[Note 222: «Cette madame Fouquet étoit soeur de Castille, père du
père de madame de Guise; il s'appeloit Montjeu, étoit trésorier de
l'épargne, et sa mère étoit fille du célèbre président Jeannin
(Saint-Simon, ch. 150). Le surintendant Fouquet, «non moins surintendant
des belles-lettres que des finances (Corn.)», Mécène en titre des
écrivains, avec qui Scarron étoit déjà entièrement lié lorsqu'il n'étoit
que procureur général, lui avoit fait une pension de 1600 livres pour
remplacer celle de 500 écus qu'il recevoit de la reine, et que lui avoit
retirée définitivement le cardinal après sa Mazarinade. Scarron lui-même
nous a laissé le témoignage de ces actes de munificence dans les
premières stances de Léandre et Héro, ode burlesque, et dans sa Lettre
à ***. Madame Scarron se lia très intimement avec la surintendante, et
devint toute puissante auprès d'elle peu de temps après son mariage:
l'amitié de Mme Fouquet et celle de Pélisson ne furent pas inutiles à
Scarron pour lui attirer de nouveaux témoignages de générosité de la
part du surintendant.]
[Note 223: Surtout à l'époque de Scarron, où l'art des dédicaces
étoit devenu une industrie organisée de façon à rapporter le plus
possible à l'auteur. V. Notes de l'art. Rangouze, Dict. de Bayle. Le
grand Corneille n'a-t-il pas comparé à Auguste le financier Montauron?
Ch. Sorel, dans l'Avertissement qui termine le premier volume de sa
Science universelle, et dans Francion (ch. 11); Mademoiselle de Scudéry,
dans ses Conversations sur divers sujets (t. 1); l'auteur anonyme de
l'Histoire du poète Sibus (Rec. en prose de Sercy, t. 2); Furetière, en
traçant, dans le Roman bourgeois, le modèle d'une épître dédicatoire au
bourreau;--Scarron lui-même, en beaucoup d'endroits, entre autres dans
l'Ode à Guillaume de Nassau, prince d'Orange, et dans la Dédicace de ses
oeuvres burlesques à sa chienne Guillemette, qu'il écrivit sans
doute,--il semble le faire entendre,--après un mécompte comme il en
éprouva plus d'une fois, ont attaqué et raillé cet usage.]
[Note 224: Scarron se flatte comme il flattoit les autres; il fait
sans doute allusion,--quand il parle de la magnifique récompense qu'il
accorde au mérite,--à ses dédicaces et à ses nombreuses pièces de vers,
où fourmillent les flatteries pour tout le monde;--quand il parle de la
rude manière dont il taille en pièces tout ce qui mérite du blâme, à sa
Mazarinade, à sa Baronade, etc. Il étoit extrêmement redouté pour son
humeur satirique; Tallemant raconte que Chapelain réunissoit deux
personnes pour leur envoyer un exemplaire de sa Pucelle; «mais,
ajoute-t-il, à ceux qu'il craignoit, à des pestes, il leur en a donné un
tout entier, comme à Scarron, à Boileau, à Furetière et autres» (Histor.
de Chapel.). Du reste, bien ou mal exercée, cette justice étoit du goût
des lecteurs, et l'empressement du public à acheter toutes les feuilles
volantes signées du nom de Scarron pouvoit lui donner une assez grande
portée. C'étoit en 1654, date du privilége de cette seconde partie, et
en 1655, que Scaron publioit sa gazette burlesque, la Muse de la Cour,
hebdomadaire et anonyme. V. Le burlesque malade, ou les Colporteurs
affligez des nouvelles de la griève et perilleuse maladie de M.
Scaron... Dialogue des deux compères gazetiers, Paris, 1660.]
[Note 225: Madame Fouquet méritoit en effet ces éloges: c'étoit une
femme de beaucoup de sagesse et de piété, et elle le montra bien par la
vie exemplaire qu'elle mena dans la retraite après la disgrâce de son
mari.]
[Note 226: Les logis qu'habita successivement Scarron, rue des
Douze-Portes, au Marais, puis rue de la Tixeranderie, où il étoit venu
s'établir récemment après une courte excursion dans la rue des
Saints-Pères, étoient le rendez-vous et le centre de réunion non
seulement de beaucoup de littérateurs, mais d'une foule de hauts
personnages, comme le cardinal de Retz, et les petits-maîtres qui furent
les héros de la Fronde, le maréchal d'Albret, le duc de Vivonne, le
commandeur de Souvré, les comtes de Selles, du Lude et de Villarceaux,
D'Elbène, Mata, Grammont, Châtillon, le marquis de la Sablière.
Quelquefois même de grandes dames ne dédaignoient pas de se montrer chez
le cul-de-jatte, telles que madame de la Sablière, la marquise de
Sévigné, la comtesse de La Suze, la duchesse de Lesdiguières; mais il
faut avouer qu'il y recevoit surtout soit des femmes de réputation
équivoque, comme Marion Delorme et Ninon, soit des femmes auteurs, comme
mademoiselle de Scudéry et madame Deshoulières.]
LE
ROMAN COMIQUE