A Beauport, le 4 décembre 1818

"Mon cher fils,

"Joseph et Stanislas Vincent, de ton régiment, sont arrivés à Lorette,

le 2 décembre, et sont venus tout de suite se rendre à moi. Ils

témoignent un vrai repentir et un grand regret de ce qu'ils ont fait.

Ils disent qu'ils savent bien qu'il n'y a pas de bonnes excuses pour une

telle folie; mais que cependant ils peuvent dire avec vérité qu'ils ne

l'ont faite que par de mauvais conseils et qu'ils ne l'auraient pas

faite sans cela. Les autres sauvages leur ont dit que les hommes des

nations, c'est-à-dire les nations indiennes, ne devraient servir que

comme des sauvages et non comme des soldats engagés."

"Ils ajoutent qu'ils n'auraient pas dû écouter ces mauvais conseils;

mais que les jeunes n'ont pas l'expérience des anciens. Ils disent que

comme je suis le père des Hurons et du plus grand guerrier qu'ait le

roi, ils s'adressent à moi, avec confiance pour obtenir leur grâce. Je

leur ai répondu que j'allais te la demander tout de suite, et j'étais

persuadé que tu me l'accorderais parce qu'en effet, les vrais braves

sont toujours miséricordieux envers ceux qui se soumettent et se

repentent. Je te prie donc, mon cher fils, de leur pardonner de bonne

grâce à cause de leur repentir et de leur confiance en toi et en moi."

"Je pense bien que je serai pour beaucoup en ce pardon; mais encore une

autre raison: le grand chef est survenu en disant que tu sais bien qu'il

t'estime beaucoup comme font aussi tous les autres chefs, qu'ils l'ont

chargé de te demander (en leurs noms et au sien) pardon pour leurs

jeunes gens."

"Cette nation et ses chefs t'aiment beaucoup et admirent fort _le grand

guerrier_!"

Ls. SALABERRY.

Les Hurons reconnaissants ont voulu prouver leur gratitude en

souscrivant au monument de Salaberry.

Le Héros de Châteauguay · 第 16 / 18 题