2 janvier.

On nous dit ce matin qu'une dépêche de M. Gambetta est dans les mains de

l'imprimeur, qu'elle est très-longue et contient des nouvelles

importantes. Nous l'attendons avec impatience, lui faisant grâce de

beaucoup de lieux communs, pourvu qu'il nous annonce une victoire ou

d'utiles réformes. Hélas! c'est un discours qu'il a prononcé à Bordeaux

et qu'il nous envoie comme étrennes. Ce discours est vide et froid. Il y

a bien peu d'orateurs qui supportent la lecture. L'avocat est comme le

comédien, il peut vous émouvoir, vous exalter même avec un texte banal.

Il faut croire que M. Gambetta est un grand acteur, car il est un

écrivain bien médiocre.

Les nouvelles verbales ou par lettres sont déplorables.

Journal d'un voyageur pendant la guerre · 第 44 / 64 题