Ah! ma chère Louise, maintenant que vous avez fini cette lettre,
avez-vous donné quelques larmes aux regrets qu'elle a ranimés dans mon
coeur? Avez-vous pressenti toutes les réflexions amères qu'elle m'a
suggérées? Que d'obstacles M. de Lebensei n'a-t-il pas eus à vaincre
pour épouser celle qu'il aimoit! Et Léonce, comme aisément il y a
renoncé! C'est madame de Lebensei qui pense à la défaveur de
l'opinion; mais son mari ne s'en est pas occupé un seul instant; il ne
dépend que de ses propres affections, il ne se soumet qu'à ce qu'il
aime; et Léonce.... Ne croyez pas cependant que son caractère ait
moins de force, qu'il soit en rien inférieur à personne; mais il a
manqué d'amour: je veux en vain me faire illusion, tout le mal est là.
Hélas! sans le savoir, madame de Lebensei condamne à chaque ligne la
conduite de Léonce. La douleur que m'a causée cette lettre ne me sera
point inutile; si je le revoyois, je pourrois lui parler, je serois
calme et fière en sa présence.