Où l'on verra l'importance que le gouvernement de la République
française accorde au roi des Maures, lequel n'en devient pas plus
fier.
Les visites à Bormes devenant dangereuses, Maurin fit prier M. Cabissol
de le rejoindre à Collobrières, où il lui rendrait compte de sa mission.
Ils s'y rencontrèrent à l'hôtellerie de M. Blanc.
--Eh bien, qu'avez-vous de nouveau, Maurin?
--Voici: nous craignons, n'est-ce pas, la candidature Poisse?
--Oui, dit Cabissol; c'est un faux républicain qui fait le jeu des
adversaires dont il aura les voix, outre une partie des nôtres,
diminuant ainsi les chances de Vérignon.
--C'est ce que j'avais compris, dit Maurin. Eh bien, M. de Siblas
maintient sa candidature pour retirer à Poisse cet avantage qui, au
premier tour, pourrait le placer premier.
--Il la maintient! il la maintient! s'écria Cabissol, qu'en savez-vous?
Et s'il la maintient, ça ne sera pas pour nous aider, croyez-le.
Le grand seigneur populaire qui s'appelait Maurin fut inimitable dans
le ton de sa simple réponse:
--Je vous demande pardon: il fera comme j'ai dit; j'ai sa parole!
Il raconta son entrevue avec le comte.
--Maurin, dit Cabissol, vous faites des miracles. Je vous jure que
si j'étais allé offrir cet arrangement à M. de Siblas, j'aurais été
repoussé avec ironie.
--Qui est cet _Ironi_? dit Maurin.