Mademoiselle d'Albémar à madame de Lebensei.
Dijon, ce 14 juin 1791.
Je serai à Paris, madame, le lendemain du jour où vous recevrez cette
lettre; préparez Delphine à mon arrivée. O ma pauvre Delphine! dans
quel état vais-je la trouver? Elle sera mieux, je l'espère; sa
jeunesse, vos soins l'auront sauvée? De quel secours pourrai-je être à
son bonheur? Mais elle m'a nommée, dites-vous, j'ai dû venir. Je vous
en conjure, madame, épargnez-moi le plus que vous pourrez les
occasions de voir du monde. Vous ne savez peut-être pas à quel point
je souffre d'arriver à Paris; mais aucune considération n'a pu
m'arrêter, quand il s'agissoit d'une personne si chère. Adieu, madame,
je repars à l'instant pour continuer ma route.