J'ai dit:
-- Avez-vous parlé à maître Baudin de la rente viagère pour ma pauvre
vieille Ribes?
-- Oui, c'est entendu.
-- Je suis contente... Les questions d'argent pour moi ne sont jamais
simples... et mon plus grand désir est de m'en occuper jamais... Quelle
chance d'être en puissance de mari!
-- Mais moi, je n'ai pas hérité.
-- Moi, c'est vous... Oh! Guillaume, si c'est fortune ma causé une
vraie satisfaction, c'est quand j'ai pensé qu'au moins, je... que...
-- Que quoi?
-- Qu'au moins je ne vous coûterai plus rien... Vous avez été si bon,
si généreux pour moi!
En parlant, j'ai compris que ce que je disais, dans un sentiment
sincère, était maladroit.
Guillaume m'a regardé froidement.
-- Guillaume, je ne comprends pas... il semble que vous soyez fâché,
contrarié de ce qui est arrivé... Alors, si vous le préfériez, je
pourrais refuser tout cet argent... Je ne tiens pas être riche, si cela
vous ennuie...
Guillaume s'est retourné vers moi. J'ai senti que ses lèvres
tremblaient. Il a souri:
-- Non, mon enfant chérie... Vous êtes un peu saisie, un peu
troublée... Bientôt, demain, il en sera tout autrement. Vous rentrerez
dans la vie de luxe, d'élégance pour laquelle vous êtes née!... Vous
êtes à l'abri du besoin, votre avenir se trouve assuré...
-- J'étais à l'abri du besoin...
-- Oui, certes, relativement, ma chère petite, mais que de choses vous
manquaient!... Oh! je le sais, allez!... Je n'ai, moi, que mes
appointements...
Je me mis à pleurer.