M. de Girardin conseille d'élire en quatre jours un président par voie
de plébiscite. Certes c'est une idée,--M. de Girardin n'en manque
jamais,--mais, malgré mon très-grand respect pour le suffrage universel,
je crois qu'il ne devrait être appelé à résoudre les questions par oui
ou par non que sur la proposition des Assemblées élues par lui. Le
travail de ces élections est chaque fois pour lui un moyen de connaître
et de juger la situation. Ce sera son grand mode d'instruction et de
progrès quand la classe éclairée sera vraiment en progrès elle-même;
mais questionner les masses à l'improviste, c'est souvent leur tendre un
piége. Le dernier plébiscite l'a surabondamment prouvé. En ce moment de
doute et de désespoir, nous aurions un vote de dépit contre la
république, car elle porte tout le poids des malheurs de la France; les
votes de dépit ne peuvent être bons. Pourtant, s'il n'y avait pas
d'autre moyen d'en finir avec une situation désespérée que l'on ne
voudrait pas nous avouer, mieux vaudrait en venir là que de périr.