12º. _De la manière d’écrire l’histoire._

Un volume, 1775.

(Page 70 de l’Éloge.) A l’exception des jugemens, sans doute trop

sévères et même, nous osons le dire, injustes à plusieurs égards,

que _Mably_ a portés contre Voltaire et l’illustre Robertson,

nous pourrions peut-être le justifier avec avantage sur tous les

reproches qu’on lui a faits; mais par de justes égards que nous

croyons devoir à l’homme de lettres estimable d’ailleurs, et

qui, trop jeune encore, s’est laissé emporter à l’impulsion du

moment, ou à des impressions étrangères, et que son zèle a égaré

en l’attaquant, nous nous interdirons toute discussion sur cette

querelle. Nous pensons qu’on ne sauroit faire trop de sacrifices

au bien de la paix et à l’honneur des lettres. Seulement qu’il

nous soit permis d’opposer aux détracteurs de l’abbé de _Mably_,

s’il en étoit encore, un suffrage qui vaut mieux que le nôtre,

et dont on peut être orgueilleux. _Mably_ n’avoit encore fait ni

les entretiens de Phocion, ni les observations sur l’histoire

de France, ni le gouvernement de Pologne, ni les principes des

lois, ni ceux de morale, ni l’étude de l’histoire, qu’il étoit

déjà cité par un écrivain, après Fénélon, l’abbé de Saint-Pierre,

Montesquieu, l’ami des hommes, &c. au nombre des bons Français et

des gens éclairés, qui n’ont pas craint de dire des vérités utiles,

et de dévoiler les fautes de la législation; et cet écrivain c’est

Jean-Jacques. Voyez sa réponse à un écrit anonyme, à la suite de sa

lettre à d’Alembert sur les spectacles.

Collection complète des oeuvres de l'Abbé de Mably, Volume 1 (of 15) · 第 24 / 92 题