XV

Gille regardait le mari de Jacqueline. Il aurait voulu lui poser des

questions décisives, déchiqueter avec lui le secret de sa femme. Mais le

musicien aveugle était immobile, gras, fermé. N’ayant jamais vu

Jacqueline, il semblait ignorer la jalousie, qui surgit à la vue d’un

visage infiniment mobile, ouvert à tout. Il était plongé dans sa

fonction, dans l’infini ruminement de la musique universelle, comme un

bœuf dans la luzerne.

Gille se demanda si ce puissant captif différait de ce qu’il était, de

ce qu’il serait jamais, lui, le jeune homme, aux yeux ouverts. «Il

presse une forme avec des doigts qui la voient mieux que mes yeux. Hors

cela, il rêve d’un cœur invisible pour moi comme pour lui et ce rêve se

perd dans le rêve de son travail, comme un caillou dans une mare. Elle,

avec son sens patient et rude de l’amour, elle dit que c’est bien.»

Gille, à contempler ce spectacle impassible, s’exaspérait d’un reste de

jalousie, qui encore mieux que ses autres raisons fouillait son ancien

amour.

--Jacqueline, lui demanda-t-il, avec une curiosité qui dans des yeux

sans fond, essayait de savoir les rapports oscillants des mondes, qui

avez-vous aimé dans votre vie? Moi je me mets hors de cause. Mais qui,

des quatre que je connais, vous le savez, avez-vous aimé?

--Gille, votre seule excuse pour une question aussi enfantine, serait de

m’aimer encore.

--Non, non, ne blaguez pas. Sans doute, ne vous êtes-vous jamais posé la

question. Mais faites cet effort pour moi, j’ai besoin de savoir.

--Je jouerai peut-être à ce petit jeu-là quand je serai tout à fait

vieille. Mais où voulez-vous en venir? Ah! je vois. Non, tout de même,

je n’entre pas dans vos manèges de coquetterie. Vous savez bien que je

vous ai aimé.

--Je vous en supplie, ne parlez pas de moi. Non qu’il ne s’agisse de mon

sort, mais seulement à travers vous. Je veux savoir si l’on aime une

femme ou un courant d’air.

--Eh bien! je ne sais pas, Gille. Ces choses-là nous dépassent. Tout ce

qu’on peut dire, c’est qu’on a été loyal.

--Eh bien! moi je vais vous dire qui vous avez aimé. Votre premier

amant.

«Ses amants! Hourra! voilà! je ne l’ai pas aimée! J’ai appelé amour, la

jalousie. Je me rongeais le cœur comme le fou qui ne peut supporter de

ne point vivre au temps de Cléopâtre qu’il aime. Le regret du bonheur

qu’elle avait eu alors que j’étais enfant, adolescent, donnait leur sens

soudain aux criailleries de mon berceau, aux lassitudes de ma puberté.

Je m’impatientais de ne pouvoir la joindre dans le temps, je voulais

briser ses heures, les jeter à la refonte. Je soupçonnais dans son passé

des minutes irréductibles.

«C’était autre chose», disait-elle, me dira-t-elle encore. Mais cette

phrase la déchire, je n’ai plus dans les bras qu’une proie déjà rongée.

Peut-elle être plusieurs? Je veux qu’elle ne soit qu’une.

Pourtant je profitais de sa maturité; comment puis-je dire que je jouis

d’elle comme d’un tout en dehors du temps?

Ce mûrissement s’était fait sous l’influence de plusieurs astres, et mon

amour, à certaines heures détendu, faisait une louange et un merci aux

hommes qui l’avaient façonnée et des mains de qui je l’avais reçue.

Il y a eu autre chose que la jalousie. Je l’ai aimée parce qu’elle était

Jacqueline...

... Je me rappelle, je me rappelle. Gille s’entendait chantonner et ce

chantonnement de souvenir était engourdissant. Je me rappelle cette

soirée où Jacqueline et moi nous sommes aimés si fort que nous sentions

que c’était le seul point vraiment vivant de nos années et que tout le

reste tirait sa substance de ce moment-là. C’est pendant la guerre que

nous nous sommes aimés. Et je pourrais faire pleurer tous ceux qui

vivent encore, et qui déjà avaient assez vécu, je n’aurais qu’à

murmurer: «Bienheureux ceux qui se sont aimés dans la flamme et dans la

brièveté de l’heure et qui possédaient l’amour en dehors du temps...

alors l’homme était séparé de la femme comme il convient et la femme

voyait revenir à elle pour une passion de foudre entre l’arrivée et le

départ un mâle bronzé par l’amitié sous les armes... ils avaient

retrouvé la saveur de la chair parce qu’ils avaient rappris la nécessité

du pain et du vin, et la volupté avait retrouvé son frein et son éperon

dans la sueur et les engelures. Nous étions pauvres, nous étions forts.»

Elle était venue me voir sur le front... Jacqueline était comédienne,

depuis qu’elle ne joue plus, on peut dire qu’elle a été la dernière

actrice qui fût une femme, la dernière femme. Elle avait toujours refusé

de paraître devant les soldats parce qu’elle avait deviné ce sens du

théâtre qu’ils avaient découvert, ce sens antique qu’ils avaient exhumé

de cette profondeur du sol où dorment Eschyle et Sophocle. Elle jouait à

l’arrière avec une rage pudique...

Elle vint me voir à B... Elle qui n’avait jamais voulu soigner un

blessé, quand je la vis sauter de son auto de contrebande, elle portait

une petite croix secrète, sur son beau front, entre ses deux yeux gris.

Je la regardais de la fenêtre de l’hôtel. Savez-vous ce que c’est qu’une

femme petite qui, faisant un pas, vous donne toute l’idée de la majesté,

cette majesté qui, je crois, est le bien propre des femmes et qui nous

fait sentir, avec un respect si émouvant, qu’elles détiennent notre vie,

notre sens de la terre, et que sans elles, nos âmes hagardes, d’une

pureté trop glaciale, s’exileraient trop tôt.

Jacqueline était mince et drue comme une fille de quinze ans. On m’a dit

qu’elle était lourde, mais je n’ai jamais vu ces kilos de viande que les

années essayaient de faire peser sur ses reins, je ne lui ai jamais vu

de chair que celle qui convenait strictement à son âme et c’est cette

chair-là qui m’a été donnée.

Jacqueline était vive, presque bruyante. Elle a toujours pu rire à

travers ses larmes. J’ai pu admirer, autant que j’aimais, ce visage

largement construit, solidement équilibré, mais d’où Dieu avait si bien

retiré ses mesures qu’il paraissait fin. La beauté existe, je vous en

assure, elle circule dans les rues. Prenons patience. Elle avait un rire

sonore et sa blancheur vous faisait atteindre à la moelle même de

l’énergie qui fait bondir les mondes. Une peau bien serrée vous persuade

à jamais que sont de lugubres hurleurs ceux qui peuvent croire que la

chair est autre chose qu’une propriété de l’âme. Son âme était nerveuse

et d’un parfum de gibier dans la forêt.

Je serai trop plein d’elle à mon lit de mort, pour faire sentir à un ami

ce qu’elle était.

Nous atteignîmes, une nuit, dans la plus misérable chambre du monde, la

parfaite fusion des larmes, du sang et des étoiles. La guerre jalouse

m’avait relancé jusque dans cette trêve, et sa ronde ronflante au ciel,

au-dessus de notre lit, semblait se résoudre dans le sombre effondrement

d’une bombe, mais reprenait bientôt à travers le réseau craquant des

mitrailleuses, aussi sotte et aussi têtue qu’un moustique.

Jacqueline n’avait pas peur mais elle me cachait dans son sein avec le

mouvement féroce d’une mère. Les femmes ont le courage des animaux.

Nous nous aimions, pendant ces minutes, comme peuvent s’aimer un homme

et une femme; menacés, cernés, perdus. La mort et la volupté montraient

enfin le même visage. L’étreinte de Jacqueline était si irrésistiblement

neuve qu’elle me donnait en même temps le sentiment que cette vie que

nous allions quitter avait eu dans chacune de ses minutes une valeur

absolue et qu’ensemble, ayant sauté le seuil de la mort, nous allions

nous élancer allègrement dans une carrière infinie. Je vois toujours, au

petit jour, sa face sérieuse, ardente et saturée de satisfactions, en

plein sommeil, tandis que je tendais vers mes bottes une main consumée.

... Pourtant ma jalousie, après avoir tâtonné, cherche à se fixer. Chez

cette femme qui semble avoir distribué si également, si bénévolement sa

vie entre trois ou quatre passions, il faut que l’une l’emporte sur les

autres. Il faut choisir entre les histoires qu’elle m’a confiées. Je

n’hésite pas longtemps: mon seul rival, celui que je n’abattrai jamais,

c’est son premier amant.

Je l’avais interrogée sur lui avec ténacité: elle avait senti l’attaque

et commença aussitôt de nous défendre contre ce mélange des mondes. Un

jeune mari, elle l’avait accepté encore endormie, comme font toutes les

femmes--elles nous viennent du royaume du sommeil. Enfants, ils avaient

joué aux fiançailles, il la demandait avec ferveur, elle l’épousa,

croyant lui éviter une peine. Mais il ne lui donna qu’un amour brut,

quand il revenait des matches de tennis où il excellait. Il y avait aux

alentours des hommes plus subtils: alors que les autres hésitaient, il y

en eut un qui se jeta éperdument sur sa piste tiède de très jeune femme.

Elle s’échappa dans un voyage, se sentant suivie. La saison suivante, le

champion qui était allé seul à W... reçut une lettre ardente, atroce.

Par pudeur elle bannissait une fausse pitié. Elle le quittait; elle

avait un amant qu’elle adorait, qui était le premier homme qu’elle

connût.

Pendant deux ou trois mois je me suis épuisé à rapprocher ces deux

ombres dont la complète résurrection m’aurait donné un coup mortel.

Comme ils s’aimaient dans mon cœur! Lui avait assez d’expérience; elle

était intacte, mais préparée par deux ans d’ennui furieux, à recevoir au

delà de limites déjà brisées, le bonheur. Ce bonheur fut infini. Je la

connaissais et je ne doutais pas que l’homme qui l’avait gagnée n’ait dû

lui donner de belles preuves.

«Qu’y avait-il dans cet homme? Qui étais-tu? Mais quelles ignorances

assuraient votre contentement? Comment pouviez-vous vivre sans résoudre

le problème de ma venue?»

* * * * *

Jacqueline, devant l’affirmation de Gille, ferma les yeux, un moment.

--Gille, non, je ne puis pas dire cela. On ne peut pas dire de telles

choses. Il faut se taire. Il ne faut pas écouter sa mémoire.

--Et la loyauté, alors?

--Écoutez, mon petit Gille, j’ai deux fils. Voulez-vous que je préfère

l’un à l’autre?

Gille resta coi. Et il se rappela que ce n’était pas la première fois

que soudain la vie lui fermait le bec. Et comme il n’avait point l’âme

ironique, mais pieuse, il s’inclina. Mais bientôt une antique

démangeaison le reprit. Jacqueline, avec la patience qu’elle lui avait

toujours montrée sur ce terrain-là, et comme armée par de longues

méditations, contre les épouvantes avec lesquelles Gille essayait de la

forcer, répondait comme une sibylle.

--Si j’ai aimé celui dont vous parlez plus que les autres, alors je l’ai

trahi avec eux?

--On ne peut pas trahir le véritable amour de sa vie.

--En effet, je n’ai trahi personne. Les transports que j’ai connus loin

de lui ne lui ont rien repris de ce qu’il m’avait pris. La vie est plus

bienfaisante que vous ne croyez. Elle étend entre les saisons des zones

reposantes de secret et d’oubli. Ce que l’un a eu, je ne l’ai pas donné

à un autre. Et comment aurais-je pu, puisque je n’étais plus la même?

--Alors, je vais devenir fou. Alors la Jacqueline que j’ai tenue dans

mes bras, c’était de l’herbe, de l’eau. Vous êtes tous inhumains.

--Chut!

Gille ne pouvait croire que Jacqueline, comme Dieu, fût une et

plusieurs.

Il grommelait encore:

«L’amour est unique ou n’est pas, c’est ce que je veux dire. J’ai couché

avec quelques douzaines de femmes, avec quelques centaines de putains.

Je distingue bien celles qui aiment, ou qui ont aimé, ou qui en aimeront

un autre et qui ne font que se prêter à moi, même avec un sourire

délicieux.»

Mais il était assez jeune pour se dérober à la lourdeur des lois par un

pétulant mépris.

--Vous ne voulez pas me répondre, tricheuse. Les amoureuses comme vous

sont hypocrites comme les ambitieux.

Et il se rappela leurs moments d’amertume.

«Était-ce vraiment pour moi alors le temps de l’amour?»

Quand nous étions ensemble, elle se plaignait de moi. Elle me disait:

«Tu ne m’aimes pas» ou «Tu ne m’aimes pas assez», ce qui voulait encore

dire «Tu ne m’aimes pas». Alors comment puis-je me vanter aujourd’hui

d’avoir été efficace? Dans ses bras, je détournais la tête pour mieux

penser à elle. J’en viens à me demander si elle fut jamais en chair, si

elle n’était pas déjà, en son temps, qu’une simple pastille sur ma

langue dont j’attendais le prochain rayonnement. Je m’ennuyais, je me

disais: «Patience! Bientôt je ne serai plus avec elle, je pourrai enfin

jouir d’elle.»

Je n’ai pas aimé Jacqueline. Mon âme est encore intacte. Elle s’en tire

toujours, mon âme. Sa présence me gênait. Ce n’est pas qu’alors j’étais

corrompu comme je l’ai été avant elle et après elle; je ne lui préférais

pas un dieu invisible ou des idoles de peau. Mais, venant d’apercevoir

l’amour, ce premier pas m’était une suggestion infinie, dont je voulais

me repaître longtemps. C’était une amoureuse; elle demandait que nous

nous aimions toute la journée. Mais que faire, toute la journée, avec

une femme quand je découvrais mille mondes? Je l’écartais brutalement.

Je me rappelle que je me servais toujours du même prétexte pour lui

faire sentir mon indépendance. Je lui disais que j’aimais l’argent et

que je le croyais plus fort que l’amour et que ce symbole me disait plus

que les signes qu’elle me laissait lire dans son cœur. C’était ma façon

selon le goût du siècle d’interpréter cette distraction irrémédiable qui

un jour m’entraînera loin des femmes, vers Dieu, et qui bientôt m’aida à

la quitter et me ramena à la guerre. Cette avarice prétendue servait de

thème illusoire à nos discussions. Elle n’avait rien compris à ces

forfanteries, et quand elle avait reconnu que je ne lâcherai pas cette

fantaisie sordide, elle m’en avait voulu dorénavant.

Tandis que le monde s’engouffrait confusément dans son cœur selon un

rythme de spasme: «Moi, m’écriais-je, il faut que dans le torrent je

reconnaisse toutes les images: arbres tournoyants, maisons des riches

fendues par le milieu, femmes folles renversées dans le linge. Pour

faire briller tout cela, il faut que ce soit frotté de poudre d’or. Et

puis je suis paresseux, j’aime violemment ma paresse.»

Elle souffrait de ne pouvoir me suivre, elle ne voulait pas lâcher d’une

semelle un amant. Car elle savait qu’un homme ne peut continuer d’aimer

une femme que s’il peut feindre de la mêler à tout ce dont il s’occupe

hors d’elle. Alors seulement, quand elle est l’habitude qui double tous

ses gestes, il croit qu’il ne peut s’en passer. Et pour les oisifs ceci

est encore vrai. Mais il faudrait dire pour ceux-ci les prodiges qu’ils

font pour remplacer par des simulacres le travail, seule réalité

masculine. Moi j’étais le plus oisif des oisifs, je n’avais pas l’ombre

de souci par quoi je puisse accrocher et emmêler sa vie à la mienne, ne

sachant alors, pendant ce long congé de convalescence, que fumer, boire,

dormir, m’étonner de la vie et toujours revenir à la mort par les

allusions les plus désobligeantes pour mon amie.

Du reste, elle n’avait connu que des hommes faibles qui s’oubliaient

facilement, qui l’aimaient de toute la force de leurs déceptions, qui

cherchaient dans la profondeur de son lit l’illusion de la création.

Somme toute, son sexe était fou et fomentait la plus éhontée des

simulations chez la femme: la dévotion à l’intelligence de l’homme,

faire l’amour et faire semblant de couver les idées de l’amant.

Pourtant Jacqueline avait eu deux fils. Mais si elle s’était volontiers

laissé faire des enfants, elle avait négligé de les élever, elle les

avait confiés à sa mère.

Alors quoi? Gille se rappelait ces heures de vaine agitation. Cette

femme qui s’acharnait au tête-à-tête avec l’homme pour feindre une

collaboration impossible, elle était donc pareille à Finette, à tous les

hôtes de Finette, elle ne savait pas son métier plus qu’eux, le seul que

la nature lui permettait de réussir: l’œuvre de chair, mais dans son

intégrité: faire, élever des enfants. Si un seul des arts de la vie

s’abîme, tous les autres vont se gâter. Voilà que Gille voyait la vie

mal tourner chez Jacqueline même.

Après avoir revu Jacqueline quelquefois, Gille eut le sentiment

qu’inexorable s’accomplissait ce qu’il avait souhaité: se persuader

qu’il n’avait pas aimé Jacqueline. Et il y avait eu deux ou trois femmes

devant qui, pendant huit jours, quinze jours, il s’était cru visité par

l’ange du seigneur. Mais alors si son âme était capable de ces faux pas,

de ces chutes, ne devait-il pas en venir à l’idée que cette âme était

susceptible d’un développement? Elle participait aux rythmes de cette

planète, aux saisons, aux métamorphoses. Son âme grandissait.

Mais Gille s’épouvantait de cette perspective au bout de laquelle il se

voyait rouler pêle-mêle avec Luc. Cet homme de vingt-sept ans avait

encore des raideurs d’adolescent; il oscillait entre les extrêmes que

seuls il pouvait concevoir.

Que Jacqueline ne fût qu’une femme parmi les femmes, de sentir cette

fatalité au fond de son âme l’effarouchait encore, dans le même temps

qu’il sentait poindre une joie terrible, une liberté atroce, comme un

bon jeune homme parti pour les îles afin de mériter sa mie et qui

revient négrier, tatoué jusqu’au cœur. Il songeait à la nouvelle proie

qu’il convoiterait demain.

Mais il persistait à penser que tout cela était contraire au vœu de

toute sa force. Il craignait de retrouver la facilité dont il ne voulait

pas. «O mes sœurs, ne vous approchez pas de moi: je ne serai donc pour

vous qu’un leurre? ô mes frères, tôt ou tard, je vous prendrai votre

bien. Et pour moi? pour moi? jamais rien de sûr? Éternelle jalousie,

tourment aux mille noms.»

Il était têtu. Une prière s’était depuis longtemps déposée dans son

cœur, qu’il répétait encore: «Je me maintiendrai debout, je résisterai

aux saisons. Je ne serai pas inhumain: on verra une femme droite entre

mes bras, de façon à ce qu’éclate dans l’univers qu’il est quelque chose

de réel dans l’homme qui ne sort pas que du ciel, mais aussi de cette

terre que Dieu lui a donnée.»

L'homme couvert de femmes · 第 24 / 30 题