DES SCHAKOS.

Le schako est une coiffure particulière aux troupes et qui prend

diverses formes cylindriques, tantôt décroissant légèrement à la

partie supérieure, et tantôt au contraire s'élargissant beaucoup.

Les schakos se fabriquent comme les chapeaux en feutre de laine;

ils peuvent l'être aussi avec la peluche de soie, le coton, le

crin, le cuir, et généralement de la même manière que les divers

chapeaux que nous avons énumérés. A proprement parler les schakos

sont des chapeaux d'une forme particulière, sans rebord, ayant la

calotte en cuir et munis souvent d'une visière en cuir verni. Comme

ce mode de fabrication ne diffère en rien de celle des chapeaux,

nous le passerons sous silence; mais fidèles à notre système de

faire connaître les progrès des genres de fabrication dont nous

nous occupons, nous allons faire connaître les brevets d'invention

qui ont été obtenus à ce sujet.

_Schakos à deux feutres._ (Brevet d'invention de cinq ans accordé,

le 8 mai 1820, au sieur DELPONT, à Paris.)

167 Ces schakos sont composés de deux feutres: l'un, qui est intérieur,

est sans teinture et enduit d'un apprêt dont on va voir la

composition; l'autre, qui est extérieur, est sans colle et sans

aucun apprêt; il est assez fort pour ne pouvoir être déchiré, et il

ne peut ni rougir ni devenir galeux; enfin, la pluie et l'humidité

ne peuvent le détériorer; il sèche comme un drap.

Ces deux feutres sont en pure laine de France.

_Apprêt pour le feutre intérieur._

Gomme de cerisier 4 parties.

Colle-forte de Paris 8

Résine 4

_Fabrication des schakos en cuir poli, destinés particulièrement à

l'infanterie légère_; par M. BERCY jeune. (Par brevet d'invention.)

C'est avec des peaux de vache pesant quinze à dix-huit livres,

qu'on confectionne ces schakos.

On commence par bien racler les deux surfaces de la peau, pour la

rendre spongieuse et la disposer à recevoir les apprêts.

Lorsqu'on a cousu le schako, on le plonge dans de l'eau échauffée

au point qu'on puisse y tenir la main. Il s'y ramollit et devient

susceptible de prendre toutes les formes qu'on veut lui donner. On

le met alors sur une forme en cuivre à huit clefs, dont le fond

isolé est également en cuivre. On place ensuite le tout sous une

presse à balancier, où on fait prendre forme au schako par une

forte pression.

On le retire de la presse et de la forme pour le mettre sur une

autre forme en bois, à cinq clefs seulement, mais dont le calibre

est le même. Cette forme est surmontée d'un tampon également en

168 bois, lequel est destiné à former le fond concave du schako, dont

la profondeur est de 15 lignes sur 8 pouces 3 lignes de diamètre.

La forme et le tampon sont pressés et maintenus l'un contre l'autre

par quatre brides en fer qui, en descendant extérieurement le long

du schako, vont se fixer avec autant de vis sur le contour du

plateau de fer du même calibre que le schako sur lequel pose la

forme. C'est dans cet état qu'on le laisse sécher, sans qu'il

puisse se voiler dans aucune de ses parties.

Le schako se trouve ainsi préparé à recevoir les deux apprêts

suivans:

Le premier apprêt se compose d'une livre de bonne colle dissoute

dans quatre pintes d'eau que l'on fait réduire par l'ébullition à

deux pintes et demie. On a soin d'enlever l'écume à mesure qu'elle

se forme. On laisse refroidir cette colle jusqu'à ce qu'elle ne

soit plus que tiède, et on en verse dans le schako une quantité

suffisante pour l'enduire. On laisse sécher à demi; on substitue la

forme de bois bien savonnée et ses brides à la forme en cuivre; on

la laisse encore sécher dans cet état.

Pour le deuxième apprêt, on fait fondre ensemble et au bain-marie,

trois livres de cire jaune brute avec une livre et demie de brai

sec. On retire la chaudière du feu, et on ajoute une livre de noir

d'ivoire en poudre, passé au tamis de soie; on remue ce mélange

jusqu'à ce qu'il soit baissé, attendu que le noir d'ivoire le fait

d'abord monter.

Le schako étant toujours sur la forme de bois et bien sec, les

brides de fer étant d'ailleurs retirées, vous enduisez au pinceau

l'extérieur du schako d'une couche de cette composition. Après cela

vous vissez, sur la clef du milieu, dans un trou disposé à cet

effet, un manche de fer avec lequel vous présentez ce schako

au-dessus d'un feu doux, afin de faire pénétrer la composition dans

les pores de la peau. Aussitôt que la couche commence à

169 disparaître, on le retire du feu et on le brosse fortement pour

étendre également ce qui en peut rester à la surface.

Pendant qu'il est chaud, vous le remettez encore sous la presse,

où, en refroidissant, il reprend sa première forme. Après quoi on

le place sur le nez d'un tour en l'air avec sa forme en bois; et

avec un morceau de bois taillé convenablement on donne le poli

qu'on désire.

_Fig. 27_. Chaudière montée sur son fourneau, dans laquelle on fait

ramollir le cuir pour le rendre propre au travail.

_Fig. 28_. Forme en cuivre à huit clefs.

_Fig. 29_. Dés en cuivre pour former le fond du schako.

_Fig. 30_. Presse à vis et à balancier. On suppose que la forme en

cuivre garnie d'un schako est sous presse.

_Fig. 31_. Forme en bois à cinq clefs.

_Fig. 32_. Tampon en bois qui forme le fond du schako.

_Fig. 33_. Quatre brides en fer, servant à maintenir le tampon et

la forme l'un contre l'autre.

_Fig. 34_. Plateau en fer placé sous la forme et contre lequel sont

fixées avec des brides les quatre vis ci-dessus.

_Fig. 35_. Chaudière avec son fourneau, dans laquelle on prépare

les premiers apprêts: on n'en voit que le tuyau, parce que cet

appareil est semblable au suivant.

_Fig. 36_. Chaudière sur son fourneau, pour le deuxième

apprêt.

_Fig. 37_. Schako sur la forme de bois présenté au feu.

_Fig. 38_. Manche de fer vissé sur la forme.

_Fig. 39_. Cheminée, dite à la prussienne, en tôle de fer.

_Fig. 40_. Brosse dure pour étendre l'apprêt.

_Fig. 41_. Tour en l'air pour polir les schakos.

_Fig. 42_. Morceau de bois à polir.

_Fig. 43_. Schako terminé et garni de sa visière.

_Fig. 44_. Deux anneaux concentriques qui servent à saisir le

cercle supérieur du schako pour le polir.

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_Fig. 45_. Châssis en fer, monté à charnière sur une planche, qui

sert à régler et à réunir ensemble les diverses pièces de laiton

qui composent les jugulaires.

_Fig. 46_. Schako complètement garni et posé sur la tête d'un

voltigeur.

_Procédé pour reteindre les schakos en tissu de coton dont la

couleur s'est altérée._

Ce procédé consiste à faire bouillir un quart de bois d'Inde ou de

campêche, coupé en morceaux dans trois litres d'eau, ce qui suffit

pour teindre vingt schakos.

On étend cette liqueur avec une brosse molle bien garnie, dans le

sens du poil, ayant soin de ne pas endommager le galon, et de

manière que le poil soit imbibé. Quand le schako est sec, on le

brosse avec une autre brosse molle et sèche, pour décatir et lisser

le poil. (_Ann. mar. et col._, janvier et février 1824, page 47.)

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Manuel complet des fabricans de chapeaux en tous genres · 第 26 / 33 题