On verra plus loin quel usage particulier en font les Touâreg.

ASTRAGALUS GOMBO Coss. et DR. in _Bull. Soc. bot._

Foggoûs-el-Hamîr (_arabe_).

Récolté dans l’Ouâd-Mezâb où il est assez commun.

Sans usage.

ASTRAGALUS PROLIXUS Sieber.

Adreylal (_temâhaq_).

Récolté à Tîn-Têrdja, le 2 mars 1861, sur la route de Ghadâmès à Rhât,

reconnu aussi sur deux autres points.

Petite plante fourragère rampante.

ASTRAGALUS HAUARENSIS Boiss.

Tâmerazraz (_temâhaq_).

Récolté à Tîn-Têrdja, le 3 mars 1861. Station unique.

HIPPOCREPIS ELEGANTULA Hochst. in _Schimp. Pl. Arab. exsicc._

Têskart (_temâhaq_).

Récolté à Tîn-Têrdja, le 3 mars 1861. Station unique.

ALHAGI MAURORUM DC.

’Agoûl (_arabe_).

Reconnue en six stations, dans la Cherguîya, entre Mourzouk et Zouîla,

où cette plante est assez abondante pour qu’elle couvre, sur plusieurs

lieues d’étendue, tous les espaces que la culture ne lui dispute pas.

Elle ne figure pas dans mon herbier. J’ai cru inutile de recueillir une

espèce dont les caractères sont tellement reconnaissables, qu’elle porte

le même nom indigène dans toutes ses stations, de la Perse au Sénégal.

Je ne crois pas, d’ailleurs, être le premier voyageur qui signale son

existence dans l’Est du Fezzân, car l’’agoûl y constitue un fait de

peuplement si exceptionnel, qu’il a dû appeler l’attention de tous ceux

de mes devanciers qui ont reconnu, exploré ou simplement traversé la

Cherguîya.

Les indigènes du Fezzân mangent les longues racines de cette plante. A

cet effet, ils les font sécher ; après quoi, ils les réduisent en farine

par la mouture.

Tous les ruminants domestiques et même les sauvages, chameaux, chèvres,

moutons, gazelles, mangent les sommités de l’’agoûl malgré les épines

qui les défendent. L’âne lui-même ne les dédaigne pas.

Il ne paraît pas que cette plante fournisse aux Fezzaniens la sécrétion

qu’on a appelée dans l’Orient _la manne des pèlerins_ ; car cette

production ne m’a pas été signalée au nombre des produits utiles de cet

arbuste.

Il était en fleur en juillet.

LUPINUS VARIUS L.

Djezey-Fôk, regarde soleil (_temâhaq_).

Récolté le 5 mars 1861 à Tîterhsîn. Reconnu seulement en deux stations

entre Ghadâmès et Rhât.

ACACIA ALBIDA Delile ?

Ahadès, Ahatès (_temâhaq_) ; Agawô (_en haoussa_).

Récolté le 4 mai 1861 près des ruines du château de Serdélès, sur un

arbre gigantesque, mais unique dans le pays des Touâreg Azdjer.

Signalé comme étant plus commun, mais toujours à l’état isolé, dans les

montagnes du Ahaggâr.

La cime de cet acacia atteint 15 mètres au moins de hauteur. Son tronc

colossal, duquel s’élèvent cinq grands rejetons remarquables par leurs

énormes dimensions, semble avoir été couché par les vents depuis fort

longtemps. (Voir la planche ci-contre.)

D’après la tradition, il y a un trésor enfoui là où s’arrête l’ombre de

l’arbre à l’_’aser_ (3 heures du soir) ; mais on ne l’a pas encore

trouvé.

ACACIA ARABICA Willd. ; Benth.

Talha (_arabe_) ; Absaq (_temâhaq_) ; Guerodh (_au Fezzân_).

Récolté le 7 mars 1861 dans les jardins du Fezzân, mais il croît aussi

spontanément en forêts, car j’ai constaté qu’il constitue seize massifs

entre Ghadâmès et Rhât, et vingt-deux entre Rhât et Mourzouk, et j’ai

déterminé sur mes cartes itinéraires l’étendue de chacun des trente-huit

bois qu’il forme.

J’ai acquis aussi la certitude que le talha existe en forêts dans le

Tasîli des Azdjer, dans les montagnes du Ahaggâr, sur le plateau de

Tâdemâyt et dans tout le Touât, ce qui est confirmé, pour cette dernière

station, par M. le commandant Colonieu, qui l’a trouvé dans les oasis du

Gourâra.

Plus au Nord, M. Pélissier avait antérieurement constaté son existence

au Boû-Heudma, dans le Sud de la régence de Tunis, où il constitue une

forêt de plus de 30 kilomètres de longueur.

Ce n’est pas d’aujourd’hui que le _talha_ est signalé dans les mêmes

contrées. Voici ce qu’en disait Léon l’Africain il y a trois siècles :

« Et-talche est un grand arbre épineux, ayant les feuilles comme le

genèvre, et jette une gomme semblable au mastic, lequel est pour les

apothicaires africains sophistiqué avec cette gomme, pour ce qu’elle est

de semblable couleur et odeur. _Il s’en trouve au désert de la Numidie,

de la Libye_, et au pays des noirs : mais les arbres qui croissent en la

Numidie estant ouverts apparaissent de telle blancheur au dedans que les

autres arbres et ceux de Libye sont violets et très-noirs : mais ceux de

la terre des noirs sont très-noirs, et du cœur d’iceus (que les Italiens

appellent _sangu_) l’on fait de très-beaux et gentils instruments de

musique. Le bois violet est aujourd’huy en usage entre les médecins pour

guérir le mal de Naples, au moyen de quoy le bois prend son nom de

l’effet : _bois guérissant de la vérole_. »

Pl. VI. Page 164. Fig. 12 et 13.

[Illustration : Fig. 1. — VUE DES RUINES DU CHÂTEAU D’AGHREM, A

SERDÉLÈS(PRISE DU CÔTÉ OUEST).

D’après un dessin de M. H. Duveyrier.]

[Illustration : Fig. 2. — AHATÈS (ACACIA ALBIDA).(ARBRE GIGANTESQUE PRÈS

DU CHÂTEAU RUINÉ DE SERDÉLÈS.)

D’après un dessin de M. H. Duveyrier.]

L’arbre de la Numidie et de la Libye auquel Jean Léon attribue tant de

propriétés est bien le talha rencontré par moi dans mon voyage, mais il

ne jouit plus de la même réputation qu’autrefois, car on se borne à

récolter sa gomme, sans exploiter son bois.

L’_Acacia Arabica_ des forêts du pays des Touâreg atteint les

proportions des plus grands amandiers dans le Nord de l’Afrique et en

Provence : 3 mètres environ d’élévation sous branches et 1 mètre de

circonférence. D’après M. Pélissier, ceux de Boû-Heudma seraient non

moins remarquables par leur grosseur et leur grandeur.

La gomme que j’ai récoltée à Oubâri est aussi belle que celle de la côte

de l’Océan. L’échantillon de la forêt du Boû-Heudma, que M. Pélissier

avait envoyé à Marseille, y a été reconnu, par le commerce de cette

ville, d’aussi bonne qualité que la gomme du Sénégal.

La gomme, on le sait, est une production maladive de l’arbre, provoquée

par une haute température et sous l’influence souvent renouvelée des

vents du Sud. Elle sort spontanément des gerçures que la chaleur

détermine sur l’écorce de l’arbre ; du moins c’est ce que j’ai constaté

dans mon voyage.

On a écrit que la gomme était obtenue par incision ; il est possible

que, pour avoir une plus grande production de gomme, on se livre à cette

opération, mais elle est inusitée dans les contrées que j’ai parcourues.

D’ailleurs, chez les Touâreg, qui manquent souvent de vivres, la gomme

est presque toujours mangée dès qu’elle est produite, et on ne la

récolte, pour le commerce, que dans les oasis du Fezzân, où l’homme

trouve facilement une nourriture plus substantielle.

J’ai cherché à préciser d’une manière certaine les stations de l’_Acacia

Arabica_ dans les parties les plus rapprochées du Sahara algérien, parce

que cet arbre est un de ceux que nous avons le plus d’intérêt à y

acclimater.

Avant moi, M. le docteur Cosson, juge beaucoup plus compétent, a déjà

appelé l’attention du gouvernement sur le choix à faire de cette essence

pour le reboisement des solitudes sahariennes.

D’après les points où sa présence a été constatée ou signalée, il semble

que l’altitude et la qualité du sol lui sont à peu près indifférentes.

La seule condition que réclame cet acacia pour prospérer et produire de

la gomme est d’avoir beaucoup d’air et de lumière. Dans tous les bois

que j’ai parcourus, les arbres sont très-espacés, ce qui avait déjà été

remarqué au Sénégal et au Sud du Maroc.

L’_Acacia Arabica_ ne croît pas toujours en arbre : sur la circonférence

des forêts et à l’exposition Nord, il ne forme guère que des buissons.

Les Fezzaniens et les Touâreg considèrent l’acacia broussaille comme

constituant une espèce différente de l’acacia arbre et lui donnent des

noms différents : ’Ankîch (_arabe_), Tamât (_temâhaq_) ; mais après

comparaison des échantillons de l’_’ankîch_ récoltés à Ouarâret avec

ceux du _guerodh_ de provenance fezzanienne, les deux ont été reconnus

appartenir à la même espèce.

Les gousses de l’’ankîch, plus faciles à récolter, sont employées à la

préparation des cuirs.

La broussaille, comme l’arbre, donne de la gomme.

Les fleurs de l’_Acacia Arabica_ m’ont paru répandre un parfum suave qui

aurait quelque succès, s’il pouvait être fixé.

Dans l’inventaire des arbres cultivés au Touât figure un acacia du nom

d’_aggâra_ dont les gousses sont aussi récoltées pour la tannerie.

Cet arbre croît spontanément dans le Ahaggâr où il est connu sous le nom

de Tâdjdjart. Il m’est indiqué avec la note suivante : « Arbre épineux,

à graines amères, dont les gousses sont employées comme tannin.

Semblable au talha ou _Acacia Arabica_, mais distinct cependant. »

Est-ce, sous un nom différent, une variété de l’_Acacia Arabica_ ? Est-

ce une autre espèce ? Je l’ignore.

Je consigne ici ce détail pour mémoire et à titre de simple

renseignement.

CASSIA OBOVATA Coll.

Senâ, Hachîcha, Senâ-el-Mekki (_arabe_) ; Adjerdjer (_temâhaq_).

Récolté à Oubâri le 17 mai 1861 ; trouvé sur deux points de ma route

entre Ghadâmès et Rhât, sur quatre points différents du Fezzân, sur un

point entre Methlîli et El-Golêa’a ; signalé comme couvrant de grands

espaces à Wahellidjen et à Arhafra dans les montagnes du Ahaggâr ; très-

commun dans le pays d’Aïr.

Le séné pullule partout où les vents portent sa graine. Jadis on le

récoltait en abondance pour le vendre sur les marchés de Tripoli, mais

la concurrence a tellement fait baisser les prix qu’ils ne couvrent plus

les frais de transport.

Les Touâreg distinguent deux variétés de séné : l’_adjerjer-afelâmi_ ou

séné des autruches, qui est le plus commun, et l’_adjerjer-ouân-Anhef_,

que produisent les montagnes d’Anhef et qui est le séné noble des

Arabes.

Celui du Ahaggâr, qui croît en montagne, est réputé plus actif que celui

des autres contrées.

Les indigènes des pays de production, sur la foi de cette parole du

Prophète : « Procurez-vous du séné ; vous y trouverez des remèdes contre

toutes les maladies, excepté la mort, » en font usage dès qu’ils

éprouvent le moindre mal.

PISUM SATIVUM L. ?

Hammîz, Hommoz, Djeldjelân (_arabe_).

Cultivé dans les oasis. Près de la source de Tinoûhaouen, entre Rhât et

le village de Fêouet, j’en ai trouvé un grand champ à maturité le 13

mars 1861. Le propriétaire consentit à m’en vendre. Ce pois me parut

délicieux.

Les indigènes mangent toujours les pois secs et non verts. Les ménagères

aiment à décorer les plats de couscoussou de guirlandes de pois.

Indépendamment du _Pisum sativum_, les Oasiens cultivent aussi, pour le

même usage, le _Cicer arietinum_ L., sous le nom de _djelbâna_.

LATHYRUS OCHRUS DC.

Garfâla (_arabe_).

Ce lathyrus est cultivé au Fezzân comme plante fourragère.

FABA VULGARIS Mœnch.

Foûla (_arabe_).

La fève de marais est également cultivée dans les oasis. On la mange

crue ou cuite. Au printemps, les citadins s’en nourrissent presque

exclusivement.

DOLICHOS... ?

Loûbia (_arabe_).

Le haricot dolichos est plus rare dans les oasis ; cependant il doit

figurer au nombre des plantes potagères qui y sont cultivées.

MEDICAGO ?

Guedhob (_arabe_ et _temâhaq_).

Sous ce nom, on cultive au Fezzân, comme plante fourragère, une luzerne

qui croît spontanément dans le pays et que j’ai trouvée en six stations

entre Oubâri et Zouîla.

Ne l’ayant rencontrée ni en fleurs, ni en fruits, elle ne figure pas

dans mon herbier.

Cette plante serait-elle le _Medicago pentacycla_ DC. que Prax a trouvée

dans les cultures tunisiennes ?

TRIFOLIUM ?

Foçça (_arabe_).

Cultivé au Fezzân et au Touât comme plante fourragère, principalement

pour l’usage des chevaux.

D’après M. le commandant Colonieu, au Touât, on faucherait cette

Légumineuse tous les vingt jours pour en nourrir les moutons.

Au Fezzân, on vend également cette plante sur tous les marchés.

ROSACÉES.

NEURADA PROCUMBENS L.

Saàdân, Kofeïza (_arabe_) syn. Coss. ; Nefel, Anefel (ânefel)

(_temâhaq_).

Récolté le 2 mars 1861 à Tîn-Têrdja. Reconnu en huit stations de

Ghadâmès à Rhât. Indiqué comme étant commun dans les montagnes entre

Rhât et In-Sâlah.

Bonne plante fourragère.

AMYGDALÉES.

AMYGDALUS COMMUNIS L.

Chedjret-el-Loûz (_arabe_) ; Ibaobaoen (_temâhaq_).

L’amandier, dans le Sahara, rencontre les conditions qui lui conviennent

le mieux, bien qu’il n’existe pas dans les oasis du Nord ; on le trouve

à Ghadâmès, à Tessâoua et dans les jardins du Fezzân.

Son fruit frais, _frek_, est très-recherché.

Son fruit sec, _loûz_, est quelquefois employé en boisson émulsive. On

en extrait une huile, _zît-el-loûz_, consacrée aux mêmes usages que chez

nous.

L’arbre donne une gomme, _’alk-el-loûz_, qui est mangée.

AMYGDALUS PERSICA L.

Chedjret-el-Khoûkh (_arabe_).

Le pêcher réussit mal dans les oasis. Il est rare, ses fruits sont de

qualité médiocre.

La station la plus méridionale de cet arbre est à Tessâoua.

PRUNUS ARMENIACA L.

Chedjret-el-Berkoûk (_arabe_).

L’abricotier atteint souvent dans les oasis, notamment à Ghadâmès, le

développement des plus grands arbres, mais ses fruits perdent de leur

qualité au fur et à mesure qu’on avance dans le Sud.

A Tunis et à Biskra, on prépare des abricots secs qui sont vendus dans

le commerce sous le nom de _mechmâch_.

PRUNUS DOMESTICA L.

Chedjret-el-’Aïn (_arabe_).

Le prunier à fruits oblongs, cultivé dans les oasis du Nord, se retrouve

encore dans les oasis du Sud, mais plus rarement.

POMACÉES.

MALUS COMMUNIS L.

Chedjret-et-Teffâh (_arabe_).

Le pommier, quoique rare, est aussi acclimaté dans les oasis, mais ses

fruits sont sans goût et mauvais.

Les pommes étaient en pleine maturité à mon passage à Tessâoua, le 5

juin.

Tous ces arbres importés d’autres climats ne sont pas là dans leur

élément. Sans l’ombre protectrice des dattiers, ils ne pourraient pas

même vivre.

CYDONIA VULGARIS Pers.

Seferdjel (_arabe_).

Le coignassier est aussi un des arbres fruitiers cultivés dans les oasis

où il acquiert un développement considérable.

LYTHRARIÉES.

LAWSONIA INERMIS L.

Henna (_arabe_) ; Anella (_temâhaq_).

Cultivé dans toutes les oasis, mais particulièrement au Touât, car on

donne souvent au district qui la produit le nom de Touât-el-Henna.

Le henné affectionne les terres basses, chaudes, humides des lignes de

fonds du Sahara, comme celles de Gâbès, du Nefzâoua, du Belâd-el-Djerîd,

de l’Ouâd-Rîgh, d’Ouarglâ et du Touât, qui constituent une zone de même

formation et de même climat, également riche en eau et en chaleur,

conditions que réclame impérieusement la culture de cette plante

tinctoriale pour atteindre les développements que désire l’industrie.

Si je suis bien renseigné, le henné peut être cultivé comme plante

herbacée et annuelle, à la façon des plantes fourragères, semé comme

elles, fauché comme elles, et séché comme elles.

S’il en était ainsi, le Sahara pourrait produire le henné en grande

quantité et aux conditions de prix fixées par le commerce, qui sont en

moyenne de 1 fr. par kilo.

Au Nord de la ligne des bas-fonds ci-dessus énumérés, le henné ne vient

qu’exceptionnellement à maturité. Aussi, pour toutes les cultures du

Tell algérien, il faut demander des graines au Sahara ; dès lors c’est

dans le Sahara et non le Tell que le commerce doit aller chercher le

henné dont il a besoin.

Ce que j’aurai à dire du henné dans le deuxième volume de cet ouvrage,

au chapitre consacré à la _matière commerciale saharienne_, me dispense

d’entrer ici dans de plus grands détails sur les divers emplois de cette

plante.

GRANATÉES.

PUNICA GRANATUM L.

Roummâna (_arabe_) ; Tarroummant (_temâhaq_).

Le grenadier est cultivé avec succès dans toutes les oasis.

Son fruit aigrelet convient particulièrement au climat : aussi est-il

très-estimé.

Les écorces du tronc et de la racine sont employées comme vermifuges et

les feuilles comme hémostatiques.

CUCURBITACÉES.

CUCUMIS MELO L.

Bettîkha (_arabe_).

De nombreuses variétés de melons sont cultivées par les Sahariens.

Celles préférées sont les melons à chair aqueuse, particulièrement les

melons verts d’Espagne.

CUCUMIS SATIVUS L.

Foggoûs (_arabe_) ; Itekel (_temâhaq_).

Le concombre entre pour une part très-considérable dans l’alimentation

des Oasiens. On le mange généralement avec des dattes, à l’imitation du

Prophète, qui disait : « Le froid des concombres compense la chaleur des

dattes, et la chaleur des dattes compense le froid des concombres. »

CUCUMIS COLOCYNTHIS L.

Handhal (_arabe_) ; Alkat (_temâhaq_) ; Tajellet (_mezabite_).

Récolté le 18 janvier 1859 dans l’Ouâd-Mezâb et le 24 août 1861 dans les

montagnes de la Sôda.

Croît spontanément partout. Rencontré en cinq stations entre Ghadâmès et

Rhât ; en deux de Tîterhsîn à la Cherguîya ; indiqué dans les montagnes

entre Rhât et In-Sâlah. Assez commun dans le pays des Teboû pour que la

vente de ses graines, _aguellet_, soit l’objet d’un commerce.

Les auteurs grecs et romains ont signalé, comme une très-grande

aberration du goût, l’usage que les Troglodites (Teboû modernes)

faisaient de la graine de la coloquinte. Cet usage s’est perpétué

jusqu’à nos jours. Les graines de coloquinte, débarrassées de leur

principe amer par l’ébullition et torréfiées, sont encore vendues

aujourd’hui sous le nom de _taberka_ par les Teboû sur les marchés et

recherchées comme aliment de luxe.

A l’imitation de mes compagnons de route, j’ai mangé des graines de

coloquinte et je n’ai pas trouvé qu’elles fussent dignes de la

réprobation des anciens. J’avoue cependant qu’il faut habiter le pays de

la famine pour avoir l’idée de chercher un aliment dans la graine d’une

pareille plante.

La graine de coloquinte, non débarrassée de son principe amer, est

donnée comme boisson, en mélange avec de l’ail, contre les morsures de

vipères.

CUCURBITA MAXIMA Duch.

Guera’a (_arabe_) ; Takasâïm (_temâhaq_).

Le potiron, qui atteint dans les oasis des proportions gigantesques, est

un aliment très-prisé dans le Sahara, comme tous les fruits de la

famille des Cucurbitacées.

CUCURBITA PEPO Seringe.

Kâboûïa (_arabe_) ; Kabêoua (_temâhaq_).

La citrouille est cultivée concurremment avec le potiron et est

recherchée comme lui.

CUCUMIS CITRULLUS Seringe.

Della’a (_arabe_) ; Tiledjest (_temâhaq_).

Dans les pays chauds, la pastèque est le sorbet le plus agréable qu’on

puisse trouver. On en cultive, dans tout le Sahara, de nombreuses

variétés à chair rouge, à chair blanche et à chair jaune. Toutes sont

sucrées et très-rafraîchissantes.

LAGENARIA VULGARIS Seringe.

Guera’a (_arabe_).

Cette courge bouteille est principalement cultivée pour son écorce

solide. On en fait des vases, mais surtout des instruments de musique à

cordes, compagnons obligés de toutes les femmes et de tous les nègres

qui se vengent de l’infériorité de leur position sociale, en chantant et

en dansant, dès que leurs maîtres leur laissent un instant de liberté.

TAMARISCINÉES.

TAMARIX ARTICULATA Vahl.

Ethel (_arabe_) ; Tabarkat (_temâhaq_).

Échantillon récolté à El-Bedîr le 20 juillet 1861.

La carte itinéraire de mon voyage indique 65 bois de tamarix, dont 58

entre Ghadâmès et Rhât et 7 entre Tîterhsîn et la Cherguîya.

Chez les Touâreg, le tamarix éthel est l’arbre le plus important par son

nombre, par les proportions qu’il atteint et par les services qu’il

rend.

Sur la ligne de Rhât à Ghadâmès, la limite Nord de cet arbre est à

Tahâla par le 29e degré de latitude ; à partir de ce point, on le trouve

dans tous les bas-fonds des vallées, où il forme quelquefois, soit seul,

soit mélangé à d’autres tamarix, d’importantes forêts qui rompent la

monotonie saharienne.

Au Sud de l’Algérie, l’éthel se montre pour la première fois sur l’Ouâd-

Nesâ inférieur.

Cet arbre, à moins de mutilation dans son jeune âge, pousse en un tronc

unique, qui s’élève à plusieurs mètres de hauteur et porte généralement

de 1m 50 à 2m de circonférence.

A Azhel-n-Bangou, un éthel, celui sous lequel le forgeron Bangou avait

établi son atelier, d’où lui est venu ce nom, mesure à sa base 5m 40 de

circonférence. C’est un véritable géant pour la région saharienne ; mais

il n’est pas le seul, car j’en ai remarqué d’autres qui m’ont paru

presque aussi gros.

Souvent cet arbre pousse en groupes de quatre à cinq pieds, mais

toujours distincts les uns des autres.

Souvent aussi il se ramifie à partir de terre et projette des branches

tortueuses dans toutes les directions.

Son feuillage, composé de fils articulés, retombe gracieusement comme

des plumes. Il est d’un beau vert bleuâtre.

Le bois de l’éthel, de couleur jaune rosé, léger, tendre, cependant

solide, fournit à l’industrie locale des planches, des poutres, mais

surtout du bois de tour avec lequel on confectionne des plats, des vases

et même des selles de dromadaire.

Son fruit, nommé par les Arabes _adabeh_, paraît jouir de propriétés

astringentes et tannantes très-marquées, car on l’emploie concurremment

avec la galle de cet arbre et celles des autres tamarix sahariens à la

préparation des cuirs.

La galle des tamarix, nommée _takaout_, est un des meilleurs tannins

connus. J’aurai l’occasion de revenir sur ce produit dans le deuxième

volume de cet ouvrage.

L’éthel n’est pas partout apprécié comme il l’est dans le pays des

Touâreg, car on lit dans le Coran, chapitre XXIV, verset 15 :

« Dieu, pour se venger des habitants de Saba, rompit les digues qui les

préservaient de l’inondation, et leurs jardins furent envahis par

l’éthel. »

Arbre de malédiction à Saba, l’éthel est souvent béni dans le Sahara

pour l’ombre qu’il donne aux voyageurs après des marches pénibles.

TAMARIX GALLICA L.

Tarfa, Ethel (_arabe_) ; Tabarkat (_temâhaq_).

Échantillons rapportés de la Heycha de Chegga, le 25 novembre 1859 ;

d’El-Faïdh le 31 mai ; de l’Ouâdi-’l-Ethel, le 17 octobre ; de l’Ouâdi-

Tirhît, le 18 novembre 1860 ; de Tekertîba, le 28 mai 1861.

Les indigènes confondent souvent cette espèce avec la précédente, parce

qu’elles peuplent les mêmes forêts, donnent les mêmes produits et

servent aux mêmes usages. J’ai pu constater cette confusion par le nom

d’Ouâdi-’l-Ethel, qu’ils donnent à des vallées dont les lits sont

couverts des deux espèces et quelquefois même du _T. Gallica_ seul, à

l’exclusion de l’_articulata_.

Le _Tamarix Gallica_, qui est l’espèce dominante dans le Tell, paraît

s’étendre très-loin au Sud dans le Sahara.

Le bois de cet arbre, presque toujours atteint par la pourriture, dans

le Nord, ce qui le rend impropre à tout usage, paraît conserver toutes

les qualités d’un bois d’œuvre dans le Sud.

TAMARIX PAUCIOVULATA J. Gay.

Tarfa, Ethel, Azaoua (_arabe_) ; Tâzaouat, Tabarkat (_temâhaq_).

Récolté le 11 décembre 1860, sur l’Ouâdi-Sodof, et le 1er janvier 1861,

à Sâghen. Paraît commun dans les vallées du Ahaggâr.

Mélangé dans les vallées avec les précédents, il est souvent confondu

avec eux.

TAMARIX AFRICANA Poir ?

Tarfa (_arabe_).

Récolté à ’Aïn-ed-Dowîra le 4 février 1860.

TAMARIX AFRICANA _var._ LAXIFLORA J. Gay.

Tarfa (_arabe_).

Récolté aux environs de Nafta le 8 mars 1860.

Ces deux dernières espèces, communes sur le littoral, semblent

affectionner des stations septentrionales, car je ne les ai pas trouvées

au delà de la zone de l’’Erg.

PARONYCHIÉES.

SCLEROCEPHALUS ARABICUS Boiss.

Tasakkaroût (_temâhaq_).

Récolté à Tiferghasîn, entre Ghadâmès et Rhât, le 5 mars 1861.

Cette plante, ainsi que l’indiquent son nom botanique et la station dans

laquelle elle a été trouvée, appartient aux régions chaudes du Sahara.

PORTULACÉES.

PORTULACA OLERACEA L.

Ridjla (_arabe_) ; Benderâkech (_temâhaq_).

Le pourpier est une des cultures des oasis et une de celles qui

réussissent le mieux.

Indépendamment du ridjla, on trouve encore deux autres variétés de

pourpier : le _tafrîta_ et le _boguel_, ce dernier connu aussi sous le

nom de _bortoulâkech_, probablement parce qu’il a été importé du

Portugal.

FICOIDÉES.

AIZOON CANARIENSE L.

Taouit (_temâhaq_).

Trouvé et récolté dans une station unique, à Tîn-Arrây, le 1er mars

1861.

Cette plante est mangée par les Touâreg, ce qui implique qu’elle est

assez commune dans d’autres contrées de leur pays.

NITRARIA TRIDENTATA Desf.

Ghardek (_arabe_) ; Atarzîm (_temâhaq_).

Les Touâreg du nord · 第 16 / 46 段