Ne me restant rien à vous dire, Monsieur de La Mothe Fénélon, si ce

n'est que je ne fais poinct de doubte que l'on ne parle diversement,

au lieu où vous estes, de l'estat de ma disposition, mesmement à cause

des mèdecins de Paris, que j'ay faict venir pour me voir; et affin que

vous n'en soyés en peyne, et en sçachiés la vérité, je vous asseure

que m'ayant faict tirer du sang, je me sens grandement soulagé, et me

trouve sans aulcune doulleur, avec espérance que, dans peu de jours,

je seray entièrement guéri, et pourray me lever, Dieu aydant.

Et finirois en cest endroict ceste lettre, n'estoit qu'il faut que je

vous die encores comme La Molle et le comte Coconas feurent hier jugés

à avoir la teste tranchée, et le jugement exécuté, ayantz esté

convaincus d'avoir attenté contre mon estat; et ont recogneu, avant

que de souffrir le dernier supplice, que, méritoirement et à juste

occasion, ilz avoient esté condemnés à mort, et que leur fin serviroit

de grand exemple à toutes personnes qui auroient au cœur telles

mauvaises entreprinses, que celles qu'ilz ont tentées; se pouvant dire

qu'il a esté usé, à la confession et jugement de leur procez, de toute

la plus grande sincérité, et les choses pesées avec le plus grand

respect qui se puisse observer, et que, s'il se feût peu trouver

quelque excuse pour eux, elle eût esté employée; mais ilz se sont

trouvés si coulpables que eulx mesmes se sont condemnés et confessés

dignes de mort beaucoup plus cruelle que celle qu'ilz ont soufferte;

priant Dieu, etc.

Escript au boys de Vincennes, le IIe jour de may 1574.

J'ay faict garder ceste dépesche jusques aujourdhuy que je vous puis

asseurer ma santé m'estre tousjours de plus en plus confirmée, et me

trouver si bien, à ceste heure, que j'espère sortir dans peu de jours.

CHARLES. BRULART.

CLXVI

LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON

--du Ier jour de juing 1574.--

Reconnaissance de la régence de Marie de Médicis par le duc

d'Alençon, après la mort du roi Charles IX.--_Même déclaration_

faite par le roi de Navarre.--_Acte de reconnaissance_, par le

parlement de Paris et les princes du sang, des pouvoirs

conférés à la reine-mère.

Monsieur de La Mothe, je ne saurois assés vous exprimer l'extrême

regrect, qui me demeure, de la perte, que j'ay faicte, du Roy Mon

Seigneur et frère, qu'il a pleu à Dieu appeller à sa part. Toutesfois,

me conformant à sa saincte vollonté, et considérant que c'est chose

commune à tous hommes, je me forceray de surmonter ceste dolleur le

plus vertueusement qu'il me sera possible, et vous diray que la

dernière vollunté du Roy, Mon dict Seigneur et frère, a esté que la

Royne, Madame et Mère, régist et gouvernast les affaires de ce

royaume, en attendant le retour du Roy de Poullogne, Mon Seigneur et

frère, ce qu'elle a accepté, meue de l'affection qu'elle porte au bien

d'icelluy royaume. En quoy, sellon le naturel debvoir que j'ay envers

la Royne, Madame et Mère, je m'esforceray de luy randre tout service

et obéissance, vous priant, de vostre part, vous conformer en cella en

ce qui est de vostre charge, et y randre la mesme dilligence et

fidellité que vous avés faict le passé, comme nous avons toute fiance

en vous; priant Dieu, etc.

Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.

Vostre bon amy. FRANÇOYS.

LE ROY DE NAVARRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

--du Ier jour de juing 1574.--

Monsieur de La Mothe Fénélon, vous verrés par la lettre que la

Royne vous escript[158], comme il a pleu à Dieu disposer du feu

Roy Mon Seigneur, perte qui, est si notable à ce royaume qu'il ne

peult qu'il n'en demeure ung regret infini à tous ceux qui en

sont serviteurs affectionnés. Mais il nous demeure une bien

grande consolation de ceste affliction, qui est que Sa Majesté,

sentant sa fin, pour tesmoigner le singulier desir qu'elle a

tousjours eu au repos de ses subjectz, a ordonné, par sa dernière

vollunté, que l'administration et régence des affaires demeurent

à la dicte Dame, attandant l'arrivée du Roy de Poullogne. Ce

qu'elle sçaura très bien faire par sa prudance et la longue

expériance qu'elle en a, et aussy pour la dévotion grande qu'elle

a à ceste couronne. En quoy je l'assisteray et recognoistray,

sellon qu'elle en est très digne par ses vertus, comme et

semblablement fairont touts les principaux et bien affectionnés

ministres de ceste couronne; vous priant, de

vostre costé, faire en cecy ce qui est de vostre charge, et y

randre le bon debvoir que l'on sçait que vous avés faict ci devant,

ainsi que la dicte Dame s'en assure; priant Dieu, etc.

Escript au bois de Vincennes, le premier jour de juing 1574.

Vostre bon amy. HENRY.

[158] Voyez la lettre de Catherine de Médicis, en date du 31 mai

1574, _Additions aux Mémoires de Castelnau_, no CXI, tom. III,

pag. 405.

ACTE DE RECONNAISSANCE,

Par le parlement et les princes du sang, des pouvoirs conférés à

la reine-mère.

--du dernier jour de may 1574.--

Le lundy, dernier jour de may, mil cinq cens soixante quatorze, la

Royne, Mère du Roy, estant au chasteau de Vincennes, accompagnée de

Monseigneur le Duc d'Allençon, son filz, frère du Roy, du Roy de

Navarre et de Monseigneur le Cardinal de Bourbon:

Les six présidents en la Cour de Parlement de Paris, assistés

d'aulcuns présidens des enquestes, d'un grand nombre de conseillers,

de l'un des advocatz et du procureur général en la dicte court, se

sont présentés à la dicte Dame, et à icelle remonstré que la dicte

court de Parlement, ayant entendu le trespas du feu Roy Charles

dernier, son fils, naguières décédé, et considérant que le Roy Henry,

son frère, à présent Roy de France et de Poulogne, ne peut si tost

entreprendre l'administration des affaires de ce dict royaulme;

Icelle Court, pour s'acquiter de ce qu'elle doibt et veult rendre à

son Roy et Souverain Seigneur, se seroit légitimement assemblée au

palais de Sa Majesté, à Paris, lieu de sa séance ordinaire, où,

estant, après luy estre apareu de la dernière vollunté du feu Roy

Charles, par ses lettres patantes, peubliées en icelle Court, elle les

a depputté devers la dicte Dame, avec charge expresse de la supplier

et requérir de voulloir, en l'absance du dict Seigneur Roy, et

attandant son retour, accepter la charge et administration des

affaires de ce dict royaulme, pour les conduire et diriger par sa

vertu, et comme elle a tousjours prudamant faict, durant la minorité

du dict feu Roy Charles, au grand contantement de tous ses peuples et

subjectz, luy offrant, à ceste fin, toute obéissance et

recognoissance, en choses qu'il luy plairra ordonner pour le service

de leur Roy et Souverain, comme à sa propre personne.

A quoy sont intervenus Mon dict Seigneur, frère du Roy, les dictz

Seigneurs, Roy de Navarre et Cardinal de Bourbon, assistés de

Monseigneur le chancellier de France et de plusieurs seigneurs du

conseil privé, qui toutz unanimement ont faict pareille requeste à la

dicte Dame, et offert de la servir, obéir et recognoistre en toutes

choses;

Suivant laquelle requeste et instance, la dicte Dame, meue de

l'affection maternelle qu'elle a envers le dict Seigneur Roy, son

filz, et au bien de ce dict royaume, accepte la dicte charge.

Faict en présence de nous, conseillers et secrettaires du dict

Seigneur Roy, au jour dessus dict.

FIZES. BRULART. PINART.

CLXVII

LA ROYNE RÉGENTE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

--du Ve jour de juing 1574.--

Conjuration formée en France par les Anglais attachés à

l'ambassade.--Offres faites au duc d'Alençon au nom

d'Élisabeth.--Charge donnée à l'ambassadeur de les porter à sa

connaissance.--Déclaration de Catherine de Médicis qu'elle va

faire arrêter les coupables.--Résolution de suspendre

l'exécution de cette mesure.

Monsieur de La Mothe, je vous fis, avant hier, une bien ample responce

à vostre dernière dépesche, et par mesme moyen vous manday comme ceste

entreprinse et menée de la Royne d'Angleterre, se sont trouvées par

elle faillies, sans vous déclarer autrement comme je le sçavois; mais

despuis, j'ay pansé qu'il ne peult estre que bien à propos, pour le

service du Roy, Monsieur mon filz, que vous saichiés que c'est: dont

vous ne parlerés à personne qu'à la dicte Dame Royne mesme, car je

croy certainement qu'elle est si sincère en la foy qu'elle a jurée et

promise par le dernier traicté, et qu'elle s'asseure tant de nostre

bonne vollunté et affection en son endroict, qu'elle ne sçait rien des

mauvais offres et pratiques que ses ambassadeurs, qui sont par deçà,

ont voulleu faire envers mon filz le Duc d'Allençon; auquel il a esté

offert, au nom de la dicte Dame, de luy fournir comptant cinquante

mille escuz, luy fère soudoyer deux mille reistres, vingt mille

lansquenetz, sans d'autres françois, et tous les préparatifs et

vaisseaux de guerre qui sont, comme ilz l'ont assuré, tous pretz à

faire voille, en Angleterre, pour s'en servir, s'il eust voulleu

croire le mauvais conseil et les persuasions que luy ont faict faire

les dictz ambassadeurs, ainsi que mon dict filz mesme m'a déclairé,

m'asseurant, comme je vous ay escript par ma dicte dernière dépesche,

qu'il aymeroit mieux mourir que de tumber en telle faulte. Et aussi

m'assuray je bien que la dicte Dame Royne est trop saige et princesse

si vertueuse qu'elle ne vouldroit pas avoir commandé à ses dictz

ambassadeurs telles choses; mais que ce sont de mauvais ministres

qu'elle a, qui font ces maulvais offres, d'eux mesmes.

Vous luy dirés que je vous ay commandé de luy en donner compte et la

prier, de ma part, ne trouver maulvaiz si je faictz arrester

prisonniers ceux qui suivent et sont avec ses dictz ambassadeurs,

faisant les menées auprès d'eux envers mon dict filz le Duc

d'Allençon, et en divers autres lieux et en aulcunes maisons de ceste

ville, comme je sçay, aussy certeinemant tout ce qu'ilz y ont faict,

et ceux mesmes qui méritent pugnition. Toutesfois, pour le respect de

la dicte Dame et de ses dictz ambassadeurs, il n'en sera faict aulcun

tort ni déplaisir, mais les ferrai seullement mettre prisonniers pour

vériffier le présent cas pour ceulx dont je suis advertye; ayant, dès

hier, faict prandre Bonacourcy, qui est ung de ceux par qui ilz

faisoient porter ces belles offres à mon dict filz, comme aussy je say

certainement que le cappitayne Jaccob a faict bien souvant, despuis

quelque temps; priant Dieu, etc.

Escript à Paris, le Ve jour de juing 1574.

Monsieur de La Mothe, despuis ceste lettre escripte, j'ay pensé qu'il

vault mieux que je diffaire de faire prandre le dict cappitaine Jaccob

et autres qui se sont meslés des dictes menées, fréquentant avec les

dictz ambassadeurs d'Angleterre. Et pour ce, je vous prie que personne

ne sçaiche le contenu en ceste lettre que vous, à qui je remectz de

dire à la dicte Royne ce que verrés qui sera à propos de tout ce que

dessus, et vous comporterés avec elle et ses ministres, par dellà, de

façon que nous puissions faire continuer avec elle, et elle avec nous,

la bonne et parfaicte amityé que nous nous sommes jurée et promise par

nostre dernier traicté, et que je m'asseure que le Roy, Monsieur mon

filz, continuera et entretiendra de sa part, mais qu'il soit arrivé;

ainsi que je vous ay escript par ma dicte dernière dépesche.

CATERINE. PINART.

CLXVIII

LA ROYNE RÉGENTE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

--du VIIIe jour de septembre 1574.--

Audience accordée à l'ambassadeur d'Angleterre.--Comparution

devant Catherine de Médicis du secrétaire contre lequel elle a

porté plainte.--Excuses qu'il présente.--Déclaration de

l'ambassadeur qu'Élisabeth enverra prochainement en France une

députation pour féliciter le roi sur son avènement.

Monsieur de La Mothe Fénélon, en attandant que le Roy, Monsieur mon

filz, qui arriva seullement avant hier en ceste ville, vous puisse

faire ample responce à la dépesche que vous nous avés faicte par

Vassal[159], et mander son intention sur toutes les aultres choses qui

sont à résouldre pour le faict de vostre charge et d'Escosse, dont il

se résouldra dans trois ou quattre jours, je vous diray que, hier

après disner, l'ambassadeur de la Royne d'Angleterre, ma bonne sœur

et cousine, m'ayant faict demander audience, amena en icelle le

secrettaire que je vous ay escript qui a faict de si bons offices par

deçà, comme je fis aussy entendre à la dicte Dame Royne par la lettre

que je luy escrivis dernièrement de ma main, et de laquelle le dict

secrettaire m'a rapporté responce, escripte de la main d'icelle Royne,

dont je vous envoye le double, affin que vous voyez de quelle façon

elle a pris ce que je luy ay mandé du dict secrettaire; qui voulloit

s'excuser des choses passées comme s'il n'eut sceu que c'estoit, et

qu'il ne s'en feust poinct meslé.

[159] Voyez CCCCIe dép. du 24 août 1574, tom. VI, pag. 214.

Sur quoy luy demandant s'il s'en voulloit justiffier, et qu'il y avoit

icy des gens, par devers lesquelz l'on le mettroit, qui esclerciroient

bientost ce faict, selon ce que la dicte Royne m'escrivoit que ce

seroit bien faict de le faire chastier, s'il avoit faict ceste faulte;

ce qui l'a bien estonné, estant assés empesché à me respondre sur

cella: car, voyant qu'il voulloit monstrer de n'estre poinct

coulpable, je luy ay réittéré, par deux ou trois fois, ce propos,

auquel le dict ambassadeur s'est entremis, et a dict qu'il valloit

mieux que les choses passées s'oubliassent.

Et est entré en aultre propos: que icelle Royne, sa Maistresse,

envoyeroit bientost par deçà un seigneur de qualité pour se

condoulloir avec le Roy, Monsieur mon filz, de la mort du feu Roy,

que Dieu absolve, et par mesme moyen le visiter à son advènement;

asseurant, le dict ambassadeur, que sa dicte. Maistresse a tout bon

desir de continuer en bonne et vraye amitié et intelligence avec Mon

dict Sieur et filz, si elle cognoit qu'il en veuille aussy

réciproquement user en son endroict, de mesme comme faisoit le Roy mon

dict filz, dont je l'ay bien asseuré que oui, et qu'il l'entendra de

luy mesmes à sa première audience; priant Dieu, etc.

Escript à Lion, le VIIIe jour de septembre 1574.

CATERINE. PINART.

CLXIX

LE ROY (HENRI III) A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

--du XXIIIe jour de novembre 1574.--

Voyage du roi, Henri III jusqu'à Avignon.--Accident arrivé au

passage du pont Saint-Esprit.--Desir du roi de rétablir la paix

dans son royaume.--Protestation d'amitié envers la reine

d'Angleterre.--Assurance que le roi veut maintenir le traité

conclu par son frère.

Monsieur de La Mothe Fénélon, vous aurés veu, par ma dernière

dépesche, la résollution que j'avois prise de m'en venir en ceste

ville, où je me suis acheminé suivant cella, estant arrivé dès mècredy

dernier; et s'est mon voyage bien porté, grâces à Dieu, sinon qu'il

est advenu que l'un des batteaux, où estoient aulcuns des officiers de

la Royne de Navarre, ma sœur, heurta, passant soubz une des arches du

pont Sainct Esprit, par la mauvaise conduitte du marinier qui en avoit

la charge, la pile de la dicte arche, et s'ouvrit; de sorte que une

partie des dictz officiers se noyèrent et mesme le premier maistre

d'hostel de ma dicte sœur, Alfonce de Gondy, et une partie des

meubles qui estoient sur le dict batteau se sont perdus, l'aultre

partie, tant des hommes que des meubles, a esté sauvé.

L'occasion principalle de mon dict voyage par deçà est pour regarder

et essayer, comme j'ay tousjours faict, despuis mon retour en ce

royaulme, d'attirer ceux de mes subjectz, qui se sont eslevés en

armes, à ce qui est de leur debvoir, sans voulloir négliger en cella

aulcune chose que je penseray y pouvoir profitter, avec ma réputation,

pour l'establissement du repos de ce dict royaulme; car, quand je ne

verrois et ne sçaurois qu'il est temps de le faire, mon intention est,

quelque chose que l'on veuille faire croire par delà, d'y pourvoir

plustot par la voye douce que celle de la force, bien que les moyens

de la dernière ne me soyent si courts que l'on faict publier en

Angleterre. Il ne tiendra donc qu'à mes dictz subjectz eslevés qu'ilz

ne jouissent bientost du repos qu'ilz doibvent desirer et pourchasser,

et selon ce, qu'ilz se monstreront raisonnables en leurs demandes et à

recevoir les conditions que je leur veux donner, l'on jugera de leurs

cœurs et affection à la tranquillité publique de ce royaulme: en

quoy, lorsque je y verray quelque avancement, vous en serés adverti.

Cependant, Monsieur de La Mothe Fénélon, entrettenés tousjours la

dicte Royne et ses dictz ministres en ce que je vous ay escript

despuis mon retour, qui est que je ne desire rien tant que de

continuer en vraye et parfaicte amitié avec icelle Royne, et que, si

elle est bien disposée en cella, qu'aussy suis je, et d'entrettenir

entièrement, de ma part, le dict traicté comme il fault donques

qu'elle fasse de la sienne, sans assister, ou faire assister, en

quelque façon que ce soit, mes subjectz eslevés; me délibérant d'estre

envers elle, pour tout ce que je luy promettray, si sincère qu'elle

aura toute occasion de s'en louer. Aussy désirè je bien qu'elle en

face de mesme, et que ceux de mes subjectz qui me font la guerre, sans

se voulloir remettre et retourner à leur debvoir envers moy, ne

trouvent faveur et assistance envers elle et ses principaux ministres,

à mon préjudice; ce que j'estime que n'adviendra plus, quand elle

entendra la droicte vollonté dont je veux procéder envers elle et ses

subjectz, que je desire estre aussy réciproque d'elle envers moy et

les miens, comme vous l'en pourrés tousjours bien asseurer, attandant

que ceux que j'envoyeray de bref par delà y puissent arriver.

Je fais responce aux lettres que le Sr de l'Anguillier m'a escrites,

et luy envoye un passeport, comme il le demande, que vous luy fairés

seurement tenir; priant Dieu, etc.

Escript à Avignon le XXIIIe jour de novembre 1574.

HENRY. PINART.

NOTA.--Pour l'année 1575, il ne s'est trouvé dans les papiers de.

l'ambassadeur qu'une seule lettre inédite du roi en date du 24

mars, et Le Laboureur n'en a publié lui-même qu'un très-petit

nombre.

Voir les _Additions aux Mémoires de Castelnau_, tom. III, p. 444

à 466, nos CXLVII à CLI, et nos II à XVIII des _nouvelles

additions_:

_Lettres du roi_ des 3 mars; 2, 4, 21 mai; 3, 21 juin; 7, 29

juillet, et 7 août 1575.

_Lettres de la reine-mère_ des 4 mai et 29 juillet 1575.

CLXX

LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.

--du XXIVe jour de mars 1575.--

Satisfaction du roi au sujet de la communication de son mariage à

la reine d'Angleterre.--Assurance qu'il continuera toujours à

maintenir l'amitié avec elle.--Satisfaction de la conduite

tenue par Élisabeth a l'égard de Marie Stuart.--Espoir que la

mission de Mr de La Châtre aura un bon résultat.--Prochaine

arrivée des députés envoyés par le prince de Condé.

Monsieur de La Mothe Fénélon, j'ay receu voz trois dépesches des VIIe,

XIe et XIVe[160], sur lesquelles ce que j'ay à vous dire c'est que je

demeure très satisfaict de ce que vous avez sceu bien déduire à la

Royne d'Angleterre, ma bonne sœur; touschant le faict de mon mariage,

qui n'apportera aulcune nouveaulté en la commune bonne amitié et

intelligence que je veux avoir, qui demeurera tousjours ferme de mon

costé, sans la souffrir altérer en quelque sorte que ce soit. Et ne se

peut rien adjouster sur ce subject à ce que vous avés sceu déduire

sagement, que je laisseray pour vous déclarer qu'il y a grande

apparance que, si cest armement de ma dicte bonne sœur se continue,

que ce sera à quelque aultre fin que du secours du Roy Catholique, mon

frère, veu que le grand commandeur luy a faict dire qu'il n'avoit

point de charge de l'accepter, sinon pour le secours du Païs Bas

contre le prince d'Orange; à quoy ma dicte bonne sœur ne s'est point

délibérée.

[160] Voyez CCCCXXXVIIe, CCCCXXXVIIIe et CCCCXXXIXe dép., tom VI,

pag. 390, 395 et 398.

Je suis, au surplus, bien aise que, après avoir faict difficulté sur

l'acceptation des petitz présentz que luy a envoyé la Royne d'Escosse,

ma belle sœur, enfin elle les ait receus amiablement, ayant suivi en

cella son royal naturel, qui ne peut estre corrompu par les malignes

persuasions de ceux qui, par tous moyens, essayent de l'exciter contre

ceste princesse prisonnière.

Je m'asseure que le Sr de La Chastre sera, à ceste heure, arrivé par

delà, et, que sa charge aura grandement aydé à disposer bien toutes

choses entre nous, ainsi que je le desire.

Au demeurant, je vous diray comme je suis attandant les députés de mon

cousin, le Prince de Condé, qui arriveront, comme j'espère, dans le

XXVIe ou XXVIIe de ce mois. Et sur ce, je prie Dieu, Monsieur de La

Mothe Fénélon, qu'il vous ait en sa saincte et digne garde.

Escript à Paris, le XXIVe jour de mars 1575.

HENRY. BRULART.

FIN DU SEPTIÈME ET DERNIER VOLUME.

TABLE

DES

LETTRES ET PIÈCES CONTENUES DANS LE SEPTIÈME VOLUME.

ANNÉE 1569.

Pages

_Avis_ préliminaire. I

1 _Lettre_ du duc d'Anjou à La Mothe Fénélon--14 mars 1

2 _Relation_ de la bataille de Jarnac 3

3 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--2 avril 11

4 -- du roi--3 avril 13

5 -- du roi--16 avril 17

6 -- de la reine-mère--17 avril 18

7 -- du roi--14 mai 19

8 -- du roi--28 mai 22

9 -- du roi--2 juin 25

10 -- du roi--8 juillet 27

11 -- de la reine-mère--9 juill. 28

12 -- du roi--17 juillet 31

13 -- de la reine-mère--17 juill. 32

14 -- du roi, 27 juillet 34

15 -- du roi--27 juillet 37

16 -- du roi--15 août 38

17 -- de la reine-mère--13 août 41

18 -- de Mr de La Meilleraie--17 août 41

19 _Lettre_ du roi--30 août 44

20 -- du roi--6 septembre 46

21 -- de la reine-mère--6 septembre 48

22 -- du roi--14 sept. 50

23 -- du roi--20 sept. 53

24 -- de la reine-mère--21 sept. 57

25 -- du roi--30 sept. 58

26 -- de la reine-mère--30 sept. 61

27 -- du roi--4 octobre 62

28 -- du roi à Mr de La Meilleraie--4 oct. 63

29 -- du roi à La Mothe Fénélon--7 oct. 64

30 _Relation sommaire_ de la bataille de Moncontour 65

31 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--1er novembre 68

32 -- de la reine-mère--1er nov 71

33 -- du roi--19 nov 72

ANNÉE 1570.

34 _Lettre_ de la reine-mère à La Mothe Fénélon--6 janv. 75

35 -- du roi (_lettre ostensible_)--14 janvier 76

36 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)--14 janvier 78

37 -- du roi--21 janvier 79

38 -- du roi--6 février 82

-- _Articles_ proposés pour la pacification 86

39 _Mémoire_ confidentiel du roi--10 février 89

40 _Lettre_ du roi à La Mothe-Fénélon--3 mars 90

41 -- de la reine-mère--3 mars 94

42 _Lettre_ du cardinal de Lorraine--3 mars. 96

43 -- de Mr de Morvilliers--3 mars. 97

44 -- du roi--8 mars. 98

45 -- du roi--12 avril. 101

46 -- du duc d'Anjou--12 av. 105

47 -- du roi--4 mai. 107

48 -- de la reine-mère--4 mai. 109

49 -- du roi--31 mai. 112

50 -- du roi--10 juin. 116

-- de Mr de Fizes--10 juin. 118

51 -- du roi--6 juillet. 119

52 -- du roi--29 juillet. 122

53 -- du roi--4 août. 123

54 -- du roi--11 août. 124

55 -- du roi--16 août. 126

56 -- du roi--11 septembre. 127

57 -- du roi--22 et 23 sept. 128

58 -- de la reine-mère--22, 23 et 26 sept. 131

59 -- du roi--13 octobre. 133

60 _Lettre_ de l'ambassadeur d'Angleterre au roi--16 octobre. 135

61 -- du roi à l'ambassadeur d'Angleterre--17 oct. 138

62 -- du roi à La Mothe Fénélon--19 octobre. 140

63 -- de la reine-mère 20 octobre. 142

64 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)--20 octobre. 143

65 -- de la reine-mère (_lettre secrète_)-20 octobre. 147

66 -- du roi--28 octobre. 148

67 -- du roi--6 novembre. 153

68 -- de la reine-mère--6 nov. 155

69 -- du roi--21 novembre. 156

70 -- de la reine-mère--21 et 29 novembre. 162

71 -- du roi--26 décembre. 163

-- _Réponse_ du roi aux ambassadeurs des princes de l'empire. 169

ANNÉE 1571.

72 _Lettre_ du roi à la Mothe Fénélon--29 janv. et 1er

février. 171

73 -- de la reine-mère--2 fév. 178

74 -- du roi--7 février 180

75 -- de la reine-mère--17 fév. 183

76 -- du roi--19 février. 185

77 -- de la reine-mère--2 mars. (_lettre secrète_) 189

78 -- du roi--7 mars. 193

79 -- du roi--10 mars. 196

80 -- de la reine-mère--3 avril (_lettre secrète_). 199

81 -- du roi--11 avril. 201

82 -- du roi--23 avril. 205

83 -- du roi--7 mai. 208

84 -- du roi--24 mai. 210

85 -- de la reine-mère--24 mai (_lettre secrète_). 216

86 -- du roi--4 juin. 217

87 -- du roi--11 juin. 221

88 -- du roi--18 juin. 223

-- _Instruction_ à La Mothe Fénélon. 226

89. _Lettre_ de la reine-mère--3 juillet. 229

90 -- de la reine-mère--8 juillet. 232

91 -- de la reine-mère--25 juillet (_lettre secrète_). 234

92 -- du roi--31 juillet. 235

-- _Instruction_ remise à M. de Foix. 238

93 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--25 août. 241

94 -- du roi--10 septembre. 244

95 -- du roi--27 septembre. 251

96 -- de la reine-mère--27 septembre. 256

97 -- de la reine-mère--28 septembre. 257

98 -- du roi--7 octobre. 262

99 -- du roi--20 octobre. 266

100 -- du roi--2 novembre. 271

101 -- du roi--15 novembre. 273

102 -- du roi--30 novembre. 276

103 -- du roi--1er décembre. 280

104 -- de la reine-mère--1er décembre 283

ANNÉE 1572.

105 _Lettre_ du roi à La Mothe Fénélon--7 février. 288

Supplément à la Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Septième Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 33 / 44 段