La _Femme capricieuse_ et _Marphise._

_Weislingen enlevé._

_Juives de Tanger._

Le _Jardin de Méquinez_, la fontaine, etc.

Le _Pacha de Laroche_ en route vu par derrière, matin: son bourreau;

cavaliers du fond.

_Juives de Méquinez._ Petit croquis avec lavis; porte de cour, devant

laquelle elles sont assises.

_Juifs de Méquinez._ Chez eux, éclairés par la porte.

La Cour de M. Marcussen.

L'antichambre qui y conduit: obscur.

La chambre en haut, chez M. Bell; on voit la cour par une fenêtre en

fer à cheval.

_Juives à Tanger_, s'appuyant sur le bord des terrasses pour regarder

dans la rue.

La _Scène du Courban_, la porte de Tanger; les marabouts montés sur le

monument de la prière; les cavaliers, etc.

Le _Nègre de Tombouctou dansant_ au milieu de la famille d'Abraham.

_Cuisine de Méquinez._ Figures.

Le _Barbier de Méquinez_, dans le passage de l'entrée de la cour de

notre maison.

_Bain mauresque._

_Les hommes couchés, après le bain_, s'habillant et se peignant.

_Les différents cafés à Oran._

_Fontaine dans une rue à Alger._

_Parmi les prisonniers qu'il délivre, après avoir massacré la garde,

Amadis trouve une jeune personne couverte de haillons et attachée à un

poteau._ Dès qu'il l'eut délivrée, elle embrassa ses genoux.

_Le Connétable de Bourbon et la Conscience._

Le _Jeune Clifford_ portant le corps de son père.

Voir dans Ovide _Énée changé en dieu_, au bord de la mer, je crois,

avec une divinité qui le lave des souillures mortelles.

_Trajan donne audience à tous les peuples de l'Empire romain_:

diversité prodigieuse des présents qu'ils apportent;... animaux.

Le corps de _Léandre_ pleuré et porté dans les flots par les Néréides.

Sujet dans _Lara_: un chevalier portant le corps d'une femme enveloppée

[217].

* * * * *

_Sans date._--Pour nettoyer un tableau, moyen de M. Morelli: frotter

d'huile de noix; laisser un jour entier, ensuite enlever l'huile et

achever avec de la mie de pain, pour l'enlever tout à fait.

--Le mari doit protection à sa femme, la femme obéissance à son mari.

La discussion s'engagea sur le mot «Obéissance».

Ce mot-là est bon pour Paris surtout, où les femmes se croient en droit

de faire ce qu'elles veulent. Les femmes ne s'occupent que de plaisir

et de toilette. Si on ne vieillissait pas, je ne voudrais pas de femme.

Ne devrait-on pas ajouter que la femme n'est pas maîtresse de voir

quelqu'un qui ne plaît pas à son mari? Les femmes ont toujours ce mot à

la bouche: «Vous voulez m'empêcher de voir qui il me plaît.»

L'adultère, qui dans le Code civil est un mot immense, n'est par le

fait qu'une galanterie, une affaire de bal masqué.

Les femmes ont besoin d'être contenues dans ce temps-ci: elles vont

où elles veulent; elles font ce qu'elles veulent; elles ont trop

d'autorité. Il y a plus de femmes qui outragent leurs maris que de

maris qui outragent leurs femmes.

Il faut un frein aux femmes, qui sont adultères pour des clinquants,

des vers; Apollon, etc., les Muses...

[217] Eugène Delacroix mit plus tard à profit cette même idée pour l'un

des tympans décoratifs de l'Hôtel de ville: _Hercule ramène Alceste du

fond des enfers._ (Voir _Catalogue Robaut_, n° 1161.)

1846

_Sans date._--Toute licence étant donnée au poète pour l'unité de

temps et de lieu, le système de Shakespeare est sans doute le plus

naturel, car chez lui, les faits se succèdent comme dans l'histoire:

les personnages annoncés, préparés ou non, entrent en scène au

moment où ils sont nécessaires, n'y paraissent que quelques minutes

s'il le faut, et sont supprimés par la même raison qui les a fait

amener, c'est-à-dire par le besoin de l'action. Voilà bien la manière

dont les choses se passent dans la nature, mais est-ce là l'art?

On pourrait dire que le système français, au contraire, a enjambé

par-dessus les conditions nécessaires à l'art, et que pour être

fidèle à ces conditions, il a renoncé à être naturel. Le système

français est évidemment le résultat de combinaisons très ingénieuses,

pour donner à l'impression plus de nerf, plus d'unité, c'est-à-dire

quelque chose de plus artiste; mais il en résulte que chez les plus

grands maîtres, ces moyens sont petits et puérils, et nuisent, à leur

manière, à l'impression, par la nécessité de ressorts artificiels,

de préparations, etc... Ainsi ce système amène la régularité et une

sorte de froide symétrie plutôt que l'unité. Shakespeare a au moins

celle d'une vaste campagne remplie d'objets confus, il est vrai, où

l'œil hésitera peut-être, au milieu de l'entassement des détails, à

saisir un ensemble, mais néanmoins cet ensemble doit ressortir enfin,

parce que les circonstances principales, grâce à la force de son génie,

s'emparent fortement de l'esprit.

Qu'un temple grec, parfaitement proportionné dans toutes ses parties,

saisisse l'imagination et la satisfasse complètement, rien de plus

facile à concevoir, le thème de l'architecte est bien autrement

simple que celui d'un poète dramatique: il n'y a là ni l'imprévu des

événements, ni les caractères excentriques, ni les mouvements ondoyants

des passions, pour compliquer de mille manières les effets à produire

et la manière de les exprimer: je ne serais pourtant pas éloigné de

croire que les inventeurs de l'Unité de temps et de lieu ne se soient

figuré qu'au moyen de certaines règles, ils pourraient introduire dans

une composition dramatique quelque chose de la simplicité d'impression

que l'esprit ressent à la vue d'un temple grec. Rien ne serait plus

absurde, d'après ce que je viens de dire de l'immense différence.

* * * * *

24 _avril._--J'ai vu hier soir le _Déserteur_, de Sedaine: voici un

genre qui semble bien près de la perfection de l'art dramatique, si

ce n'est la perfection même. Il était encore réservé aux Français

de modifier eux-mêmes le système grandiose, mais artificiel, de

leurs grands génies, de Corneille, de Racine, de Voltaire. L'amour

outré du naturel ou plutôt le naturel porté à l'extrême dans des

détails accessoires, comme dans les drames de Diderot, de Sedaine,

etc., n'empêche pas cette forme d'être un progrès réel: elle laisse

une latitude immense pour le développement des caractères et des

faits, puisqu'elle permet les changements de lieux et aussi de grands

intervalles entre les actes; et cependant la loi de progression dans

l'intérêt, l'art avec lequel les faits et les caractères concourent à

augmenter l'effet moral, y est bien supérieur à celui des plus belles

tragédies de Shakespeare: on n'y trouve pas ces entrées et ces sorties

éternelles, ces changements de décoration, pour apprendre un mot qui

se dit à cent lieues de là, cette foule de personnages secondaires,

au milieu desquels l'attention se fatigue, en un mot cette absence

d'art. Ce sont de magnifiques morceaux, des colonnes, des statues même;

mais on est réduit à faire soi-même en imagination le travail destiné

à les recomposer et à en ordonner l'ensemble. Il n'y a pas de drame

de deuxième et même de troisième ordre, en France, qui ne soit bien

supérieur, comme intérêt, aux ouvrages étrangers: cela tient à cet

art, à ce choix dans les moyens d'effet, qui est encore une invention

française.

La belle idée d'un Gœthe, avec tout son génie, si c'en est un, d'aller

recommencer Shakespeare trois cents ans après!... La belle nouveauté

que ces drames remplis de hors-d'œuvre, de descriptions inutiles, et si

loin, au demeurant, de Shakespeare, par la création des caractères et

la force des situations. En suivant le système français des tragédies,

il eût été impossible de produire l'effet de la dernière scène du

_Déserteur_, par exemple. Ce changement de lieu de cinq minutes, pour

montrer la scène où le déserteur est prêt à subir son arrêt, fait

frémir, malgré l'attente où l'on est de voir arriver la grâce. Voilà un

effet que nul récit ne pourrait suppléer. Gœthe ou tel autre de cette

école eût mis cette scène sans doute, mais nous en aurait montré vingt

autres auparavant et d'un médiocre intérêt. Il n'aurait pas manqué de

mettre en action la jeune fille demandant au roi la grâce de son amant:

il eût peut-être trouvé que c'était introduire de la variété dans

l'action. Il n'est même peut-être pas possible, avec ce système, de

supprimer grand'chose dans le fait matériel; sans cela, il n'y a plus

de proportion entre les faits que l'on montre aux spectateurs et ceux

qu'on ne fait que raconter. Ainsi ces sortes de pièces ne marchent que

par saccades: c'est comme dans le roulis où vous n'avancez que tout à

fait penché d'un seul côté, ou tout à fait penché de l'autre; de là,

fatigue, ennui pour le spectateur, forcé de s'atteler à la machine de

l'auteur et de suer avec lui, pour se tirer de toutes ces évolutions de

contrées et de personnages. Il est clair que, dans un drame anglais ou

allemand, la dernière scène du _Déserteur_, où le théâtre change, pour

produire un grand effet, venant après vingt ou trente changements d'un

moindre intérêt, doit trouver le spectateur plus froid, plus difficile

à remuer. Ce fait, dans le génie de Gœthe, de n'avoir su tirer aucun

parti de l'avancement de l'art à son époque, de l'avoir plutôt fait

rétrograder aux puérilités des drames espagnols et anglais, le classe

parmi les esprits mesquins et entachés d'affectation. Cet homme qui

se voit toujours faire, n'a pas même le sens de choisir la meilleure

route, quand toutes les routes sont tracées avant lui et autour de

lui, et déjà parcourues admirablement. Lord Byron, dans ses drames,

a su, du moins, se préserver de cette affectation d'originalité: il

reconnaissait le vice du système de Shakespeare, et, tout en étant loin

de comprendre le mérite des grands tragiques français, la justesse de

son esprit lui montrait néanmoins la supériorité du goût et le sens de

cette forme.

* * * * *

Journal de Eugène Delacroix, Tome 1 (de 3) 1823-1850 · 第 34 / 86 题