Il paraît; on assure, on nous annonce sous toutes réserves,--c'est
toujours la même chose. Les journaux en disent trop ou pas assez. Ils ne
nous rassurent pas, et ce qu'ils donnent à entendre suffit pour mettre
l'ennemi au courant de tous nos mouvements. Le combat de Nuits a été
sérieux, sans résultats importants,--comme tous les autres!
30.
Les dépêches sont plus affirmatives que jamais. L'ennemi paraît reculer;
je crois qu'il se concentre sur Paris. Il est évident que, sur plusieurs
points, malgré nos atroces souffrances, nous nous battons bien. Là où le
courage peut quelque chose, nous pouvons beaucoup; mais en dehors des
nouvelles officielles il y a l'histoire intime qui se communique de
bouche en bouche, et qui nous révèle des dilapidations épouvantables au
préjudice de nos troupes. Il est impossible que nous triomphions,
impossible!
Savoir cela, le sentir jusqu'à l'évidence, et apprendre que les
Prussiens vont peut-être bombarder Paris! Ils ont, dit-on, démasqué des
batteries sur l'enceinte--_avec pertes considérables_, dit
succinctement la dépêche. Pertes pour qui?