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Confucius, d'après ces maîtres et ces modèles, et les politiques de

son école après lui, commentent ainsi ces trois relations et ces cinq

vertus réduites en gouvernement et en rites:

«Il faut un gouvernement aux hommes, puisque les hommes sont destinés

par leurs nécessités à vivre en société.

«Ce gouvernement doit exprimer l'intérêt légitime de tous et la

volonté générale. Cet intérêt légitime de tous doit prévaloir sur

l'intérêt étroit et égoïste de chacun. Cette volonté générale doit

être obéie.

«Pour qu'elle soit obéie, il lui faut une autorité non-seulement forte

et irrésistible, mais morale et en quelque sorte divine.»

Où trouver cette autorité? ce principe sacré de commandement du côté

des gouvernements, d'obéissance du côté du peuple?

Les peuples libres des temps modernes la trouvent dans la volonté de

la nation tout entière, délibérant sur ses droits et sur ses devoirs,

étant à elle-même sa propre autorité, et en confiant l'exercice à des

corps et à des magistrats, à des dictateurs révocables et responsables

sous le régime des républiques;

Les peuples théocratiques, dans des pontifes souverains à qui ils

attribuent une mission et comme une vice-royauté divine.

Les peuples asservis, dans la force armée qui les a conquis et qui les

possède par le droit des armes.

Les peuples monarchiques la confèrent à une dynastie et la confondent

avec le droit de naissance sur un trône.

Toutes ces délégations de la volonté générale ou du gouvernement sont

arbitraires, locales, contestables, systématiques, abstraites,

affirmées ou niées selon les temps, les lieux, les circonstances.

La sédition attente à la république;

Le sentiment légal se révolte contre la dictature;

L'incrédulité des peuples se joue de l'infaillibilité ou de la

divinité des pontifes;

Les vaincus rompent leurs chaînes et brisent à leur tour avec l'épée

la souveraineté humiliante des conquérants et des oppresseurs;

Les peuples monarchiques se dégoûtent de leur dynastie, fondent

d'autres familles royales dont l'autorité plus récente a moins

d'autorité encore que les dynasties antiques. Ces peuples se divisent

en factions contraires qui nient, les armes à la main, les droits

anciens ou les titres nouveaux. L'autorité elle-même des gouvernements

et l'ordre des sociétés périssent dans ces guerres civiles.

Confucius, à l'exemple du premier législateur de toute antiquité de

cette partie de l'extrême Orient, cherche et trouve dans la nature le

principe incontesté et humainement divin des sociétés.

Son principe et celui de la Chine, c'est l'autorité du père sur les

enfants.

Ce principe, selon lui, a le mérite d'avoir été le premier.

Évidemment la première société humaine instituée de Dieu avec la

première famille n'a pas commencé par la république; la république

suppose des hommes égaux en force, en volonté, en droit, en fait,

émancipés de toute tutelle préexistante et délibérant à titre égal sur

le gouvernement. La première famille n'était pas dans ces conditions.

Le père, né le premier, avait la priorité de l'intelligence; il savait

ce que les fils ignoraient.

Le père avait la force de l'âge; les fils la faiblesse de l'enfance.

L'autorité de la force matérielle s'unissait en lui à l'autorité du

plus intelligent, le droit du plus fort et le droit du plus capable se

confondaient naturellement dans son nom de père.

Le droit moral, c'est-à-dire la justice, lui conférait également

l'autorité préalable et naturelle. Il avait créé, élevé, nourri,

enseigné les enfants; il était naturellement le roi de sa race.

La conscience, cette révélation du sentiment inné en nous, lui donnait

aussi volontairement l'autorité. Les enfants l'aimaient et le

respectaient instinctivement, par reconnaissance pour le bienfait de

la vie qu'ils lui devaient, et par l'habitude de se soumettre à sa

volonté présumée sage. Cette obéissance d'instinct, de reconnaissance

et de volonté donnait un caractère de moralité, de vertu, de divinité

à la supériorité du père. Il représentait le père des pères, Dieu, de

qui il émanait dans le mystère de la création et dont il tenait la

place et l'autorité sur sa descendance. La première paternité fut donc

une première royauté, la première famille une première monarchie de

droit naturel ou de droit divin!

Voilà un principe d'autorité auquel on remonte sans hypothèse, sans

abstraction, sans polémique, au commencement des temps; c'est la

nature qui l'impose, c'est l'instinct qui le reconnaît, c'est la

tendresse paternelle qui le modère, c'est la piété filiale qui le

moralise et qui le sanctifie.

C'est le principe d'autorité fondé sur le fait, sur la nature et sur

la tradition. Confucius l'adopte dans sa politique.

Lorsque la première famille humaine trop nombreuse se subdivise en

familles secondaires, le même principe se retrouve dans le père et

dans le fils de chaque famille, puis de chaque tribu, puis, quand la

tribu s'agrandit, dans le chef paternel et dans les sujets filiaux de

chaque empire.

Ce principe d'autorité, selon Confucius, peut subir des révoltes, des

altérations, des interrègnes, des éclipses, mais il n'en constitue pas

moins, même dans ces altérations, le principe abstrait, préexistant et

permanent des gouvernements. La nature selon lui est monarchique.

Cours familier de Littérature - Volume 06 · 第 136 / 196 题