Demi-teinte jaune de la chair, _ocre et vert émeraude._

Ajouter aux tons d'ombre habituels sur la palette: _Vermillon_ et _ocre

d'or._

_Ocre_ et _vert émeraude, laque et jaune_, ou _jaune indien_ et _laque_

pour frottis ou repiqués.

_Laque brûlée et blanc_, demi-teinte de chair.

Ébaucher les chairs _dans l'ombre_ avec tons chauds, tels que _terre

Sienne brûlée, laque jaune_ et _jaune indien_, et revenir avec des

_verts_, tels que _ocre_ et _vert émeraude._

De même les clairs avec tons chauds, _ocre_ et _blanc, vermillon, laque

jaune_, etc.; et revenir avec des _violets_ tels que _terre de Cassel_

et _blanc, laque brûlée_ et _blanc._

_Ne pas craindre_, quand le ton de chair est devenu trop blanc par

l'addition de tons froids, _de remettre franchement les tons chauds du

dessous_, pour les mêler de nouveau.

--Si on considérait la vie comme un simple prêt, on serait moins

exigeant.

Nous ne possédons réellement rien; tout nous traverse, la richesse, etc.

--A qui ai-je prêté le portrait de Fielding [214]?

--On n'est jamais long, quand on dit exactement tout ce qu'on a voulu

dire. Si vous devenez concis, en supprimant un _qui_ ou un _que_, mais

que vous deveniez obscur ou embarrassé, quel but aurez-vous atteint?

Assurément, ce ne sera pas celui de l'art d'écrire, qui est avant tout

de se faire comprendre.

Il faut toujours supposer que ce que vous avez à dire est intéressant;

car s'il n'en était pas ainsi, peu importe que vous soyez long ou

concis.

Les ouvrages d'Hugo [215] ressemblent au brouillon d'un homme qui a du

talent: il dit tout ce qui lui vient.

--_Sur la fausseté du système moderne dans les romans._ C'est-à-dire

cette manie de trompe-l'œil dans les descriptions de lieux, de

costumes, qui ne donne au premier abord un air de vérité que pour

rendre plus fausse ensuite l'impression de l'ouvrage, quand les

caractères sont faux, quand les personnages parlent mal à propos et

sans fin, et surtout quand la fable ajustée pour les amener et les

faire agir ne présente que le tissu vulgaire ou mélodramatique de

toutes les combinaisons usitées pour faire de l'effet. Ils sont comme

les enfants, quand ils imitent la représentation des pièces de théâtre.

Ils figurent une action telle quelle, c'est-à-dire absurde le plus

souvent, avec des décorations formées de vraies branches d'arbres, qui

représentent des arbres, etc.

Pour arriver à satisfaire l'esprit, après avoir décrit le théâtre

de l'action ou l'extérieur des personnages comme le font Balzac et

les autres, il faudrait des miracles de vérité dans la peinture des

caractères et dans les discours qu'on prête aux personnages; le moindre

mot sentant l'emphase, la moindre prolixité dans l'expression des

sentiments, détruisent tout l'effet de ces préambules, en apparence si

naturels.

Quand Gil Blas dit que le seigneur *** était un grand écuyer

sec et maigre avec des manières précautionneuses, il ne s'amuse pas

à me dire comment étaient ses yeux, son habit dans tous ses détails,

ou s'il manque un de ces détails, il y en a un qui est tellement

caractéristique, qu'il peint tout le personnage, à ce point que les

peintures accessoires qu'on ajouterait à celles-là ne produiraient

d'autre effet que d'empêcher l'esprit de saisir nettement le trait qui

donne la physionomie.

Journal de Eugène Delacroix, Tome 1 (de 3) 1823-1850 · 第 31 / 86 题