On ne parle plus de Paladines ni de son armée. Le gouvernement lance des
accusations capitales, et, n'osant y donner suite, passe à d'autres
exercices. Il nous annonce des succès _sous toutes réserves_, mais Rouen
est pris; on dit qu'il s'est livré pour de l'argent. Eh bien! je n'en
crois rien. Il y a un patriotisme furieux et insulteur qui n'a plus de
prise sur moi. Si Rouen s'est livré, c'est qu'on ne l'a pas aidé à se
défendre, c'est peut-être qu'on l'a indignement trompé.
De notre côté, l'ennemi revient sur Vierzon et sur Bourges; si ces
villes ouvertes et dégarnies ne démontent pas les batteries prussiennes
à coups de pierres, dira-t-on qu'elles se sont vendues?--Je commence à
m'indigner, à me mettre en colère sérieusement, moi qui ai puisé dans la
vieillesse une bonne dose de patience; je ne peux souffrir que, pour ne
pas avouer les fautes de son parti, on calomnie son pays avec cette
merveilleuse facilité. Étrange patriotisme que celui qui outrage la
France devant l'ennemi!
Ce soir on décommande la levée des hommes mariés. Pourquoi l'avoir
décrétée?