ALCIBIADE _lisant l'épitaphe:_

«Ci-gît un corps malheureux, séparé d'une âme malheureuse. Ne cherche

pas à savoir mon nom... Que la peste vous dévore tous, misérables

humains qui restez après moi! Ci-gît Timon, qui de son vivant détesta

tous les hommes vivants. Passe et maudis à ton gré, mais passe et

n'arrête point ici tes pas.»

Ces mots, Timon, expriment bien tes derniers sentiments. Si tu avais en

horreur les regrets des humains, le flux qui coule de notre cerveau, et

ces gouttes d'eau que la nature avare laisse tomber de nos yeux, une

sublime idée t'inspira de faire pleurer à jamais le grand Neptune sur

ton humble tombe, pour des fautes pardonnées: le noble Timon est mort;

nous nous occuperons plus tard de sa mémoire.--Conduisez-moi dans votre

ville, j'y vais porter l'olive avec l'épée. La guerre enfantera la

paix: la paix contiendra la guerre; l'une et l'autre se soigneront

réciproquement comme deux médecins. Que les tambours battent.

(Ils sortent,)

Timon d'Athènes · 第 35 / 36 题