24 _février._--Travaillé aux _Arabes comédiens._

Le soir, chez M. le duc de Nemours: vu Pelletan [294], qui m'a fait des

éloges de mon plafond, Philarète [295], Rivet. Désordre en sortant.

* * * * *

25 _février._--Chez Mme de Forget, le soir. Mme Henri m'a joué d'infâme

musique moderne, entre autres, comme régal, les deux morceaux que les

voisines du jardin ont écorchés tout l'été.

* * * * *

26 _février._--Dauzats [296] m'avait prévenu la veille que Mme la

duchesse d'Orléans irait à l'Exposition de la rue Saint-Lazare et

désirait m'y voir. Elle a été fort aimable pour moi.

En sortant, j'ai été rejoindre Villot, qui était venu le matin à une

Exposition, rue Grange-Batelière: un Titien magnifique, _Lucrèce et

Tarquin_, et la _Vierge_, de Raphaël, _levant le voile..._ Gaucherie et

magnificence du Titien! Admirable balancement des lignes de Raphaël!

Je me suis aperçu tout à fait de ce jour que c'est sans doute à cela

qu'il doit sa plus grande beauté. Hardiesses et incorrections que lui

fait faire le besoin d'obéir à son style et à l'habitude de sa main.

Exécution vue à la loupe: à petits coups de pinceau.

* * * * *

27 _février._--Lassalle [297], puis Arnoux [298], sont venus. Ce

dernier cherche à se caser, après le naufrage de l'époque. J'ai écrit à

Buloz [299] pour lui.

Grenier [300] est venu faire une étude au pastel d'après le

_Marc-Aurèle._ Nous avons parlé de Mozart et de Beethoven; il trouve

dans ce dernier cette verve de misanthropie et de désespoir, surtout

une peinture de la nature, qui n'est pas à ce degré chez les autres;

nous lui comparons Shakespeare. Il me fait l'honneur de me ranger

dans la classe de ces sauvages contemplateurs de la nature humaine.

Il faut avouer que, malgré sa céleste perfection, Mozart n'ouvre pas

cet horizon-là à l'esprit. Cela viendrait-il de ce que Beethoven est

le dernier venu? Je crois qu'on peut dire qu'il a vraiment reflété

davantage le caractère moderne des arts, tourné à l'expression de

la mélancolie et de ce qu'à tort ou à raison on appelle romantisme;

cependant, _Don Juan_ est plein de ce sentiment.

Dîné chez Mme de Forget et passé la soirée avec elle. Elle souffre

encore, et je voudrais bien la voir se soigner mieux.

Rêvé de Mme de L... Décidément il ne se passe presque pas de nuit que

je ne la voie ou que je ne sois heureux près d'elle, et je la néglige

bien sottement: c'est un être charmant!

* * * * *

28 _février._--Tracé au blanc le _Foscari_ et couvert la toile

avec grisaille, noir de pêche et blanc; ce serait une assez bonne

préparation pour éviter les tons roses et roux. La grande copie de

_Saint Benoît_[301], que j'ai faite ainsi, a une fraîcheur difficile

à obtenir par un autre moyen; ma composition me paraît offrir des

difficultés de perspective, que je n'attendais pas.

En somme, journée mal employée, quoique je n'aie pas été interrompu.

Gaultron est venu un seul moment pour l'affaire de Bordeaux [302].

Dîné chez M. Thiers; j'éprouve pour lui la même amitié et le même ennui

dans son salon.

A dix heures avec d'Aragon chez Mme Sand; il nous parle d'un ouvrage

très intéressant, traduit par un M. Cazalis: _La douloureuse Passion de

N. S._, par la Sœur Catherine Emmerich, extatique allemande. Lire cela.

Ce sont des détails très singuliers sur la Passion, qui sont révélés à

cette fille.

[251] Ami de Delacroix.

[252] _Gaultron_, peintre, élève de Delacroix.

Delacroix avait ouvert, en 1838, un atelier rue Neuve-Guillemin, où

il réunissait ses élèves. En 1846, l'atelier avait été transféré de

l'autre côté de la Seine, rue Neuve-Breda.

[253] Le nom de _Couture_ (1815-1879) paraît ici pour la première fois,

mais on l'y retrouvera plus loin. L'extrême suffisance du peintre des

_Romains de la décadence_, qui le poussa à abandonner plusieurs fois le

pinceau pour la plume, le servit bien mal en ce qui concerne Delacroix,

car il écrivit sur lui en 1867 un article que nous nous dispenserons

de qualifier, mais à propos duquel M. Paul Mantz a dit très justement

qu'il «_dépassait les limites du comique ordinaire._» Nous recommandons

particulièrement aux curieux d'art, et à tous ceux qui voudraient se

convaincre du danger que court un spécialiste à sortir du domaine de sa

spécialité, cet article trop peu connu dans lequel il est dit à propos

d'Eugène Delacroix: «Intelligent et insuffisant tout ensemble, la

médiocrité de son faire lui constitue une fausse originalité... Là où

beaucoup de gens croient voir des créations nouvelles, moi, je ne vois

que des efforts malheureux.» (_Revue libérale_, 10 avril 1867, p. 70 et

76.) L'article est de 1867, postérieur par conséquent aux magnifiques

études dans lesquelles les Baudelaire, les Saint-Victor, les Gautier

avaient proclamé le génie de Delacroix. Couture a-t-il voulu se

singulariser? Nous hésitons à croire qu'il ait réellement pensé ce

qu'il a écrit!...

[254] Voir _Catalogue Robaut_, n° 1015.

[255] Voir _Catalogue Robaut_, n° 1034.

[256] «Le baron _Charles Rivet_, qui de nos jours a attaché son nom à

la fondation de la troisième république, demeura un des fidèles amis

de cœur de Delacroix. Celui-ci, dans un premier testament que lui

fit déchirer sa gouvernante, Jenny Le Guillou, l'avait désigné comme

son légataire universel. C'était un homme de grand sens et de mœurs

aimables. Il avait été plus que camarade d'atelier de Bonington: il

l'avait obligé avec infiniment de délicatesse dans son année de début

et de gêne. «(Note de Ph. Burty dans la _Correspondance_ de Delacroix,

t. I, p. 127.)

[257] Cet article sur Prud'hon, qui avait paru dans la _Revue des Deux

Mondes_ du 1er novembre 1846, est un des plus intéressants du volume

qui contient les écrits de Delacroix. (EUGÈNE DELACROIX, _Sa vie et ses

œuvres._)

[258] Le comte _L. Clément de Ris_, critique d'art, auteur d'ouvrages

appréciés, qui devint conservateur du Musée de Versailles.

[259] Ces voussures se trouvent au plafond d'une grande salle des Pas

perdus, au palais du Corps législatif.

[260] Les peintures décoratives de la bibliothèque du Palais-Bourbon

furent commencées par E. Delacroix en 1838 et terminées en 1847.

Elles se composent de deux hémicycles et de cinq coupoles divisées

chacune en quatre pendentifs. Les deux hémicycles sont peints sur le

mur enduit d'une préparation à la cire; ils représentent: le premier,

_Orphée apportant la civilisation à la Grèce_ (côté de la cour du

Palais-Bourbon); le second, _Attila ramenant la barbarie sur l'Italie

ravagée_ (côté de la Seine). Les coupoles sont peintes à l'huile

sur toile marouflée sur enduit; chaque coupole se compose de quatre

pendentifs et comprend par conséquent quatre sujets, que le maître a

choisis dans un même ordre d'idées: 1° la _Poésie_; 2° la _Théologie_;

3° la _Législation_; 4° la _Philosophie_; 5° les _Sciences._ Enfin, à

l'intersection desdits pendentifs, se trouvent de grands mascarons, que

Delacroix a imaginés d'après des types rencontrés un peu partout sur

son passage, et principalement parmi les travailleurs des champs.

Première coupole: 1° _Alexandre et les poèmes d'Homère_; 2°

_L'éducation d'Achille_; 3° _Ovide chez les Barbares_; 4° _Hésiode et

la Muse._

Deuxième coupole: 1° _Adam et Ève_; 2° _La captivité à Babylone_; 3°

_La mort de saint Jean-Baptiste_; 4° _La drachme du tribut._

Troisième coupole: 1° _Numa et Égérie_; 2° _Lycurgue consulte la

Pythie_; 3° _Démosthène harangue les flots de la mer_; 4° _Cicéron

accuse Verrès._

Quatrième coupole: 1° _Hérodote interroge les traditions des Mages_; 2°

_Les bergers chaldéens inventeurs de l'astronomie_; 3° _Sénèque se fait

ouvrir les veines_; 4° _Socrate et son démon._

Cinquième coupole: 1° _La mort de Pline l'Ancien_; 2° _Aristote décrit

les animaux que lui envoie Alexandre_; 3° _Hippocrate refuse les

présents du roi de Perse_; 4° _Archimède tué par le soldat._

Pour bien juger de toute cette suite de peintures décoratives, il est

absolument utile de circuler sur la galerie saillante qui contourne

cette magnifique salle.

Delacroix avait déjà exécuté des peintures décoratives au

Palais-Bourbon, en 1833, par l'entremise de M. Thiers; il fut chargé de

décorer le Salon du Roi qu'il acheva en cinq ans et qui lui fut payé

la modeste somme de 30,000 francs. (Voir _Catalogue Robaut_, n° 892 à

917.)]

[261] Il s'agit probablement ici de M. _Eudore Soulié_, qui appartenait

à l'administration des Musées, et qui mourut conservateur du Musée de

Versailles.

[262] Petite-cousine de Delacroix.

[263] _Balthazar Gracian_, Jésuite espagnol, né en 1584, mort en 1658,

est l'auteur d'un certain nombre d'œuvres littéraires, notamment un

_Traité de rhétorigue_ et des allégories pleines de métaphores.

[264] _Amelot de la Houssaye_, né en 1634, mort en 1706, s'est fait

connaître par quelques traductions estimées, notamment celle du

_Prince_, de Machiavel.

[265] _M. Niel_, bibliothécaire au ministère de l'intérieur, était

un homme des plus distingués, très brillant causeur, d'un esprit

très fin et très délicat, et grand amateur de crayons du seizième

siècle. Il publia avec son propre texte le beau recueil de _Portraits

historiques_, d'après les crayons de _Dumoustier, Clouet_ et autres,

gravés par _Riffaut._

[266] Le texte exact du _Neveu de Rameau_ vient d'être publié récemment

par MM. Monval et Thoinan, qui ont retrouvé le manuscrit original,

écrit de la main même de Diderot.

[267] _Planet_, de Toulouse, peintre, élève de Delacroix. M.

Lassalle-Bordes prétend que Planet fit dans l'atelier de Delacroix les

quatre pendentifs suivants, qui font partie de la décoration de la

voûte de la bibliothèque, à la Chambre des députés: _Aristote décrit

les animaux que lui envoie Alexandre; Lycurgue consulte la Pythie;

Démosthène harangue les flots de la mer; La drachme du tribut._

(_Correspondance_, t. II. p. IX.)

Cette assertion de M. Lassalle-Bordes ne doit être accueillie,

croyons-nous, qu'avec une extrême réserve, car son témoignage, en

maintes circonstances, n'a pas rencontré partout un crédit absolu.

Néanmoins, en admettant qu'il ne se soit point trompé en ce qui

concerne Planet, on doit affirmer hardiment que ce dernier n'aurait,

en tout cas, exécuté que des agrandissements des esquisses arrêtées du

maître, et l'on sait combien d'études dessinées sur nature et autres

accompagnaient ces peintures de moindre dimension qu'il remettait à ses

élèves préparateurs, en ayant soin de ne rien livrer sans avoir donné

lui-même les dernières touches portant bien la marque de sa maîtrise.

[268] Probablement _Joseph-Nicolas-Robert Fleury_, dit _Robert-Fleury._

Le diable d'enfant dont il est question ici doit être son fils, _Tony

Robert-Fleury._

D'autre part, Delacroix veut peut-être parler de _Léon Fleury_, un

paysagiste qui eut son heure de célébrité et dont il y a quelques

études au château de Compiègne et dans divers musées (1804-1858).

[269] Grand hémicycle d'_Orphée._

[270] _Jean-François Demay_, peintre, né en 1798, qui exposa aux divers

Salons de 1827 à 1846.

[271] _Haussoullier_, peintre et graveur, élève de Delaroche.

[272] En 1847, _Don Juan_ était chanté au théâtre Italien par

_Labflache, Tagliafico, Coletti, Mario, Mmes Grisi, Persiani_ et

_Corbari._

[273] Il ne peut être ici question, comme on pourrait le supposer,

de _Clésinger_, car ce n'est qu'au mois de mai suivant que furent

officiellement annoncées les fiançailles de Mlle _Solange_, fille de

Mme _Sand_, avec le célèbre sculpteur. (Voir _infra_, p. 305 et 307.)

[274] Grand hémicycle d'_Orphée._

[275] Sans doute _Planet._

[276] Cette toile admirable appartient à M. le duc d'Aumale. Th.

Gautier en donnait la description suivante: «Le doge Foscari est obligé

d'assister à la lecture de la sentence de son fils, Jacques Foscari,

torturé et banni pour de prétendues intelligences avec les ennemis

de la République... Le doge, coiffé de son bonnet à cornes, vêtu de

sa robe de brocart d'or, est assis sur son trône au premier plan,

accablé de douleur sous sa contenance stoïque. Jacques Foscari, dont le

bourreau vient de torturer les membres, lui jette un suprême adieu et

tend ses mains brisées aux baisers de sa femme. La scène est disposée

de la façon la plus dramatique dans une de ces belles architectures que

Delacroix sait si bien construire et auxquelles il donne la profondeur

d'un décor.»

[277] Toile de 1m,60 X 1m,30, datée de 1848, exposée au Salon la même

année et à l'Exposition universelle de 1855. Ce tableau fut peint à

l'origine pour le comte de Geloës, qui l'acheta 2,000 francs. Vente

Faure, 1873: 60,000 francs. Une variante du même tableau fut vendue

à la vente Laurent Richard, 1873: 29,100 francs. (Voir _Catalogue

Robaut_, n°s 1034 et 1035.)

[278] Ce _Christ_ porte la date de 1839.

[279] «Sans idéal, il n'y a ni peintre, ni dessin, ni couleur; et ce

qu'il y a de pis que d'en manquer, c'est d'avoir cet idéal d'emprunt

que ces gens-là vont apprendre à l'école et qui ferait prendre en haine

les modèles.» (_Correspondance_, t. II, p. 19.)

[280] _Comte de Mornay._

[281] Collectionneur; il fut propriétaire de la _Barque de don Juan._

(Voir _Catalogue Robaut_, n° 707.) Mme Moreau a donné ce tableau au

Musée du Louvre après la mort de son mari.

[282] Voir _Catalogue Robaut_, n° 1044.

[283] _Auguste-Joseph Franchomme_, violoncelliste, né à Lille en 1809.

Cet artiste des plus distingués et l'un des noms les plus considérés

de l'école française, a fondé, avec l'illustre violoniste _Alard_,

des matinées de quatuors dans lesquelles la musique classique était

exécutée avec une étonnante perfection.

[284] _Asseline_, secrétaire des commandements des princes d'Orléans.

[285] Le _duc de Montpensier_, qui, en effet, était logé et recevait à

Vincennes.

[286] _Jadin_, paysagiste, né à Paris en 1805, fut élève de Hersent

et s'attacha, dès ses débuts, aux sujets de chasse et à la peinture

de nature morte. Il fréquenta plus tard l'atelier d'Abel de Pujol,

et aborda le paysage. Il voyagea en Italie en 1835, et peignit à son

retour un grand nombre de toiles pour la galerie du duc d'Orléans.

[287] _Charles His_, publiciste, né en 1772, mort en 1851. D'abord

attaché à la rédaction du _Moniteur_, puis proscrit, il se fit soldat

après le 13 vendémiaire. En 1811, il entra à la direction de la

librairie, où il resta attaché jusqu'en 1848.

[288] _Louis Boulanger_(1806-1867), peintre, élève de A. Devéria.

[289] _Octave Penguilly L'Haridon_ (1811-1870), peintre, élève de

Charlet, exposa au Salon de 1847 _Le tripot_ qu'on a revu au Musée

du Luxembourg. Ancien élève de l'École Polytechnique, officier

d'artillerie distingué, il fut nommé en 1854 conservateur du Musée

d'artillerie, dont il rédigea le Catalogue.

[290] Salon de 1848. Appartient au Musée de Tours. (Voir _Catalogue

Robaut_, n° 1044.)

[291] _Auguste Préault_, statuaire, élève de David d'Angers.

[292] Le _baron de Mareste_, ami de jeunesse de Stendhal, et plus tard

de Mérimée. C'était un homme aimable, très répandu dans les salons.

[293] _Claire-Hippolyte-Josèphe Legris de la Tude_, dite _Mlle

Clairon_, célèbre tragédienne, née en 1723, morte en 1803.

[294] _Eugène Pelletan_, écrivain et homme politique, né en 1813,

mort en 1884. Il débuta dans la littérature en 1837 par des articles

critiques dans différents journaux et devint bientôt rédacteur de la

_Presse._ Là, sous le pseudonyme d'_Un inconnu_, il publia sur la

philosophie, l'histoire, la poésie, les arts, des articles qui furent

très remarqués a cette époque.

[295] _Philarète Chastes._

[296] _Adrien Dauzats_, peintre, né à Bordeaux en 1803, mort en 1868:

il fit de l'aquarelle et de la lithographie, et fut un des artistes

attachés par le baron Taylor à la grande publication des _Voyages

pittoresques et romantiques dans l'ancienne France._ Il entreprit

alors dans le midi de la France une série d'excursions artistiques qui

l'ont conduit plus tard en Espagne, en Portugal, en Égypte, en Orient.

Il peignit surtout des paysages, ainsi que des sujets de genre et

d'intérieur.

[297] _Émile Lassalle_, peintre, élève de Delacroix. Il faisait partie

des élèves que Delacroix avait réunis dans son atelier de la rue

Neuve-Guillemin. Il se distingua surtout comme lithographe; il exécuta

une grande lithographie d'après la _Médée_ de Delacroix. «C'est un

homme que j'aime beaucoup, écrivait Delacroix à propos de lui, et qui

avait entrepris avec beaucoup d'ardeur cet ouvrage... Je pense que,

comme moi, vous serez surpris de certaines parties, où le caractère est

très bien rendu.»

[298] _Arnoux_, peintre et homme de lettres, a rendu compte, à

plusieurs reprises, et dans des termes élogieux, des expositions de

Delacroix. Celui-ci, de son côté, le recommanda chaleureusement en 1858

à M. Michaux, chef des services d'art à la Ville: «Je prends la liberté

de vous recommander M. Arnoux, dont les travaux sur les arts sont bien

connus, et qui a entrepris des études sur les monuments de Paris, leurs

tableaux et leurs statues... J'ai compté sur votre extrême complaisance

pour aider le travail remarquable d'un homme de talent pour qui j'ai

beaucoup d'affection.» (_Correspondance_, t. II, p. 135. Note de Burty.)

[299] _François Buloz_, directeur de la _Revue des Deux Mondes._

[300] Un des élèves de Delacroix qui fréquentaient son atelier

transporté depuis 1846 de l'autre côté de la Seine, rue Neuve-Breda.

[301] D'après Rubens. (Voir _Catalogue Robaut_, n° 736.)

[302] Sans doute l'achèvement des travaux du tombeau de son frère, le

général Delacroix.

* * * * *

1er _mars.--L'Afrique vaincue_, nos soldats se jetant à la

mer pour en prendre possession.

--_La bataille d'Isly_ traitée poétiquement.

--_L'Égypte soumise au génie de Bonaparte_, etc.

--Je me suis mis, après mon déjeuner, à reprendre le _Christ au

tombeau._[303] C'est la troisième séance d'ébauche; et, malgré un peu

de malaise au milieu de la journée, je l'ai remonté vigoureusement et

mis en état d'attendre une quatrième reprise.

Je suis satisfait de cette ébauche, mais comment conserver, en ajoutant

des détails, cette impression d'ensemble qui résulte des masses très

simples? La plupart des peintres, et j'ai fait ainsi autrefois,

commencent par les détails et donnent l'effet à la fin.

Quel que soit le chagrin que l'on éprouve à voir l'impression de

simplicité d'une belle ébauche disparaître à mesure qu'on y ajoute des

détails, il reste encore beaucoup plus de cette impression que vous ne

parviendrez à en mettre quand vous avez procédé d'une façon inverse.

--Projeté toute la journée d'aller m'enterrer dans une loge en haut, au

_Mariage secret._ Après dîner, le courage m'a manqué, et je suis resté

lisant _Monte-Cristo_, qui ne m'a pas préservé du sommeil.

* * * * *

Journal de Eugène Delacroix, Tome 1 (de 3) 1823-1850 · 第 48 / 86 题