18 novembre.

M. de Girardin conseille d'élire en quatre jours un président par voie

de plébiscite. Certes c'est une idée,--M. de Girardin n'en manque

jamais,--mais, malgré mon très-grand respect pour le suffrage universel,

je crois qu'il ne devrait être appelé à résoudre les questions par oui

ou par non que sur la proposition des Assemblées élues par lui. Le

travail de ces élections est chaque fois pour lui un moyen de connaître

et de juger la situation. Ce sera son grand mode d'instruction et de

progrès quand la classe éclairée sera vraiment en progrès elle-même;

mais questionner les masses à l'improviste, c'est souvent leur tendre un

piége. Le dernier plébiscite l'a surabondamment prouvé. En ce moment de

doute et de désespoir, nous aurions un vote de dépit contre la

république, car elle porte tout le poids des malheurs de la France; les

votes de dépit ne peuvent être bons. Pourtant, s'il n'y avait pas

d'autre moyen d'en finir avec une situation désespérée que l'on ne

voudrait pas nous avouer, mieux vaudrait en venir là que de périr.

Journal d'un voyageur pendant la guerre · 第 25 / 64 题