Le zébu, _Esoû_ ;

L’âne, _Eyhad_ ;

Le mouton, _Akerêr_ ;

La chèvre, _Tîrhsi_, plur. _Oûlli_ ;

Le chien, _Eydi_.

On trouve, dans les villes seulement :

Le chat, _Akârouch_ ;

Le pigeon, _Tidebîrt_, plur. _Idebîren_ ;

Le coq, _Ikahi_ ; la poule, _Tîkahit_.

Inutile de dire que le porc est exclu pour des motifs religieux.

Les Touâreg n’ont aucun oiseau domestique, par la raison qu’ils n’en

mangent pas.

_Chameau._

La vie des Touâreg, plus encore que celle des autres Sahariens, est

intimement liée à celle du chameau ; car ce noble animal est non-

seulement sa monture de guerre, la locomotive de ses trains de caravane,

l’_express_ qui fait disparaître l’espace, ce grand ennemi de l’habitant

du désert, mais encore il est le pourvoyeur de ses principaux besoins.

Son lait est presque l’unique aliment de la famille dans la saison des

pâturages ;

Sa viande est le _nec plus ultra_ de l’hospitalité offerte à l’hôte de

distinction ;

Son cuir, l’un des meilleurs qui existe, donne le tissu de la tente, la

matière première des selles, des bâts, des chaussures et de la plupart

des ustensiles de ménage ;

Son poil fournit la matière textile des cordes d’arrimage des convois ;

Sa fiente, récoltée, sert, ici, d’engrais fécondant pour les palmiers ;

là, dans les grands espaces sans aucune végétation, de combustible avec

lequel on fait cuire les aliments ;

Enfin, sa trace, interrogée dans toutes les marches, fournit au voyageur

des indications précieuses dont il est toujours tenu compte, soit

qu’elle annonce le voisinage pacifique d’un troupeau au pacage, soit

qu’elle signale le passage d’individus, isolés ou en caravanes, chargés

ou non, amis ou ennemis ; car la largeur du pied, la longueur des

ongles, la nature des déjections, révèlent à l’homme expérimenté tout ce

qu’il a besoin de savoir sur les dispositions de ceux qui suivent la

même route ou la traversent.

La nécessité de pourvoir à la nourriture d’un animal si utile, on le

comprendra sans peine, a obligé les Touâreg à adopter la vie nomade pour

aller, suivant les saisons, suivant les pluies, chercher, ici l’eau, là

les pacages que le chameau réclame.

On distingue le chameau de selle du chameau de bât, qui diffèrent l’un

de l’autre comme le cheval de course du cheval de trait :

Le chameau de bât (_taouti_, plus communément _âmis_, fém. _tâlamt_,

plur. _imenâs_, hongre, _indân_) constitue la base des troupeaux,

l’élément des transports par caravanes ;

Le dromadaire de selle (_arhelâm_, fém. _tarhelâmt_, hongre _aredjdjân_)

est un animal presque de luxe, que les riches seuls possèdent.

A son défaut, les pauvres montent souvent dans leurs courses des

chameaux de bât dressés pour la marche accélérée auxquels on donne le

nom spécial de _imenâs-wân-terîk_.

La chamelle laitière, _tasaghârt_, providence des ménages, et l’étalon,

_amâli_, objet de soins particuliers, représentent encore des

individualités distinctes, ainsi que le chameau ayant la moitié de la

tête blanche et l’autre moitié noire, _azerghâf_, considéré avec raison

comme appartenant à une race en dégénérescence.

Tandis que, pour les différents âges de l’homme, on ne connaît que

l’enfance, la virilité, l’âge mur et la vieillesse, pour le chameau et

la chamelle, il y a une série de périodes qui n’en finissent pas.

Voici, par sexes, cette nomenclature :

Mâle. Femelle.

A la naissance _Aoura_, _Taouraït_.

Avant un an _Asâka_, _Tesâkaït_.

A un an _Aledjôd_ (_âledjôd_), _Tâledjot_.

A deux ans _Aleggès_ (_âleggès_), _Tâleggest_.

A trois ans _Akkanafoûd_, _Takkanafoûd_.

A quatre ans _Arhâir_, _Tarhâirt_.

A cinq ans _Egg-essîn_, _Ouelt-essîn_.

A six ans _Egg-ekkôz_, _Ouelt-ekkôz_.

A sept ans _Ameçadîs_ (_âmeçadîs_), _Tâmeçadîst_.

A huit ans _Ouân-tahelât_, _Tahelât_.

Ces distinctions ont leur importance pour la détermination des charges à

mettre sur le dos des animaux. Des proverbes qui, dans le Sahara comme

ailleurs, formulent les préceptes de l’expérience, règlent les questions

de poids à porter suivant l’âge des animaux.

Mon intention n’est pas de faire ici une monographie du chameau, quoique

l’importance du rôle de cet animal dans la vie saharienne exigerait

quelques développements ; je me bornerai à dire que le chameau des

Touâreg, de selle ou de bât, comparé à celui du Nord, a généralement les

formes délicates, le poil ras, la robe d’un ton clair, se rapprochant de

la couleur des sables ou des plaines jaunâtres au milieu desquels il

vit.

Sa sobriété aussi est plus grande, il endure mieux la faim et la soif ;

cependant sept journées sont la plus grande limite d’abstinence qu’il

puisse supporter en été, lorsqu’il est en marche et chargé. En hiver,

quand les herbes sont aqueuses, il peut rester au pâturage un et deux

mois, même plus, sans avoir besoin d’être abreuvé.

Par les immenses quantités de chameaux que possèdent les tribus du

Sahara algérien, on serait tenté de croire que ces animaux doivent être

plus nombreux encore chez les Touâreg ; il n’en est pas ainsi. Le plus

riche propriétaire de chameaux, dans tout le pays d’Azdjer, n’en a

qu’une soixantaine environ. Il y a lieu d’ajouter que la sécheresse et

le manque de pâturages, dans les neuf dernières années, y ont beaucoup

diminué la richesse cameline.

Le chameau, chez les Touâreg, est abattu comme bête de boucherie, et sa

viande, avec celle du mouton et de la chèvre, est à peu près la seule

qu’ils mangent, soit fraîche, soit salée, soit séchée. J’ai dû m’en

nourrir souvent dans mon voyage et je lui ai reconnu de bonnes qualités.

Quoique le lait des chamelles soit la principale nourriture des familles

pendant la saison des pâturages, il est toujours rare dans les tribus,

parce que les bonnes laitières, sans pacages suffisants, sont difficiles

à trouver dans l’espèce cameline comme dans toutes les autres races

d’animaux : aussi les Touâreg croyaient-ils me faire un grand cadeau en

m’envoyant un litre de lait.

_Cheval._

Le cheval est aujourd’hui très-rare chez les Touâreg, la période de

sécheresse que le pays vient de traverser en ayant réduit beaucoup le

nombre. Jadis quelques chefs avaient des juments poulinières et

faisaient des élèves, maintenant ceux qui veulent avoir des chevaux les

tirent du Touât où l’espèce chevaline paraît être belle.

En temâhaq, le cheval se dit _aïs_, la jument _tâbedjoût_, _tâbedjooût_,

le poulain _ahoûdj_, la pouliche _tahôk_.

Quoique les chevaux soient rares dans le Sahara, et quoiqu’il soit très-

difficile de les y nourrir et de les y abreuver, j’ai acquis, par

expérience personnelle, la preuve qu’un voyageur, avec des provisions

d’eau et d’orge suffisantes, n’est pas obligé d’adopter exclusivement la

monture incommode du chameau, même dans les régions sablonneuses.

Si je dois en croire le marabout Sîdi-el-Bakkây et le Cheïkh-’Othmân,

deux autorités indiscutables dans les questions sahariennes, les Arabes

nomades des rives de l’Océan viennent avec des chevaux, jusque sur la

route d’In-Sâlah à Timbouktou, pour y piller les caravanes. Des

chameaux, chargés d’eau et de suif, accompagnent ces expéditions. On

nourrit d’abord les chevaux avec le suif, et dès qu’un chameau est

déchargé, on le tue, et sa viande est employée à nourrir hommes et

chevaux. Ainsi approvisionnés, ces pillards peuvent attendre, pendant

des mois entiers, dans les solitudes les plus arides.

Des expéditions de cavalerie ont été entreprises par les sultans de

Mourzouk contre le Kânem, dans l’Afrique centrale, et elles ont surmonté

les difficultés de la nourriture des chevaux.

Le cheval s’habitue très-bien à ne boire que tous les deux jours.

_Zébu_.

Le zébu ou bœuf à bosse, très-commun dans le Soûdân, est représenté,

chez les Touâreg, par quelques individus dont les habitants de Rhât font

usage pour leurs labours.

On lui donne, dans le pays, le nom d’_esoû_, pl. _tisita_. La vache

s’appelle _têsout_, le veau _tahârhôlt_, le veau qui tette _alôki_.

Cet animal doux, intelligent, sobre, facile à manier, sert maintenant

comme bête de somme ; autrefois on l’employait comme bête de trait.

Avant l’importation du chameau dans le Sahara, à une époque incertaine,

mais qu’on peut fixer approximativement du IIIe au IVe siècle de notre

ère, tous les transports entre le Nord et le centre de l’Afrique étaient

faits par des zébus, non pas à dos, ainsi que cela se pratique

aujourd’hui encore dans la zone des pluies tropicales et à l’exclusion

du chameau, qui n’est même plus connu au delà du Niger, mais au moyen de

chariots que les zébus traînaient.

Sur la route que suivaient les Garamantes, de Djerma au pays d’Aïr,

route encore parfaitement tracée, comme sont les anciennes voies

romaines, on trouve, à la station d’Anaï[91], de grandes sculptures sur

le rocher, qui représentent très-distinctement des chariots avec roues,

traînés par des bœufs à bosse.

Je n’ai pas pu visiter cette contrée, mais d’après les renseignements

qui m’ont été donnés, je ne puis douter de la signification de ces

sculptures.

En traversant la vallée de Telizzarhên, sur la route directe de Mourzouk

à Rhât, M. le docteur Barth a trouvé plusieurs sculptures analogues à

celles d’Anaï, dans lesquelles le bœuf à bosse joue le principal rôle.

Il est à remarquer qu’aucune des sculptures de l’époque garamantique

trouvées jusqu’à ce jour ne rappelle le chameau, et que cet animal

n’apparaît, à l’exclusion du bœuf, que dans les épigraphies grossières

des Touâreg modernes.

L’emploi exclusif du bœuf pour les transports, dans les temps anciens,

implique une richesse en eaux et en pâturages beaucoup plus grande que

celle de l’époque actuelle. J’aurai l’occasion de faire remarquer, dans

le cours de ce chapitre, qu’il a dû en être ainsi.

_Ane._

En temâhaq, l’âne s’appelle _eyhad_, l’ânesse _têihêt_, l’ânon

_amâïnou_.

Après le chameau, l’âne est l’animal domestique qui rend le plus de

services aux Touâreg, surtout aux serfs, dont le plus grand nombre est

réduit à cette unique bête de somme.

Les ânes du pays des Touâreg sont remarquables par leur taille élevée et

leur sobriété, presque égale à celle du chameau. Ils ont le pelage gris

cendré sur le dos, blanc sous le ventre, avec une croix très-marquée,

d’un beau noir, sur les épaules.

L’âne existant encore à l’état sauvage, dans quelques contrées du pays,

il en est beaucoup, parmi ceux domestiqués aujourd’hui, qui ont été

arrachés à la liberté depuis peu de temps : aussi sont-ils généralement

peu dociles et se ressentent-ils de l’état sauvage dans lequel ils ont

vécu.

_Mouton._

Les seuls troupeaux de bétail de rente, chez les Touâreg, se composent

de chèvres et de moutons à poils comme ceux du Soûdân.

Le mouton, en général, s’appelle _akerêr_ en langue temâhaq. Les Touâreg

distinguent le _mouton à laine_ des Arabes du Nord du _mouton à poil_ de

leur pays, en donnant au premier le nom d’_akerêr-âjelbi_ ou _ouân-

tedoûft_, et au second celui de _akerêr-Emmôhagh_ ou mouton des Imôhagh.

Cette variété de la race ovine se distingue surtout de ses congénères

par la hauteur de ses membres : c’est pourquoi les zoologistes lui ont

donné le nom d’_Ovis longipes_, ou mouton à longues jambes.

A la taille il joint un développement considérable de toutes les parties

de son corps.

La tête est allongée, le nez arqué, les oreilles pendantes, la queue

longue et fine.

Sa toison, blanche et noire ou de couleur fauve, à poil long et rude, ne

rappelle nullement celle des moutons à laine.

Le mâle seul a des cornes, et il en a souvent quatre.

La brebis se dit _tâheli_, l’agneau _âbedjoûdj_, le petit qui vient de

naître, _âkarouât_, le mouton bistourné, _adjoûr_.

Ce mouton supporte la marche du cheval, sans doute par suite de

l’habitude qu’il a contractée de parcourir de grands espaces pour

trouver sa nourriture.

Les Touâreg n’élèvent le mouton que pour sa viande et son cuir ; sous ce

double rapport, l’animal ne laisse rien à désirer, car il donne autant

de viande et un cuir aussi grand que deux moutons de l’Algérie. J’ai

trouvé sa viande bonne : il est vrai que je n’ai pu la juger

comparativement.

_Chèvres._

Les Touâreg distinguent deux espèces de chèvres : celle à poils ras,

_tîrhsi_, pl. _oûlli_, et celle à longs poils, _tâjelbît_. Ils nomment

le bouc _ahôlagh_, le chevreau _aboûledj_, le petit _erheïd_ ou

_tirheïdet_, suivant son sexe.

Les troupeaux de chèvres sont beaucoup plus nombreux que ceux de

moutons, parce que leur aptitude à aller dans tous les terrains et à

vivre de broussailles leur permet de trouver plus facilement leur

nourriture.

Les chèvres du pays des Touâreg n’ont rien qui les différencie

sérieusement de celles de l’espèce commune du Nord de l’Afrique ; elles

sont d’une grande ressource pour les serfs auxquels elles donnent

viande, lait, poil et cuir, qu’ils utilisent.

_Chiens._

Les Touâreg possèdent trois sortes de chiens : le lévrier, _ôska_, le

chien arabe, à long poil, _âbar-hoûh_, très-rare, et un bâtard de ces

deux espèces, à poil ras, qui porte le nom commun de l’espèce, _eydi

teydît_, suivant les sexes. Ce dernier, de beaucoup le plus nombreux,

sert à la fois de chien de garde et de chien de chasse.

Quand j’aurai ajouté à cette liste le chat ordinaire, quelques poules et

des pigeons, mais seulement dans les villes, j’aurai énuméré tous les

animaux domestiques qui se trouvent dans le pays.

Sans aucun doute le nombre des espèces, et, dans chaque espèce, le

nombre des individus, pourraient être plus considérables malgré

l’aridité générale du sol ; mais le servage est un obstacle presque

insurmontable à l’accroissement des animaux domestiques. Le serf n’a

aucun intérêt à accroître les troupeaux de son seigneur ; car leur

augmentation doublerait son travail de garde. Quant à ceux qui lui

appartiennent en propre, il aurait un bénéfice réel à les multiplier, si

le seigneur n’était là, prélevant une sorte de dîme et quelquefois plus

que la dîme, puisqu’il peut prendre tout ce que possède et produit

l’homme attaché à la glèbe.

§ II. — ANIMAUX SAUVAGES.

Si la nomenclature des animaux domestiques laisse à désirer, celle des

bêtes fauves, quoique plus riche, dénonce également un pays pauvre.

_Mammifères._

Parmi les mammifères on compte :

La chauve-souris, _watwat_, _thîr-el-lîl_ (ar.) ;

La hyène, _irkenî_, _bêtfen_ (tem.), _dhebaá_ (ar.) ;

Un carnivore ? _tahoûri_ (tem.) ;

Le chacal, _âbaggui_ (tem.), _dhîb_ (ar.) ;

Le loup ? _adjoûlé_ (le mâle en temâhaq) ;

_Id._ _tarhsît_ (la femelle), pl. _tirhés_ ;

Le fennec (Fennecus Brucei), _akhôr-hi_, _akôzhekkal_, _khônchekki_,

_arhôleh_ (tem.), _el-fenek_ (ar.) ;

Le renard, _abârrân_ (tem.), _thaáleb_ (ar.) ;

Le guépard (Felis jubata) _amayâs_ (tem.), _fehed_ (ar.) ;

Le chat sauvage (Felis catus) _târhda_ (tem.) ;

_Id._ _bârheda_ (tem.) ;

_Id._ _el-gatt_ (tem.) ;

Le rat rayé (Mus barbarus) _akoûnder_ (tem.), _djird_ (ar.) ;

Le rat ordinaire, _akôteh_ (tem.), _fâr_ (ar.) ;

Le Ctenodactyle de Masson, _têlout_ (tem.), _goundi_ (ar.) ;

La gerboise, _idhaoui_ (tem.), _djerbouá_ (ar.) ;

Le lièvre isabelin, _tîmerouelt_ (tem.), _arneb_ (ar.) ;

L’onagre, _ahoûlil_ ( tem.) ;

Le hérisson, _tikanêsit_ (tem.), _ganfoûd_ (ar.) ;

L’antilope addax, _amellâl_ (m.), _tamellâlt_ (fém. tem.), _el-

meha_(ar.) ;

L’antilope mohor, _êner_ (tem.), _el-mohor_ (ar.) ;

L’Alcelaphe bubale (ant. orix) _tiderît_ (tem.), _beguer-el-ouahch_

(ar.) ;

Le mouflon à manchettes, _oûdad_ (tem.), _laroui_ (ar.) ;

La gazelle commune, _akankôd_, pl. _ihinkâd_ (tem.), _ghozâl_ (ar.) ;

La gazelle des dunes, _tedemît_ (tem.), _er-rîm_ (ar.) ;

Un petit mammifère ? _akaokao_ (tem.) ;

Un rat des champs (au Fezzân), _koroumbâko_.

Le lion _âhar_ ; la panthère, _anâba_, _dâmesâ_ ; le sanglier,

_azhîbara_ (appelé _adaouiydaouay_ dans l’Aïr et _aganguera_ dans le

Ahaggâr) ; l’éléphant, _êlou_, le buffle, _tahâlmous_, ainsi que le

rhinocéros et l’hippopotame, quoique connus des Touâreg du Nord, dans

leurs voyages au Nord et au Sud, ne sont pas des animaux propres à leur

pays, trop pauvre en eaux, en végétaux ou en gibier, pour qu’ils

viennent s’y aventurer.

Quelquefois les Touâreg rapportent du Soûdân, soit comme articles de

commerce, soit comme objets de curiosité, des singes, _adâguel_ (tem.),

_guerd_ (ar.), connus sous le nom de Guenon patas (_Cercopithecus

ruber_) ; j’en ai acheté deux qui sont au _Muséum d’histoire naturelle_

de Paris.

_Oiseaux_ (_îguedâd_).

Parmi les oiseaux figurent :

Un aigle noir et blanc, _îhadar_ (tem.) ;

Un aigle à tête blanche, _azhîzh_ (tem.) ;

Le néophron, _tarhâldji_ (tem.) ;

Le gypaète, _tamîdda_ ( tem.) ;

Le faucon, _imestarh_ (tem.) ;

La chouette, _taouîk_ (tem.) ;

Le hibou, _bôinhên_ (tem.) ;

Le corbeau, _arhâlidj_, _arhâla_ (tem.) ;

Le moineau des arbres, _çiden-n-izelán_ (tem.) ;

Un motteux, _belrhô_ (tem.), _boû-bechîr_ (ar.) ;

Une bergeronnette, _meçîçi_ (ar.) ;

L’hirondelle, _amêstarh_ (tem.), _khotteïfa_ (ar.) ;

Le pigeon ramier, _tîdebîrt_ (tem.) ;

Le flamant, _adjâïs_ (tem.) ;

Le Pteroclurus alchata, _erak_ (tem.) ;

Le ganga, _tîkedouin_ (tem.), _gatâ_ (ar.) ;

La bécassine, _tenêq_ (tem.) ;

Le canard sauvage, _tenêq-en-âman_ (tem.) ;

La demoiselle de Numidie, _arhellendjoûm_ (tem.) ;

L’autruche, _ânhil_ (m.), _tânhîlt_ (fém.), plur. _tînhâl_ (tem.).

Tels sont, sauf quelques omissions, les seuls oiseaux que nourrit et que

peut nourrir le pays, oiseaux voraces pour la plupart, et qui

trouveraient à vivre là où il n’y a rien.

Quant aux autres espèces, celles qui aiment l’ombrage, les fleurs, les

eaux, le voisinage de l’homme, la vie et le mouvement, que feraient-

elles au milieu d’une nature désolée, aride, où la mort règne sur

d’immenses espaces ?

Un des caractères du désert, celui qui surprend le plus les voyageurs

européens, est l’absence d’oiseaux. On peut voyager une semaine, dans

certaines contrées, sans en rencontrer un seul.

Souvent les caravanes rapportent aussi du Soûdân des perroquets, _akoû_

(tem.).

_Reptiles._

La série des reptiles est plus complète, quoique la famille des

chéloniens manque entièrement.

Parmi les sauriens, on compte :

Le crocodile, _arhôchchâf_ (tem.) ;

Le gecko des murailles, _amazregga_ (tem.) ;

Le gecko des sables, _timakouert_ (tem.), _boû-kechâch_ (ar.) ;

Un lézard vert et rouge, _ametarhtarh_ (tem.) ;

Un lézard jaune, _tîmekelkelt_ (tem.) ;

Le scinque, _tân-ahâlmouit_ (tem.), _zelgâg_ (ar.) ;

Le même (jeune), _imechellerh_ (tem.) ;

Le fouette-queue (Uromastix), _aguezzarâm_ (tem.), _dhobb_ (ar.) ;

Le varanus, _arhâta_ (tem.), _el-ourân_ (ar.).

Les batraciens n’ont que deux représentants : la grenouille, _âdjeroû_,

autour des sources et des lacs, et le crapaud des joncs, autour des

oasis.

Les ophidiens venimeux sont très-connus, et même au delà du chiffre de

leur nombre réel, car la nomenclature locale comprend deux espèces dont

l’existence est au moins douteuse.

Voici cette nomenclature :

Vipère cornue, _tâchchelt_ (tem.), _lefa’a_ (ar.) ;

Vipère des jongleurs, _seffeltès_ (tem.) ;

Vipère minute, _zorreïg_ (ar.) ;

Serpent fabuleux, _âchchel_ (tem.) ;

Autre serpent fabuleux, _tânerhouet_ (tem.).

Les ophidiens non venimeux, probablement plus nombreux que les

précédents, sont tous confondus sous deux noms communs : _âchchel_ et

_emedjel_ (tem.).

_Poissons._

Dans un pays où l’eau manque, les poissons doivent être rares ;

cependant on en distingue trois espèces :

Le Clarias lazera, _asoûlmeh_ (tem.) ;

Une autre espèce, _isâttafen_ (tem.) ;

_Id._ _imanân_ (tem.).

_Arachnides._

Deux familles de cette classe sont représentées dans le pays par les

scorpions, _tâzherdâmt_, et les araignées, _sârâs_, dont l’une, très-

grande, _tîn-aghrân_, est réputée venimeuse par les indigènes.

_Insectes._

L’entomologie intéresse assez peu les Touâreg pour qu’ils ne s’amusent

pas à donner des noms particuliers aux myriades de petits êtres qui

composent cette classe d’animaux ; ils se bornent à distinguer par des

noms particuliers les grandes familles qui ont des caractères bien

tranchés. Leur classification peut être résumée ainsi qu’il suit :

Coléoptères, _éguélê_ (gros), _téguéleyt_ (petits) ;

Orthoptères (sauterelles), _tâhouâlt_ ;

Névroptères (libellules), _tâtel-oûlarhet_ (mot-à-mot, qui vole bien).

Hyménoptères (abeilles), _tîhenkêkert-en-toûraout_ ;

_Id._ _id._ _tîhenkêkert-en-tâment_ ;

Hémyptères (punaises du chameau), _tachelloûft_ ;

_Id._ (_id._ sa larve), _adjôrmel_ ;

_Id._ (punaises des maisons), _bîzbîz_ ;

Lépidoptères (papillons), _ehellêloû_ ;

Diptères (moustiques), _tadast_ ;

_Id._ (mouches du chameau), _aheb_ ;

_Id._ (mouches de l’homme), _ehi_, pl. _ehân_ ;

_Id._ (_Arthemia Oudneii_, larve), _ed-doûda_.

_Myriapodes._

Cette classe très-nombreuse d’animaux inférieurs n’est représentée que

par un seul type, la scolopendre, _téouânt_ des Touâreg, _sott-el-kheïl_

des Arabes.

_Annélides._

Un seul genre de cette famille, les sangsues, _tâdelît_, appelle

l’attention par les accidents qu’elle détermine sur les animaux qui vont

boire avec avidité dans les eaux troubles.

Le ver de terre se dit _tâoukki_.

_Mollusques._

Toutes les coquilles sont confondues sous le nom général d’_issînen-

tafoûk_ (tem.).

Cependant les Touâreg donnent le nom d’_izhabi_ à une volute venant de

la côte de Guinée, et qui est employée comme pendant d’oreille ; de

_tâmguelloût_ à la _Cyprea moneta_, qui sert de monnaie au Soûdân ; de

_ifarghas_ aux coquilles d’eau douce et particulièrement à celles du

genre _Melania_.

Parmi les coquilles fluviales ou palustres que j’ai recueillies dans mon

voyage se trouvent :

Une _Planorbis_ nouvelle et la _Physa contorta_ récoltées à Bîr-ez-

Zouâït, région des dunes ;

La _Melania fasciolata_, commune dans les environs de Ghadâmès et de

Titerhsîn ;

La _Melanopsis Dufouri_ de l’Ouâd-Biskra ;

Une _Paludine_ à déterminer, provenant d’Aïn-Temôguet (environs de

Djâdo).

_Parasites._

L’un est spécial au pays, le ver de Guinée, _arhân_ ; l’autre, le pou,

_tillik_, commun à toute la partie de l’espèce humaine qui vit dans la

malpropreté.

Les vers intestinaux, fréquents chez les enfants, se nomment

_achchellen_ (serpents).

Un parasite des végétaux, donnant un miel de qualité inférieure, porte

le nom de _kharnît_.

_ESPÈCES REMARQUABLES._

Cette nomenclature aride exige, comme complément, quelques lignes sur

les espèces qui appellent l’attention.

_Tahoûri._

Sous ce nom, les Touâreg connaissent un grand carnivore, de la taille de

la hyène, commun dans toute l’Afrique centrale et qui porte les noms

suivants dans les pays qu’il habite :

Au Haoussa, _Kora_ ;

A Timbouktou, _Kourou_ ;

Au Touât, _Gabou_.

D’après les Touâreg venus à Paris, il y aurait au Jardin des plantes un

tahoûri originaire du Sénégal.

D’après M. le commandant Hanoteau, il en existerait dans le Ahaggâr deux

variétés : l’une noire, l’autre blanche. Cette dernière serait très-

craintive.

_Loup. — Adjoûlé._

Je donne le nom de loup à une espèce très-féroce qui vit dans le haut du

Tasîli et dans les montagnes du Ahaggâr. Je n’ai pas vu cet animal et je

n’ose pas affirmer qu’il soit réellement un loup ; cependant, par les

renseignements qui m’ont été donnés, je ne puis que l’assimiler à cet

animal.

« Il ressemble à un grand chien fauve, disent les Touâreg, et il est le

seul carnivore de notre pays qui attaque l’homme sans même être provoqué

à la défense. »

Les anciens auteurs avaient signalé la présence du loup dans le Nord de

l’Afrique : il n’est donc pas étonnant qu’il s’y retrouve là où la

présence de l’homme ne lui dispute pas le terrain.

Cette espèce semble d’ailleurs tendre à disparaître des montagnes des

Touâreg, comme elle a disparu du Tell, car aujourd’hui, si l’on en croit

les indigènes, elle serait déjà assez rare.

_Guépard._

Le guépard est assez commun dans toute la région de l’’Erg, au Sud de la

Tunisie, de l’Algérie et du Maroc ; il entre peu dans les montagnes des

Touâreg.

Les Souâfa le chassent pour sa peau, plus petite, mais aussi belle que

celle de la panthère.

Les Touâreg du nord · 第 20 / 46 段