--Allez chercher votre ami Pastouré, je vous en prie, et faites-nous
l'honneur de dîner avec nous. Jamais je ne songerai à vous imposer un
candidat, Maurin, mais je crois que nous en aurons un bon, dans votre
circonscription, aux élections prochaines. Vous examinerez ses titres,
sa valeur, avec des gens du pays qui le connaissent, avec M. Désiré
Cabissol, par exemple.
--Oh! celui-là, dit Maurin, on le connaît depuis son enfance, dans le
pays. S'il voulait!... Mais il ne veut pas.
--Et, poursuivit le préfet, si le candidat vous agrée, vous redoublerez
d'efforts en sa faveur, en songeant qu'il est un peu mon parent, étant
mon beau-frère, et qu'en remerciement de votre zèle pour lui vous
trouverez toujours à la préfecture un préfet tout prêt à vous rendre
justice en toute occasion.
--Comme ça, ça va, dit Maurin.
Et il ajouta:
--Je la connais, votre préfecture; c'est peut-être la meilleure de
France, vu qu'il y a des bécasses dans le jardin tout l'hiver. On peut
les tuer sans sortir du château.
--Eh bien, à table, Maurin!... Allez chercher votre ami Pastouré.