5 octobre

Grâce au bain, à la belle vue et surtout aux excellents amis qui nous

comblent de soins et d'affection, nous resterions volontiers ici à

attendre la fin de l'épidémie, qui ne cesse pas à Nohant: les nouvelles

que nous en recevons sont mauvaises; mais nous avons un homme avec nous,

un homme inoccupé qui veut retourner au moins à La Châtre pour n'avoir

pas l'air de fuir le danger commun, puisque le danger approche. Il

voulait nous mener, mère, femme et enfants, dans le Midi; nous disions

oui, pensant qu'il y viendrait avec nous, et attendrait là qu'on le

rappelât au pays en cas de besoin. Par malheur, les événements vont

vite, et quiconque s'absente en ce moment a l'air de déserter. Comme à

aucun prix nous ne voulons le quitter avant qu'on ne nous y oblige, nous

renonçons au Midi, et nous nous occupons, par correspondance, de louer

un gîte quelconque à La Châtre.

Journal d'un voyageur pendant la guerre · 第 18 / 64 题