J'ai fait une apparition chez les Mauriceau... Mais j'ai évité le
"jour" de madame, ne voulant à aucun prix _penser_ à Fabrice de Mauve...
J'ai rempli également mes devoirs de politesse auprès de Mlle Arguin,
que j'ai manquée; de Mme Patain qui avait vingt personnes autour d'elle
et avec qui je n'ai pas échangé dix mots. Je lui ai parlé de "mon
mari". De prononcer ces deux mots "mon mari" me paraît très drôle...
Jamais je n'appelle Guillaume "mon mari", ni quand je m'adresse à lui
ni quand je pense à lui.
Je songe au couple amoureux de Bruges, et je me préoccupe de jouer
congrûment mon rôle d'heureuse jeune mariée...
Et, soudain, je constate que l'amitié -- une certaine amitié -- est une
bien belle chose, puisqu'elle peut ainsi parler, sans le savoir, le
même langage que l'amour.