Le monde est un trompe-l’œil, immense, épouvantable.
La valeur et la grandeur des choses y sont effroyablement dissimulées.
La réalité et l’apparence se livrent un combat à outrance; la terre où
nous vivons est leur champ de bataille.
Or il arrive souvent que l’apparence l’emporte, et, alors, l’homme est
en danger.
Il est en danger de périr, corps et âme, dévoré par le monstre de
l’apparence.
J’ai voulu prendre la défense de la réalité. J’ai voulu combattre le
meurtre de l’apparence. J’ai voulu confondre l’imposture de ce bas
monde.
Ce livre, disais-je tout à l’heure, commence et finit par la recherche
du Nom de Dieu. Ludovic, matériellement avare, cherche le Nom de Dieu
matériellement. Le grand monarque asiatique, idolâtre de lui-même et
avare en esprit, cherche le Nom de Dieu spirituellement. Ces deux
mauvais riches ont trouvé, dans l’oubli du pauvre, la perte de leurs
richesses. Au milieu du volume, dans: _Caïn, qu’as-tu fait de ton
frère?_ une folie intelligente frappe un autre mauvais riche, qui a
repoussé l’homme de génie, au jour de la détresse.
Devant la porte de tous les trois, le Lazare était assis, blessé et
suppliant. Pour avoir oublié le Lazare, l’un perd son or, l’autre, sa
raison, le troisième sa majesté.
Ernest Hello.