8 décembre.

On ne parle plus de Paladines ni de son armée. Le gouvernement lance des

accusations capitales, et, n'osant y donner suite, passe à d'autres

exercices. Il nous annonce des succès _sous toutes réserves_, mais Rouen

est pris; on dit qu'il s'est livré pour de l'argent. Eh bien! je n'en

crois rien. Il y a un patriotisme furieux et insulteur qui n'a plus de

prise sur moi. Si Rouen s'est livré, c'est qu'on ne l'a pas aidé à se

défendre, c'est peut-être qu'on l'a indignement trompé.

De notre côté, l'ennemi revient sur Vierzon et sur Bourges; si ces

villes ouvertes et dégarnies ne démontent pas les batteries prussiennes

à coups de pierres, dira-t-on qu'elles se sont vendues?--Je commence à

m'indigner, à me mettre en colère sérieusement, moi qui ai puisé dans la

vieillesse une bonne dose de patience; je ne peux souffrir que, pour ne

pas avouer les fautes de son parti, on calomnie son pays avec cette

merveilleuse facilité. Étrange patriotisme que celui qui outrage la

France devant l'ennemi!

Ce soir on décommande la levée des hommes mariés. Pourquoi l'avoir

décrétée?

Journal d'un voyageur pendant la guerre · 第 34 / 64 题