Rienzi était né à Rome d'un cabaretier et d'une lavandière; mais on
assurait que cette lavandière était d'un sang impérial, fille d'un
bâtard de l'empereur Henri VII. On pourrait attribuer à cette origine
cet instinct de grandeur et de souveraineté qui se révéla en lui dès
son enfance. Il naquit poëte, orateur, tribun et remueur d'hommes; les
noms de Tite-Live, de Cicéron, de César, des deux Sénèques, étaient
toujours dans sa bouche; ses entretiens reconstruisaient sans cesse la
Rome de la république ou de l'empire; il avait le fanatisme du
Capitole. Il s'indignait contre l'insolence de ces deux ou trois
familles romaines qui tyrannisaient sa patrie en l'absence des papes.
C'est pour cela qu'il était venu solliciter avec passion Clément VII
de rentrer au Vatican; son ambassade n'eut pas de succès. Clément VII,
homme de plaisir et de mollesse, préférait les délices d'Avignon aux
luttes qu'il aurait à soutenir à Rome contre les princes, presque tous
armés et fortifiés, des États romains. Il aimait mieux régner au
Capitole de nom que de fait; il amusa Pétrarque de quelques vaines
promesses, et il donna à Rienzi la place lucrative de protonotaire du
saint-siége apostolique à Rome. Tel fut l'unique résultat de cette
ambassade.