Note: mai 1909.--_Ces souvenirs, je les relis quatre ans après les avoir
donnés à mon ami Brancovan pour la _Renaissance Latine_, revue qu'il
dirigeait alors. Une exposition de l'oeuvre de Whistler a eu lieu depuis
à l'École des Beaux-Arts. Elle n'a même pas eu les honneurs d'une
discussion. Cette oeuvre d'élégance, de distinction, de demi-teinte, fut
malmenée par la critique «d'avant-garde» et laissa la jeunesse artiste
indifférente. «Ce n'est que cela?» dit-on un peu partout... C'est que
déjà Gauguin était le dieu du jour et les toiles du peintre américain ne
devaient pas passer en vente publique. M. Matisse préparait ses
théories. On était prêt à le suivre. Carrière allait mourir et l'on
n'osait pas encore le malmener. Quatre ans se sont écoulés. Whistler et
Carrière appartiennent à des temps déjà lointains, «les morts vont
vite.»_
Note de 1918: _Une «note» de Whistler se vend 50.000 francs.
Attendons-nous à une exhumation!_