre, et met à nu la

haine.

M. Frasne reprit la lettre et le contrat, non plus pour

approfondir sa misère, mais pour y chercher sa vengeance. Les

clercs ne tarderaient pas à envahir l'étude. Il fallait avant leur

venue mener son enquête, forger ses armes. L'argent qu'elle avait

emporté, qu'elle avait volé, ---car une donation entre époux

serait dans tous les cas annulée à la suite du divorce prononcé

contre le donataire,-- elle avait dû le prendre dans le coffre-

fort. Il avait récemment encaissé un prix de vente de cent vingt

mille francs, qui devait être versé dans quelques jours, lors de

la passation de l'acte. Par sa propre indiscrétion, elle avait pu

l'apprendre. Une clef se fabrique ou se dérobe, mais la

mystérieuse combinaison de chiffres sans laquelle cette clef ne

sert de rien, comment l'avait-elle découverte?

Il se leva et s'approcha du coffre-fort, qui ne portait aucune

trace d'effraction. Il fouilla sa poche et prit son trousseau.

Alors il s'aperçut que cette clef-là y manquait. Elle avait dû en

être distraite le jour du départ. Il la possédait en double, il

est vrai, et avait confié l'autre, selon l'usage, à son premier

clerc pendant son absence. Il attendrait donc, pour ouvrir et

vérifier le contenu du meuble, l'arrivée du clerc qui, d'ailleurs,

servirait de témoin.

Revenant à sa table de travail, il chercha un code pénal et

commença d'en parcourir les paragraphes au titre des crimes et

délits contre la propriété. Il lut à l'article 380 que les

soustractions commises par des maris au préjudice de leurs femmes,

par des femmes au préjudice de leurs maris ne peuvent donner lieu

qu'à des réparations civiles. Mais la fin du même article, qui le

désarmait contre l'infidèle, l'armait contre son complice:

"_À l'égard de tous autres individus qui auraient recélé ou

appliqué à leur profit tout ou partie des objets volés, ils seront

punis comme coupables de vol._" Parti sur cette piste, il trouva

mieux encore.

L'article 408, qui traitait de l'abus de confiance, y voyait une

circonstance aggravante lorsqu'il était commis par un officier

public ou ministériel, ou par un domestique, homme de service à

gages, élève, clerc, commis, ouvrier, compagnon ou apprenti au

préjudice de son maître, et la peine devenait alors celle de la

réclusion. Qui l'empêchait d'accuser Maurice Roquevillard et même

de l'accuser seul? N'était-ce pas vraisemblable? Le jeune homme

connaissait les lieux, les versements opérés à l'étude, la date

des contrats, l'absence du notaire. Il avait pu surprendre le

secret de la serrure, soustraire momentanément la clef du premier

clerc. Sans fortune personnelle, il avait dû se procurer des

ressources pour enlever sa maîtresse. Enfin, sa fuite à l'étranger

ne le dénonçait-elle pas? Sans doute la déclaration de Mme Frasne

démentait expressément cette version. Mais la déclaration de Mme

Frasne, inefficace contre elle et gênante contre son amant, il

suffisait de la supprimer. Elle détruite, rien n'innocentait plus

ce dernier. Et même il perdait tout moyen de défense pour se

défendre, ne devrait-il pas se retourner contre sa compagne,

admettre au moins une vie commune aux frais de celle-ci? Un homme

d'honneur ne le pouvait faire. Sa condamnation était donc

certaine. L'extradition terminerait sa fuite amoureuse. Il

comparaîtrait devant les assises. Flétri, déchu, brisé, il

expierait pour les deux coupables. Enfin sa famille, pour atténuer

sa faute, restituerait peut-être la somme dérobée. Ainsi le

désastre serait sauf au moins de toute perte matérielle. Et la

perte matérielle ne semblait déjà plus négligeable à M. Frasne

plus réfléchi.

À mesure qu'il explorait dans tous les sens une combinaison aussi

fertile en déductions et la conduisait jusqu'au dénouement, il

sentait son désespoir s'alléger. Il oubliait sa douleur en

apprêtant le supplice du rival. Il envisageait sans pitié les

conséquences les plus lointaines de la vengeance, et jusqu'à

l'abaissement de ces orgueilleux Roquevillard, qui pourtant

avaient accueilli le successeur de maître Clerval en ami. Dans son

malheur, il eût jeté sa souffrance comme une malédiction à tout

l'univers. Une dernière fois il relut cette lettre qui, seule,

mettait obstacle à son projet, puis, résolu, il la jeta au feu et

la regarda se tordre sous l'action de la flamme, noircir et se

réduire en cendres.

Neuf heures sonnèrent.

Ponctuels, les clercs entrèrent un à un dans l'étude et gagnèrent

leurs pupitres. Le patron franchit aussitôt la porte de

communication, et, sans les saluer, il interpella le principal

d'un ton préoccupé:

-- Philippeaux, je ne retrouve pas la clef du coffre-fort.

--Mais la voici, monsieur, répliqua le clerc. Vous me l'avez

confiée pendant votre absence. Je ne m'en suis pas servi.

--C'est juste, venez avec moi.

Les deux hommes passèrent dans le cabinet.

M. Frasne ouvrit le meuble et y remarqua tout de suite un certain

désordre.

--Vous avez cherché quelque chose, un testament peut-être?

Philippeaux protesta avec la plus grande énergie:

-- Non, monsieur, je vous jure.

--Alors, je ne comprends plus. Tenez: cette enveloppe a été

déchirée. Elle contenait le prix d'acquisition de Belvade: cent

vingt mille francs. Nous les avons comptés ensemble.

--En effet, convint le clerc effrayé.

Très calme, le notaire ne poussa pas plus loin ses investigations

et referma soigneusement le coffre-fort.

--Quelqu'un est entré ici.

--C'est impossible, monsieur.

--Je vous dis que quelqu'un est entré ici. Nous vérifierons le

contenu devant le commissaire de police. Qui a fermé l'étude hier

soir?

--Maurice Roquevillard.

--Est-il resté seul?

--Oui, pour écrire des lettres.

--Combien de temps?

--Je ne sais pas. Je l'ai rencontré sous les Portiques une demi-

heure plus tard. Il m'a rendu les clefs.

--Les clefs? Celle du coffre-fort fait partie de votre trousseau?

--Oui.

-- C'est imprudent.

Après un silence, M. Frasne reprit:

--Pourquoi n'est-il pas encore arrivé?

--Qui?

--Maurice Roquevillard.

--Il ne reviendra pas, lança le clerc d'une voix vindicative.

M. Frasne le fixa de ses yeux perspicaces. De cet examen, il tira

deux conclusions le bruit de son malheur courait déjà la ville, et

Philippeaux, dont il soupçonnait la jalousie, serait un sûr allié.

Néanmoins, il joua l'ignorance.

--C'est juste. Il devait retourner chez son père.

--Non, monsieur, il a pris le train hier soir, à minuit.

--Pour quelle destination?

--L'Italie.

--Ah! je comprends enfin, avoua cette fois le notaire.

Et lentement il prononça son arrêt:

--Ce serait donc lui qui aurait forcé mon coffre-fort. Comment

aurait-il trouvé le chiffre?

Philippeaux baissa la tête: la peur et l'envie faisaient de lui un

délateur.

--Le chiffre est inscrit sur mon agenda, mais sans indication: ma

mémoire est mauvaise. Roquevillard a pu le lire, se douter de son

emploi.

De nouveau M. Frasne, que servaient les circonstances, dévisagea

son clerc et dissimula son contentement:

--Vous êtes deux fois imprudent, Philippeaux. Priez un de vos

camarades d'appeler le commissaire de police. Il perquisitionnera

lui-même.

Ainsi le meuble fut visité légalement en présence de plusieurs

témoins. M. Frasne dressa patiemment son inventaire. Nulle pièce

ne manquait et le chiffre de l'encaisse était exact.

--Il reste à vérifier cette grande enveloppe qui a été descellée,

dit tranquillement le notaire, qui conduisait l'enquête avec

méthode. Elle contenait le prix d'acquisition de Belvade, vingt

hectares, cent vingt mille francs en billets de banque. Je les ai

comptés avant de partir, devant mon premier clerc ici présent qui

en témoignera.

--Parfaitement, monsieur.

-- Le chiffre est consigné là, tout au long. Or, l'enveloppe ne

renfermait plus que vingt billets.

--On m'a volé cent mille francs, conclut M. Frasne.

--Comment expliquez-vous, objecta le commissaire, que le voleur

n'ai pas tout emporté? D'habitude, ils ne limitent pas

volontairement leurs profits.

--Je l'expliquerai au parquet, où je porte immédiatement ma

plainte.

--C'est votre affaire. Vous soupçonnez donc quelqu'un?

--Oui.

--Vos domestiques?

--Non. Ils seraient partis. Et d'ailleurs, ils n'auraient pas su

découvrir le chiffre.

--Bien. Je vais rédiger mon procès-verbal.

--Accompagnez-moi au palais. C'est à deux pas.

--Comme vous voudrez.

Ils se rendirent au parquet directement. Le notaire eut avec le

procureur de la République une longue conférence, qui se prolongea

après le départ du commissaire de police. Comme il redescendait

l'escalier, au bas des marches il croisa M. Roquevillard qui

venait à la Cour. Il était midi et quart, l'heure d'ouverture de

l'audience. Les deux hommes se regardèrent et se saluèrent.

V

Les Roquevillard · 第 16 / 55 题