Où l'on verra l'histoire jolie de la _Poule verte_, comment
l'horrible Grondard dénoua le roman de Tonia et du roi des Maures,
et avec quel désintéressement admirable Pastouré refusa une haute
position.
Le lendemain au soir:
--Votre histoire d'hier n'était pas beaucoup gaie, monsieur Cabissol,
dit Maurin. J'y ai réfléchi cette nuit: elle veut dire que le
gouvernement des hommes n'appartient pas toujours à ceux qui ont le
mérite. C'est vrai peut-être bien, mais ce n'est pas agréable à penser.
«Il n'est peut-être pas agréable non plus de se dire que notre
gouvernement de la République favorise tant d'intrigues!
--Laissez donc la République tranquille, Maurin! s'écria M. Rinal.
La moralité d'une époque ne tient pas nécessairement aux formes de
gouvernement. On imagine très bien d'excellents rois et même de bons
tyrans!... oui... oui... je ne m'en dédis pas, moi, le jacobin! L'idéal
de la République est admirable. C'est le gouvernement des meilleurs
et des plus instruits, des plus _capables_, comme vous dites, mais
l'organisation républicaine ne peut que permettre au peuple de se faire
gouverner par ceux-là,--et d'autre part un peuple peut fort bien ne pas
être digne de ses libertés. Laissez-nous le temps de nous instruire de
nos droits et de nos devoirs. Nous naissons à peine à la liberté. Nous
grandirons. Laissez faire. Et, en attendant, rions de ce qu'il y a de
risible, même dans nos malheurs. Voyons, monsieur Cabissol, encore une
histoire drôle!
--Connaissez-vous celle de la _Poule verte_?
--Non, dit Maurin.
--Non, dit M. Rinal.
Pastouré secoua négativement la tête.
--Oyez-la donc, dit M. Cabissol, il m'est arrivé d'en rire tout seul.
Et il conta ce qui suit: