SECTION I.--Arbustes pour bordures.

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MANUEL PRATIQUE DE JARDINAGE

L'auteur et l'éditeur se réservent le droit de traduire ou de faire

traduire cet ouvrage en toutes langues. Ils poursuivront

conformément à la loi et en vertu des traités internationaux toute

contrefaçon ou traduction faite au mépris de leurs droits.

Le dépôt légal de cet ouvrage a été fait à Paris en temps utile et

toutes les formalités prescrites par les traités sont remplies dans

les divers États avec lesquels il existe des conventions littéraire.

Tout exemplaire du présent ouvrage qui ne porterait pas, comme

ci-dessous, ma griffe, sera réputé contrefait, et les fabricants et

débitants de ces exemplaires seront poursuivis conformément à la

loi.

[Illustration: Signature]

Typ. Rouge frères, Dunon et Fresné, r. du Four-St.-Germ., 43.

BIBLIOTHÈQUE DES PROFESSIONS INDUSTRIELLES ET AGRICOLES

Série H. N. 41.

MANUEL PRATIQUE

DE

JARDINAGE

CONTENANT

LA MANIÈRE DE CULTIVER SOI-MÊME UN JARDIN

OU D'EN DIRIGER LA CULTURE

PAR COURTOIS-GÉRARD

Marchand grainier, horticulteur.

SEPTIÈME ÉDITION

PARIS

LIBRAIRIE SCIENTIFIQUE, INDUSTRIELLE ET AGRICOLE

Eugène LACROIX, Éditeur

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DES INGÉNIEURS CIVILS

QUAI MALAQUAIS

Tous droits réservés.

INTRODUCTION

À LA SEPTIÈME ÉDITION

Les progrès que le temps amène à sa suite, plus rapidement encore

dans la pratique de l'horticulture que dans les autres branches du

travail humain, se sont produits en grand nombre, non-seulement

depuis la première édition du _Manuel de Jardinage_, mais encore

depuis la sixième, à l'épuisement de laquelle celle-ci vient

suppléer. Nous devons donc prévenir que plusieurs parties ont été

remaniées à fond, pour être ramenées au niveau des connaissances

horticoles du moment; toutes les lacunes que le cours des années

pouvait avoir fait naître, ont été soigneusement comblées; nous en

signalerons les principales.

Le calendrier, révisé et refondu, a été augmenté de détails nouveaux

et importants. D'intéressantes et lucides explications complètent

le chapitre du jardin potager. L'article _Assolement_, le premier

qui ait été publié sur le jardinage, peut être consulté avec

avantage par toutes les personnes qui veulent obtenir les récoltes

les plus abondantes qu'un jardin potager bien tenu puisse produire;

car pas un fait avancé par l'auteur n'a été pris en dehors de ce qui

est consacré par la pratique. Dans celui du jardin fruitier, l'on

trouve, outre l'exposé plus développé de quelques opérations, les

listes des arbres fruitiers les plus estimés de chaque série, listes

que les nombreuses conquêtes de la Pomologie viennent incessamment

enrichir, et des données d'une grande utilité pratique pour le

traitement des maladies des arbres.

Mais c'est surtout dans la partie consacrée au jardin d'agrément que se

rencontrent les améliorations les plus remarquables au _Manuel de

Jardinage_, dans sa septième édition, depuis la composition de gazons,

écueil où viennent échouer tant de jardiniers inexpérimentés, jusqu'à la

direction des plantes les plus difficiles à obtenir dans tout l'éclat de

leur beauté.

En effet, il ne suffit point à l'amateur de floriculture

d'entasser, dans les massifs ou dans les plates-bandes de son

parterre, cette infinie variété de belles plantes d'ornement de

chaque saison que tient à sa disposition l'horticulture

contemporaine; il faut surtout que ces plantes croissent et

fleurissent avec tout le charme qui leur est propre; hors de là, au

lieu d'engendrer les plaisirs les plus inoffensifs et les plus

variés, la floriculture n'offre qu'une longue suite de mécomptes et

de déboires.

De nombreux exemples de massifs composés des plantes qui peuvent

avantageusement concourir à l'ornementation des jardins permettront

aux amateurs qui consulteront cet ouvrage de tirer souvent un

meilleur parti des ressources dont ils disposent.

Les livres qui, comme le _Manuel de Jardinage_, aplanissent la

route, mettent l'amateur à même de prévoir les difficultés et de les

vaincre, et lui assurent l'heureux succès de ses amusants travaux:

ces livres sont d'importants services rendus à l'horticulture tout

entière; car, en écartant les obstacles, ils en propagent le goût;

et l'extension du goût de l'horticulture dans tous les rangs sociaux

profite à tout le monde. Quant aux soins donnés à l'exécution

matérielle, en écartant un luxe qui rendrait inutilement trop élevé

le prix d'un ouvrage qui doit par sa nature être à la portée de

tous, ils sont ce qu'ils doivent être, comme dans les éditions

précédentes, au point de vue de la netteté et de la plus scrupuleuse

correction typographique. Cette édition nouvelle du _Manuel de

Jardinage_ réunit, comme on le voit, tout ce qui peut mériter à ce

livre la continuation de la faveur dont il est en possession depuis

sa naissance.

MANUEL PRATIQUE

DE JARDINAGE

CHAPITRE PREMIER.

Disposition générale d'un jardin potager.

Les conseils que nous donnons ici pour l'établissement d'un jardin

pourront paraître superflus aux personnes qui sont forcées

d'accepter des emplacements déterminés, des expositions bâtardes et

des dispositions faites d'avance; mais nous avons cru devoir exposer

les conditions qu'il est essentiel de remplir chaque fois qu'on sera

maître de choisir ou d'aménager son terrain. Quant aux dispositions

intérieures, elles sont calculées pour la plus grande commodité du

travail, et ont pour objet de montrer comment on peut faire succéder

sans interruption les cultures les unes aux autres, ce qui est

très-rare dans les jardins cultivés par les personnes étrangères à

l'horticulture, et ce qui n'exige cependant qu'un peu d'attention et

de pratique, et un livre auquel elles puissent avoir confiance.

Le terrain le plus convenable à la culture est celui qui a 1 mètre

de profondeur de bonne terre, la surface composée de terre franche

et douce, et le sous-sol de sable propre à la végétation. Avec un

terrain de cette nature, du fumier et de l'eau, on est sûr de

cultiver avec succès tous les végétaux qui entrent dans la culture

courante. Nous ne prétendons pas dire que les terrains de nature

différente soient impropres à la végétation; car tous lui

conviennent quand ils sont assez légers pour être perméables à

l'air, sans que l'humidité y séjourne trop longtemps, et qu'ils sont

assez frais cependant pour que les racines aient le temps d'absorber

les fluides nécessaires à leur nutrition. Nous avons simplement

voulu faire connaître les terrains les plus fertiles et ceux dont la

culture récompense le plus amplement le jardinier de ses soins.

Dans le cas où le terrain ne serait pas tel que nous l'indiquons,

des fumiers, des amendements et des labours suppléeront aux qualités

qui lui manquent.

Le potager que nous représentons (fig. 1, à la fin du volume) forme

un parallélogramme de 54 ares 52 centiares; mais cette étendue,

choisie arbitrairement, afin d'avoir des exemples de culture plus

variés, pourra changer sans qu'il y ait la moindre altération dans

l'assolement ou succession de cultures que nous indiquons;

seulement, quand le terrain sera moins grand, on ne fera qu'une

planche de chaque légume, au lieu de deux ou trois. Pour la facilité

du travail, nous avons réuni, autant qu'il était possible, les

cultures de même espèce.

L'assolement devra être conduit de telle sorte qu'une planche ne

produise pas deux années de suite les mêmes légumes.

Il est convenable, sous tous les rapports, que le potager soit clos

de murs au nord, à l'est et à l'ouest; ce qui nous donnera à

l'intérieur les expositions du sud, de l'ouest et de l'est. Au sud

extérieur, on peut à la rigueur remplacer le mur par une haie. Les

murs devront avoir au moins 2m,65 au-dessus de terre, et ils seront

crépis intérieurement. S'ils sont construits en plâtras ou en

pierre, on y pourra palisser les espaliers à la loque; mais s'ils

étaient en moellon dur, il faudrait les faire préalablement garnir

de treillage. Le chaperon sera garni de tuiles formant une saillie

de 0m,12 à 0m,15, pour garantir les fruits contre les fâcheuses

influences des pluies, ce qui permettra également de conserver le

raisin jusqu'à une époque assez avancée.

En y suspendant des toiles ou des paillassons, qu'on tiendra écartés

du mur, on pourra garantir les Pêchers en fleur contre les gelées du

printemps. Les murs du _sud_ seront garnis de Pêchers.

À l'_est_ on plantera de la Vigne, qui sera conduite à la Thomery.

À l'_ouest_ se trouveront des Pêchers, et dans l'intervalle on

plantera des Poiriers.

Au _nord_, les murs seront garnis de Poiriers, et, pour planter à

cette exposition, il faut avoir soin de choisir les variétés les

plus hâtives, afin que les fruits puissent atteindre leur parfaite

maturité.

On peut aussi planter des Pruniers et quelques Cerisiers tardifs,

qui mûrissent à une époque où l'on est ordinairement privé de ces

fruits.

C'est dans un endroit écarté du potager, et le moins en vue, qu'on

creusera un trou pour jeter les sarclures, les épluchures de légumes

et les débris végétaux, qui pourront être employés comme engrais

après leur réduction en terreau.

Un point important à observer dans l'établissement d'un jardin,

c'est la distribution de l'eau. Dans le potager, elle doit avoir

lieu par des conduits souterrains, que l'on fera passer dans les

allées, de telle sorte qu'il soit possible d'y faire les réparations

nécessaires sans déranger les plantations.

L'eau sera reçue dans un ou plusieurs bassins placés au milieu du

jardin, ou, comme nous l'indiquons sur le plan, dans un bassin au

centre n. 62, et dans des tonneaux placés à l'extrémité des

planches n. 8, 9, 24, 25, 34, 35, 50 et 51.

Ces dispositions sont d'autant plus importantes que l'on connaît

l'utilité indispensable des arrosements non-seulement dans les temps

de sécheresse, mais encore pour accélérer la germination des semis

et faciliter la reprise des plants nouvellement repiqués.

L'allée du milieu aura 3 mètres de largeur, l'allée circulaire et

celles de traverse n'en auront que 2.

Les petites allées pratiquées autour des planches devront avoir

0m,60 de largeur, et seront bordées d'Oseille, de Civette, de

Cresson alénois, de Persil, de Cerfeuil, de Chicorée sauvage, de

Pimprenelle, de Fraisiers, etc.

La largeur des planches sera de 1m,33, avec un sentier de 0m,35

entre chacune, ce qui suffira pour le passage; car le premier rang

de chaque planche doit toujours être au moins à 0m,10 du bord.

Les plates-bandes n. 61 de chaque côté de l'allée du milieu et de

celles de traverse auront 1m,65 de largeur, et seront bordées de

Buis. On y plantera un rang de Poiriers en quenouille, espacés entre

eux d'environ 8 mètres, et un Pommier nain entre chaque Poirier.

Le carré formé par les huit premières planches est destiné à faire

les semis et le repiquage des plantes potagères et des fleurs

nécessaires pour garnir les plates-bandes et les massifs du jardin

d'agrément.

N. 9 à 29 et 30 à 50. Planches à mettre en culture.

N. 51. Emplacement pour faire les couches.

N. 52. Plantation de Groseilliers.

N. 53. Plantation de Framboisiers.

N. 54. Côtière de 2m,75 de largeur à mettre en culture potagère.

N. 55. Plate-bande de 2 mètres de largeur, où l'on plantera un rang

de Rhubarbe anglaise.

N. 56 et 57. Plate-bande de même largeur à mettre en culture.

N. 58. Contre-espalier de Vignes, dont on peut chauffer une partie

chaque année.

N. 59. Plate-bande d'environ 1 mètre de largeur.

N. 60. Rangs de Vignes soutenues par des échalas placés au bout de

chaque planche, et de manière à ne pas obstruer les sentiers.

N. 61. Plate-bande de 1m,65 de largeur.

N. 62. Bassin.

N. 63. Porte pour entrer les fumiers.

N. 64. Allée de communication avec le jardin d'agrément.

CHAPITRE II.

Calendrier.

Nous avons eu en vue, en faisant ce calendrier, d'indiquer d'une

manière à la fois succincte et précise les diverses opérations qui

doivent se succéder sans interruption dans le cours d'une année,

pour que les productions en légumes, fruits et fleurs soient

toujours abondantes, et que jamais le sol ne repose. Pour arriver à

ce résultat, il fallait faire plus qu'énoncer sommairement les

travaux propres à chaque mois; il fallait encore indiquer avec

précision l'époque du semis, celle de la récolte, la place occupée

par chaque genre de culture, et la nature des végétaux qui doivent

succéder à ceux qui ont accompli leur période de végétation.

Nous pensons avoir atteint ce dernier but en renvoyant aux numéros

portés sur le plan (voir pl. 1), ce qui ne laisse pas d'incertitude

sur le choix de l'emplacement à assigner à chaque plante; et comme

les indications du calendrier eussent été insuffisantes sous la

forme que nous leur avons donnée, ou bien qu'elles eussent exigé

des développements que ne comporte pas un tableau synoptique, nous

renvoyons, pour la culture propre à chaque espèce, à l'article

spécial qui y est consacré.

Nous commençons, contrairement à la coutume, l'année par le mois

d'août, parce que c'est à cette époque que commence en effet l'année

horticole, tandis qu'en commençant par le mois de janvier, ainsi que

cela a lieu communément, on sépare les travaux d'automne de ceux de

printemps, avec lesquels ils sont intimement unis, puisqu'ils en

sont la préparation nécessaire.

AOÛT.

Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 380[1].

Température moyenne, maximum + 21°,20.

minimum + 16°,46.

Quantité de pluie, 48 mill. 59.

État de l'hygromètre, 70°,5.

[Note 1: BOUVART, _Observations météorologiques faites à

l'Observatoire de Paris_.]

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Ce mois est un de ceux qui réclament de la part

du jardinier tous ses soins et son activité. Non-seulement il

entretient, par des arrosements et des bassinages, la végétation des

plantes dont il attend la récolte vers la fin de la saison, mais

encore il s'occupe déjà des semis et des plantations des végétaux

destinés à passer l'hiver et à donner leur produit l'année suivante.

JARDIN POTAGER. _Couches._--Les couches sont peu nécessaires dans ce

mois, et les seuls travaux à faire consistent à planter des

Choux-fleurs sur les couches à Melons, et à faire une meule à

Champignons au n. 8.

_Côtière_ n. 9.--Dans la seconde quinzaine, on plante de la Scarole,

semée en pleine terre dans la seconde quinzaine de juillet.

N. 11. On sème des Mâches.

_Pleine terre_, n. 14.--On sème des Épinards de Hollande.

N. 23. On plante des Choux de Milan, semés en juillet.

N. 32. On sème des Navets.

N. 37. On plante du Céleri turc, semé dans la première quinzaine de

juin.

On sème du Cerfeuil bulbeux et des Radis roses.

Dans la seconde quinzaine, on sème des Oignons blancs, de la Romaine

rouge d'hiver, de la Laitue de la Passion, de la Chicorée de la

Passion, du Cerfeuil, des Choux d'York, coeur-de-boeuf et

pain-de-sucre.

On récolte les graines de Carottes, Laitues, Oignons, Ciboule,

Poireaux, Panais, Persil, Crambé maritime.

JARDIN FRUITIER.--Terminer le palissage des espaliers; supprimer les

branches qui tendraient à s'emporter.

Arroser les Pêchers et découvrir les fruits qui approchent de la

maturité.

Greffer à oeil dormant les arbres fruitiers et les arbres et

arbustes d'ornement.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Tous les soins consistent à arroser, ratisser,

biner, couper les gazons, mettre en place les fleurs d'automne,

telles que les Balsamines, Reines-marguerites, Oeillets d'Inde,

etc., si ces travaux n'ont pas encore eu lieu; terminer les

marcottes d'Oeillets.

Greffer les Pivoines en arbre sur des tubercules de Pivoines

herbacées. (Voir page 74, l'article _Greffe_.)

Séparer et replanter les Juliennes doubles, mettre les Oeillets de

semis en planche ou les planter dans les plates-bandes.

Planter les Couronnes impériales et les Lis martagons.

Semer les graines de Pivoines herbacées; ce mode de multiplication

est extrêmement long, et l'on ne sème guère que pour obtenir de

nouvelles variétés.

Semer les Pensées à grandes fleurs, en septembre, on les repique en

pépinière à bonne exposition, pour ne les mettre en place qu'au

printemps; on sème aussi, mais en pots et sous châssis, les

Pélargoniums, les Calcéolaires, les Cinéraires, les Mimulus, les

Giroflées quarantaines.

SERRES.--Vers la fin du mois, rabattre et rempoter les Pélargoniums

et les plantes dont les pots ont été enterrés pendant l'été, afin

qu'elles soient reprises à l'époque où on les rentrera dans la

serre. On fait des boutures de Pélargoniums, de Calcéolaires, de

Chrysanthèmes à fleurs blanches, Cuphéa, Ageratum Mexicanum,

Fuchsia, Véroniques ligneuses, Verveines.

SEPTEMBRE.

Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 399.

Température moyenne, maximum +17°,87.

minimum +13°,74.

Quantité de pluie, 57 mill. 26.

État de l'hygromètre, 75°,2.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de jardinage commencent à diminuer,

car l'année approche de sa fin, et les soins d'entretien exigent

moins d'assiduité. Les arrosements deviennent moins fréquents, et

n'ont plus lieu que le matin; on doit, à cause de la fraîcheur des

nuits, cesser ceux du soir. C'est, en revanche, l'époque des

récoltes; les graines sont mûres ou sur le point de l'être, et il

faut songer à les cueillir. Le jardinier soigneux disposera ses

serres et son fruitier pour rentrer ses fruits, ses légumes et ses

plantes quand le moment sera venu. Il faut aussi faire les

réparations nécessaires aux coffres et aux panneaux, afin qu'ils

soient en état dès que les froids viendront.

JARDIN POTAGER. _Couches_, n. 3.--Dans la seconde quinzaine, on

recharge la couche avec du terreau et on plante de la Laitue gotte,

semée dans la première quinzaine du mois. À l'approche des froids,

on couvre ces Laitues avec des châssis, on donne autant d'air que

possible, afin d'éviter la pourriture; avec des soins, on peut en

conserver jusqu'en décembre.

_Côtière_, n. 10.--Dans la première quinzaine, on plante de la

Laitue de la Passion, de la Chicorée de la Passion et de la Romaine

rouge d'hiver, semées dans le courant d'août.

_Pleine terre._--Dans les premiers jours du mois, on sème des

Choux-fleurs, des Choux d'York et coeur-de-boeuf. On sème de la

Chicorée fine sous cloches, mais à froid. On sème la Pimprenelle,

des Radis roses sur ados, et on continue de semer du Cerfeuil

ordinaire, du Cerfeuil bulbeux, des Mâches et des Épinards. On fait

blanchir des Cardons et du Céleri.

N. 56. On sème de la Carotte hâtive.

N. 41. On sème du Poireau long.

N. 42, 43, 44 et 45. On plante cinq rangs de Fraisiers des quatre

saisons dans chaque planche, et on les met à 0m,35 sur la ligne.

N. 46 et 47. On plante quatre rangs de Fraisiers Queen's seedling,

ou toute autre espèce à gros fruit, dans chaque planche, et on les

met à 0m,50 sur la ligne.

On récolte les graines de Chicorées, Céleri, Betteraves, Poirées,

Choux-fleurs.

JARDIN FRUITIER.--Les travaux de ce mois se bornent à peu de chose.

Néanmoins, on surveille la végétation des Pêchers, afin de maintenir

l'équilibre de la sève. On greffe les arbres qui végétaient trop

vigoureusement dans le cours du mois précédent, et l'on garantit les

fruits contre la voracité des oiseaux et des insectes. On donne le

dernier binage.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Mêmes travaux de soins et d'entretien que dans

les mois précédents. C'est l'époque la plus favorable pour semer les

pelouses de gazon, car il reste encore assez de temps pour qu'il

couvre la terre avant l'hiver, et au printemps il est en état de

résister à la sécheresse, qui lui est très-contraire. C'est

également l'époque de tondre les bordures de Buis. Semer les

Clarkias, Collinsias, Coréopsis, Crépis, Énothères, Alyssum

maritimum, Gilias, Mufliers, Némophiles, Oeillets de Chine, Silènes,

Saponaire de Calabre, Thlaspis, etc., et repiquer avant l'hiver les

plants en pépinière, pour ne les mettre en place qu'au printemps.

Semer en pots, que l'on hiverne sous châssis, les Anagallis,

Brachycomes, Centranthus, Eucharidium, Leptosiphon, Nemesia,

Nycterinia, Malopes, Phlox Drummondi, Schizanthus, Trachymènes,

Viscaria.

Planter aussi les Iris Germanica, semer des Giroflées quarantaines

pour les repiquer sur ados, ou dans des pots, qu'on rentre dès que

le froid se fait sentir. Semer les Renoncules et Anémones en terrine

ou en pleine terre.

Séparer et replanter les Pivoines herbacées, mais de telle sorte que

les bourgeons ne soient recouverts que d'environ 0m,5 ou 0m,3 de

terre.

Planter les Pancratiums Illyricum, les Fumeterres bulbeuses et les

Alstræmerias, qui peuvent supporter la pleine terre; planter aussi

les Jonquilles à 0m,5 ou 0m,6 de profondeur, ainsi que les Muscaris,

les Jacinthes, les Crocus, les Tulipes hâtives et les Narcisses que

l'on veut chauffer pendant l'hiver.

On peut encore faire des boutures de Calcéolaires, Ageratum

Mexicanum, Chrysanthèmes à fleurs blanches, Verveines.

SERRES.--Vers le 15, on rentre les plantes de serre chaude, qui

souffriraient de l'abaissement de la température. On rempote les

plantes de serre tempérée et d'orangerie, afin qu'elles soient

reprises avant qu'on les rentre, et l'on remet les panneaux sur les

serres et sur les bâches.

OCTOBRE.

Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 465.

Température moyenne, maximum +14°,73.

minimum + 9°,46.

Quantité de pluie, 48 mill. 10.

État de l'hygromètre, 82°,5.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Commencer les labours d'hiver, les travaux de

plantation et les modifications à faire dans la disposition du

jardin; faire les trous d'arbres, planter même si l'on est pressé.

Séparer les bordures et les touffes des plantes vivaces, élaguer les

arbres rustiques, commencer à tondre les haies, couvrir les plantes

délicates; récolter les graines, les fruits, les légumes. Si l'on a

des terres à remuer pour certaines dispositions du jardin, on peut

commencer. Le soir, on fait des paillassons, afin d'être en mesure

de couvrir les châssis et les serres dans le courant du mois

suivant.

JARDIN POTAGER. _Couches._--On commence à chauffer les Asperges

vertes, et on plante les oeilletons d'Ananas dans des pots

proportionnés à la force de chacun; aussitôt après la plantation, on

enfonce les pots sur une couche, et, à partir de cette époque

jusqu'au printemps, il faut remanier les réchauds tous les mois. Il

faut aussi relever de pleine terre ceux qui ont été plantés l'année

précédente à la même époque, puis les mettre dans la serre.

Dans la première quinzaine, on sème sous cloches et sur ados de la

Laitue petite noire; on élève ces Laitues sans jamais leur donner

d'air. À la même époque, on sème de la Romaine verte maraîchère, et

dans la seconde quinzaine de la Laitue rouge, de la Laitue gotte et

de la Romaine blonde ou grise maraîchère. Lorsque le plant

commencera à avoir quelques feuilles, on placera trois rangs de

cloches sur toute la longueur de l'ados, et l'on repiquera sous

chacune d'elles une trentaine de plants. Pendant la première

huitaine qui suivra la plantation, on donnera un peu d'air au plant

en soulevant les cloches d'environ 0m,3, puis après ce temps, on

augmentera progressivement jusqu'à 0m,8, et il ne faudra rabattre

les cloches que lorsqu'il gèlera à 2 ou 3 degrés. Ce plant, étant

convenablement soigné, servira à faire toutes les plantations qui

auront lieu depuis le mois de décembre jusqu'à la fin de février.

On repique les Choux-fleurs et les Choux cabus hâtifs en pépinière.

N. 6. Vers la fin du mois ou au commencement de novembre, on plante

sur terre, mais sous châssis, de la Chicorée fine semée dans la

première quinzaine de septembre, et deux rangs de Choux-fleurs semés

dans les premiers jours de septembre.

Si, vers la fin du mois, on craignait la gelée, il faudrait mettre

les panneaux sur les Laitues plantées n. 3.

_Pleine terre_, n. 19.--On sème les Épinards pour le printemps. Dans

la seconde quinzaine, on repique au n. 18 de l'Oignon blanc semé

dans la seconde quinzaine du mois d'août, et on sème du Cerfeuil ou

des Mâches dans l'intervalle. On fait les derniers semis de Cerfeuil

bulbeux.

Vers la fin du mois, ou au commencement de novembre, il faut couper

les vieilles tiges d'Asperges, et donner à chaque planche un léger

binage à la fourche, puis étendre un bon paillis de fumier.

On continue de faire blanchir du Céleri et des Cardons.

JARDIN FRUITIER.--Il ne reste plus rien à faire aux arbres jusqu'au

moment de la taille; on peut cependant marquer ceux qu'on se propose

de déplanter pour les lever le mois suivant. C'est l'époque de

cueillir les fruits et de les déposer dans le fruitier, ce qu'il ne

faut faire que par un temps bien sec et au fur et à mesure que les

arbres cessent de végéter.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Couper les tiges des plantes vivaces qui ont

cessé de fleurir. Nettoyer les plates-bandes, les fumer et les

labourer avant de mettre en place les plantes qui devront fleurir au

printemps. Ramasser les feuilles qui tombent dans les allées,

auxquelles on donne une dernière façon.

Semer en place des Cynoglosses, Pieds-d'alouette, Pavots, Giroflées

de Mahon, Adonides, etc. Refaire les bordures de Mignardise, de

Buis, de Marjolaine, de Thym et d'Hysope; sevrer les marcottes

d'Oeillets, et les planter en pots ou en pleine terre. Planter les

Jacinthes à 0m,10 de profondeur, et planter en pots celles que l'on

destine à être chauffées. Planter les Iris d'Espagne et

d'Angleterre, à 0m,3 de profondeur; les Crocus en pots, en bordures

ou dans les gazons, où ils produiront au printemps un effet charmant

et seront défleuris avant qu'il soit nécessaire de couper le gazon.

Mettre en terre les Tulipes, à environ 0m,6 de profondeur. Il faut

aussi planter l'Ail doré et les Scilles agréables et d'Italie;

relever de terre les Glaïeuls plantés au printemps.

Dès les premières gelées, il faut relever de terre les Dahlias, les

Érythrines, les Balisiers, et les déposer dans l'orangerie ou dans

une cave bien sèche, pour passer l'hiver; en faire autant de toutes

les plantes de serre qu'on a mises en pleine terre au printemps pour

garnir les massifs et plates-bandes. Il faut les tailler et les

empoter; puis, pour les rétablir, on les met pendant quelque temps

sous un panneau.

SERRES.--Dans la première quinzaine, on rentre les Pélargoniums; et

dans la seconde, à moins de froid prématuré, les Orangers, les

Grenadiers et les Lauriers-roses. Les plantes les plus délicates,

celles qui ont besoin d'air et de lumière, se mettent près du jour,

et les plus rustiques se placent derrière. Lorsque toutes les

plantes sont rentrées, on bine la terre des pots ou des caisses, et

on donne un léger arrosement.

NOVEMBRE.

Hauteur moyenne du baromètre, 755 mill. 614.

Température moyenne, maximum + 10°,15.

minimum + 4°,74.

Quantité de pluie, 55 mill. 87.

État de l'hygromètre, 82°,2.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--On commence les plantations et les labours, ainsi

que le défoncement du terrain qu'on destine à une nouvelle

plantation. On veille à la conservation des végétaux qui craignent

la gelée, et on ramasse les feuilles pour faire les couches et

couvrir les châssis. Lorsqu'on a le choix, les feuilles de Chêne et

de Châtaignier sont celles auxquelles on doit donner la préférence.

JARDIN POTAGER. _Couches._--On continue de chauffer les Asperges

vertes et on commence à chauffer les Asperges blanches. Dans les

premiers jours du mois, on sème sous châssis, mais en pleine terre,

des Pois pour replanter sous châssis. On sème de la Laitue Georges

sous cloches et sur ados, et on traite le plant comme nous l'avons

indiqué pour les Laitues rouges et gottes.

On relève les Romaines vertes pour les replanter immédiatement sous

cloches; mais, cette fois, on n'en met plus que douze ou quinze par

cloche. S'il arrivait que le plant de Romaine blonde ou grise

avançât trop, il faudrait lui faire subir un second repiquage,

comme aux Romaines vertes.

S'il survenait de fortes gelées, il faudrait garnir les cloches qui

couvrent le plant de Laitues et de Romaines avec du vieux fumier

bien sec ou des feuilles, et, pour garnir le derrière de l'ados, on

fera un réchaud que l'on élèvera jusqu'à la superficie des cloches.

On doit augmenter la couverture en raison de l'intensité du froid,

et découvrir les cloches au moment du soleil; mais il est nécessaire

de s'assurer d'abord si le plant n'est pas atteint de la gelée; car

alors il faudrait, au lieu de découvrir, augmenter la couverture et

le laisser dégeler graduellement.

_Pleine terre._--On arrache le Céleri planté au n. 37, pour le

replanter par rangs dans une tranchée; lorsqu'il viendra de fortes

gelées, on le couvrira avec de la litière ou des feuilles, que l'on

retirera lorsque le temps sera devenu plus doux.

N. 31. Vers la fin du mois, on sème des Pois Michaux, et, dans les

intervalles, de la Laitue à couper.

On coupe les montants d'Artichauts et les plus longues feuilles;

puis on les butte, opération qui consiste à relever la terre autour

de chaque touffe, de manière que celle-ci se trouve enterrée presque

jusqu'en haut. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on les couvre avec

de la litière ou des feuilles, que l'on écarte quand le temps est

doux.

Afin de ne pas manquer de provisions pendant les gelées, il faut

arracher et mettre en jauge, soit dans la serre à légumes, soit dans

le potager, tous les légumes que la gelée endommagerait ou

empêcherait d'arracher, tels que Carottes, Betteraves, Navets,

Chicorées, Scaroles, Céleris, Cardons. Il faudra couvrir avec de la

paille ou des feuilles ceux que l'on aura enjaugés dans le potager,

comme les Poireaux, les Salsifis, les Scorsonères, les Navets, et

les découvrir toutes les fois que le temps le permettra.

Il faut aussi, dans le courant du mois, arracher les Choux dont les

pommes sont faites, et les mettre en jauge, afin de pouvoir s'en

servir pendant les gelées.

Dans le courant du mois, mais le plus tard possible, on coupe les

têtes de Choux-fleurs, ce qu'il ne faut faire que par un temps bien

sec, et on les dépose dans la serre à légumes, où elles peuvent se

conserver jusqu'en avril.

JARDIN FRUITIER.--Tailler les arbres vieux ou débiles, pour empêcher

que la sève ne monte dans les bourgeons qui doivent être supprimés,

et que l'arbre ne s'épuise. Arracher les arbres qu'on a l'intention

de supprimer.

Commencer les plantations d'arbres fruitiers dans les terres

calcaires, légères ou sablonneuses, où il est toujours préférable de

planter en automne, excepté pour les Mûriers et les Figuiers, qui ne

doivent être plantés qu'au printemps. Il faut aussi planter en pots

les arbres fruitiers que l'on destine à être chauffés l'année

suivante.

Si, dans la première quinzaine, on peut disposer de quelques

panneaux, il faudra les placer devant l'espalier de Vigne; par ce

moyen, on peut conserver du Raisin dans toute sa beauté jusqu'en

janvier. Vers la fin du mois, on peut empailler les Figuiers, ou

bien, si les branches sont assez souples pour être abaissées jusqu'à

terre, on les y fixe au moyen de crochets de bois, puis on les

couvre de terre.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Découper à la bêche les bordures de gazon.

Arracher les plantes annuelles qui sont défleuries. Labourer les

plates-bandes et les massifs. Diviser et replanter les plantes

vivaces dont les touffes sont devenues trop larges. Mettre les

Giroflées jaunes en place, de même que les Roses trémières, Oeillets

de poëte, Corbeilles d'or, Thlaspis.

Terminer la plantation des Tulipes, des Jacinthes et des Narcisses.

Semer en place les premiers Pois de senteur.

Arracher les Dahlias, dans la seconde quinzaine du mois, si le temps

a été assez favorable pour qu'on les ait laissés en terre jusqu'à

cette époque.

Butter les Rosiers francs de pied, qui souffrent ordinairement de

nos hivers. Commencer les plantations d'arbres et d'arbustes

d'ornement, excepté les arbres résineux, les Catalpas, Magnolias

grandiflora, Tulipiers, qui ne doivent être plantés qu'au printemps.

Lorsqu'il commence à geler, il faut couvrir ou mettre dans la serre

les Oeillets en pots, les Giroflées grosse espèce et Cocardeau.

SERRES.--Tous les soins à donner aux plantes de serre consistent à

renouveler l'air aussi souvent qu'on pourra, entretenir la propreté,

et ne mouiller qu'avec la plus grande réserve.

On commence à couvrir la serre chaude pendant la nuit, et, à partir

de cette époque, on continue jusqu'en avril. Lorsque, le soir, le

temps est clair, le vent à l'est, et que le thermomètre ne marque

pas plus de 3 ou 4 degrés au-dessus de zéro, il faut couvrir tous

les châssis et les serres avec des paillassons.

DÉCEMBRE.

Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 953.

Température moyenne, maximum + 7°,93.

minimum + 3°,53.

Quantité de pluie, 43 mill. 60.

État de l'hygromètre, 87°,5.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de pleine terre sont fort restreints;

on peut s'occuper du transport des engrais et les étendre sur le

sol dans lequel ils doivent être enfouis. On continue les labours,

si la gelée le permet.

Vers la fin du mois ou au commencement de janvier, on vide les

tranchées des vieilles couches à Melons, afin de pouvoir disposer de

l'emplacement.

JARDIN POTAGER. _Couches._--La cessation des travaux de pleine terre

laisse aux jardiniers le temps de s'occuper de leurs couches, qui

exigent tous leurs soins. Aussitôt que les couches indiquées pour ce

mois sont faites, il faut les couvrir de panneaux, afin que les

fumiers entrent plus promptement en fermentation; et, à moins de

temps contraire, on peut découvrir tous les jours celles sur

lesquelles on a semé ou planté, en ayant soin de couvrir avant la

nuit.

On continue de chauffer les Asperges blanches et vertes. Dans la

première quinzaine, on sème des Raves hâtives, et dans la seconde

quinzaine des Poireaux.

N. 3. Vers le 15 de ce mois, on sème sur couche et sous châssis de

la Carotte courte hâtive, et on plante de la Laitue petite noire

semée dans la première quinzaine d'octobre.

N. 4. Planter des touffes d'Oseille sur couche et sous châssis.

N. 5. Dans la première quinzaine on repique sur terre, mais sous

châssis, des Pois semés dans les premiers jours de novembre.

_Pleine terre._--À l'approche des gelées, on relève les Brocolis en

mottes pour les planter près à près, et assez profondément pour que

la tige soit enterrée jusqu'aux premières feuilles. On lie les

Cardons, on les lève en mottes et on les rentre dans la serre à

légumes. On couvre le Persil avec de la paille ou des feuilles, et

lorsque le temps est doux on découvre un peu les Artichauts; mais il

est prudent de les recouvrir le soir; et, si la gelée augmente, il

faut les recouvrir d'une plus grande quantité de feuilles ou de

litière.

On continue de semer des Pois Michaux, et dans la première quinzaine

on plante au n. 12 des Choux d'York semés dans les premiers jours de

septembre.

JARDIN FRUITIER.--On continue les plantations, et dans les terres

fortes, argileuses ou humides, on fait les trous seulement pour ne

planter qu'en février ou mars. On défonce, on fume et laboure, et

vers la fin du mois on place les serres mobiles sur la Vigne et les

arbres fruitiers en espalier que l'on veut chauffer.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Continuer les changements de disposition,

élaguer les arbres, défoncer les parties de vieux gazons que l'on

veut ressemer, réparer les allées dégradées et continuer les

plantations. Dans la deuxième quinzaine, on peut planter les

Renoncules.

SERRES.--Entretenir la température de la serre aux Ananas, garnir

les tablettes de Fraisiers, renouveler l'air dans la serre tempérée

et l'orangerie quand il ne gèle pas, et avoir soin de les refermer

avant la disparition du soleil.

Couvrir de bâches les Camélias, Rhododendrons, Magnolias, et autres

arbustes rustiques. Bien qu'ils puissent rester trois mois sans

lumière et sans aucun soin, il est bon cependant de les visiter

quelquefois pour enlever la moisissure que l'absence d'air peut

produire.

JANVIER.

Hauteur moyenne du baromètre, 757 mill. 759.

Température moyenne, maximum + 7°,10.

minimum + 4°,41.

Quantité de pluie, 36 mill. 27.

État de l'hygromètre, 86°,5.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Ce mois est ordinairement froid et humide; mais,

lorsque le temps le permet, on continue les défoncements et les

labours qui n'ont pu avoir lieu dans le courant du mois précédent;

et l'on ouvre les fosses à Asperges pour le printemps; on amène

aussi sur le terrain des fumiers destinés à être enterrés; on met en

tas celui qui doit servir à faire les couches, les réchauds, etc.

Lorsque le temps est assez rigoureux pour empêcher les travaux

extérieurs, on fait les réparations nécessaires aux instruments de

jardinage, on nettoie les graines et on prépare tout ce qui sera

nécessaire pour les opérations ultérieures.

Le jardinier qui a des serres et des couches a une occupation

constante, et, à cette époque de l'année, elles exigent tous ses

soins. Si le temps est humide, il faut écarter la litière qui couvre

les Artichauts et les recouvrir dès qu'on craint la retour du froid.

JARDIN POTAGER. _Couches._--Il faut soigner les couches, refaire les

réchauds, remplir ceux qui n'ont pas besoin d'être refaits, de

manière qu'ils soient toujours aussi élevés que la superficie des

panneaux. À moins de temps contraire, on découvre les panneaux tous

les jours, et l'on donne un peu d'air aux plantes, au moment du

soleil, en soulevant les panneaux du côté opposé au vent; il est

prudent de les recouvrir avant qu'il se soit formé du givre sur les

vitres.

On commence à chauffer les Ananas qui sont de force à donner fruit,

on continue de chauffer les Asperges blanches et vertes, et l'on

plante les Pommes de terre Marjolin.

On sème sur couches très-chaudes les premières Chicorées fines, pour

planter sous châssis. On sème également sous châssis du Persil, ou

bien on plante des pieds tout venus.

On continue de planter des touffes d'Oseille. On sème sous cloches

ou sous châssis des Pois hâtifs pour repiquer en pleine terre, et,

vers la fin du mois, on met des châssis sur les Fraisiers de pleine

terre qu'on veut forcer.

N. 4. Dans la seconde quinzaine, on repique sur couche et sous

châssis des Haricots de Hollande semés dans la première quinzaine du

mois.

N. 7. On fait une couche sur laquelle on place trois rangs de

cloches.

On plante sous chaque cloche quatre Laitues petite noire (semée dans

la première quinzaine d'octobre), et au milieu une Romaine verte,

choisie parmi celles qui ont été semées dans les premiers jours

d'octobre.

_Pleine terre._--Les travaux de pleine terre sont peu nombreux;

cependant, si, vers la fin du mois, il ne gèle pas, on peut planter

dans les terres légères, à bonne exposition, des Choux d'York et

coeur-de-boeuf, semés dans les premiers jours de septembre, et de la

Romaine verte, semée dans la première quinzaine d'octobre; puis

parmi le tout on sème de la Carotte hâtive et du Poireau.

JARDIN FRUITIER.--Continuer les plantations, et si le temps le

permet, commencer, quand il ne gèle pas, à tailler les Pommiers et

les Poiriers en espalier et en quenouille, pour continuer jusqu'en

mars, en commençant toujours par les moins vigoureux; enlever le

bois mort et détruire les nids de chenilles. Couper les rameaux

destinés à servir à la greffe, ou faire des boutures et les enterrer

au nord dans du sable, à l'abri de la gelée et des influences

atmosphériques. Lorsque le froid ou d'autres circonstances empêchent

de mettre immédiatement en place les arbres destinés à des

plantations, il faut les disposer en jauge et en couvrir les racines

de manière à les garantir de la gelée.

Émousser les arbres et les passer au lait de chaux, afin de détruire

les lichens et les insectes qui s'attachent sur l'écorce. On doit,

dans le même but, blanchir les murs des arbres en espalier, ce qui

peut avoir lieu au moyen d'une seringue de jardin semblable à celle

que l'on emploie pour bassiner les plantes de serre.

Commencer à chauffer la Vigne, les Cerisiers, les Pêchers, les

Pruniers et les Figuiers.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Il y a peu de travaux à faire dans la saison

rigoureuse; cependant, on profite du temps favorable pour faire les

travaux de terrassement, labourer les massifs et enterrer les

feuilles. On peut aussi continuer les plantations.

Dans la seconde quinzaine de ce mois, on peut commencer à semer sur

couche chaude de la Pervenche de Madagascar.

SERRES.--Mettre sous châssis ou dans la serre les Jacinthes en pots,

Narcisses, Tulipes hâtives, Rosiers du Bengale, Lilas, Rhododendrons,

etc., dont on veut avancer la floraison.

Découvrir les serres tous les jours, à moins de temps contraire, et,

au moment du soleil, donner un peu d'air à l'orangerie et à la serre

tempérée; enfin, visiter avec soin les plantes placées dans les

serres, et veiller à ce qu'elles ne soient pas atteintes de la

pourriture.

FÉVRIER.

Hauteur moyenne du baromètre, 757 mill. 706.

Température moyenne, maximum + 7°,08.

minimum + 0°,94.

Quantité de pluie, 40 mill. 50.

État de l'hygromètre, 83°,2.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Terminer tous les labours qui n'ont pu être faits

dans le cours du mois précédent, et achever les travaux que l'hiver

a suspendus; il faut se presser de les finir, pour ne pas être

arrêté quand la végétation recommencera. Toutes les fois que le

temps le permet, donner de l'air aux Artichauts et au Céleri, que

l'on recouvre quand on craint la gelée.

JARDIN POTAGER. _Couches._--Mêmes soins que dans le mois précédent.

On sème les premiers Melons à châssis et les Concombres; on continue

de chauffer les Asperges blanches, de semer de la Chicorée fine, des

Haricots de Hollande pour planter sous châssis, de la Chicorée

sauvage, des Radis roses et des Carottes hâtives sur couche, mais à

l'air libre. On sème du Céleri-rave, des Choux rouges, des Choux de

Milan et de Bruxelles.

Vers la fin du mois, on sème des Aubergines, et on plante, au n. 1,

des Melons cantaloups hâtifs semés dans les premiers jours du mois.

_Côtière._--Dans le cas où l'état de la température n'aurait pas

permis de le faire plus tôt, on plante, au n. 9, de la Romaine

verte, semée dans la première quinzaine d'octobre, et dans la

Romaine on contre-plante des Choux-fleurs, semés dans la première

quinzaine de septembre; puis, parmi le tout, on sème de la Carotte

hâtive et du Poireau.

_Pleine terre._--Les semis recommencent dans ce mois et ont pris de

l'importance; on commence à butter les Crambés pour les faire

blanchir.

N. 15. On sème parmi de la Carotte hâtive et des Radis.

N. 21. On plante des Choux coeur-de-boeuf, semés dans les premiers

jours de septembre, et après la plantation on sème des Épinards

entre les Choux.

N. 22. On plante des Choux d'York, également semés dans les premiers

jours de septembre, et on sème du Cerfeuil ou des Épinards.

N. 34. On sème des Fèves naines hâtives.

N. 48. On sème des Scorsonères.

N. 49. On sème des Salsifis.

Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de mars, on sème, au

n. 40, de l'Oignon jaune des Vertus; au n. 14, on repique des Pois

Michaux de Hollande, semés sur couche en janvier ou février, et, au

n. 29, on plante des Pommes de terre Marjolin ou des fines hâtives.

JARDIN FRUITIER.--On commence les plantations dans les terres

fortes, argileuses ou humides; on continue de tailler les Poiriers

et les Pommiers, et on commence à tailler les Abricotiers, Pruniers,

Cerisiers, Pêchers et la Vigne. Tailler les Groseilliers et rabattre

les Framboisiers, pour en obtenir plus de fruits. Émousser les

arbres, et les passer au lait de chaux, quand cette opération n'a

pas été faite à l'époque précédemment indiquée.

Planter les Mûriers, terminer les labours. Mettre stratifier les

Amandes que l'on veut planter au printemps, et semer les Poiriers et

les Pommiers.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Labourer les bosquets et les massifs, ainsi que

les emplacements destinés à faire des gazons, que l'on sème à la fin

du mois. Tailler les Rosiers à bois dur, tels que cent-feuilles,

Provins, hybrides non remontants, etc.

Replanter les bordures de Buis, Lavande, Sauge, Hysope, Mignardise,

Pâquerette, etc. Planter les arbres résineux. On peut continuer ces

plantations jusqu'en mars. Semer en place des Pieds-d'alouette, des

Pavots, des Giroflées de Mahon, Thlaspis, Résédas, si l'on n'en a

pas semé durant l'automne. Planter les Renoncules, à 0m,05 de

profondeur. Semer sur couche les Giroflées quarantaines, les

Amarantes, les Pervenches, les Pétunias, Mimulus, Lobélias; presque

toutes les plantes annuelles, excepté celles d'automne; puis, quand

le plant est assez fort, on le repique en pépinière, pour ne le

planter en place qu'en avril et mai.

On fait également sur couche des boutures de Coléus, Lantana,

Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines, qui,

convenablement soignées, peuvent être plantées en mai dans le jardin

d'agrément.

SERRES.--Renouveler l'air dans la serre tempérée et l'orangerie,

enlever les feuilles mortes. Biner la terre des pots et les arroser

modérément.

MARS.

Hauteur moyenne du baromètre, 755 mill. 852.

Température moyenne, maximum +9°,94.

minimum +2°,66.

Quantité de pluie, 39 mill. 89.

État de l'hygromètre, 75°,0.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les travaux de ce mois sont les premiers de

l'année qui réclament toute l'activité des jardiniers. On doit se

hâter de finir les labours, d'enterrer les fumiers et les engrais et

de refaire partout les bordures. On découvre les végétaux qu'on a

buttés et couverts pour les garantir de la gelée; il faut cependant

encore recouvrir les semis et les plantations d'une petite couche de

terreau ou d'un paillis léger, afin de les mettre à l'abri des

gelées printanières et du hâle, et l'on met en terre les

porte-graines qu'on a conservés en jauge ou dans la serre à légumes.

JARDIN POTAGER. _Couches._--Pendant ce mois, les couches nécessitent

beaucoup de surveillance, car il faut souvent ombrer les châssis

pendant le jour et les couvrir la nuit.

On exhausse les coffres des Choux-fleurs, Haricots, etc., toutes les

fois qu'il est nécessaire; et si, vers la fin du mois, le temps est

favorable, on enlève les panneaux des Choux-fleurs; mais, comme à

cette époque les nuits sont souvent très-froides, il faut, pendant

la nuit et par le mauvais temps, les couvrir avec des paillassons.

On commence à chauffer les Ananas de deuxième saison. On continue de

semer des Melons à châssis, des Concombres, des Aubergines et de la

Chicorée sauvage. On fait des boutures de Patates, et vers la fin du

mois on sème des Tomates et des Piments.

N. 7. Dans la première quinzaine, on plante sous chaque cloche trois

Laitues gottes semées dans la seconde quinzaine d'octobre.

N. 2. Dans la seconde quinzaine, on plante sur couche en tranchée

des Melons semés dans la seconde quinzaine de février, sur lesquels

on rapporte les châssis qui étaient sur les Carottes semées au n. 3.

_Côtière._--On sème un rang de Persil le long du mur.

_Pleine terre._--On plante les pommes de terre et tous les

porte-graines. On sème des Oignons blancs, des Choux pommés de

Saint-Denis, quintal, de Milan et de Bruxelles, des Laitues, des

Romaines, des Panais, du Céleri, de la Poirée blonde, des Épinards,

de la Ciboule, des Pois, des Fèves, des Salsifis, des Scorsonères,

de la Chicorée sauvage, de la Pimprenelle, du Persil et du Cerfeuil.

N. 13. On plante deux rangs de Crambés.

N. 14. Dans la première quinzaine, on sème des Radis roses.

N. 17. On plante de la Romaine blonde semée vers la fin d'octobre.

N. 20. On plante de la Laitue rouge semée vers le 15 octobre, et on

contre-plante des Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de

septembre.

N. 25, 26, 27, 28. On plante quatre rangs d'Asperges de Hollande; on

les met à environ 0m,40 de distance sur la ligne.

N. 32. On sème des Pois d'Auvergne et des Pois ridés.

N. 38. On sème du Poireau.

N. 39. On sème de la Carotte demi-longue.

Dans la seconde quinzaine, on sème des Brocolis et des Navets

hâtifs.

JARDIN FRUITIER.--Terminer les plantations, achever la taille des

arbres fruitiers, excepté pour ceux qui sont trop vigoureux;

labourer le pied des arbres en espalier. Greffer la Vigne, et lors

du premier mouvement de la séve pratiquer l'incision transversale,

pour faire développer les branches nécessaires à la charpente des

arbres qu'on veut élever sous une forme régulière.

Planter les Figuiers et découvrir ceux qui sont empaillés; couper le

bois mort et rabattre les branches trop maigres.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Outre les travaux indiqués en tête de ce mois,

il faut terminer les plantations d'arbres, d'arbrisseaux et des

plantes vivaces; nettoyer complétement les allées, les sabler.

Découvrir tous les Rosiers qui ont été empaillés ou buttés.

Achever de les tailler, excepté ceux qui auraient souffert du froid;

il faudra attendre pour cela qu'ils aient commencé à végéter, et les

tailler plutôt longs que courts, sauf à les raccourcir une quinzaine

de jours après.

Refaire les bordures de Buis et labourer les massifs de terre de

bruyère.

Semer les pelouses de gazon dans les terrains où l'on n'aura pas pu

semer en automne.

Planter les Renoncules et les Anémones qu'on n'aurait pas encore

plantées.

Planter les Tigridias, à 0m,5 de profondeur, les Glaïeuls, à 0m,10,

et les Lis de Saint-Jacques en pots ou en pleine terre, à 0m,15 de

profondeur.

Séparer et replanter les plantes vivaces. (Voir page 69,

_Multiplication par les racines_.)

Semer les Crépis, Malopes, Lavatères, et du Réséda, que l'on peut

continuer de semer pendant tout l'été.

Semer, pour être repiqués, de la Giroflée jaune, des Oeillets de

Chine, et presque toutes les plantes annuelles que l'on a semées sur

couche précédemment. Semer aussi les Coréopsis et les Thlaspis, si

on ne les a pas semés en automne.

Planter sur couche des Tubéreuses, et mettre les tubercules de

Dahlias sous un châssis, afin de favoriser le développement des

bourgeons.

Semer, sur couche, les Verveines, les Balsamines, Amarantes,

Amarantoïdes, Seneçon des Indes, Zinnias, etc.; et, lorsque le plant

sera assez fort, on le repiquera sur couche en pépinière pour ne

planter en place qu'en mai.

Semer aussi des Cobéas, et, dès qu'ils auront quelques feuilles, on

les repiquera dans de petits pots qu'on laissera sur couche jusqu'à

la fin d'avril ou le commencement de mai, époque où on les mettra en

pleine terre; on peut encore faire des boutures de Coléus, Lantana,

Lobélia, Héliotropes, Nierembergia, Pétunia, Salvia, Verveines,

quand celles qu'on a faites en février ne promettent pas une bonne

reprise.

SERRES.--On n'a plus besoin, dans ce mois, de faire du feu, car le

soleil a pris assez de force pour que ses rayons échauffent

l'atmosphère, et il est même souvent nécessaire d'ombrager les

serres, afin de ne pas laisser brûler les feuilles des plantes. Les

arrosements seront peu à peu plus fréquents et plus abondants. On

nettoie partout, et on seringue les feuilles des plantes aussi

souvent que l'état de la température l'exige.

AVRIL.

Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 789.

Température moyenne, maximum +12°,70.

minimum + 5°,59.

Quantité de pluie, 45 mill. 53.

État de l'hygromètre, 65°,8.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--On continue les travaux qui n'ont pas été

terminés dans le cours du mois précédent; mais, comme les gelées

sont moins à craindre, on peut faire des semis de toutes sortes.

Sarcler et éclaircir les semis, pailler les plantations pour les

préserver contre le hâle, et, s'il est nécessaire d'arroser, il ne

faut le faire que le matin et dans le jour seulement, à cause de la

fraîcheur des nuits.

JARDIN POTAGER. _Couches._--On sème des Melons pour planter sous

cloches, des Concombres, des Cornichons et des Potirons pour planter

en pleine terre; sous châssis, des Haricots flageolets pour repiquer

également en pleine terre; et sur couche, mais à l'air libre, de la

Chicorée fine et des Choux-fleurs.

N. 3. Dans la première quinzaine, on plante des Melons semés dans la

première quinzaine de mars, sur lesquels on rapporte les châssis qui

étaient sur les Choux-fleurs plantés n. 6.

N. 7. On plante sous cloches deux rangs d'Aubergines semées fin

février.

N. 4. Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde, et on

plante sous cloches un rang de Melons semés dans la seconde

quinzaine de mars.

N. 8. Vers la fin du mois ou au commencement du mois de mai, on

plante, sur couche sourde, un rang de Patates.

_Plate-bande_, n. 55.--On plante un rang de Rhubarbe anglaise.

_Pleine terre._--On continue de planter des Pommes de terre. On sème

des Choux-fleurs et on continue de semer des Brocolis, des Choux de

Milan, de Bruxelles et de Poméranie, des Pois, des Fèves, des

Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des Romaines, du

Céleri à couper, du Persil, du Cerfeuil, de la Pimprenelle, de la

Chicorée sauvage; et, vers la fin du mois, des Choux-fleurs

demi-durs, du Cresson alénois, etc.

N. 30. On plante des Choux de Milan, semés vers la fin de février.

N. 37. On sème de l'Oseille.

N. 50. On plante des Choux quintal semés vers le 15 mars.

N. 51, 52, 53 et 54. On plante deux rangs d'oeilletons d'Artichauts

dans chaque planche; on les met à 1 mètre sur la ligne.

JARDIN FRUITIER.--Achever de tailler les arbres vigoureux et les

Pêchers; garantir par des toiles ou des paillassons les arbres en

fleur, que menacerait la gelée; terminer les labours et les

plantations; faire les boutures et couchages; répandre du paillis

pour empêcher la sécheresse; greffer en fente les Cerisiers,

Pruniers, Poiriers, Pommiers, Mûriers, etc.; repiquer les Amandes

que l'on a mises à stratifier.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Planter les Magnolias grandiflora et les

Tulipiers, qui, à cette époque, reprennent beaucoup mieux qu'en tout

autre temps. Terminer les labours et tous les travaux de nettoyage

du jardin d'agrément.

Semer les graines d'arbres résineux; semer les Oeillets; rempoter ou

mettre en pleine terre les marcottes de l'année précédente; semer en

place les Capucines grandes et naines, les Haricots d'Espagne, les

Volubilis, les Lupins annuels, les Belles-de-nuit, les Nigelles,

etc.; et semer, pour être repiqués, les Oeillets d'Inde et les Roses

d'Inde, que l'on peut semer successivement jusqu'en juin; diviser

les touffes de Chrysanthèmes.

SERRES.--Donner de l'air quand le temps le permet, afin de fortifier

les plantes qui bientôt pourront être exposées à l'air libre;

commencer à seringuer les plantes vers le milieu du jour, et donner

des arrosements modérés. Dans la seconde quinzaine, on commence à

sortir les plantes les moins délicates.

MAI.

Hauteur moyenne du baromètre, 754 mill. 863.

Température moyenne, maximum +17°,67.

minimum +10°,98.

Quantité de pluie, 56 mill. 80.

État de l'hygromètre, 70°,0.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Nous n'entrerons dans aucun détail sur les

opérations horticoles de ce mois, qui sont nombreuses et variées. Le

jardinier a besoin de toute son activité, et chacune des parties du

jardin réclame tous ses soins.

JARDIN POTAGER. _Couches._--On fait une couche de 0m,50 d'épaisseur,

que l'on recouvre de 0m,25 de bonne terre, pour planter les Ananas

en pleine terre, sous châssis.

Dans la première quinzaine, on sème des Cornichons et les derniers

Melons; puis sur couche, mais à l'air libre, de la Chicorée fine, de

la Chicorée de Meaux et de la Scarole; on fait une couche sourde au

n. 5, et on plante sous cloches un rang de Melons semés dans la

première quinzaine d'avril.

Dans la seconde quinzaine, on fait une couche sourde au n. 6, et on

plante un rang de Melons, semés dans la seconde quinzaine d'avril,

sur lesquels on rapporte les cloches qui étaient sur les Aubergines

plantées au n. 7.

_Côtière_, n. 9.--Dans la seconde quinzaine, on plante des

Concombres blancs et des Cornichons verts, semés sur couche en

avril.

N. 11. On sème du Cerfeuil.

N. 10. Dans la seconde quinzaine, on sème des Haricots par touffes

ou en rayons.

_Pleine terre._--On plante les dernières Pommes de terre. On sème

des Cardons, des Choux-raves, du Céleri turc, des Radis noirs, de la

Poirée blonde, du Pourpier doré, et on continue de semer des

Choux-fleurs, des Brocolis, des Choux de Milan, de Bruxelles et de

Poméranie, des Carottes, des Radis, des Épinards, des Laitues et des

Romaines, des Pois, des Fèves, de l'Oseille, du Persil et du

Cresson. Vers le 15, on peut planter des Patates en pleine terre.

Dans les premiers jours du mois, on plante, au n. 15, de la Chicorée

demi-fine semée sur couche dans les premiers jours d'avril.

N. 19. On plante de la Romaine blonde semée dans la seconde

quinzaine d'avril, et vers la fin du mois, on contre-plante des

Choux-fleurs semés sur une vieille couche vers la fin d'avril.

N. 35. On sème de la Chicorée toujours blanche.

N. 33. On sème des Haricots à rames.

N. 23. On sème des Haricots nains.

Dans la seconde quinzaine on plante, au n. 22, de la Laitue grise

semée dans la première quinzaine du mois, et on contre-plante deux

rangs de Tomates semées sur couche vers la fin de mars.

N. 17. On plante de la Chicorée fine semée sur couche vers la fin

d'avril, et on contre-plante quatre rangs de Céleri-rave semé sur

couche en février.

N. 24. On sème deux rangs de Cardons de Tours immédiatement en

place, et on contre-plante trois rangs de Romaine semée dans la

première quinzaine du mois.

N. 41. On plante un rang de Potirons semés sur couche en avril.

N. 36. Vers la fin du mois ou au commencement de juin, on plante

quatre rangs de Choux de Poméranie semés vers la fin d'avril.

N. 51, 52, 53 et 54. On plante entre chaque rang d'Artichauts un

rang de Choux de Bruxelles semés vers la fin d'avril.

JARDIN FRUITIER.--Il faut, outre les travaux généraux, que le

jardinier veille à maintenir l'équilibre entre les différentes

parties de ses arbres et à favoriser leur développement.

On commence l'ébourgeonnement; on donne les premiers binages, et

l'on commence à greffer en écusson à oeil poussant.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Planter les derniers Magnolias à feuilles

persistantes.

Dans la seconde quinzaine du mois, planter les Dahlias; mais il n'y

a pas avantage à les planter plus tôt, car il arrive souvent qu'ils

ne donnent plus de fleurs dès le mois de septembre, époque de leur

beauté.

Commencer à faire faucher les gazons, qui, à partir de cette époque,

devront être coupés le plus souvent possible; car, pour avoir de

beaux gazons, il faut éviter de les laisser monter en graines.

C'est le moment de mettre en pleine terre les Érythrines, Balisiers,

Pélargoniums zonale, Héliotropes, Calcéolaires, Coléus, Pétunias,

Verveines, Chrysanthèmes à fleurs blanches, etc.

Tailler les Lilas et les Ribes sanguineum aussitôt qu'ils sont

défleuris, car il n'y a de belles fleurs que sur le jeune bois.

Replanter en bordure les Amaryllis jaunes.

Semer des Giroflées quarantaines, puis des Giroflées grosse espèce,

et que l'on repiquera en pépinière vers la fin de juin; et en

septembre on les relèvera pour les planter en pots.

SERRES.--Sortir les plantes de l'orangerie et une partie des

Pélargoniums (on laissera les plus avancés dans la serre), et au

moment où les premières fleurs commenceront à s'épanouir, on les

rentrera, afin de jouir de toute la beauté de leur floraison, qui se

prolonge pendant tout le mois, et quelquefois pendant la première

quinzaine de juin. Durant le milieu de la journée, il faut étendre

une toile sur la serre, afin de protéger les fleurs contre l'ardeur

du soleil.

Vers le 15, on sort les Orangers, et quelques jours plus tard les

plantes de serre chaude qui peuvent passer dehors quatre mois de

l'année. On procède au rempotage, et on replace dans la serre les

plantes qui ne peuvent pas rester à l'air libre sous le climat de

Paris.

On enlève les châssis des serres tempérées, et on découvre les

bâches à Camélias, Rhododendrons, etc.

JUIN.

Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 966.

Température moyenne, maximum +21°,19.

minimum +14°,42.

Quantité de pluie, 54 mill. 34.

État de l'hygromètre, 67°,5.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Nous renvoyons à chacune des parties qui traitent

de la culture propre à ce mois pour tous les travaux à faire.

Maintenir la propreté par des sarclages, des binages et des

ratissages; ne pas ménager les arrosements quand le temps est sec;

faire la chasse aux animaux et aux insectes nuisibles: tels sont les

soins généraux qui appellent l'attention du jardinier.

JARDIN POTAGER. _Couches._--Dans ce mois, on peut se passer de faire

de nouvelles couches, les plantes réussissent bien en pleine terre;

on enlève les coffres et les châssis, et après la récolte des Melons

plantés n. 1, on plante deux rangs de Choux-fleurs semés en mai;

puis de la Chicorée ou de la Scarole semée sur couche dans la

première quinzaine de mai.

_Pleine terre._--On sème de la Chicorée de Meaux et de la Scarole,

de la Raiponce, des Choux de Vaugirard et des Choux-fleurs pour

l'automne, de la Ciboule et du Poireau pour l'hiver.

On continue de semer des Brocolis, des Choux de Milan et de

Bruxelles, des Carottes hâtives, du Céleri turc, des Radis roses,

des Radis de Madras et des Radis noirs, des Laitues, des Romaines,

des Navets, de l'Oseille, du Pourpier, du Cerfeuil, du Cresson

alénois, des Pois et des Haricots; c'est même le moment de semer

tous ceux que l'on veut mettre en filet.

Dans la première quinzaine, on repique au n. 21 quatre rangs de

Romaines (semées dans la seconde quinzaine de mai), et, dans la

seconde quinzaine, on repique dans la Romaine trois rangs de Poirée

à cardes (semée dans les premiers jours du mois), que l'on met à

0m,50 sur la ligne.

N. 18. On plante quatre rangs de Laitue semée dans la seconde

quinzaine de mai.

N. 31. On sème des Navets.

N. 30. On sème des Haricots.

Dans la seconde quinzaine, on contre-plante dans la Chicorée

plantée n. 15 quatre rangs de Céleri turc semé dans les premiers

jours de mai.

N. 14. On repique quatre rangs de Scarole semée sur couche dans les

premiers jours du mois, et quelques jours plus tard, on

contre-plante des Choux-raves semés vers la fin de mai.

Vers la fin du mois ou dans les premiers jours de juillet, on sème

au n. 29 de la Chicorée de Meaux immédiatement en place.

Dans le courant du mois, on coupe les pétioles de Rhubarbe pour en

faire des confitures.

On récolte les graines de Cerfeuil, de Cresson alénois, de Mâches,

etc.

JARDIN FRUITIER.--On commence le palissage de la Vigne et des arbres

en espalier, pour ne le terminer que vers la fin de la saison.

On continue l'ébourgeonnage, le pincement et la suppression des

bourgeons inutiles, seul moyen d'avoir des arbres toujours beaux et

d'un produit assuré.

On pince le bouton terminal des Figuiers, afin d'en assurer la

fructification. Vers la fin du mois, ou au commencement de juillet,

on taille les Mûriers dont les feuilles ont servi à l'éducation des

vers à soie.

JARDIN D'AGRÉMENT.--On fauche les gazons, on bine les plates-bandes

et les massifs, on arrose les plantes annuelles et vivaces, on met

des tuteurs aux Dahlias, Roses trémières, etc.

Greffer en écusson toutes les variétés de Rosiers.

Tailler dans le courant du mois les Glycines de la Chine, qui

prennent un trop grand développement.

Repiquer en pépinière les Oeillets de semis, rempoter les

Chrysanthèmes plus grandement et les rabattre; relever les Amaryllis

Belladones, et les replanter peu de temps après.

Semer les Roses trémières, Croix-de-Jérusalem, Digitales,

Campanules, Corbeilles d'or, Delphinium, Oeillets de poète, Myosotis

alpestris, Lin vivace, Primevères et toutes les plantes vivaces

propres à garnir le jardin d'agrément.

SERRES.--Sortir les Pélargoniums de la serre aussitôt qu'ils sont

défleuris, les déposer pendant quelques jours à une exposition

ombragée, ensuite les placer dans une position bien aérée; et, pour

que la terre des pots se dessèche moins, on les enterre, à peu près

à moitié. Si l'on ne veut pas enlever les châssis de la serre aux

Pélargoniums, on pourra la regarnir avec des Lauriers-roses doubles,

dont la floraison sera plus belle et plus certaine qu'à l'air libre.

JUILLET.

Hauteur moyenne du baromètre, 756 mill. 193.

Température moyenne, maximum +21°,19.

minimum +16°,99.

Quantité de pluie, 47 mill. 21.

État de l'hygromètre, 68°,2.

TRAVAUX GÉNÉRAUX.--Les mêmes qu'en juin. Redoubler d'activité et de

soins, car toutes les parties du jardinage sont d'une égale

importance, et réclament la sollicitude du jardinier.

JARDIN POTAGER.--_Couches._ Dans la première quinzaine, on enlève le

fumier de la couche n. 2, on remplit la tranchée avec la terre qu'on

en avait tirée, on laboure le tout, et, après avoir dressé le

terrain, on plante des Choux-fleurs semés dans la seconde quinzaine

de juin; puis on contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée

dans la première quinzaine de juin.

N. 3. Dans la seconde quinzaine, on enlève également le fumier de la

couche, et, comme au n. 2, on remplit la tranchée et on plante des

Choux-fleurs semés dans la première quinzaine du mois; et on

contre-plante de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première

quinzaine du mois.

PLEINE TERRE.--On fait les derniers semis de Choux de Milan,

Carottes, Chicorées, Scaroles, Laitues romaines, et on continue de

semer des Navets, de la Raiponce, des Radis roses, des Radis

queue-de-rat, du Pourpier doré, du Cerfeuil, enfin tout ce qui peut

arriver à maturité avant l'hiver.

N. 18. Dans les premiers jours du mois, on contre-plante dans la

Laitue de la Chicorée ou de la Scarole semée dans la première

quinzaine de juin; puis on plante de chaque côté de la planche un

rang de Choux de Vaugirard semés dans la seconde quinzaine de juin.

N. 20. On sème de la Raiponce. Dans la seconde quinzaine, on plante

au n. 16 quatre rangs de Romaine blonde ou de Laitue semée dans la

première quinzaine du mois, et on contre-plante deux rangs de

Choux-fleurs semés dans la première quinzaine de juin.

On récolte les graines d'Oseille, d'Épinard, de Choux, de Pois, de

Salsifis, de Scorsonère, etc.

JARDIN FRUITIER.--Visiter les espaliers, maintenir l'équilibre entre

les différentes parties des arbres, palisser, ébourgeonner,

découvrir sans les dégarnir les fruits dont on veut accélérer la

maturité.

Pendant les fortes chaleurs, arroser les Pêchers, au pied, et le

soir seringuer les feuilles.

De la fin du mois à la mi-septembre, greffer en écusson à oeil

dormant les Cerisiers, Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Poiriers et

Pommiers.

JARDIN D'AGRÉMENT.--Commencer à ébourgeonner les Dahlias; planter

les Lis à 0m,15 ou 0m,20 de profondeur aussitôt qu'ils seront

défleuris.

Retirer les Renoncules, Anémones, Narcisses, Jonquilles, dès que les

feuilles seront desséchées.

Semer les Lupins vivaces aussitôt la maturité des graines; à

l'automne, les repiquer en pots, que l'on mettra dans l'orangerie ou

sous châssis pour passer l'hiver, et au printemps on les met en

pleine terre.

Vers la fin du mois ou au mois d'août, marcotter les Oeillets et

commencer à greffer les Rosiers en écusson à oeil dormant.

SERRES.--Les plantes de serre sont presque toutes dehors et

n'exigent que des arrosements. Il faut donner du grand air à celles

qui sont restées dans la serre, les abriter contre les rayons

solaires et les arroser au besoin.

CHAPITRE III.

Instruments de jardinage.

Tous les instruments indiqués dans ce chapitre sont indispensables

pour cultiver un jardin; et, quoique nous ne cherchions nullement à

constituer en frais ceux qui puiseront des renseignements dans notre

livre, nous leur conseillons de s'en procurer la plus grande partie,

afin de simplifier les opérations.

§ I.--_Outils propres aux labours et plantations._

BÊCHE DE SOISSONS.--La lame est un peu évidée au milieu; elle a

0m,27 de longueur sur 0,20 de largeur en haut, et 0m,16 en bas. Au

lieu d'avoir une douille, la lame est fixée au manche au moyen de

deux chevilles rivées.

BÊCHE DE SENLIS.--Le manche a 1 mètre de longueur, non compris la

partie enfoncée dans la douille; le fer a 0m,30 de hauteur, 0m,22

de largeur en haut et 0m,18 en bas.

BINETTE.--La binette est une petite houe dont la lame n'a guère que

0m,16 de longueur sur 0m,12 de largeur. Elle sert à remuer la terre

entre les plantes dont les rangs sont un peu écartés, ainsi qu'à

faire les trous pour planter les Haricots et les Pommes de terre.

BINETTE À CROC.--Cette binette, dont la lame est double, offre un

tranchant d'un côté et de l'autre deux longues dents.

HOYAU.--Outil destiné à faire les tranchées, arracher les arbres et

préparer au labour à la bêche les terres compactes. Le manche a

0m,76, et la lame, qui forme avec le manche un angle droit, 0m,32.

HOULETTE.--La houlette est une petite bêche dont la lame, longue

d'environ 0m,15, large de 0m,10, est repliée cylindriquement sur ses

côtés: elle est destinée à relever les plantes en mottes.

PIOCHE OU TOURNÉE.--Cet instrument est particulièrement employé pour

les travaux de terrassement; on s'en sert utilement pour faire les

trous et déplanter les gros arbres.

PLANTOIR.--Pour faire un plantoir, on choisit une branche d'arbre

recourbée à son extrémité, puis on effile la partie qui doit être

enfoncée en terre, et pour lui donner plus de durée et de

pénétrabilité, on la fait garnir de fer ou de cuivre.

TRAÇOIR TRIDENT.--L'avantage de cet instrument est d'éviter de

déplacer le cordeau autant de fois qu'il faut de rayons dans une

planche. Pour tracer six rayons, il suffit de tendre deux fois le

cordeau, et pour cinq une seule fois, en le plaçant au milieu de la

planche. On peut faire les rayons plus ou moins écartés, car les

deux branches latérales sont fixées dans le bas au moyen d'une

charnière, et sur la traverse par une petite cheville mobile, qui

permet de les éloigner ou de les rapprocher selon le besoin.

CISEAUX À TONDRE.--Ce sont de grands ciseaux de 0m,40 de longueur,

dont les manches forment avec la lame un angle très-ouvert; ils

servent à tondre les haies, les gazons, les bordures, etc.

Les lames doivent avoir du jeu et ne pas être serrées par un écrou.

Pour s'en servir il faut, au moyen d'efforts en sens opposé, presser

les lames l'une contre l'autre.

RATEAU SIMPLE À DENTS DE FER.--Il sert à nettoyer les allées, à unir

la surface du terrain nouvellement labouré, puis à recouvrir

légèrement les semis. Il faut en avoir au moins deux, l'un d'environ

0m,30, et l'autre de 0m,45.

RATISSOIRE À POUSSER.--Manche, 1m,40 de longueur; lame, 0m,20.

RATISSOIRE À TIRER.--Employée dans les parties où la terre est le

plus dure. La lame, qui a 0m,20 de largeur, est faite avec un

morceau de vieille faux. Le manche a 1m,15 de longueur.

ROULEAU.--Le rouleau est un gros cylindre en fonte ou en pierre,

muni à chaque extrémité d'une oreillette arrondie, tournant comme un

essieu dans une boucle de fer; on l'emploie avec avantage pour

rouler les terres et les gazons.

SARCLOIR.--Cet instrument sert à sarcler entre les plantes qui ne

sont pas semées trop dru. Sa longueur totale est de 0m,25.

§ II.--_Outils propres aux transports._

BROUETTE À COFFRE.--Les proportions d'une brouette sont: longueur,

1m,50 à 1m,60; largeur du coffre, 0m,50 à 0m,55; écartement des bras

à leur extrémité, 0m,65; diamètre extérieur de la roue, 0m,48.

CROCHET POUR LE TRANSPORT DES CAISSES.--Ces crochets sont en fer, et

l'une des extrémités forme une boucle dans laquelle on passe un

brancard de 2 mètres de longueur; à l'aide de ces crochets, deux

hommes transportent facilement des caisses très-pesantes.

DIABLE.--Cet appareil est indispensable pour entrer et sortir les

caisses qu'il est impossible de transporter avec les crochets. Pour

les enlever, on approche l'appareil de manière à engager les

mentonnets sous la caisse; on cale les roues, et l'on appuie sur la

flèche de manière que la caisse se trouve placée obliquement; on

peut alors la diriger facilement partout où l'on veut.

FOURCHE ORDINAIRE.--Cet instrument sert à faire les couches, à

transporter les fumiers et à herser les planches du potager.

HOTTEREAU (on prononce HOTTRIAU).--Il sert au transport des fumiers

et du terreau. Dans les jardins maraîchers, il remplace la brouette.

PELLE DE BOIS.--Comme cet instrument est à peu près partout le même,

nous croyons inutile d'en donner les proportions; il sert à enlever

les terres et terreaux, à les amonceler, etc.

§ III.--_Instruments servant aux arrosements._

ARROSOIR À POMME.--Cet instrument, qui doit être en cuivre pour

avoir plus de durée, contient environ dix litres d'eau.

ARROSOIR À BEC pour mouiller dans les serres. Il doit être au moins

un tiers plus petit que l'arrosoir à pomme.

Pour arroser les semis et les boutures, on met la pomme à la place

du bec de prolongement.

POMPE À MAIN ET À JET CONTINU, de M. Petit.--Cet instrument, qui

lance l'eau à 5 et 6 mètres de hauteur, sert à arroser les arbres

trop élevés pour qu'on puisse se servir de la seringue.

SERINGUE pour laver la tête des arbres et les plantes d'orangerie et

de serre. Sa longueur totale est de 0m,50.

§ IV.--_Instruments propres à la taille et à l'élagage des arbres._

CROISSANT.--On se sert de cet instrument, dont la lame est placée à

l'extrémité d'un manche plus ou moins long, pour élaguer les arbres

et écheniller; mais on lui substitue avec avantage pour ce dernier

objet l'échenilloir, dont la manoeuvre est bien moins fatigante.

COUPE-BOURGEONS.--Espèce de sécateur à lames courbes, qui sert à

ébourgeonner et facilite cette opération.

ÉCHENILLOIR.--On peut, dans certaines circonstances, remplacer cet

instrument par le croissant; mais celui-ci est toujours moins

commode.

SÉCATEUR.--Le choix de cet instrument est d'une grande importance;

car s'il est mal fabriqué, il écorche les branches et nuit à la

végétation de l'arbre. Son avantage sur la serpette est de faciliter

la taille; mais il ne peut lutter dans toutes les circonstances avec

ce dernier instrument, qui fait toujours des plaies plus nettes.

SCIE À MAIN, destinée à enlever les branches qu'on ne peut couper au

sécateur. Sa longueur totale est de 0m,25.

ÉGOHINE, servant à couper les branches dans les endroits où la scie

à main ne peut passer.

SERPETTE.--On en fait de différentes dimensions; mais les plus

généralement employées ont un manche d'environ 0m,12, de longueur,

et la lame de 0m,08 à 0m,09.

SERPE.--Elle sert à abattre les grosses branches, faire les pointes

des pieux et des tuteurs, etc.

CHAPITRE IV.

Défoncements et Labours.

Lorsqu'on établit un jardin neuf, il faut commencer par se rendre

compte de l'état et de la profondeur du terrain, ce qui est

essentiel surtout si l'on a des plantations d'arbres à opérer.

Si la couche supérieure de terre est mauvaise ou depuis

très-longtemps en culture, et que la fertilité se trouve épuisée, il

faut faire défoncer.

Si, comme il arrive souvent, le terrain est couvert d'herbes

élevées, il faut les arracher, les réunir en tas et les brûler,

quand elles sont assez sèches. On en étendra les cendres sur le

terrain après le défoncement, que l'on fera en automne ou en hiver

de la manière suivante: À une des extrémités du terrain, l'on

ouvrira une tranchée de 1m,60 à 2 mètres de largeur (appelée jauge).

Assez ordinairement, il suffit d'enlever deux fers de bêche, et l'on

pioche le fond de la tranchée avant de la remplir. Il y a des

terrains où il faut cependant défoncer beaucoup plus profondément.

On divisera le terrain en deux, trois ou quatre parties, selon le

nombre d'ouvriers. On déposera la terre de la première tranchée au

bout où l'on doit terminer, ce qui servira à combler le vide de la

dernière. On remplacera successivement chaque tranchée par une autre

de même longueur, en ayant soin de mettre la terre du fond à la

superficie.

Il faudra enlever les parties de mauvaise terre et les pierres, que

l'on mettra dans les grandes allées, dont on enlèvera toute la bonne

terre.

Le défoncement terminé, on donnera un bon coup de fourche pour

briser les mottes de terre et unir la superficie du terrain; puis on

passera le râteau pour enlever les pierres, qui serviront encore à

remplir les allées.

1. _Labours._--Dans les terres légères, on fera annuellement un

profond labour pendant les belles journées d'hiver; quant aux terres

compactes et humides, il faudra en automne les relever par chaînes,

c'est-à-dire enlever la terre de la surface du sol, et la réunir en

monticules, ou mieux en lignes parallèles. Les gelées les

ressuieront, et au printemps elles seront beaucoup plus faciles à

cultiver.

Dans les jardins, les labeurs se font à la bêche. Avant de

commencer, on enlèvera de la terre de manière à former une jauge

d'un bon fer de bêche de profondeur (0m,25 à 0m,30 environ), de

0m,30 à 0m,35 de largeur, et de la longueur du travers d'une planche

pour un homme seul.

Si l'on doit labourer deux planches à côté l'une de l'autre, on

déposera la terre de la jauge sur celle d'à côté et sur le même

bout.

Si l'on n'en a qu'une, on la déposera au bout où l'on doit terminer,

de manière à avoir de quoi remplir la dernière jauge. Comme c'est

aussi à cette époque qu'on enterre le fumier, l'on devra auparavant

l'étendre bien également sur tout le terrain, ce qui permet souvent

de labourer par les gelées; sans cette précaution, le froid

durcirait la surface du sol et empêcherait tout travail.

On labourera à reculons en prenant la terre par bêchée, que l'on

replacera sur l'autre bord de la jauge, en la retournant chaque fois

de manière que celle du fond se trouve en dessus, puis on poussera

du fumier dans chaque jauge, en ayant soin de ne pas l'enterrer trop

profondément, afin qu'il se trouve à la portée des racines. On

brisera bien les mottes de terre avec la bêche, et l'on jettera de

côté les pierres que l'on rencontrera.

Il faut surtout avoir soin, en labourant, de mettre la terre des

sentiers dans la planche, car elle aura eu une année de repos. Pour

les labours d'hiver, il ne faut pas trop unir la superficie du

terrain; seulement, quand il faudra planter ou semer, on l'égalisera

à la fourche.

On procédera pour toute l'étendue du jardin comme nous l'indiquons,

en maintenant toujours une jauge de même largeur.

En labourant au pied des arbres, on ne saurait prendre trop de

précautions pour ne pas en blesser les racines.

Toutes les fois que l'on voudra faire succéder une culture à une

autre, il faudra labourer le terrain, mais pas aussi profondément

qu'en hiver, et avoir soin d'arracher auparavant les mauvaises

herbes, dont les graines germeraient promptement une fois enterrées.

Dans les terrains extrêmement maigres, où il est toujours nécessaire

de mettre quelque engrais, il ne faut l'employer que très-consommé.

2. _Sarclage._--Le sarclage consiste à faire disparaître du sol les

plantes et les mauvaises herbes étrangères à la culture. Cette

opération se fait à la main, et exige une certaine pratique afin de

distinguer au premier coup d'oeil les plantes qu'il faut enlever de

celles qui doivent être conservées. On conçoit que ce travail doit

offrir beaucoup de difficultés lorsque la terre est sèche: c'est

pourquoi, dans ce cas, il faut avoir soin de bassiner, une heure au

moins avant de commencer cette opération, les planches qui ont

besoin d'être sarclées.

3. _Binage._--Le binage est une opération non moins nécessaire aux

plantes potagères que le sarclage; elle a lieu à l'aide de la

binette, et, suivant le besoin, avec la lame ou avec les dents.

Le binage a pour but de diviser la surface du sol, afin de rendre la

terre perméable aux influences atmosphériques et aux arrosements.

Dans quelques circonstances (par exemple, pour les plantes

repiquées), le binage peut remplacer le sarclage, et quelquefois

alors on peut, au lieu de la binette, employer la ratissoire.

CHAPITRE V.

Fumier et Engrais.

Nous n'aurons à parler que des engrais les plus communs; les autres,

tels que la raclure de corne, le noir animal, le sang desséché, la

poudre d'os, le guano et l'engrais perazoté, n'étant guère employés

que dans la grande culture.

Ceux que nous conseillons, et qu'il est le plus facile de se

procurer, sont les débris végétaux en état de décomposition. On peut

se servir encore de la vase des étangs et des balayures des rues,

qui sont également de bons engrais, mais seulement après être

restées longtemps en tas, avoir été remuées plusieurs fois pendant

l'hiver et mûries par les influences de l'atmosphère. Le marc des

Raisins et des Poires à cidre est aussi très-bon, quand il est resté

assez longtemps en tas pour qu'on n'ait plus à craindre que les

graines germent une fois en terre.

La fiente du pigeon ou colombine et celle de poule ne devront être

employées que très-sèches et réduites en poussière, et, comme la

poudrette, semées légèrement à la volée, et cela seulement dans les

terres fortes. Ces fumiers ne peuvent être employés que dans des

circonstances souvent fort limitées, tandis que ceux qui proviennent

de la litière mêlée à l'urine et aux excréments d'animaux

domestiques se trouvent partout en abondance; ils présentent entre

eux des différences que nous allons signaler. Les fumiers les plus

chauds sont ceux de _cheval_, de _mulet_, d'_âne_ et de _mouton_;

les plus compactes et les plus froids sont ceux de _boeuf_, de

_vache_ et de _porc_.

Quel que soit le fumier que l'on emploie, nous pensons qu'il ne doit

être enterré qu'après sa fermentation, sans attendre cependant qu'il

soit entièrement consommé; frais, il n'agit pas comme engrais, mais

comme amendement; aussi, dans les terres fortes, humides et froides,

qu'il est nécessaire de diviser, on n'emploiera jamais que des

fumiers non consommés. Un autre inconvénient de ces fumiers est de

renfermer encore des graines dont la fermentation n'a pu détruire le

principe germinatif et qui couvrent promptement le sol de mauvaises

herbes.

Pour les terres légères et brûlantes, qu'il est nécessaire de lier,

on emploiera du fumier de vache; à défaut de celui-ci, on en prend

un autre; mais alors on ne doit l'employer qu'à moitié consommé.

C'est en hiver et dans les premières gelées qu'il faudra étendre le

fumier dans tous les endroits où on doit l'enterrer. Quel que soit

l'engrais dont on se sert, on doit en mettre tous les ans et le plus

possible, surtout pour les planches de potager qui sont toujours en

culture.

Les fumiers et les feuilles presque consommés provenant des vieilles

couches seront réservés pour étendre chaque année comme paillis sur

les plates-bandes et sur toutes les parties en culture, ce qui est

encore un bon engrais; mais il faudra s'abstenir de mêler à ces

fumiers les sarclures du jardin avant leur réduction complète en

terreau.

Les engrais doivent être enterrés assez tôt pour qu'ils aient eu le

temps de se consommer avant que les racines des plantes puissent les

atteindre, surtout les racines charnues. Certaines plantes

potagères, telles que le Poireau et l'Oignon, réussissent mieux dans

une terre fumée de l'année précédente.

CHAPITRE VI.

Des Arrosements.

L'eau étant un des principaux agents de la végétation, elle est

indispensable dans un jardin. Quand on n'a pas un cours d'eau dont

on puisse disposer à son gré, il est nécessaire de s'en procurer par

tous les moyens possibles.

Les eaux pluviales, plus salutaires à la végétation que toutes les

eaux qui coulent à la surface du sol, doivent être recueillies avec

soin; à cet effet, on devra garnir de gouttières toutes les

toitures, de manière à n'en pas laisser perdre. Elles seront reçues

dans un réservoir placé à une certaine élévation, ce qui facilitera

les moyens de distribuer l'eau par les tuyaux dans toutes les

parties du jardin.

À défaut d'eau courante ou jaillissante, on sera obligé d'avoir

recours à l'eau de puits. Dans cette circonstance, il faudra se

préoccuper du meilleur moyen de la tirer; car il est déplorable que

dans beaucoup de localités on soit encore réduit à la nécessité de

se servir de la corde et des seaux, exercice aussi long que

fatigant; tandis qu'avec une pompe à manége à triple effet, on peut

facilement se procurer 12 à 1,500 litres d'eau par heure. Il est

vrai que pour cela il faut avoir un cheval, et que beaucoup de gens

se préoccupent si peu du sort de leur jardinier, qu'ils aiment mieux

laisser leurs chevaux à l'écurie que d'en mettre un à sa disposition

quelques heures chaque jour pendant les mois d'été; ce qui cependant

serait très-avantageux, car l'eau des puits contient presque

toujours du carbonate et souvent du sulfate de chaux: sur quelques

points même, ces substances sont tellement abondantes que l'eau

dépose sur le sol et sur les feuilles des plantes une couche de sels

calcaires qui ne permettent plus aux racines de jouir des influences

atmosphériques et aux feuilles de remplir leurs fonctions

physiologiques, ce qui occasionne quelquefois la perte des cultures,

ou le plus souvent un état de langueur non moins préjudiciable. Dans

ce cas, il est de toute nécessité d'avoir un réservoir pour que

l'eau ne soit employée que quelques heures après avoir été tirée, ce

qui permet aux substances malfaisantes qu'elle contient de se

déposer. Il y a aussi avantage à laisser l'eau s'échauffer au

soleil; car pour l'arrosement des plantes délicates ou de celles

cultivées sur couches, l'eau ne devrait jamais avoir moins de 8 à 10

degrés de température. Il n'en est pas de même, il est vrai, pour

les gros légumes; il faut au contraire employer l'eau aussitôt

qu'elle est tirée du puits, car autrement elle activerait trop leur

végétation, et ils ne pourraient alors acquérir tout leur

développement.

On peut augmenter la fertilité du sol en faisant des arrosements

avec de l'eau mêlée de purin ou jus de fumier, de bouse de vache, de

crottin de mouton ou de toutes autres substances animalisées. La

colombine, la poudrette et le guano employés à petites doses, 3 ou 4

kilogrammes environ par hectolitre d'eau, constituent également un

bon engrais liquide, avec lequel on peut, pendant l'été, arroser les

plantes cultivées en pots ou en pleine terre une fois chaque

semaine. La quantité et la fréquence des arrosements ne peuvent pas

être déterminées d'avance; nous nous bornerons à dire qu'ils devront

être plus ou moins abondants, suivant la température et la nature du

terrain.

Pour que les plantes profitent le plus possible des arrosements

pendant les journées chaudes de juin, juillet et août, on n'arrosera

que dans l'après-midi; au printemps et à l'automne, où les nuits

sont ordinairement fraîches, on les arrosera le matin.

Les arrosoirs dont on se servira le plus fréquemment, et

particulièrement pour mouiller les semis et les plantes récemment

repiquées, sont à pomme; les arrosoirs à bec serviront pour mouiller

les plantes en pots. On ajoutera la pomme pour mouiller au pied les

plantes délicates et nouvellement repiquées.

CHAPITRE VII.

Des Couches.

Dans les contrées septentrionales, où la végétation est suspendue

par le froid pendant un temps plus ou moins long, le jardinier a

recours à des moyens artificiels pour suppléer à la chaleur du

soleil et obtenir des produits prématurés. Il est même impossible,

dans le jardin le plus humble, de se passer d'une couche, ne fût-ce

que pour semer certaines graines de fleurs ou de légumes qui ne

peuvent réussir en pleine terre ou ne donnent que des produits

tardifs.

I. COUCHES POUR PRIMEURS.--Les couches doivent toujours être à

l'exposition du sud, et l'emplacement sur lequel on les établira

sera creusé de 0m,20 environ. L'épaisseur qu'on devra leur donner

dépend de plusieurs circonstances: 1º Celles qu'on fait en décembre,

janvier et février doivent être plus épaisses qu'à toute autre

époque de l'année; 2º Sur un sol froid et humide, elles doivent être

plus épaisses que sur un sol sablonneux; 3º Plus elles sont

étroites, plus on leur donnera d'épaisseur. On les fait

ordinairement de 1m,30 de largeur, plus un sentier de 0m,40 qu'on

laisse entre chacune et qu'on remplit de fumier; pour entretenir et

ranimer la chaleur, on entoure les couches de réchauds de fumier

neuf, qu'on renouvelle de temps à autre.

Pour faire les couches, on emploie de préférence du fumier de cheval

neuf, c'est-à-dire celui qui sort de l'écurie: plus il est imbibé

d'urine, mieux il convient. On le mélange de moitié feuilles

d'arbres, de marc de raisin ou d'un tiers de fumier provenant des

anciennes couches. La chaleur est moins forte qu'avec du fumier

seul, mais elle se soutient beaucoup plus longtemps, est plus

régulière, et l'on a moins à craindre un développement de chaleur

excessif, qui occasionnerait quelquefois la perte des jeunes

plantes. On pourrait même, à défaut de fumier, se contenter de

feuilles ou de marc de raisin. On n'emploiera guère le fumier neuf

seul que pour les réchauds et quelques semis, tels que les Melons.

Avant de commencer à monter une couche, il faut, pour mélanger les

fumiers bien également, les déposer le plus près possible de la

place qu'elle doit occuper. On monte la couche en allant toujours à

reculons, en ayant soin de bien mélanger à la fourche les parties

sèches avec celles qui sont le plus imprégnées d'urine, et de

répartir également le crottin. Les bords de la couche doivent être

montés verticalement; et dès qu'on a formé un lit de fumier, on le

mouille plus ou moins, suivant le besoin, avec l'arrosoir à pomme,

de telle sorte que tout soit assez humide pour produire une

fermentation prolongée et éviter que le fumier ne se dessèche au

centre, ce qui pourrait compromettre le résultat de l'opération.

Pour donner à la couche une densité égale sur tous points, on la

foule avec les pieds et le dos de la fourche; puis on rapporte du

fumier dans les endroits creux, pour que l'épaisseur en soit

régulière. On en fait autant à chaque lit, et cela jusqu'à ce que la

couche soit arrivée à la hauteur voulue; après quoi on remplit les

sentiers et l'on pose les coffres qui, par leur dimension, ont

l'avantage de se placer où l'on veut et de suivre l'affaissement de

la couche. Une fois les coffres placés, on charge la couche de

terreau; puis on pose les panneaux, qu'il faut tenir couverts

pendant quelques jours pour faciliter la fermentation. Avant de

semer ou de planter sur une couche nouvelle, il est prudent

d'attendre que la première chaleur se soit modérée. Si, malgré cette

précaution, il arrivait qu'il se développât une trop forte chaleur,

il faudrait s'empresser d'écarter les réchauds du coffre; et si cela

ne suffisait pas, on verserait quelques arrosoirs d'eau autour de la

couche, de manière à la refroidir.

[Illustration: Fig. 2.--Thermosiphon.[2]]

[Note 2: La figure 2 représente une chaudière en cuivre, à

doubles parois, remplie d'eau; le tuyau de départ A sert également à

introduire l'eau dans la chaudière; il communique avec les tuyaux de

circulation B au moyen d'un coude de même diamètre.

Aussitôt échauffée, l'eau contenue dans la chaudière se dilate,

pousse celle qui se trouve dans les tuyaux jusqu'au point C, où elle

rentre dans la chaudière pour se réchauffer et circuler de nouveau

dans les tuyaux quand elle est suffisamment chaude.

Quant aux tuyaux, lorsque le parcours est d'une certaine étendue, on

leur donne la forme méplate, afin de chauffer une plus grande

surface que dans les tuyaux cylindriques, et pour contenir une moins

grande quantité d'eau qui puisse parvenir au degré d'ébullition plus

promptement que dans ces derniers. On donne généralement à ces

tuyaux 0m,02 à 0m,03 d'épaisseur sur une hauteur variable de 0m,10 à

0m,15, suivant le cube d'air et le besoin d'élévation de la

température. Les tuyaux de 0m,21 sur 0m,2 sont assez communément en

usage. En effet, les tuyaux cylindriques, dont la surface extérieure

correspond à celle du tuyau de 0m,21 de hauteur sur 0m,2 contiennent

4 litres 20 d'eau, et la même longueur en tuyaux d'une surface

extérieure semblable, c'est à-dire d'un diamètre de 0m,15, en

contiendrait 15 litres 17. Il est vrai que l'eau chaude contenue

dans le tuyau cylindrique se refroidira moins vite que dans l'autre;

mais aussi il aura fallu pour la mettre en ébullition brûler plus de

combustible sans avoir obtenu plus de surface de chauffe, et par

conséquent plus de chaleur.]

_Thermosiphon._--En quelques circonstances, on peut remplacer les

couches du fumier par le chauffage au thermosiphon. Pour cela, on

fait assez ordinairement une couche très-mince, afin de garantir les

plantes de l'humidité du sol; puis on fait circuler les tuyaux

au-dessus de la couche. On peut aussi établir un plancher en bois,

sous lequel on fait circuler les tuyaux du thermosiphon; mais les

plantes cultivées sur ce plancher exigent de trop fréquents

arrosements; c'est pourquoi nous pensons qu'il serait mieux (pour

les cultures où il serait nécessaire de chauffer le sol) de faire

circuler les tuyaux dans les sentiers, c'est-à-dire entre les

coffres; et dans ce cas on les couvrirait avec des planches et de la

paille, ou tout autre mauvais conducteur du calorique. Ce qui nous

fait croire que ce moyen serait applicable à la culture des légumes

forcés sous panneaux, c'est que, pour certaines cultures, c'est

seulement au moyen de réchauds qu'on obtient la chaleur nécessaire

aux besoins des plantes.

II. COUCHES SOURDES.--Ce n'est guère qu'en avril qu'on commence à

faire usage de ces sortes de couches. Pour les établir, on fait une

tranchée de 0m,75 à 1 mètre de largeur et d'environ 0m,35 de

profondeur.

On emploie pour les faire les mêmes matériaux que pour les

précédentes; on leur donne 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur; elles doivent

être légèrement bombées au milieu.

On les charge de terreau ou de bonne terre, suivant le genre de

culture qu'on y doit faire; puis on les couvre d'un lit de fumier

long pour y concentrer la chaleur.

1. _Réchaud._--Pendant toute la durée des froids, c'est-à-dire

depuis la fin de novembre jusqu'à la mi-avril, il est nécessaire

d'entretenir ou de ranimer la chaleur des couches, et cela sans les

refaire. On arrive à ce résultat au moyen de réchauds, ce qui

consiste, comme nous l'avons dit précédemment, à remplir de fumier

neuf ou recuit les sentiers qui circulent autour des couches, et à

remanier tous les quinze jours ou toutes les semaines; enfin,

suivant le besoin, on y ajoutera chaque fois une partie de nouveau

fumier. En cela, il faut avoir égard à l'état de l'atmosphère,

c'est-à-dire que s'il fait sec, il faut employer du fumier humide,

et si le temps est humide, du fumier sec; puis il faut avoir soin de

les couvrir de paillassons pendant les mauvais temps, afin de

concentrer la chaleur.

2. _Ados._--Les ados sont un moyen sûr et économique de favoriser la

culture des primeurs: les plantes y réussissent mieux que sur un

terrain horizontal. Ils consistent en une pente de 1m,33, tournée du

côté du soleil.

Pour établir un ados, on procède de la manière suivante: après avoir

fait choix d'un emplacement favorable, on donne un bon labour au

sol, en ayant soin d'enlever par devant la terre nécessaire pour

recharger le derrière d'environ 0m,20; après quoi on unit le

terrain; puis on étend sur le tout environ 0m,10 de terre mêlée de

terreau.

Ces ados servent premièrement à semer des Radis, et ensuite on place

trois rangs de cloches pour faire des semis de salade et repiquer

les jeunes plants.

CHAPITRE VIII.

Multiplication des plantes.

Nous comprenons sous ce titre la série des opérations qui ont pour

objet de multiplier les végétaux; mais nous n'avons donné à chacune

d'elles qu'une étendue proportionnée à la difficulté réelle qu'elles

présentent. Nous invitons nos lecteurs à lire attentivement ce

chapitre pour se bien pénétrer des principes qui y sont exposés; et,

en suivant fidèlement nos prescriptions, on arrivera à acquérir

l'habileté manuelle nécessaire pour compter sur un succès certain.

§ I.--Semis.

Quel que soit le mode de semis, la préparation du sol est une

opération préalable de la plus haute importance; ainsi le terrain

doit être labouré avec soin, de manière que les mottes soient bien

divisées, et, après le labour, on herse à la fourche et on enlève

avec le râteau les pierres et les mottes qui sont à la surface.

La plus grande partie des graines potagères peuvent être semées au

printemps; puis, successivement, à des intervalles calculés sur la

durée de la végétation de chaque plante. À l'exception de quelques

salades, il ne faut pas semer plus tard que le mois de juillet les

légumes qui doivent être consommés dans la même année; il est donc

nécessaire, avant de semer, de connaître non-seulement la durée de

la germination des graines, mais encore le temps qu'il faudra

attendre pour que les plantes aient atteint leur entier

développement. On doit ensuite avancer ou reculer l'époque du semis

en raison de la nature du terrain; car, plus la terre est froide et

humide, plus il faut semer tard et moins les graines doivent être

recouvertes; et plus les graines sont fines, moins il faut les

enterrer; il suffit même, pour quelques-unes, de répandre dessus un

peu de terreau après les avoir hersées et foulées; d'autres ne

doivent pas être recouvertes, mais seulement ombragées avec un peu

de litière.

Il y a deux modes principaux de semis: les _semis sur couche_ et les

_semis en pleine terre_.

I. SEMIS SUR COUCHE.--Comme il est souvent nécessaire de faire des

semis à une époque où la température ne permet pas de livrer les

graines à la pleine terre, il faut alors semer sur couche. Bien que

la chaleur de la couche doive varier suivant les différentes espèces

de graines, on peut dire que 12 à 15 degrés paraissent être la

température la plus favorable (excepté pour les Melons, les

Aubergines et la Chicorée, qui exigent plus de chaleur); car toutes

les graines potagères que nous avons soumises à cette température

ont parfaitement réussi.

L'exécution des semis sur couche ne diffère en rien de celle des

semis de pleine terre, c'est-à-dire que les graines doivent toujours

être recouvertes en proportion de leur plus ou moins de finesse. Ces

semis réussissent souvent beaucoup mieux que ceux de pleine terre,

et cela parce qu'on est le maître de modifier à son gré les

conditions de température, de lumière et d'humidité nécessaires au

parfait développement des graines.

II. SEMIS EN PLEINE TERRE.--Ces semis se font _à la volée_, en

_lignes_ ou _rayons_, et en _pochets_.

1. _Semis à la volée._--La terre étant préparée, comme il a été dit

plus haut, on amène avec le râteau un peu de terre fine sur les

bords de la planche, puis on prend une poignée de graines, et on la

répand sur le sol en la laissant passer entre les doigts par un

mouvement d'arrière en avant vif et régulier. Afin de semer plus

également et de ne pas répandre de graines dans les sentiers, on

sème la largeur de la planche en deux fois, en commençant par les

bords. Lorsque les graines sont bonnes, il ne faut pas semer trop

épais, afin d'avoir des plants vigoureux; et si, malgré cette

précaution, ils étaient trop drus, il faudrait les éclaircir à la

main. Comme il est extrêmement difficile de ne pas semer trop épais

les graines fines, on peut, pour éviter cet inconvénient, les mêler

avec du sable ou de la terre fine bien sèche. Après le semis, il

faut herser le terrain légèrement avec la fourche, puis fouler un

peu la terre, ce qu'il ne faudrait cependant pas faire si le terrain

était humide. Pour recouvrir les graines, on étend avec le dos du

râteau la terre des bords de la planche, en ayant soin d'en laisser

un peu, de manière à retenir l'eau des arrosements. On peut aussi

étendre sur les semis un peu de fumier bien consommé. Si le temps

est sec, il faudra favoriser la germination des graines par des

bassinages donnés avec l'arrosoir à pomme.

2. _Semis en lignes_ ou _en rayons._--On trace, soit à la binette,

soit au traçoir, des rayons d'environ 0m,3, ou 0m,5 de profondeur,

et plus ou moins éloignés les uns des autres, suivant ce que l'on

veut semer; après avoir répandu la graine, on la recouvre

légèrement, en rabattant avec le dos du râteau un peu de la terre

des côtés. Lorsque le plant est sorti de terre, on finit de remplir

les rayons en passant le râteau ou la binette entre chaque rang. Ce

mode de semis est très-avantageux, surtout dans les terrains où les

binages doivent être fréquents.

3. _Semis en pochets._--Il consiste à faire avec la binette des

trous disposés en échiquier, et dont la distance et la profondeur

seront calculées d'après le développement que doit prendre chaque

touffe; puis, après avoir placé quelques graines dans chaque trou,

on les recouvre en rabattant un peu la terre, et, lorsque les

plantes sont assez élevées, on finit de remplir les trous en

passant un coup de râteau entre chaque touffe.

§ II.--Repiquage.

Le repiquage est nécessaire pour toutes les plantes qui ne peuvent

être semées en place; et, pour être certain du succès de

l'opération, il ne faut pas attendre que le plant soit trop vieux,

car, non-seulement la reprise en est plus difficile, mais les

produits en sont moins beaux; pour les plantes qui s'enracinent

lentement, il faut, avant de les mettre en place, les repiquer en

pépinière, c'est-à-dire les mettre à bonne exposition et très-près

les unes des autres. Ces repiquages successifs ont l'avantage de

déterminer l'émission d'une grande quantité de chevelu qui assure la

reprise lors de la plantation définitive. Le repiquage ne doit se

faire que dans une terre bien préparée, et sur laquelle on aura

étendu un paillis de fumier court, pour que, d'une part, le plant

profite le plus longtemps possible des arrosements, et, d'un autre

côté, que les arrosements ne collent pas le plant sur la terre, ce

qui occasionne souvent la pourriture des feuilles. Les repiquages

qui ont lieu en été doivent, autant que possible, être faits par un

temps couvert; et, s'il ne venait pas de temps favorable, il

faudrait faire cette opération vers la fin de la journée, et

faciliter la reprise par des arrosements. Quand on a beaucoup de

plantes à repiquer et que le temps est très-sec, il ne faut pas

attendre qu'on ait terminé pour commencer à arroser.

§ III.--Oignons.

Le seul soin à prendre pour obtenir un succès assuré des plantes

bulbeuses qu'on veut multiplier, c'est de les choisir saines et de

les planter dans les circonstances les plus favorables à leur

végétation.

§ IV.--Caïeux.

On nomme ainsi les petites bulbes ou oignons qui se forment autour

de la couronne des plantes bulbeuses, telles que les Tulipes,

Jacinthes, etc., et qui servent à les multiplier. Il ne faut

détacher les caïeux que lorsqu'ils sont mûrs, ce qui a lieu lorsque

les feuilles sont entièrement desséchées. Les caïeux doivent

toujours être plantés dans une terre douce, et un mois au moins

avant les oignons à fleurs; car, en raison de leur petit volume, ils

se dessèchent plus promptement. Ces oignons fleurissent

ordinairement au bout de trois ou quatre ans.

§ V.--Bulbilles.

Plusieurs plantes bulbeuses produisent sur leur tige, souvent à la

place des graines, de petits oignons nommés _bulbilles_, qui servent

à les multiplier; il faut les détacher à leur maturité, et les

traiter comme les caïeux.

§ VI.--Tubercules.

Les tubercules sont des masses charnues, véritables tiges

souterraines, d'où partent ordinairement de petites racines

fibreuses. Certaines plantes, telles que les Patates, les Pommes de

terre, etc., sont pourvues d'yeux capables de fournir de nouvelles

tiges; et, pour les multiplier, on peut les couper en autant de

morceaux qu'il y a d'yeux: chaque tronçon produira une nouvelle

plante. D'autres n'ont d'yeux que sur une partie seulement: tels

sont les Dahlias, les Iris Germanica, les Pivoines herbacées, et il

faut alors, en les divisant, avoir la précaution de laisser à chacun

une partie du collet de la plante; sans quoi ils ne pousseraient

pas.

§ VII.--Griffes ou Pattes.

On donne ces noms aux racines des Renoncules, des Anémones, etc.; on

les sépare par éclats, mais de manière qu'il y ait toujours un oeil

à chacun.

§ VIII.--Oeilletons.

On appelle ainsi les rejetons qui naissent autour de certaines

plantes (les Artichauts, etc.); on les sépare des vieux pieds en

ayant soin de les enlever autant que possible avec un talon; il faut

éviter de les laisser faner, afin que la reprise en soit plus

certaine.

§ IX.--Séparation des racines.

Parmi les plantes à racines vivaces, il en est dont les racines

partent d'un collet commun, telles que les Pivoines, et sont munies

d'un ou plusieurs yeux qui se développent l'année suivante. Pour les

multiplier, on peut les éclater en autant de parties qu'il y a

d'yeux. Il en est d'autres qui ont les racines presque à la surface

du sol, tels sont les Chrysanthèmes, et qui forment des touffes

épaisses, que l'on peut diviser par petites parties; il faut alors

les relever de terre, et, après les avoir séparées, on ne replante

que la circonférence, qui produira des touffes beaucoup plus belles

que si l'on replantait le centre, qui, étant la plus vieille partie

de la plante, est naturellement la moins vigoureuse.

§ X.--Stolons ou Coulants.

Quelques plantes, telles que les Fraisiers, ont des coulants, qui

produisent à chaque noeud des rejetons s'enracinant sur le sol.

Séparés et repiqués dans une saison favorable, ils produisent autant

de nouvelles plantes.

§ XI.--Marcottes.

Les marcottes sont des branches que l'on couche au printemps, soit

en pleine terre, soit en pots, et qu'on ne sépare de la branche mère

que lorsqu'elles ont produit des racines. Lorsque les branches que

l'on veut multiplier sont placées de manière à ne pouvoir être

abaissées jusqu'à terre, il faut avoir des pots ou des godets fendus

sur les côtés, que l'on maintient sur une petite planchette clouée

sur un support dont on enfonce l'extrémité en terre. Il y a

plusieurs manières de marcotter: nous allons seulement indiquer les

plus usitées; mais, quel que soit le procédé employé, il faut que la

terre dans laquelle sont placées les marcottes soit constamment

humide, afin de favoriser la sortie des racines; et, pour conserver

l'humidité des arrosements, on fera bien de couvrir le sol avec du

fumier consommé ou de la mousse.

1. _Marcottes simples._--Ce sont celles que l'on emploie pour

multiplier les végétaux qui s'enracinent facilement, tels que la

Vigne, etc. Toute l'opération consiste à coucher une branche dans

une tranchée plus ou moins profonde, selon la grosseur de la

branche; et après avoir supprimé les feuilles et les bourgeons qui

se trouveraient sur la partie destinée à être mise en terre, on fait

sortir l'extrémité en la courbant avec précaution, afin de ne pas la

rompre. On peut fixer en terre avec un crochet de bois les marcottes

qu'il n'est pas nécessaire d'enterrer profondément.

2. _Marcottes par strangulation._--Elles diffèrent des précédentes

en ce que sur la partie qui est en terre on serre l'écorce, sans la

couper, avec un fil de fer; il en résulte un bourrelet d'où partent

de nouvelles racines.

3. _Marcottes par incision._--Nous allons décrire cette opération

telle qu'on l'exécute pour multiplier les Oeillets. Dans le courant

de juillet, on suspend les arrosements quelque temps avant le

marcottage, afin de rendre les branches plus souples, et l'on

choisit des tiges assez longues pour être couchées. On retranchera

les feuilles du bas, de telle sorte que la partie qui se trouve en

terre en soit dépourvue; puis on abaissera chaque tige dans une

petite tranchée faite avec le doigt, et l'on redressera l'extrémité

de la branche au-dessus de la courbure. On pratiquera en remontant à

mi-bois, avec la lame du greffoir, une incision d'environ 0m,02 de

longueur, de manière que la partie entaillée forme une languette

dont on coupera net l'extrémité au-dessous d'un noeud, en ayant soin

de ne pas entamer l'autre moitié de la tige. On maintiendra chaque

marcotte par un crochet ou un bout d'osier passé dessous, et dont on

enfoncera les deux extrémités en terre; puis on recouvrira le tout

de terre assez fine pour qu'elle s'introduise partout, en ayant soin

surtout d'en faire pénétrer un peu entre les parties séparées, qui

ordinairement restent écartées par l'effet de la courbure. Une fois

l'opération terminée, on a l'habitude de couper l'extrémité des

feuilles pour les empêcher de se faner; puis on étendra un léger

paillis de fumier à moitié consommé et l'on mouillera avec un

arrosoir à trous très-fins, pour ne pas ébranler les marcottes, qui

s'enracineront ordinairement au bout de peu de temps.

4. _Marcottes par cépée._--Ce procédé consiste à couper au printemps

un arbre ou un arbuste au niveau du sol et à recouvrir la souche de

terre. Elle ne tarde pas à fournir des drageons que l'on enlève

lorsqu'ils ont pris racine. C'est ainsi que l'on multiplie le

Coignassier afin d'avoir des sujets pour greffer.

5. _Marcottes de racines._--Pour faire ce genre de marcottes, il

faut couper l'extrémité d'une racine et laisser la plaie à l'air; la

séve forme un bourrelet d'où il ne tarde pas à se développer des

bourgeons; parmi ceux-ci, on choisit le plus vigoureux, et l'on

supprime les autres; puis, à l'automne, on le sèvre en coupant la

racine près de la souche.

§ XII.--Boutures.

Presque toutes les plantes en séve peuvent être multipliées par

boutures. Cette opération, qui est d'une extrême simplicité,

consiste à couper une partie quelconque d'un végétal, même une

feuille pour quelques espèces, et à lui faire produire des racines.

Certaines plantes sont d'une reprise très-facile; mais il en est

d'autres qui nécessitent beaucoup de soins et ne peuvent guère être

multipliées que chez les horticulteurs marchands, qui ont des bâches

disposées spécialement pour cette opération; aussi nous

bornerons-nous à indiquer les boutures que l'on peut faire à l'air

libre et celles qu'il faut étouffer, mais qui réussissent très-bien

si l'on possède seulement des cloches et un châssis.

1. _Boutures à l'air libre._--C'est ainsi qu'on multiplie beaucoup

d'arbres et d'arbrisseaux d'agrément. En janvier, l'on coupe des

rameaux de l'année par tronçons de 0m,10 à 0m,20 de longueur, selon

les espèces; on coupe la partie inférieure bien net au-dessous d'un

oeil; on les réunit par espèces et on les enterre à moitié de leur

longueur dans du sable ou dans de la terre fine, mais dans un lieu à

l'abri du hâle et de la gelée; de la fin de février au commencement

d'avril, on les plante au plantoir dans un terrain bien préparé et

autant que possible à une exposition ombragée; on les enfoncera de

manière à laisser deux ou trois yeux hors de terre, puis après la

plantation on paillera le terrain, et lorsque la sécheresse

commencera à se faire sentir, on aura soin d'entretenir l'humidité

de la terre par des arrosements.

2. _Boutures sous cloches et sous châssis._--Beaucoup de plantes

d'orangerie et de serre tempérée peuvent être multipliées de

boutures au printemps sur couche tiède; elles se font en février et

mars. On prépare à cet effet une couche peu épaisse, de manière à

obtenir seulement une chaleur douce; on l'entoure d'un réchaud, et

on la couvre d'un lit de terreau fin, auquel on peut mêler un peu de

terre de bruyère; puis on pose des cloches dessus, ou bien on la

recouvre d'un châssis; mais alors la hauteur de la couche aura dû

être calculée de telle sorte que les boutures se trouvent peu

éloignées du verre. Lorsqu'elle a pris chaleur, on coupe les

boutures avec ou sans talon sur les branches les plus vigoureuses;

on les étête en leur donnant 0m,08 à 0m,10 de longueur, en ayant

toujours soin de couper la partie inférieure bien net au-dessous

d'un oeil; puis on les repique immédiatement sur la couche au moyen

d'un petit plantoir, en les enfonçant de 0m,02 à 0m,03. On pourrait

aussi repiquer ces boutures dans des pots que l'on enfoncerait dans

la couche: c'est ainsi que l'on peut multiplier les Héliotropes, les

Pétunias, les Verveines, etc. Après avoir recouvert les bordures de

cloches ou de châssis, on les ombragera au moment du soleil, et la

nuit on les couvrira de paillassons. Il faudra les bassiner de temps

à autre avec le petit arrosoir à pomme, car les boutures ne peuvent

s'enraciner qu'en maintenant la terre constamment fraîche;

lorsqu'elles commenceront à pousser, comme on sera certain qu'elles

sont pourvues de racines, on leur donnera un peu d'air dans le jour,

en soulevant les cloches ou châssis, et au bout de quelque temps on

pincera les extrémités les plus longues, puis on relèvera les

boutures en tâchant de conserver à chacune une petite motte. On les

plantera dans des pots, que l'on pourra replacer sur la même couche

après les avoir arrosés, et, si on le juge nécessaire, on ranimera

la chaleur de la couche en faisant de nouveaux réchauds; les autres

soins se borneront à leur donner de l'air graduellement et à les

arroser au besoin. Toutes les plantes étant ainsi traitées seront

fortes et assez rustiques pour pouvoir être mises en pleine terre à

l'époque où l'on en garnit les massifs et les plates-bandes.

La même opération peut être faite en été à une exposition ombragée;

seulement, à cette époque, il n'est plus besoin de couche: c'est

ainsi que l'on multiplie les Pélargoniums, etc. L'époque la plus

favorable pour faire ces boutures est de la fin de juillet à la fin

d'août. Après les avoir préparées comme nous l'avons indiqué

précédemment, on les repique à 0m,03 ou 0m,04 l'une de l'autre dans

des pots que l'on a remplis de terre et de bruyère mélangée d'un peu

de terreau, et après le repiquage on les arrose légèrement; puis on

place les pots sous cloche ou sous châssis, mais à l'abri du soleil.

À l'automne, les boutures seront enracinées, et pourront être

séparées, ce que l'on fera en divisant la potée en autant de parties

qu'il y a de boutures; puis on les empotera séparément; étant ainsi

traitées, l'on est certain d'avoir au printemps suivant des plantes

de force à fleurir.

On peut encore procéder de la manière suivante pour celles qui

s'enracineraient difficilement: on prend un pot ordinaire, puis

ensuite un autre pot, plus étroit, mais autant que possible aussi

haut que le premier; on le renverse dans celui-ci, on remplit

l'intervalle avec de la terre appropriée au besoin des boutures que

l'on se propose de faire, on met une petite pincée de terre sur le

trou, après quoi on repique les boutures; enfin on enterre le tout

sur une couche, et l'on met une cloche par-dessus.

3. _Boutures par tronçons de racines._--Quelques végétaux peuvent

être multipliés en coupant une racine en tronçons, que l'on plante

soit en pleine terre, soit sur couche, mais toutefois en en

laissant à l'air l'extrémité, d'où il sort bientôt des bourgeons.

CHAPITRE IX.

De la Greffe.

Nous ne décrirons pas longuement la greffe, cette opération est trop

généralement connue pour cela; nous dirons seulement qu'elle a pour

objet de multiplier, de conserver et de perfectionner des variétés

utiles et agréables, et de faire porter à un tronc sauvage des fleurs

brillantes ou des fruits savoureux destinés à l'embellissement de nos

jardins et à l'accroissement des produits non moins appréciables de nos

vergers.

Cette opération, sur laquelle il a été tant de fois et si longuement

écrit, exige tout simplement un peu d'observation et une certaine

habileté manuelle. Elle repose sur trois points fondamentaux: 1º

l'appréciation des circonstances dans lesquelles la greffe doit être

faite, c'est-à-dire le moment où les plantes abreuvées de sève ne

demandent qu'à végéter; 2º le choix du sujet, qui doit être dans un

état convenable de vigueur et de santé, et surtout apte à recevoir

la greffe, qu'on ne peut pratiquer que sur des espèces unies entre

elles par d'étroites affinités; car toutes les greffes des Rosiers

sur Houx, Lilas, etc., sont autant de contes faits à plaisir; 3º

l'opération manuelle, qui n'exige qu'un court d'apprentissage et

peut être considérée comme la moins difficile des trois, puisque par

l'observation des deux conditions qui précèdent on obtient un succès

auquel on ne peut atteindre, quel que soit le soin du greffeur, si

les circonstances dans lesquelles il opère sont défavorables.

Il y a différentes sortes de greffes, mais la plupart sont de pur

agrément; aussi nous bornerons-nous à décrire les principales, qui

peuvent être considérées comme le type de toutes les autres, qu'on

pourra exécuter lorsqu'on connaîtra celles que nous indiquons.

1. _Greffe en écusson._ Cette greffe est la plus généralement

employée, et l'on peut l'exécuter à plusieurs époques de l'année;

premièrement, de mai en juillet, ce que l'on appelle _greffe à oeil

poussant_; cette dénomination vient de ce que ces greffes,

commencent à pousser aussitôt que l'écusson est repris; il en est

même, sur les Rosiers par exemple, qui à l'automne de la même année

forment déjà une belle tête. La seconde époque est d'août en

septembre, lorsque la séve commence à se ralentir, et on l'appelle

_greffe à oeil dormant_, parce qu'à cette époque l'écusson ne fait

plus que se souder au sujet et ne pousse que l'année suivante. C'est

dans cette saison qu'on greffe de préférence les arbres fruitiers.

Il faut, quelque temps avant l'opération, préparer le sujet à

recevoir la greffe, c'est-à-dire faire choix des branches sur

lesquelles on veut écussonner, et supprimer les autres, surtout

celles qui se trouveraient au-dessous des greffes; et si les

individus qu'on veut greffer commençaient à ne plus être en séve, il

faudrait tâcher, par des arrosements, d'en ranimer la végétation.

Lorsque le moment sera favorable, on choisira les meilleurs yeux de

l'espèce qu'on veut multiplier, on coupera la feuille placée

au-dessus de l'oeil sans endommager le pétiole, on supprimera aussi

les aiguillons qui se trouveraient sur l'écusson; puis, avec la lame

du greffoir, on cernera l'oeil de manière à pouvoir l'enlever avec

une partie de l'écorce environnante, à laquelle on donnera à peu

près la forme de l'écusson (voir A, _fig. 3_). Pour la détacher, on

la soulèvera légèrement avec la pointe du greffoir, puis avec la

spatule, en ayant soin d'enlever toutes les parties ligneuses

adhérentes à l'écusson, et qui empêcheraient son contact avec le

bois du sujet, à moins que le rameau ne soit assez tendre pour qu'on

n'ait pas besoin de faire cette opération; et s'il arrivait que l'on

enlevât la racine de l'oeil, ce qu'il est facile de reconnaître au

vide qui en résulte, il fondrait réformer cet écusson, dont la

reprise serait douteuse.

[Illustration: Fig. 3.--Greffe en écusson.]

On peut encore employer un autre moyen pour lever l'écusson, et il

est surtout avantageux quand les greffes sont petites; il consiste à

détacher avec un fil de soie ou un crin (voir B, _fig. 3_)

l'écusson, dont on a d'abord soulevé la partie supérieure; on fait

ensuite sur l'écorce du sujet à greffer une incision en forme de T

(voir C, _fig. 3_), on soulève les bords de la plaie en glissant la

spatule sous l'écorce, de manière à pouvoir placer facilement

l'écusson, qu'on introduit en le tenant par le pétiole et en

appuyant légèrement sur la partie supérieure; s'il arrivait qu'il ne

pût entrer dans toute sa longueur, il faudrait en couper l'extrémité

pour qu'il coïncidât bien avec le sujet; ensuite on rapproche les

bords de l'entaille sur l'écusson, et l'on entoure le tout d'une

ligature de laine, en ayant soin surtout de ne pas engager l'oeil

(voir D, _fig. 3_). Nous avons figuré la ligature plus écartée

qu'elle ne doit l'être, afin qu'on puisse voir la position de

l'écusson. La chute précoce du pétiole est un signe de la reprise de

la greffe, ce qui a lieu ordinairement dix ou quinze jours après

l'opération; il faut alors rabattre le sujet à quelques centimètres

au-dessus de la greffe. On aura soin d'enlever toutes les pousses

qui paraîtront sur le sujet, et l'on pincera le bourgeon terminal

des greffes de manière à favoriser le développement des yeux

inférieurs.

[Illustration: Fig. 4.--Greffe en anneau.]

2. _Greffe en anneau._--Les mois d'avril et d'août sont les époques

les plus favorables pour la reprise de cette greffe. Elle convient

pour la multiplication des arbres à bois dur, et particulièrement

des noyers. On choisit, sur l'arbre que l'on veut multiplier, une

branche de même grosseur que le sujet à greffer; on cerne l'écorce

circulairement au-dessous et au-dessus d'un oeil, de manière à

former un anneau que l'on détache en le fendant perpendiculairement

sur la partie apposée à l'oeil (voir C. _fig. 4_); puis on l'enlève

à l'aide de la spatule du greffoir. On enlève ensuite sur le sujet

un anneau de la même largeur (voir B, _fig. 4_), et l'on rapporte à

sa place la partie d'écorce enlevée sur l'arbre que l'on veut

propager. Il faut, pour être certain du succès, avoir la précaution

de bien faire joindre les écorces en haut et en bas; puis on

assujettit les greffes avec une ligature de laine, en ayant soin

surtout de ne pas engager l'oeil. On ne rabattra les branches ou la

tête du sujet que quand la reprise de la greffe sera assurée. Cette

greffe a l'avantage de ne jamais mutiler le sujet; car, dans le cas

où la greffe ne végète pas, l'anneau d'écorce reste et tient lieu de

celui qu'on a enlevé.

3. _Greffe en fente._--Cette greffe peut être également faite au

printemps et à l'automne; et, pour être certain du succès, il faut,

comme pour la greffe en écusson à oeil dormant, qu'il n'y ait plus

assez de séve pour faire pousser la greffe, mais qu'il y en ait

encore assez pour la souder au sujet, afin qu'elle ne soit pas

desséchée par les intempéries de l'hiver.

Pour greffer au printemps, il faut avoir la précaution de couper en

janvier les rameaux de l'année précédente sur chaque espèce d'arbre

que l'on veut multiplier, puis on les enterre dans du sable, à

l'exposition du nord, de manière à en retarder autant que possible

la végétation; car, pour être certain du succès de ces greffes, il

faut que la séve commence à monter dans le sujet, mais qu'elle n'ait

pas encore gonflé les bourgeons du rameau que l'on veut greffer. La

première quinzaine d'avril est ordinairement l'époque la plus

favorable pour cette opération: alors on coupe horizontalement la

tête du sujet, et on le fend au milieu de son diamètre, de manière à

faire une entaille de 0m,03 à 0m,06, suivant la force du sujet, et

en ayant soin que cette entaille soit toujours un peu plus profonde

et plus large que ne l'exigerait en apparence la greffe à insérer.

Lorsque le sujet est gros et vigoureux, on peut faire plusieurs

entailles (voir A, B, _fig. 5_); mais il faut qu'elles soient

opposées l'une à l'autre, de manière qu'elles ne se rejoignent pas.

Une fois le sujet prêt à recevoir la greffe, on choisit un rameau

garni de bons yeux et de 0m,06 à 0m,10 de longueur, de sorte

qu'après son insertion dans l'entaille, il y ait au moins deux ou

trois yeux au dehors. On taille ensuite la partie inférieure de ce

rameau de manière à former deux biseaux de 0m,03 à 0m,06 de longueur

(voir C, _fig. 5_), quelle que soit l'épaisseur de la partie qui

doit être en dehors, on fait en sorte de conserver son écorce;

ensuite on ouvre la fente avec la spatule du greffoir ou avec un

coin, et l'on insère la greffe de manière que son écorce coïncide

exactement avec celle du sujet; puis on enveloppe le tout d'une

ligature, et l'on couvre l'extrémité du sujet avec de la cire à

greffer[3]. Il faut, enfin, avoir soin d'enlever toutes les pousses

qui se développent sur le sujet, car elles vivraient aux dépens de

la greffe.

[Note 3: La cire à greffer se compose de deux parties de

poix-résine, de deux parties de cire jaune et d'une partie de suif,

fondues ensemble.]

[Illustration: Fig. 5.--Greffe en fente.]

4. _Greffe en fente sur tubercule._--Cette greffe est

particulièrement employée pour multiplier les Pivoines en arbre.

Dans le courant d'août, on prend un tubercule de Pivoine herbacée,

on en coupe le sommet transversalement, on fait une fente sur l'un

de ses côtés et l'on y insère un rameau dont on aura taillé en

biseau la partie inférieure, puis on plante le tubercule dans un

pot, mais de manière que toute la greffe se trouve enterrée. Les

pots sont placés sur une couche tiède, et on couvre les greffes

d'une cloche qu'il faut ombrager pendant quinze ou vingt jours. Au

printemps suivant, on peut mettre chacune de ces greffes en pleine

terre.

[Illustration: Fig. 6.--Greffe en placage.]

5. _Greffe en placage._--On taille en bec de flûte allongé le rameau

que l'on veut greffer (voir A, _fig. 6_), puis on enlève sur ce

sujet une portion d'écorce (voir B, _fig. 6_) exactement de la même

grandeur que la partie taillée de la greffe; on réunit les deux

parties, et l'on fait une ligature. Ces greffes reprennent avec

facilité, mais pour cela il faut les étouffer sous cloche.

6. _Greffe de la Vigne._--Dans le courant de mars, on coupe le sujet

sur le collet de la racine, à environ 0m,08 à 0m,10 en terre, et on

laisse sécher la plaie pendant quelques jours; car si l'on greffait

aussitôt, la séve monterait avec une telle abondance, qu'il pourrait

arriver qu'elle noyât la greffe. On prépare les rameaux comme pour

les autres greffes en fente, puis on fait une ou plusieurs

entailles, selon la force du sujet, et l'on place les greffes,

auxquelles on laisse deux ou trois yeux hors de terre. La greffe et

l'extrémité du sujet sont recouvertes ensuite avec de la cire à

greffer; quelques personnes se contentent même de comprimer un peu

la terre autour de la greffe, en ayant grand soin de ne pas déranger

les rameaux.

Dans le midi de la France, on pratique la greffe en fente modifiée

de la manière suivante: après avoir déchaussé le cep qui sert de

sujet, on le coupe un peu au-dessus du sol, on le fend de part en

part, et on y insère latéralement une greffe taillée en lame de

couteau vers la moitié de sa longueur, et dont l'extrémité

inférieure, entièrement libre, plonge dans le sol de 0m,15 à 0m,20;

ce qui sert à alimenter la greffe jusqu'à sa parfaite soudure avec

le sujet.

_Greffe herbacée._--Cette greffe ne diffère guère de la greffe en

fente que par l'époque où on l'exécute. Elle peut être employée pour

multiplier presque tous les végétaux encore à l'état herbacé, et

particulièrement les arbres résineux et quelques arbrisseaux

d'agrément. L'époque de faire cette greffe varie suivant l'état de

la saison; ordinairement, le moment le plus favorable est le mois de

mai. On coupe l'extrémité du bourgeon au-dessus d'une ou de

plusieurs feuilles, qu'il faut avoir soin de ménager, afin d'attirer

la séve vers la greffe; puis on fend le sujet d'environ 0m,03 à

0m,06 de longueur, et l'on prépare le rameau comme pour la greffe en

fente, en ayant soin de ne pas trop l'amincir. Pour cette opération,

il faut se servir d'un instrument bien tranchant et bien affilé,

afin de couper bien net. La greffe une fois préparée, on l'introduit

dans la fente du sujet, et on l'assujettit avec une ligature de

laine. Pour éviter de couper la tête du sujet, on peut procéder

d'une autre manière: c'est-à-dire que l'on y fait une incision,

comme pour placer un écusson; puis, après avoir taillé le rameau en

biseau allongé d'un seul côté, en bec de flûte, on l'introduit

entre le bois et l'écorce, et comme toujours, on maintient la greffe

avec une ligature, que l'on doit enlever environ un mois après

l'opération. Pour assurer le reprise de ses greffes, il est

nécessaire de les garantir du soleil et du hâle; ainsi, si l'on

opère sur des plantes en pots, il faudra les réunir sous un châssis,

que l'on aura soin d'ombrer; et pour celles que l'on fera sur des

sujets en pleine terre, on les garantira en les entourant d'un

cornet de papier, d'une feuille de vigne, ou de tout autre abri, que

l'on pourra enlever dix ou quinze jours après l'opération. Cette

greffe peut aussi s'appliquer à la multiplication des plantes

tuberculeuses; c'est ainsi qu'au printemps on greffe les jeunes

pousses des variétés de Dahlias les plus belles sur des tubercules

de variétés inférieures. On prend pour cela un tubercule, on en

coupe le sommet horizontalement, et on le fend sur l'un des côtés,

puis on fait choix d'un rameau qui ne soit pas encore creux, ce qui

arrive lorsqu'ils sont déjà forts, et l'on en taille la partie

inférieure en biseau peu aigu, en ayant soin d'enlever seulement

l'épiderme; puis on l'insinue dans la fente du tubercule, que l'on

plante dans un pot, de telle sorte que toute la greffe se trouve

enterrée. On place les pots sur une couche tiède, et on les couvre

d'une cloche, qu'il faut avoir soin d'ombrager plusieurs jours.

On pratique aussi la greffe herbacée sur la Vigne.

Cette opération doit avoir lieu, en mai ou juin, sur des bourgeons

de 0m,20 ou 0m,25 de longueur. Elle ne diffère en rien de la greffe

en fente ordinaire; seulement, il faut, après avoir enveloppé la

greffe avec de la laine ou avec de la cire, l'introduire dans une

bouteille à large col (bouteille à conserves), qu'on fixe à un

tuteur ou à tout autre support, et boucher l'ouverture avec de la

mousse fraîche.

Au bout de douze ou quinze jours, lorsque la reprise est certaine,

on débouche la bouteille, afin de fortifier la greffe, et peu de

temps après on la livre à l'air libre. Il arrive quelquefois que ces

greffes portent fruit dès la première année, ce qui fait que ce

procédé peut être employé avec avantage, non-seulement comme moyen

de multiplication, mais encore pour juger du mérite des variétés

nouvelles.

[Illustration: Fig. 7.--Greffe en couronne.]

_Greffe en couronne_, connue sous le nom de _greffe Pline_.--Cette

greffe est employée quand le sujet est trop fort pour être greffé en

fente; elle doit être faite à la même époque que cette dernière

greffe, et il faut également avoir eu la précaution de couper,

pendant l'hiver, des rameaux du sujet à multiplier, pour les

empêcher d'entrer trop tôt en végétation. La tête du sujet à greffer

doit être coupée horizontalement (voir _fig. 7_), et il faut

entourer l'extrémité avec une ligature pour maintenir l'écorce, dans

la crainte qu'elle ne se fende en faisant les entailles; on enfonce

ensuite à la profondeur d'environ 0m,05 un petit coin de fer ou de

bois dur entre l'écorce et le bois, puis on taille son rameau en

biseau, et, après avoir retiré le coin, on enfonce la greffe, de

manière que tout le biseau soit caché (voir _fig. 7_). Le nombre des

greffes que l'on posera sur le même sujet sera proportionné à sa

grosseur. Elles devront être placées à environ 0m,05 l'une de

l'autre; et, aussitôt l'opération terminée, il faudra couvrir

l'extrémité du sujet, ainsi que les bords de l'écorce, avec de la

cire à greffer.

[Illustration: Fig. 8.--Greffe par approche.]

7. _Greffe ordinaire par approche._--Cette opération consiste à

appliquer une branche de la variété que l'on veut greffer contre une

branche ou la tige d'un sujet de même espèce; on peut l'exécuter

pendant tout le temps que les arbres sont en végétation. On devra

procéder de la manière suivante: après avoir rapproché les deux

branches parallèlement (voir _fig. 8_), on enlèvera sur chacune une

partie d'écorce, de manière à former une plaie longitudinale, dont

la longueur doit être toujours proportionnée à la force des

individus; puis on les appliquera l'une sur l'autre, en ayant soin

de faire coïncider les écorces, et l'on maintiendra les deux

branches en contact par une ligature de laine ou de filasse, qu'il

est souvent nécessaire de desserrer aussitôt la reprise des greffes,

afin que la force de la végétation n'occasionne pas d'étranglement,

ce qui non-seulement forme des bourrelets, mais nuit aussi à la

reprise des greffes. Il ne faudra détacher les greffes que lorsqu'on

sera certain qu'elles seront solidement soudées; et même, il est

souvent plus prudent de commencer par couper la tête du sujet, de

n'entailler qu'à moitié la partie qui doit être coupée, et de ne la

sevrer tout à fait que quelque temps après. Il faudra alors la

couper le plus près possible de la greffe, afin que la séve

recouvre plus facilement la plaie. Cette opération nécessite

beaucoup de précaution, pour ne pas entamer le sujet avec la lame du

greffoir.

8. _Greffe par approche compliquée._--Cette greffe diffère peu de la

précédente: elle est spécialement employée pour donner de la

solidité aux haies. On croise les branches les unes sur les autres,

de manière à former un losange; et, au point où elles se

rencontrent, on fait une plaie longitudinale sur chaque branche,

ayant soin de faire coïncider les écorces; on maintient les deux

parties au moyen d'une ligature, et l'on recommence l'opération à

mesure que les branches prennent de l'accroissement.

CHAPITRE X.

De la Conservation des plantes.

Nous nous bornerons à dire sur ce chapitre que la situation

septentrionale de notre pays, l'irrégularité de la marche des

saisons, l'humidité de nos printemps et de nos automnes rendraient

impraticable la culture de certaines plantes exotiques, si nous

n'avions recours à des moyens artificiels de conservation et de

multiplication.

Ces moyens sont de plusieurs sortes: ils comprennent, en commençant

par les plus simples, pour arriver aux plus composés: 1. les

_cloches_; 2. les _châssis_; 3. l'_orangerie_ ou _serre froide_; 4.

la _serre tempérée_; 5. la _serre chaude_.

1. _Cloches._--Les cloches de verre sont les plus simples de tous

les abris; elles servent à garantir du froid, et de l'humidité les

plantes délicates et les boutures, et à concentrer la chaleur sur

celles qui ont besoin d'une température plus élevée que celle de

l'atmosphère. Il faut choisir les cloches dont le verre est le plus

blanc, car elles sont assez sujettes à se ternir au bout de quelques

années. Il faut avoir la précaution de les laver de temps à autre;

et, lorsqu'elles ne servent plus, on les met l'une dans l'autre, en

ayant soin de les séparer avec un peu de paille pour éviter la

casse.

[Illustration: Fig. 9.--Châssis.]

2. _Châssis._--Les châssis ont pour objet d'activer la germination

de certaines graines, d'augmenter la chaleur des couches, de

permettre la culture des plantes potagères qui ne réussissent pas à

l'air libre, et de garantir contre les injures de l'air les plantes

délicates. Ils se composent de deux parties: le coffre _a_, _a_

(_fig. 9_), et les panneaux _c_. Chaque coffre a ordinairement 4

mètres de longueur et 1m,33 de largeur; il est formé de quatre

planches clouées sur quatre pieds placés intérieurement aux quatre

coins. Le derrière du coffre doit toujours être plus élevé que le

devant, afin que les panneaux soient inclinés au midi. On

maintiendra l'écartement par deux barres _b_, _b_, assemblées à

queue d'aronde par le haut et par le bas, et qui servent de support

aux panneaux. Les panneaux vitrés doivent être en bois de chêne,

d'une bonne épaisseur. Ils se composent d'un cadre de 1m,33 de

largeur et d'une longueur arbitraire, divisé par trois petites

barres de même épaisseur, que l'on peut remplacer avantageusement

par des montants en fer, fixés sur les traverses du haut en bas. On

place une poignée à chaque bout, afin de pouvoir les enlever, et,

avant de les vitrer, on les peint à l'huile, opération qu'il est bon

de refaire chaque année à l'automne.

_Paillassons._--Les paillassons servent à couvrir les couches, les

cloches, les châssis, les serres, etc.

Avec le métier à paillassons des jardiniers, on peut facilement

faire ses paillassons soi-même. Ce métier se compose d'un cadre de

bois de 2 mètres de longueur sur 1m,33 de largeur, portant à ses

deux extrémités autant de chevilles sans tête qu'on y veut tendre de

ficelles, ce qui dépend de la longueur que l'on donne au paillasson.

On est dans l'habitude de ne faire que trois rangs; cependant il

vaudrait mieux en faire quatre, pour plus de solidité. On attache

les ficelles aux chevilles du bas par une boucle fixe, et en haut

par un noeud coulant, ce qui permet de les tendre autant qu'il est

nécessaire. Une fois chaque ficelle tendue, on lui laisse le double

de la longueur du cadre; cet excédant de longueur sert à coudre le

paillasson, après quoi on pose en travers, et aussi également que

possible, deux couches de paille de seigle, que l'on étend

tête-bêche; et, après avoir roulé la ficelle du rang du milieu sur

une espèce de navette faite avec un morceau de bois de 0m,08 de

longueur et évidé sur les côtés, on prend une pincée de paille, et

l'on passe la navette de droite à gauche par-dessous la paille et

par-dessus la ficelle, puis on revient en dessus l'engager dans

l'anse formée par la ficelle, et l'on serre en tirant droit devant

soi, en ayant soin de presser la paille entre le pouce et l'index de

la main gauche, afin d'avoir une maille plate et non ronde; puis on

continue avec la même navette dans toute la longueur du paillasson,

et, lorsqu'on est arrivé au bout, on arrête la ficelle par un noeud.

On passe ensuite aux autres rangs, que l'on coud de la même

manière, en se guidant pour les mailles du bord sur celles du

milieu; et, une fois le paillasson terminé, on coupe les épis qui

débordent de chaque côté.

Quoique ces paillassons soient destinés à couvrir des panneaux de

1m,33 de largeur, il faut leur donner 2 mètres de longueur, parce

qu'à l'humidité ils se raccourcissent d'environ 0m,50, ce qui fait

qu'il ne leur reste plus que la longueur voulue.

3. _Orangerie._--L'orangerie, ou serre froide, est destinée à

garantir du froid extérieur certains végétaux qui ne demandent qu'un

faible degré de chaleur. Elle doit être exposée au midi et

construite sur un terrain sec; sa forme est un carré long, et ses

dimensions doivent être, tant en hauteur qu'en largeur,

proportionnées à la quantité de plantes qu'elle est destinée à

contenir. Les murs doivent être assez épais pour que la gelée ne

puisse pas facilement les traverser. La façade sera garnie de

fenêtres aussi grandes que possible, et la porte d'entrée, placée au

centre, sera vitrée et s'ouvrira à deux battants. On y fera

construire un poêle, dont les tuyaux circuleront autour des murs

intérieurs; mais il ne faudra faire du feu que s'il survient des

froids extraordinaires. Pour conserver la santé des plantes, il

suffit d'empêcher la gelée de pénétrer dans cette serre; à cet

effet, il faut y placer un thermomètre, que l'on doit consulter

souvent, afin d'entretenir pour chacune la température nécessaire.

L'eau destinée aux arrosements des plantes d'orangerie et même de

celles des serres y attenant devra arriver dans le bâtiment par des

tuyaux souterrains, et elle sera reçue dans un bassin ou dans un

tonneau pour se réchauffer un peu.

§ I.--_De la rentrée des plantes d'orangerie et de leur traitement

en hiver._

La rentrée des plantes dans l'orangerie doit avoir lieu dans la

seconde quinzaine d'octobre, rarement plus tard. Il ne convient de

les rentrer que par un temps sec, et il faut avoir soin de placer

les plus élevées par derrière, de manière à former un gradin, afin

que toutes jouissent autant que possible de la lumière.

Indépendamment des Orangers, les Lauriers, les Grenadiers et

beaucoup d'autres plantes rustiques peuvent passer l'hiver dans

l'orangerie; on peut même sans inconvénient les placer derrière ou

entre les Orangers; mais il n'en est pas de même pour les Myrtes,

qui peuvent également être placés dans l'orangerie; car il faut

qu'ils reçoivent la lumière directement, faute de quoi ils perdent

leurs feuilles. Sur les tablettes on peut mettre les gros

Pélargoniums zonale (Géraniums rouges): leur rusticité est telle,

qu'ils se contentent parfaitement bien de l'orangerie; il faut même

peu les arroser (sans cependant les laisser dessécher), afin

d'éviter qu'ils ne végètent pendant leur séjour dans la serre; car

alors les pousses sont tellement tendres, qu'il faut les rabattre en

les sortant. Pendant les gelées, on peut encore déposer dans

l'orangerie les Oeillets cultivés en pots et les Giroflées grosse

espèce; mais il faut les mettre dehors aussitôt que la température

le permet.

On laisse d'abord l'orangerie entièrement ouverte jour et nuit.

Lorsque le froid commence à se faire sentir, on la ferme la nuit;

puis enfin, quand il gèle, pendant le jour. Alors toutes les

fenêtres doivent être fermées hermétiquement et garnies

extérieurement de paillassons.

Toutes les fois que le thermomètre placé au dehors marquera 3 ou 4

degrés au-dessus de zéro, on donnera de l'air, à moins que

l'atmosphère ne soit trop humide ou le vent trop violent.

Les plantes rentrées dans l'orangerie ne seront arrosées que

lorsqu'elles en auront besoin, et il ne faudra leur donner que la

quantité d'eau absolument nécessaire à leur entretien. L'hiver étant

pour les plantes un temps de repos, il faut éviter à cette époque de

ranimer la végétation, ce qui les épuiserait.

§ II.--_De la sortie des plantes d'orangerie et de leur traitement

pendant l'été._

La sortie des plantes ne peut avoir lieu que dans la première

quinzaine de mai, et l'on commencera toujours par les plus

rustiques; mais il faut, pour les accoutumer aux influences

atmosphériques, leur donner longtemps d'avance le plus d'air

possible, et l'on attendra pour les sortir un temps couvert ou

pluvieux.

Toutes les plantes seront placées (comme cela a presque toujours

lieu) près de l'habitation, mais toujours à bonne exposition et à

l'abri des vents; il faut surtout placer les Lauriers-roses à fleurs

doubles et les Grenadiers à l'extrême sud, si l'on veut les voir

fleurir chaque année. Aussitôt après leur sortie, on rencaissera

toutes les plantes qui en auraient besoin, soit qu'elles demandent

plus d'espace, soit que les caisses doivent être remplacées; mais on

ne le fera qu'après les avoir déposées à leur place, afin d'éviter

qu'elles ne soient ébranlées dans le trajet.

En toute circonstance, nous conseillons de ne donner des caisses

plus grandes que progressivement et avec beaucoup de réserve; car,

rencaissés trop grandement, les Lauriers et les Grenadiers poussent

beaucoup, mais ne fleurissent pas, et les Orangers languissent.

Jusqu'à l'âge de huit à dix ans, les Orangers doivent être

rencaissés à peu près tous les deux ou trois ans, et ensuite tous

les cinq ou six ans; mais il est nécessaire de rencaisser les

Lauriers et les Grenadiers plus fréquemment, car il est positif que

le développement des branches et des rameaux est toujours en rapport

avec celui des racines, et comme ces arbustes végètent beaucoup plus

vigoureusement que les Orangers, il faut donc les rencaisser plus

souvent. Si, en attendant l'époque du rencaissage, il arrivait que

les feuilles des arbustes jaunissent, sans que cela provînt d'une

trop grande humidité, il faudrait leur donner un demi-rencaissage,

ce qui consiste à couper bien net 0m,05 à 0m,10 de terre autour de

la caisse et à la remplacer par de la terre neuve appropriée aux

besoins de la plante. À la fin de ce chapitre, nous indiquerons la

terre qui convient à chaque plante. Le rencaissage différant peu du

rempotage, sauf l'exécution, qui doit être modifiée, nous renvoyons

à cet article pour la connaissance des détails. Après l'opération,

on couvre la surface de la terre d'un paillis de fumier consommé, et

l'on donne un bon arrosement à chaque plante.

L'eau que l'on emploiera devra, comme pour les arrosements d'hiver,

être restée quelque temps dans un tonneau; il serait même bon

d'arroser de temps à autre avec de l'eau dans laquelle on aurait mis

à décomposer des substances animales ou végétales.

Les arrosements devront avoir lieu au moins une fois par jour en

été. Enfin, ils seront plus ou moins abondants, selon la

température; puis on diminue progressivement à mesure que la

température se rafraîchit.

Vers la fin d'août ou le commencement de septembre, il faut tailler

les Orangers, opération qui consiste à supprimer les bois morts et

toutes les petites branches inutiles ou mal placées, celles de

l'intérieur, par exemple, car elles rendent la tête trop compacte et

nuisent à la circulation de la séve. Enfin, qu'on élève les Orangers

sous la forme arrondie ou cylindrique, il faut couper l'extrémité

de toutes les branches élancées, de manière à donner à chaque arbre

une forme régulière; c'est aussi à cette époque que l'on peut

diminuer la tête de ceux qui prendraient trop d'accroissement, ou

qui, ne poussant plus, auraient besoin d'être rajeunis, ce qui a

lieu en rabattant toutes les branches plus ou moins près du tronc,

suivant la force de l'arbre. Les Lauriers peuvent être soumis au

même traitement lorsqu'ils s'élancent par trop; mais ils ne doivent

pas être taillés annuellement, car alors on serait privé de fleurs.

Il faut seulement, aussitôt qu'ils sont défleuris, couper

l'extrémité des branches qui portaient les fleurs, afin d'avoir des

arbres à tête bien arrondie. Les Myrtes doivent être soumis à une

tonte régulière, qui doit avoir lieu aussitôt après qu'ils sont

défleuris; les Grenadiers doivent aussi être tondus chaque année,

afin de présenter une forme aussi gracieuse que possible; mais cette

taille ne doit avoir lieu qu'au moment de la rentrée.

Afin de compléter autant que possible nos renseignements sur les

plantes d'orangerie, nous dirons qu'il faut tondre également les

Pélargoniums zonale avant de les mettre dans la serre.

§ III.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes

ci-après désignées._

ORANGERS.--Un quart de terre franche, un quart de bonne terre de

potager, un quart de terre de bruyère, un quart de terreau gras.

MYRTES.--Terre de bruyère pure.

GRENADIERS et LAURIERS-ROSES.--Bonne terre de potager mêlée de

terreau gras.

4. _Serre tempérée._--Cette serre diffère de l'orangerie en ce

qu'elle est beaucoup plus éclairée, condition indispensable pour la

conservation des plantes que nous conseillons d'y placer; elle sera

attenante à l'orangerie, et l'on communiquera de l'une dans l'autre:

elle aura 8 mètres de longueur sur 3 de largeur, et à partir du sol

intérieur, elle aura 2m,45 d'élévation par derrière; le devant aura

0m,80 de hauteur et sera vitré. Les petits châssis qui la fermeront

seront fixés dans le haut par des charnières, et s'ouvriront

horizontalement de bas en haut; ils porteront par en bas sur un

petit mur d'appui recouvert d'une dalle, et ils battront sur les

montants qui soutiennent la partie inférieure des chevrons, qui

doivent être, comme le reste, en bois de chêne et placés à 1m,33

l'un de l'autre, de manière à recevoir les panneaux vitrés dont la

serre doit être couverte. Ceux du premier rang auront 2 mètres de

longueur sur 1m,33 de largeur; ils porteront du bas sur une planche

d'égout destinée à rejeter les eaux pluviales, et du haut sur une

traverse nommée entretoise, qui doit aller d'un chevron à l'autre.

Les panneaux du second rang n'auront que 1m,36 de longueur, et pour

qu'ils puissent porter sur les chevrons, il faut appliquer une

semelle sur chacun d'eux, de manière à former l'épaisseur des

panneaux du bas, sur lesquels ceux du second rang devront porter

d'environ 0m,03, et du haut sur une traverse qui, comme celle du

bas, doit aller d'un chevron à l'autre.

Les panneaux seront fixés en haut par des crochets placés à

l'intérieur, et pour donner de l'air on soulèvera le bas, que l'on

tiendra ouvert au moyen de petites crémaillères en fer.

On fera en haut de la serre un petit toit avancé, sur lequel on doit

pouvoir circuler pour faire le service des paillassons; et, afin

d'éviter qu'on ne glisse sur les panneaux, il faut faire placer une

main-courante dans toute la longueur de la serre. À l'intérieur, on

ménagera au niveau du sol de l'orangerie un chemin de 0m,75 de

largeur, soutenu par un mur d'appui; car le reste de la serre doit

être de 0m,50 plus bas. Le milieu sera occupé par un gradin de 1m,25

de largeur, formé de six tablettes; la hauteur du gradin doit être

calculée de manière que les plantes ne soient pas à plus de 0m,60 ou

0m,80 des vitres; on fera devant le gradin un chemin de 0m,50 de

largeur, afin de pouvoir circuler tout autour, puis on établira une

tablette contre le mur de derrière, et un autre chemin de 0m,50 de

largeur sur le devant de la serre et sous laquelle circuleront les

tuyaux du poêle, dont la bouche doit toujours être en dehors. On

fera une ouverture dans le pignon de cette serre, et on la garnira

d'une double porte, qui servira d'entrée pendant les gelées, ce qui

évitera d'ouvrir celle de l'orangerie.

§ IV.--_De la rentrée des plantes de serre tempérée et de leur

traitement en hiver._

La rentrée des plantes doit avoir lieu dans le courant d'octobre,

mais il nous est impossible d'en déterminer au juste l'époque; nous

dirons seulement qu'il faut éviter autant que possible qu'elles ne

restent exposées à l'humidité de l'automne, et surtout qu'elles ne

soient atteintes par les premières gelées. Dès le commencement du

mois, les panneaux doivent être prêts à être placés sur la serre;

l'intérieur en sera nettoyé et toutes les réparations faites; enfin,

dès cette époque, elle doit être prête à recevoir les plantes, que

l'on placera dans l'ordre suivant, ce qui ne devra toutefois avoir

lieu qu'après avoir nettoyé les pots et gratté légèrement la surface

du sol, afin de ne laisser ni herbe ni mousse.

On placera sur le gradin les Pélargoniums, les Calcéolaires, les

Cinéraires et les Verveines. Sa disposition permet de placer

au-dessous des Hortensias, des Érythrines, des Balisiers, ou les

tubercules de Dahlias. On mettra sur la tablette placée contre le

mur de derrière les plantes grasses ou celles qui exigent peu de

soins pendant l'hiver; mais la tablette du devant sera réservée pour

les Camélias, qui doivent toujours être placés dans la partie la

plus éclairée de la serre. Toutes ces plantes seront placées sur les

tablettes, par rang de taille, en ayant soin de les distancer de

manière que les têtes ne se touchent pas; et pendant leur séjour

dans la serre, il faut avoir soin de les retourner de temps à autre,

afin qu'elles présentent successivement toutes leurs parties à la

lumière; car, sans cette précaution, elles s'inclineraient toutes du

même côté et n'auraient plus alors qu'une forme disgracieuse. Depuis

le placement des plantes dans la serre jusqu'au printemps, les

arrosements doivent être modérés et avoir lieu seulement au fur et à

mesure que les plantes en ont un véritable besoin. Ils se feront

avec un petit arrosoir auquel on ajoutera un bec de prolongement

pour atteindre les plantes éloignées, et l'eau que l'on emploiera

aura dû être tenue pendant quelque temps à la température de la

serre. Les autres soins consistent à entretenir la propreté et à

renouveler l'air aussi souvent que possible, en évitant toutefois

d'ouvrir les châssis par un temps couvert ou pluvieux, afin de ne

pas introduire d'humidité dans la serre; puis, dès l'approche des

froids, l'on bouchera hermétiquement toutes les ouvertures avec de

la mousse, et quand le soir le temps sera clair, et que le

thermomètre placé extérieurement ne marquera plus que 3 ou 4 degrés

de chaleur, il faudra couvrir la serre avec des paillassons, car il

est probable qu'il gèlera dans la nuit.

En décembre, on garnira les petits châssis du devant de la serre

d'un réchaud de fumier sec; et, quel que soit l'état de température,

il est prudent de couvrir la serre toutes les nuits, en ayant soin

toutefois d'enlever les paillassons pendant le jour, à moins

cependant que le temps ne soit couvert et le froid rigoureux. Au

reste, l'on peut découvrir sans inconvénient toutes les fois que le

thermomètre ne marquera pas plus de 4 à 5 degrés de froid;

seulement, il faut avoir soin de remettre les paillassons avant

qu'il se soit formé du givre sur les vitres; et si à cette époque il

arrivait qu'on donnât de l'air, il faudrait toujours refermer avant

la disparition du soleil, afin de concentrer de la chaleur dans la

serre, ce qui peut souvent épargner la peine de faire du feu la

nuit; enfin, soit en doublant les paillassons, soit en faisant un

peu de feu (ce qu'il ne faut faire qu'avec beaucoup de réserve), on

veillera à ce que la température de la serre ne descende pas

au-dessous de 5 degrés de chaleur, et si l'on se trouvait dans la

nécessité de faire du feu, il ne faut pas qu'elle soit portée à plus

de 6 à 8 degrés, car le point essentiel est de maintenir les plantes

dans un état de repos dont il faudrait qu'elles ne sortissent que

vers la fin de l'hiver. Comme presque toutes les plantes dont nous

avons parlé sont sujettes à être attaquées des pucerons, il faut,

aussi souvent que le besoin s'en fera sentir, avoir recours à une

fumigation de tabac, ce qui doit se faire après avoir tout fermé[4].

[Note 4: Cette opération doit avoir lieu au moyen d'un appareil

en cuivre de forme cylindrique, nommé _fumigateur_. Il se compose de

deux pièces: la partie supérieure entre à frottement sur la partie

inférieure; une plaque percée de trous fins est fixée intérieurement

pour recevoir le tabac et éviter qu'il ne passe par les tuyaux. Pour

faire fonctionner l'appareil, on introduit l'extrémité d'un soufflet

dans le tuyau placé à la partie inférieure de l'appareil, et en

soufflant la fumée s'échappe par le tuyau fixé sur l'un des côtés de

la partie supérieure.]

Arrivé au mois de mars, il n'est plus besoin de faire du feu dans la

serre, car ordinairement le soleil échauffe suffisamment

l'atmosphère; souvent même, au moment où il rayonne directement sur

la serre, il est nécessaire d'étendre une toile de tissu clair sur

les panneaux, afin d'éviter que le feuillage des plantes ne soit

brûlé. Dès ce moment, les arrosements doivent peu à peu être plus

fréquents et plus abondants; il est même nécessaire de seringuer les

plantes de temps à autre, opération qui doit à cette époque avoir

lieu le matin. Mais, tout bienfaisants que soient ces arrosements,

il faut les suspendre dès l'épanouissement des premières fleurs de

Pélargonium, car ils en terniraient promptement l'éclat. Dans les

premiers jours d'avril, on introduira progressivement, et selon la

température, une plus grande quantité d'air dans la serre, afin de

fortifier les plantes qui doivent bientôt être exposées à l'air

libre. Si l'on veut avoir une brillante floraison de Pélargoniums,

il faut les sortir de la serre aussitôt que la température le

permettra, et les placer à une bonne exposition, en ayant soin de

les disposer de manière que l'on puisse facilement les couvrir la

nuit, s'il arrivait que la température l'exigeât; après quoi on les

laisse ainsi jusqu'au moment où les premières fleurs commenceront à

s'épanouir, et alors on les replacera dans la serre: de cette

manière, on aura des plantes moins élancées, plus robustes, et des

fleurs d'un coloris plus vif. S'il arrive que quelque circonstance

empêche de sortir les Pélargoniums aussitôt que nous l'indiquons, il

faudra, pour remédier autant que possible à ce contre-temps, donner

de l'air par toutes les ouvertures de la serre.

§ V.--_De la sortie des plantes de serre tempérée et de leur

traitement en été._

Dans la première quinzaine de mai, et autant que possible par un

temps couvert, on sortira les plantes de la serre, excepté les

Pélargoniums et les Calcéolaires, que l'on ne sortira qu'après

qu'ils seront défleuris, afin de jouir de toute la beauté de leur

floraison; et alors on les traitera comme nous allons l'indiquer en

parlant des plantes que l'on doit sortir. On les déposera pendant

quelques jours à une exposition ombragée, afin qu'elles se

fortifient; et avant de les mettre en place, on rempotera celles qui

en auraient besoin, ce qui doit avoir lieu chaque année pour celles

qui poussent beaucoup. Mais toutes ne peuvent être rempotées à la

même époque; car, pour que cette opération soit faite à propos, il

faut toujours qu'elle ait lieu quelque temps avant l'époque où les

plantes entrent en végétation, et c'est à tort que beaucoup de

jardiniers rempotent encore indistinctement toutes les plantes à

l'automne. On comprendra facilement le motif qui nous fait blâmer

cet usage: le rempotage ne peut guère avoir lieu sans que les

racines soient endommagées; il arrive même souvent que, le chevelu

ayant complétement tapissé la motte, il devient nécessaire de la

diminuer; il est certain alors que cette opération peut être

inutile, sinon nuisible, lorsqu'elle a lieu à une époque où les

plantes doivent rester plusieurs mois en repos. Ainsi donc, il est

préférable de rempoter les plantes au printemps. Cependant, pour

celles qui, comme les Pélargoniums, végètent vers la fin de l'hiver,

il faut les rempoter vers la fin d'août ou au commencement de

septembre, en un mot, assez à temps pour qu'elles puissent refaire

de nouvelles racines avant l'hiver. Puisque nous sommes arrivés à

parler des Pélargoniums, nous dirons qu'il faut toujours tailler une

quinzaine de jours avant le rempotage; cette opération consiste à

supprimer les branches maigres ou mal placées, et à rabattre celles

de l'année à deux ou trois yeux au-dessous de leur insertion, selon

leur position et la vigueur des plantes, mais toujours de manière à

former une tête bien arrondie. Immédiatement après l'empotage, dont

nous indiquerons les détails dans le chapitre suivant, on arrosera

les plantes avec l'arrosoir à pomme, puis on les placera par rang de

taille dans un lieu bien aéré, mais à mi-ombre autant que possible;

et, à défaut d'abri naturel, on formera des palissades à claire-voie

en menus roseaux fixés du haut et du bas sur des gaulettes maintenus

par des pieux; on continuera d'arroser à propos; on pourra même

continuer les seringages, ce qui, pendant les journées chaudes de

juin, juillet et août, ne devra avoir lieu que vers la fin de la

journée. Si, peu de temps après l'empotage, il survenait des pluies

abondantes, il faudra momentanément coucher les pots de côté, pour

éviter qu'une trop grande humidité ne fît pourrir les racines. Bien

que nous indiquions d'une manière générale les soins à donner aux

plantes de serre tempérée, ils peuvent être appliqués à toutes les

plantes cultivées en pots, à moins qu'on n'enfonce les plantes en

pleine terre avec leur pot, ce qui cependant ne peut avoir lieu que

pour les Verveines, les Pétunias, les Hortensias, les Pélargoniums

et quelques variétés de Calcéolaires, toutes plantes avec lesquelles

on peut former des groupes très-gracieux.

Il n'est plus besoin alors de les protéger contre l'ardeur du

soleil; seulement, il faut les rabattre et les rempoter assez à

temps pour qu'elles aient repris au moment de les rentrer dans la

serre.

§ VI.--_Rempotage._

Avant de procéder au rempotage, on aura dû préparer la terre

favorable à chaque plante, ce que nous indiquerions à la fin de ce

chapitre; et, lorsque tout sera disposé, on profitera autant que

possible d'un temps couvert, ou, à défaut, on se mettra dans un lieu

à l'ombre.

On prend alors successivement chaque plante, on la dépote avec

précaution en plaçant la main gauche sur la surface de la terre, de

manière que la tige passe entre les doigts, puis on renverse la

plante la tête en bas, et, en soutenant le pot de la main droite on

en frappe légèrement le bord sur un point d'appui, et une fois la

motte sortie du pot, on la visite. S'il arrive, ce qui a souvent

lieu, que le chevelu qui tapisse la motte soit formé d'un tissu de

racines desséchées, on le coupe bien net, puis, en grattant

légèrement, on fait tomber une plus ou moins grande partie de

vieille terre, selon qu'elle sera plus ou moins décomposée; ensuite

on supprime les racines rompues ou pourries. Après avoir ainsi

préparé la motte, s'il arrivait qu'elle fût très-sèche, on la

plongerait dans l'eau jusqu'à ce qu'elle fût bien imbibée. Après

l'avoir fait égoutter, on la place dans le pot qu'on lui destine, et

qui doit toujours être proportionné au volume des racines et à la

vigueur de la plante, ce qui cependant ne doit avoir lieu qu'après

avoir placé un tesson ou un lit de gravier au fond du pot, afin de

faciliter l'écoulement de l'eau des arrosements. Ensuite on met un

lit de terre dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que

la surface de la motte se trouve de 0m,04, à 0m,05 au-dessous des

bords du pot; puis on coule de la terre entre la motte et les parois

du pot, en ayant soin de maintenir la tige de la plante juste au

milieu, et, afin qu'il n'existe aucun vide, on la foule avec une

spatule; on frappe légèrement le fond du pot par terre, puis on

achève de remplir le pot avec de la terre, qu'on tasse cette fois

avec les pouces, en ayant soin de laisser la surface de la terre

d'environ 0m,01 plus basse que les bords du pot, afin de recevoir

l'eau des arrosements.

Tel est l'ensemble des soins que nécessitent les plantes de serre

tempérée. Bien que donnés d'un manière très-succincte, ces conseils

suffiront toujours pour cultiver toutes les plantes qui ne

s'écartent pas de la culture ordinaire.

§ VII.--_Composition de la terre qu'il faut donner aux plantes

ci-après désignées._

PÉLARGONIUMS.--Un tiers de terre de bruyère, un tiers de terre

franche, un tiers de terreau de feuilles, ou, à défaut de fumier, un

peu de poudrette bien tamisée[5].

[Note 5: Comme en toute circonstance la terre pour les empotages

doit être très-meuble et bien mélangée, il faut toujours la passer à

la claie ou au crible.

La claie consiste en un cadre en bois, garni, dans le sens de la

hauteur, de tringles en fer distantes les unes des autres d'environ

0m,015. Ces tringles sont soutenues par une traverse placée au

milieu du cadre. Pour s'en servir, on l'appuie (en ayant soin de

l'incliner un peu) sur un bon piquet.

Le crible est un panier dont le fond est garni de mailles en osier

ou en fil de fer plus ou moins larges, selon que l'on veut plus ou

moins ameublir la terre qu'on y passe.]

CALCÉOLAIRES.--Terre de bruyère, terre franche et terreau de

feuilles.

VERVEINES.--Terre de bruyère mêlée d'une partie de bonne terre de

potager.

CINÉRAIRES.--Terre de bruyère et terreau.

CAMÉLIAS.--Terre de bruyère pure.

HORTENSIAS.--Terre de bruyère pure.

PLANTES GRASSES.--Terre de bruyère mêlée d'un peu de poudrette bien

tamisée.

5. _Serre chaude._--Cette serre communique, ainsi que la serre

tempérée, avec l'orangerie. Comme sa structure est exactement

semblable à celle de la serre tempérée, nous renvoyons à celle-ci

pour la construction, et nous ne parlerons que des dispositions

intérieures.

Le chemin intérieur aura 0m,75 de largeur, et la couche 2m,25, y

compris un petit mur d'appui de 0m,45 de hauteur pour la soutenir;

et un autre sur le devant de la serre, où circulent les tuyaux du

poêle, dont la bouche sera toujours en dehors. La tablette placée

contre le mur de derrière est destinée à recevoir des Fraisiers en

pots. On pourra remplacer la couche de fumier par un _thermosiphon_,

dont les tuyaux circuleront sous un plancher recouvert d'un lit de

tannée assez épais pour que l'on puisse enterrer les pots, et la

température intérieure pourra être produite par le même appareil à

l'aide de tuyaux qui circulent au-dessus de la couche.

La culture des plantes de serre chaude étant fort restreinte, nous

nous bornerons à dire que pendant l'hiver il faut entretenir la

température de la serre entre 15 et 18 degrés centigrades. En avril,

on commence à seringuer les plantes et à donner un peu d'air vers le

milieu de la journée.

Dans la seconde quinzaine de mai, on sort les plus rustiques, pour

les rentrer dans le courant de septembre; enfin, on peut dire que

les soins généraux à donner aux plantes de serre chaude sont les

mêmes que ceux indiqués pour les plantes de serre tempérée.

CHAPITRE XI.

Jardin potager.

AIL (_Alium sativum_).--Il se multiplie de caïeux que l'on plante en

planches et en bordures, vers la fin de février et au commencement

de mars. Toutes les terres lui conviennent, mais il préfère celles

qui sont légères et substantielles. Au commencement de juin, on fait

un noeud avec les feuilles et la tige, afin d'arrêter la séve au

profit des bulbes, que l'on arrache aussitôt que les feuilles

commencent à se dessécher; et avant de les mettre en bottes, on les

laisse quelque temps sur le terrain, où ils achèvent de mûrir; puis

on les suspend dans un endroit sec pour les conserver jusqu'au

printemps.

_Ail d'Espagne ou Rocambole._--Cette espèce, moins répandue que la

précédente, en diffère en ce qu'elle produit, au lieu de graines,

des bulbilles qui peuvent servir à sa reproduction. Du reste, la

culture est la même.

[Illustration: Fig. 10.--Serre à Ananas.]

ANANAS (_Ananassa sativa_).--Pour élever les Ananas et les préparer

à la fructification, il faut avoir des châssis de 1m,65 de longueur

sur 1m,33 de largeur, et, pour les faire fructifier, une serre bien

exposée, à une ou deux pentes peu élevées, de manière que les

plantes ne se trouvent pas trop éloignées du verre.

La première quinzaine d'octobre est l'époque la plus favorable pour

la plantation des couronnes et des oeilletons, et cela parce que les

jeunes plantes ne demanderont pas plus de soins pour passer l'hiver

en terre qu'il n'en faudrait pour conserver les vieux pieds, et au

printemps on aura des plantes déjà fortes et tout enracinées. Vers

la fin de septembre, on prépare une bonne couche d'environ 0m,60

d'épaisseur, composée de moitié fumier neuf, moitié feuilles mêlées,

ou, à défaut, d'une partie de fumier provenant d'anciennes couches.

La hauteur de la couche aura dû être calculée de telle sorte,

qu'après avoir été rechargée de 0m,20 ou 0m,30 de tannée, ou, à

défaut, de mousse, les plantes se trouvent être aussi près du verre

que possible. Les oeilletons destinés à la plantation doivent être

pris de préférence dans l'aisselle des feuilles, où ils sont

toujours plus forts. Après avoir enlevé ces oeilletons, on ne

conserve les vieux pieds que si l'on est à court de plants, et

seulement jusqu'à ce qu'ils aient produit le nombre d'oeilletons

dont on a besoin. Avant de planter les oeilletons, on dégarnit de

feuilles la partie qui doit être en terre (environ 0m,05 à 0m,06);

puis on rafraîchit proprement la plaie, et on les plante

immédiatement dans des pots de 0m,10 à 0m,12 de diamètre, suivant

leur force. Ce que nous conseillons pour les oeilletons est, en

toutes circonstances, applicable aux couronnes. Nous dirons à ce

sujet que l'on peut, si le besoin l'exige, conserver les couronnes

pendant un mois au moins, en les plaçant à l'ombre dans un lieu sec.

Pour la plantation, on emploiera de la terre de bruyère pure, ou, à

défaut, une terre composée d'un cinquième de terre franche, moitié

de terre de bruyère et un sixième de terreau, le tout préparé depuis

six mois au moins, remué plusieurs fois et passé à la claie. Il faut

que cette terre, au moment de l'empotage, ne soit pas humide, sans

cependant être desséchée, bien qu'il vaille mieux toutefois

l'employer sèche qu'humide. Aussitôt après la plantation, on enfonce

les pots dans la couche, en commençant par le rang du haut et en

choisissant toujours les plants les plus élevés, ce qu'il faut

observer chaque fois qu'on les replace, en raison de la pente que

l'on doit toujours donner aux châssis. Il faut avoir soin de les

espacer suivant leur force. Pendant la nuit, on couvre les châssis

avec des paillassons; pendant le jour, on atténue l'intensité des

rayons solaires avec une toile ou du paillis, qu'on étend sur les

châssis; enfin, pendant un mois, espace de temps nécessaire pour

qu'ils prennent racine, on les soigne comme des boutures. Quand ils

commencent à végéter, on leur donne un peu d'air en soulevant les

châssis au moment du soleil; puis on les arrose au pied, mais

seulement au fur et à mesure du besoin. Vers le commencement de

novembre, c'est-à-dire à l'époque des froids et des temps humides,

on entoure le coffre d'un bon réchaud de fumier qui doit descendre à

la même profondeur que la couche, et à partir de cette époque

jusqu'au printemps, il doit être remué au moins tous les mois, en y

ajoutant chaque fois une partie de fumier neuf. Quand les froids

sont rigoureux, il faut doubler les paillassons pendant la nuit,

étendre sur le tout une bonne couche de litière, et avoir soin

d'entretenir les réchauds à hauteur de châssis: puis on découvre les

panneaux tous les jours, à moins que le thermomètre ne descende

au-dessous de 4 ou 5 degrés de froid.

Au printemps, les arrosements doivent être plus fréquents et plus

abondants, et l'on donne de plus en plus d'eau, à mesure que le soleil

prend de la force. Dans les premiers jours de mai on fait une couche qui

doit être beaucoup plus longue que celle d'automne, en raison du

développement qu'ont pris les plantes; mais, la température étant plus

douce, il n'est pas nécessaire qu'elle soit aussi chaude qu'à l'automne.

Il en est de même des réchauds, que l'on ne fait pas aussi profonds et

que l'on ne remanie que de loin en loin. Cette fois, on remplace la

tannée par une couche de terre de 32 centimètres d'épaisseur, semblable

à celle qu'on emploie pour l'empotage des oeilletons; puis on dépote les

Ananas, on visite les racines, et s'il s'en trouve quelques-unes qui

soient pourries, on les supprime; dans le cas contraire, on les ménage

toutes; seulement on retranche à chaque pied quelques feuilles du bas;

après quoi on les plante sur la couche, en ayant soin de les enfoncer de

manière que l'ancienne motte se trouve recouverte de quelques

centimètres de terre, afin de favoriser l'émission de nouvelles

racines, qui partent du collet. Quelque temps après la plantation, on

commence à donner un peu d'air; puis on augmente progressivement,

suivant la température; car, arrivé à ce point, il est préférable de ne

pas habituer les Ananas à être ombragés; par ce moyen on aura des

plantes beaucoup plus rustiques, mais on comprend qu'il faut alors leur

donner plus d'air. Pendant les chaleurs on peut, sans inconvénient, les

arroser avec l'arrosoir à pomme, surtout si l'on a planté sur une bonne

couche, car l'humidité ne leur est réellement préjudiciable qu'en hiver.

Ainsi traités, les Ananas auront pris à l'automne un développement qu'on

trouverait à peine chez ceux cultivés constamment en pots depuis deux

ans. Vers la fin de septembre ou dans le commencement d'octobre, on

relève les Ananas de pleine terre; on supprime alors tous les

oeilletons, puis quelques feuilles du bas; et comme l'Ananas est au

nombre des plantes dont les racines périssent chaque année et sont

remplacées par de nouvelles, on supprime toutes les anciennes en les

coupant près de la plante; après quoi on lie les Ananas avec un lien de

paille, de manière à les rempoter plus facilement, ce qui doit avoir

lieu dans des pots de 0m,24 de diamètre seulement. Cette opération

s'appelle planter à _cul nu_. Après l'empotage on les place sur une

nouvelle couche, et jusqu'à ce qu'ils aient de nouvelles racines on leur

donne les mêmes soins qu'aux oeilletons du premier âge. Vers le mois de

janvier on les place dans une serre où l'on a préparé une couche

d'environ 6m,65 d'épaisseur et de toute la largeur de l'encaissement,

qui ne doit pas avoir moins de 2 mètres. Cette couche doit être chargée

d'un bon lit de tannée ou de mousse, de manière à pouvoir facilement y

enterrer les pots, que l'on place à environ 0m,50 les uns des autres en

tous sens; enfin, suivant la force des plants, on les laisse ainsi

jusqu'à ce qu'ils marquent fruit, c'est-à-dire depuis avril jusqu'en

juillet, et alors on les plante en pleine terre sur la même couche,

après l'avoir remaniée et avoir remplacé la tannée par un lit de terre.

Pendant tout le temps que les Ananas restent dans la serre, on peut avec

avantage remplacer la couche dont nous avons parlé par un chauffage au

thermosiphon; dans ce cas on place la tannée, et par suite la terre, sur

un plancher sous lequel circulent les tuyaux de l'appareil. On règle le

chauffage de manière à entretenir à peu près 25 à 30 degrés dans la

couche, chaleur bien suffisante pour les besoins de ces plantes.

Au printemps, on commence à moins chauffer, pour cesser complétement

en mai, car, à partir de cette époque jusqu'en septembre, la chaleur

du soleil suffit. La serre dans laquelle on place les Ananas est

ordinairement divisée en deux par une cloison vitrée, de manière à

faire deux saisons. Les plus fortes plantes doivent être placées

dans le premier compartiment, et l'on commence ordinairement à les

chauffer vers la fin de janvier. À partir de cette époque, la

température de la serre doit être entretenue à une chaleur constante

de 25 à 30 degrés; pendant la nuit, jusque vers la fin d'avril, on

couvre la serre avec des paillassons, qu'il faut enlever tous les

jours. Pour les arrosements qui ont lieu au pied des plantes, on

emploie avec avantage de l'eau dans laquelle on aura fait décomposer

des substances animales ou végétales. Pendant l'hiver il faut

subordonner les arrosements à la chaleur de la couche et avoir soin

que l'eau soit à la température de la serre; mais, en été, ils

doivent être abondants, et même de temps à autre on donne des

bassinages. Comme nous l'avons précédemment indiqué, il est

nécessaire de donner beaucoup d'air, afin de ne point ombrer. Les

fruits de la première saison mûrissent ordinairement de juillet en

septembre.

On a soin de ne pas élever à plus de 12 degrés la température du

côté de la serre où se trouvent placées les plantes destinées à

faire la seconde saison; mais au mois de mars, époque où l'on

commence habituellement à les chauffer, on observera tout ce qui a

été indiqué pour la première.

Les fruits de la seconde saison mûrissent ordinairement de septembre

en décembre. On voit qu'en traitant les Ananas comme nous venons de

l'indiquer, on obtient des fruits bons à récolter vingt ou vingt-six

mois après la plantation des oeilletons, ce qui démontre d'une

manière concluante la supériorité de ce mode de culture sur celui

que l'on pratiquait autrefois.

=Variétés.=--De la Martinique, -- de Cayenne, -- de la Jamaïque,

-- de la Providence, -- de Mont-Serrat, -- Duchesse-d'Orléans, --

Comte-de-Paris, -- Enville, -- Poli blanc, --

Charlotte-Rothschild.

ARROCHE DES JARDINS. _Belle-Dame_, _Bonne-Dame_ (_Atriplex

horensis_).--Cette plante n'est guère cultivée que pour adoucir

l'acidité de l'Oseille.

On la sème au printemps, et elle n'exige aucun soin; elle se ressème

ordinairement d'elle-même; et, quand on en possède quelques pieds,

il est rare qu'il soit nécessaire d'en semer.

Les graines d'Arroche ne se conservent bonnes que pendant une année.

=Variétés.=--Arroche blonde, -- Arroche rouge.

ARTICHAUT (_Cynara Scolymus_).--Pour cultiver les Artichauts avec

succès, il faut une terre douce et substantielle; ils aiment la

chaleur, et craignent l'humidité froide. On peut les multiplier de

graines semées sur une couche en février et mars, ou bien

immédiatement on place en avril et mai; mais, comme ils

reproduisent rarement leurs variétés, il est préférable de les

propager par oeilletons. Cette opération a lieu de la manière

suivante: En avril, on éclate les rejetons qui naissent au collet

des vieux pieds, en ayant soin de les enlever avec le talon ou

portion du collet de la racine; puis on choisit les plus forts, on

raccourcit l'extrémité des feuilles, et, après avoir bien préparé le

terrain, on les plante en échiquier, à environ 0m,75 dans les terres

un peu maigres, et à 1 mètre dans celles où l'on espère une

végétation vigoureuse. S'ils sont binés et arrosés, une bonne partie

de ces oeilletons donneront fruit à l'automne, et tous fructifieront

abondamment au printemps suivant. Chaque année, à l'automne, il faut

avoir soin de couper les vieilles tiges et l'extrémité des feuilles

les plus longues; puis, dans le courant de novembre, en un mot,

avant les gelées, il faut les butter, opération qui consiste à

relever la terre autour de chaque pied; et quand la gelée commence à

se faire sentir, on les couvre complétement avec des feuilles ou de

la litière, qu'on écarte toutes les fois que le temps se radoucit.

Dans le courant de mars, lorsque les gelées ne sont plus à craindre,

on détruit les buttes des Artichauts, et on leur donne un bon

labour; puis, en avril, on les oeilletonne, comme nous l'avons

indiqué précédemment, de manière à ne laisser que les deux ou trois

plus beaux oeilletons sur chaque pied. Une plantation d'Artichauts

ne produit abondamment que pendant quatre ans; il faut donc

replanter tous les trois ans, afin de ne pas éprouver d'interruption

dans les récoltes. Comme les racines des Artichauts ne prennent pas

un grand développement, elles n'épuisent en rien le terrain

environnant, et l'on peut sans inconvénient contre-planter d'avance

de jeunes Artichauts entre ceux que l'on doit détruire, de manière

que le terrain se trouve, au moment d'arracher les vieux Artichauts,

garni de jeunes pieds en plein rapport.

On peut facilement avancer l'époque de production des Artichauts.

Soit qu'on les force sur place, soit qu'on les relève en mottes,

dans le courant de novembre, pour les planter dans un coffre, les

soins consistent à entourer le coffre d'un réchaud de fumier pendant

les gelées, à couvrir les panneaux pendant la nuit et à donner de

l'air pendant le jour. Les Artichauts ainsi traités produisent en

avril. On peut aussi, ce qui est beaucoup plus simple, forcer les

Artichauts de la manière suivante:

Dans la première quinzaine de février, on enlève la terre des

sentiers qui entourent la planche à environ 0m,50 de profondeur, et

on la remplace par un réchaud de fumier neuf; après quoi on met des

cerceaux de loin en loin en travers de la planche, de manière à

servir de support aux paillassons qu'on emploie pour couvrir les

Artichauts pendant la nuit et par le mauvais temps; puis on couvre

le sol avec du fumier chaud, afin d'activer la végétation, on

remanie les réchauds tous les dix ou quinze jours, en ajoutant

chaque fois plus ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la

température.

Les graines d'Artichaut se conservent bonnes pendant cinq ans.

=Variétés.=--Vert de Provence, -- vert de Laon, -- Camus de

Bretagne, -- violet.

ASPERGE (_Asparagus officinalis_).--On en cultive deux variétés: la

_commune_ ou _Asperge verte_, et celle connue sous le nom de _grosse

Asperge violette_ ou _de Hollande_. Celles de Marchiennes, d'Ulm, de

Besançon et de Vendôme ne sont que des variétés de la dernière,

résultant d'influences locales.

Les Asperges se multiplient de graines, qu'on sème en mars, soit en

place, soit en pépinière, en pleine terre ou sur couche, pour être

plantées ensuite.

Les méthodes de plantation varient suivant les pays; celle que nous

exposons ayant produit d'excellents résultats dans toutes les

localités où elle a été mise en pratique, nous croyons devoir lui

donner la préférence.

Après avoir fait choix d'un emplacement favorable, on enlève en

automne 0m,25 à 0m,30 de terre sur toute la surface du terrain

destiné à la plantation. Si, à cette profondeur, la terre ne se

trouve pas être de bonne qualité, on enlève un fer de bêche en plus,

que l'on remplace par égale quantité de bonne terre prise à la

surface du sol ou dans toute autre partie du jardin. On pourrait

même y mélanger de vieux gazons consommés ou des débris de vieilles

couches, si le fonds était trop humide ou de nature trop compacte et

capable de retenir l'eau; mais, dans un cas comme dans l'autre, on

étend au fond de la tranchée un bon lit de fumier de vache ou tout

autre bon engrais; car, pour que les Asperges réussissent bien, il

leur faut un sol non-seulement léger et sablonneux, mais encore bien

amendé; puis, par-dessus le tout, on rapporte un lit de bonne terre,

dont l'épaisseur doit être calculée de telle sorte que les griffes

d'Asperges soient plantées à 0m,15 de profondeur, au lieu de 0m,35

que l'on indiquait autrefois par suite d'une erreur que l'expérience

a démontré la nécessité de modifier.

Dans le courant de mars on donne un bon labour, on passe le râteau

sur le tout, afin d'enlever les mottes et les pierres; on divise le

terrain par planches de 1m,33 de largeur, entre chacune desquelles

on laisse un sentier d'environ 0m,50; après quoi on trace quatre

rangs qui doivent être distancés également entre eux et de manière

que les deux rangs extérieurs soient à 0m,16 des bords de la

planche. On prend ensuite des plants d'un ou de deux ans de semis,

arrachés à la fourche avec précaution, afin que les racines ne

soient pas brisées; on place les griffes à environ 0m,40 les unes

des autres sur la ligne, et, après avoir bien étendu les racines, on

les recouvre de terre bien meuble; il faudrait même la passer à la

claie, si elle était mêlée de pierres de mottes ou de terre mal

brisées.

Une fois les planches également recouvertes, on étend sur chacune un

bon paillis de fumier à moitié consommé.

Chaque année, à l'automne, on coupera de vieilles tiges, on donnera

un léger binage, puis on étendra sur le tout un bon paillis de

fumier à moitié consommé. En procédant ainsi, les Asperges seront en

plein rapport à la troisième pousse; on coupera les plus grosses à

l'aide du couteau à asperge. Ce qui, arrivé à ce point, peut avoir

lieu sans nuire en rien à la récolte de l'année suivante.

On peut aussi faire le semis en place, après avoir préparé les

planches comme nous l'indiquons plus haut. On sème en lignes en

février ou mars; et, quand le plant est assez fort, on n'éclaircit

en ne laissant que les plus beaux pieds et à une distance égale à

celle que nous avons indiquée; après quoi les autres soins à leur

donner sont les mêmes que pour les Asperges plantées.

Nous ajouterons encore un autre procédé, communiqué au Cercle

général d'horticulture par M. Lenormand, qui le pratique avec succès

depuis un grand nombre d'années. Nous laisserons cet habile

horticulteur indiquer lui-même la manière dont il établit ses

plantations d'Asperges:

«Au mois d'avril 1834, je fis des tranchées de 1m,30 de largeur sur

0m,33 de profondeur, dans lesquelles je fis des couches, qui,

foulées et mouillées, avaient de 0m,38 à 0m,40 d'épaisseur; après

les avoir recouvertes de terre bien nivelée, je plaçai les coffres

destinés à recevoir les châssis, et dans chaque châssis je plantai

douze griffes d'Asperges d'_un an de semis_. Après la plantation, je

tapissai la terre d'un bon paillis et je plantai deux pieds de

Melons qui sont parfaitement venus sans nuire aux Asperges. Lorsque

les pieds de Melons ont été aux trois quarts de leur force,

j'ajoutai quatre Choux-fleurs par châssis, et après la récolte des

Melons, au mois de septembre, je semai des Mâches pour l'hiver; le

tout a complétement réussi.

«Au mois de février suivant, la couche ayant tassé, je rechaussai

mes griffes avec la terre des sentiers, puis je plantai sur le tout

des Laitues et des Romaines, avec deux rangs de Choux-fleurs par

planche, ce qui a fait disparaître toute trace de couche. Le tout a

poussé avec une rapidité et une force étonnantes, puisque j'ai eu

des Asperges de 0m,07 de circonférence. En bonifiant ainsi la terre,

on peut obtenir deux récoltes par an, indépendamment des Asperges

que l'on peut forcer dès la seconde année, et continuer ainsi en

leur laissant une année de repos sur trois. Ce plant, établi en

1834, existe encore aujourd'hui, ce qui prouve que l'on ne fait rien

perdre aux griffes de leur vigueur, quoique les mettant en rapport

trois ans plus tôt qu'on ne pouvait le faire par l'ancien procédé.»

Les cultivateurs d'Argenteuil, dont les produits maraîchers

jouissent d'une réputation justement méritée, cultivent les Asperges

en lignes, le plus souvent entre la vigne, dont il existe de grandes

étendues dans cette localité. Plantées peu profondément à 1 mètre

les unes des autres en tous sens, les Asperges d'Argenteuil sont

régulièrement fumées tous les deux ans. On les bine aussi souvent

qu'il est nécessaire de le faire; on les déchausse chaque année,

dans le courant de novembre, ce qui consiste à enlever quelques

centimètres de la surface du sol; puis on les butte en février ou

mars.

Pratiquée avec intelligence, cette culture donne des résultats

tellement remarquables, qu'elle peut être adoptée avec confiance

par toutes les personnes qui tiennent à récolter de très-grosses

Asperges.

Si l'on veut avoir des Asperges précoces, on peut commencer à en

forcer une planche dans les premiers jours de novembre, et l'on peut

continuer successivement jusqu'en février, ce qui se fait de la

manière suivante: après avoir placé les coffres sur les planches que

l'on veut forcer, on étend un lit de terreau sur les Asperges, puis

on enlève la terre des sentiers à 0m,50 de profondeur, et on la

dépose sur les planches de manière à les recharger de 0m,33 environ,

et cela afin d'avoir des Asperges beaucoup plus longues; puis on

remplace la terre des sentiers par un réchaud de fumier neuf qui

doit être élevé jusqu'à la hauteur des panneaux avec lesquels on

couvre les coffres; mais, avant de placer les panneaux, on étend un

lit de fumier sur les planches, afin d'activer la végétation; on

aura soin toutefois d'enlever ce fumier aussitôt que les Asperges

commencent à sortir de terre. Quel que soit l'état de la

température, on ne donne pas d'air à ces Asperges. Pendant la nuit

et par le mauvais temps, on couvre les panneaux avec de bons

paillassons, afin de concentrer la chaleur. On remanie les réchauds

tous les dix ou quinze jours environ, en ajoutant chaque fois plus

ou moins de fumier neuf, suivant l'état de la température, enfin de

manière à obtenir sous les panneaux une chaleur qui ne doit pas être

moindre de 15 degrés, et qu'il est inutile d'élever à plus de 25.

Ces Asperges sont ordinairement bonnes à couper vingt ou vingt-cinq

jours (suivant l'état de la température) après qu'on aura commencé à

les forcer.

Les vieilles griffes ou celles qu'on se propose de détruire peuvent

être plantées sur couche, où elles produiront, une fois seulement,

des Asperges minces et vertes propres à être mangées en petits pois.

Pour cela, on prépare une couche de 0m,60 à 0m,80 d'épaisseur, dont

la chaleur soit de 20 à 25 degrés; on pose des coffres, on charge la

couche de quelques centimètres de terreau, puis on remplit les

sentiers, mais à moitié seulement. Lorsque la couche a jeté son

premier feu, on prend les griffes d'Asperges, et, sans rien

retrancher de la longueur des racines, on les place sur la couche

les unes à côté des autres; on les laisse en cet état pendant

quelques jours, après quoi on coule un peu de terreau entre les

griffes, de manière à les recouvrir légèrement, puis on achève de

remplir les sentiers, et on les remanie au besoin. Pendant la nuit,

on couvre les panneaux avec des paillassons, et dès que les Asperges

commencent à pousser, il faut leur donner de l'air pendant le jour,

à moins que la température ne soit par trop défavorable. Au bout de

douze ou quinze jours, les Asperges commencent à produire, et l'on

coupe pendant tout le temps qu'elles donnent, c'est-à-dire pendant

trois mois environ.

Les graines d'Asperges mûrissent vers la fin d'octobre, et sont

bonnes pendant quatre ans.

AUBERGINE ou MÉLONGÈNE (_Solanum Melongena_).--Sous le climat de

Paris, on sème l'Aubergine vers la fin de décembre ou au

commencement de janvier, sur une couche dont la chaleur soit de 20 à

25 degrés. Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des

paillassons; quinze jours ou trois semaines après les semis, on

repique le plant en pépinière, mais sur une couche moins chaude que

la première; au bout de quelque temps, on le relève, pour le

repiquer une seconde fois avant de le mettre en place. Lorsque le

plant est repris et que l'état de la température le permet, on

commence à donner un peu d'air.

Dans le courant de mars, on prépare une dernière couche, dont la

longueur doit être proportionnée à la quantité de plants qu'on veut

cultiver; on place les coffres, on charge la couche de terreau, et

lorsque la chaleur de la couche est convenable (15 à 20 degrés), on

plante quatre Aubergines sous chaque panneau de 1m,33; on les prive

d'air pendant quelques jours, afin de faciliter la reprise des

plantes; après quoi, on commence à donner un peu d'air, soit par le

haut, soit par le bas des panneaux; puis on augmente progressivement

à mesure qu'on avance en saison, de manière à enlever les panneaux

et les coffres dans le courant de mai. Les autres soins consistent à

arroser au besoin, il nettoyer les feuilles qui sont attaquées par

les kermès.

Les graines d'Aubergine sont bonnes pendant sept ans.

=Variétés.=--Violette, -- blanche, -- panachée, -- géante.

BASELLE (_Basella_).--Plante grimpante, dont les feuilles remplacent

les Épinards. On sème en mars sur couche, et lorsqu'on n'a plus de

gelées à craindre, on repique en pleine terre, au pied d'un mur, à

bonne exposition.

La durée de la germination des graines de Baselle est de trois ans.

=Variétés.=--Baselle rouge, -- Baselle blanche.

BASILIC COMMUN (_Ocimum Basilicum_).--Plante annuelle, que l'on

emploie, ainsi que ses variétés, comme assaisonnement. Toutes se

sèment en mars, sur couche, pour être replantées en mai à une

exposition ombragée.

Les graines de Basilic se conservent pendant six ans.

BETTERAVE (_Beta vulgaris_).--On la sème à la fin d'avril ou au

commencement de mai, en lignes ou à la volée, en terre profondément

labourée et fumée de l'année précédente; puis, lorsque les plants

ont cinq ou six feuilles, on les éclairait de manière qu'ils se

trouvent à environ 0m,35 les uns des autres, et l'on en repique

dans les places où il en manque, opération qu'il ne faut faire que

par un temps pluvieux. Dans le courant de l'été, on leur donne

plusieurs binages, et vers la fin d'octobre ou au commencement de

novembre, on fait la récolte des racines, après en avoir coupé les

feuilles. On les met dans la serre à légumes ou dans une cave bien

saine; on peut en conserver ainsi jusqu'en mai.

Les graines de Betterave mûrissent en septembre et se conservent

bonnes pendant cinq ou six ans.

=Variétés.=--Rouge, -- rouge de Castelnaudary, -- rouge foncé de

Whyte, -- Turnep, -- jaune, -- jaune de Castelnaudary.

BOURRACHE (_Borrago officinalis_).--Plante dont on emploie les

fleurs pour orner les salades; elle vient dans tous les terrains, et

se sème en place au printemps et à l'automne.

La durée germinative des graines de Bourrache est de trois ans.

CAPUCINE GRANDE (_Tropæolum majus_).--On la sème en avril, au pied

d'un mur, à bonne exposition. On peut aussi la semer isolée, mais

alors il faut la ramer. On emploie les fleurs pour parer les

salades; les graines cueillies encore vertes se confisent au

vinaigre et remplacent les câpres.

La durée des graines de Capucine est de cinq ans.

CARDON (_Cynara Cardunculus_).--Il faut aux Cardons une terre douce

et profonde, ainsi que de fréquents arrosements en été. Ils se

multiplient de graines semées en avril sur couche, ou mieux en mai,

immédiatement en place. On fait des trous à 1 mètre l'un de l'autre,

on les remplit de terreau, puis on sème deux ou trois graines dans

chacun, et lorsqu'elles sont bien levées, on choisit le pied le plus

vigoureux, en supprimant les autres. Dans le cas où l'on aurait à

craindre les ravages des vers blancs ou des courtilières, il

faudrait, à la même époque, en semer en pots, afin de pouvoir

regarnir les places vides. Vers le mois de septembre, lorsqu'ils

sont assez forts pour être blanchis, on les empaille en fixant au

collet de la plante un lien fait avec de la litière, puis on

l'enroule de bas en haut, de manière à ne laisser voir que

l'extrémité des feuilles. Au bout de quinze jours ou trois semaines,

les côtes sont blanches, et doivent être consommées sur-le-champ,

sans quoi elles pourriraient; il ne faut donc les empailler que

successivement.

Avant les fortes gelées, on arrache les Cardons en mottes pour les

replanter l'un près de l'autre dans la serre à légumes, où ils

blanchiront sans couverture; mais il faut les visiter souvent et

enlever toutes les feuilles pourries. On peut par ce moyen les

conserver jusqu'en mars.

Les graines de Cardon mûrissent dans la première quinzaine de

septembre, et sont bonnes pendant sept ans.

=Variétés.=--Cardon de Tours, -- d'Espagne, -- Puvis, -- plein

inerme, -- à côtés rouges.

CAROTTE (_Daucus carota_).--Les premiers semis ont lieu sur une

couche, en décembre. On prépare une couche de 0m,35 à 0m,40

d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés; on place les

coffres, on charge la couche de 0m,15 de terreau, et, à moins de

froid rigoureux, on ne remplit les sentiers qu'à moitié. Lorsque la

chaleur de la couche est favorable, on sème la variété connue sous

le nom de _Carotte courte hâtive_ ou _de Hollande_.

On peut repiquer parmi les Carottes quelques Laitues petite noire,

ou semer un peu de Radis roses. Pendant la nuit, on couvre les

panneaux avec des paillassons; lorsque le semis est en bonne voie,

on remanie les réchauds, que l'on fait alors de toute la hauteur des

coffres. Ces Carottes sont ordinairement bonnes à récolter dans le

courant d'avril. Si, dans la seconde quinzaine de mars, le temps est

doux et qu'on ait besoin des panneaux qui couvrent les Carottes, on

peut les enlever, ainsi que les coffres; mais alors on récolte plus

tard.

En pleine terre, les premiers semis peuvent se faire dès le mois de

février, et être continués jusqu'en juillet, ce qui toutefois ne

peut avoir lieu que pour la Carotte courte hâtive; car, pour les

autres variétés, il ne faut pas dépasser le mois d'avril, afin

qu'elles puissent atteindre tout leur développement avant l'hiver.

Quelle que soit l'époque du semis, le terrain doit être bien

préparé, après quoi on sème à la volée. On herse légèrement à la

fourche, on foule le terrain, puis on étend une couche de terreau

sur chaque planche. On passe légèrement le râteau sur le tout, et

l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Lorsque les

Carottes sont levées, on éclaircit le plant, qui est presque

toujours dru si le semis a réussi.

En novembre, on coupe le collet de chaque Carotte; on les met en

jauge, puis on les couvre de grand fumier pendant les gelées, ou

bien on les dépose dans la serre à légumes, afin d'en avoir pendant

l'hiver. Dans les terres légères et saines, on peut se dispenser de

les arracher; il suffit de couvrir les plants de Carottes pendant

les gelées.

On récolte les graines de Carotte en août; leur durée germinative

est de quatre ans.

=Variétés.=--Rouge-courte de Hollande, -- demi-longue, -- longue,

-- d'Altringham, -- jaune longue, -- rouge pâle de Flandre, --

blanche, -- violette d'Espagne.

CÉLERI CULTIVÉ.--Variété à l'_Apium graveolens_.--On le sème sur

couche, mais à l'air libre, dès le mois de février; la graine doit

être très-légèrement recouverte. En avril, on plante en pleine terre

à environ 0m,33 de distance.

D'avril en juin, on sème en pleine terré à une exposition ombragée,

pour repiquer immédiatement en place. On favorise la germination des

graines par de fréquents bassinages, et s'il arrivait que le plant

fût trop dru, il faudrait l'éclaircir pour éviter qu'il ne

s'étiolât. En juin et juillet, on repique le plant en place. On

trace quatre rangs par planche de 0m,33 de largeur, puis on plante à

0m,33 de distance sur la ligne. Aussitôt après la plantation, on

arrose pour faciliter la reprise, et l'on continue jusqu'à ce que le

Céleri soit assez fort pour être blanchi, ce qui doit avoir lieu de

la manière suivante: on ouvre une tranchée de 1 mètre de largeur,

dont on jette la terre à droite et à gauche, après quoi on relève le

Céleri en mottes pour le planter dans la tranchée; on en met huit

par rang, puis on coule du terreau entre chaque rang, de manière

qu'il se trouve complétement enterré, sauf l'extrémité des feuilles.

Au bout d'une quinzaine de jours, il est ordinairement assez blanc

pour être récolté; mais, comme il ne se conserve pas longtemps après

ce terme, il ne faut en faire blanchir que successivement, de

manière à prolonger la récolte aussi longtemps que possible. Pendant

les gelées, on le couvre de litière, que l'on enlève toutes les fois

que la température le permet. Avec des soins, on peut en conserver

jusqu'à la fin de février.

=Variétés.=--Plein blanc, -- Turc, -- Cole's superb red, -- Plein

rose, -- violet, -- à couper.

_Céleri-rave._--Les semis peuvent avoir lieu en avril, en pleine

terre, à une exposition ombragée; mais il vaut mieux semer en

février sur couche, repiquer le plant sur couche; après quoi on le

met en pleine terre, après avoir retranché les grandes feuilles et

toutes les racines latérales. On arrose abondamment pendant l'été;

puis on retranche toutes les feuilles inutiles, en ayant soin de

ménager celles du coeur, opération qu'il faut recommencer aussi

souvent qu'il est nécessaire, afin de favoriser le développement du

tubercule. On arrache le Céleri-rave au commencement de l'hiver pour

le mettre en jauge, et on le couvre pendant les gelées; ou bien on

le rentre dans la serre à légumes après en avoir coupé les feuilles.

Ainsi traité, on peut en conserver facilement jusqu'en mars.

CERFEUIL (_Scandix cerefolium_).--On le sème presque toute l'année:

au printemps et à l'automne, au pied d'un mur et à une bonne

exposition, et pendant les chaleurs, à celle du nord.

_Cerfeuil frisé._--Cette variété n'exige rien de plus que le

Cerfeuil ordinaire; elle sert aux mêmes usages, et a sur ce dernier

l'avantage de ne pouvoir être confondue avec la _Ciguë_.

Les graines du Cerfeuil mûrissent en juin, et se conservent pendant

deux ans.

_Cerfeuil bulbeux_ (_Chærophyllum bulbosum_).--Le Cerfeuil bulbeux est

une plante alimentaire dont la racine ne dépasse pas les proportions

d'une petite Carotte de Hollande. Elle est très-féculente et d'une

saveur agréable.

On sème le Cerfeuil bulbeux en septembre, c'est-à-dire aussitôt

après la récolte des graines; autrement elles ne lèvent que la

seconde année, à moins qu'on ne prenne la précaution de les

conserver dans du sable jusqu'au moment de faire les semis, qui peut

alors n'avoir lieu qu'au printemps.

Après le semis, on recouvre la graine d'une bonne couche de terreau;

cela fait, le cerfeuil bulbeux ne demande plus aucun soin

particulier autre que les sarclages et les arrosements que réclament

tous les produits du potager.

Quelle que soit l'époque des semis, le Cerfeuil bulbeux est bon à

récolter en juillet.

On récolte la graine de Cerfeuil bulbeux en juillet. Elle n'est

bonne que pendant un an.

CHAMPIGNON COMESTIBLE (_Agaricus edulis_).--Le succès des couches ou

meules de Champignons dépend du choix, de la préparation des fumiers

et des soins à donner aux meules. Pour établir une meule à

Champignons, il faut prendre du fumier provenant des chevaux qui

font un travail pénible; car, étant renouvelé moins souvent, il est

plus moelleux, c'est-à-dire plus imprégné d'urine, et contient plus

de crottin que celui des chevaux de luxe.

On commence par déposer le fumier en tas, afin qu'il entre en

fermentation; puis, un mois après environ, on le reprend à la

fourche pour en former une couche (nommée planchée) d'environ 0m,65

d'épaisseur sur 1m,33 de largeur. On étend un premier lit, en ayant

soin de retirer les plus longues pailles, les liens et le foin, puis

de bien mélanger les parties sèches avec celles qui sont le plus

imprégnées d'urine; et pour former les bords de la couche on

retourne le fumier sur les côtés, de manière que les bouts se

trouvent en dedans. Dès qu'on a formé un lit de fumier, on le

mouille avec l'arrosoir à pomme, puis on le foule avec les pieds. On

refait un second lit, que l'on traite de la même manière, et ainsi

de suite jusqu'à ce qu'on soit arrivé à la hauteur indiquée. Huit ou

dix jours après, on remanie la couche, en commençant par un bout,

puis on la retourne de la même manière que la première fois, mais en

ayant soin de remettre au centre ce qui se trouvait sur les bords et

en dessus. Après l'avoir laissé encore fermenter huit ou dix jours,

le fumier doit enfin être bon à mettre en meule, c'est-à-dire être

gras sans être trop humide, et n'avoir plus que le degré de chaleur

qui convient à l'opération. Comme pendant l'été les orages font

souvent avorter le blanc, on ne commence à cultiver les Champignons

à l'air libre qu'en septembre; et à partir de cette époque, on

continue successivement jusqu'en décembre. Après s'être assuré de la

bonne condition du fumier, on commence à dresser les meules; elles

doivent avoir 0m,50 de largeur à la base et autant de hauteur. On

foule le fumier à mesure qu'on élève la meule, afin qu'elle éprouve

le moins de tassement possible. On la monte en dos d'âne, de telle

sorte qu'elle n'ait que 0m,10 de largeur au sommet. Pendant la durée

de l'opération, on a soin de bien affermir les côtés de la meule en

frappant légèrement avec le dos de la pelle, puis avec le râteau on

enlève les longues pailles qui dépassent de chaque côté. Si, après

avoir monté les meules, il survenait une pluie abondante, il

faudrait les envelopper d'une chemise (couverture de grande

litière), ce qui, par un temps favorable, ne doit avoir lieu

qu'après le gobetage des meules, opération dont nous parlerons plus

loin. Au bout de huit à dix jours, on s'assurera du degré de chaleur

au moyen d'un thermomètre à couche, et s'il ne marque pas plus de 15

à 18 degrés, on pourra larder la meule, c'est-à-dire qu'on

pratiquera sur ses deux côtés, à 0m,10 ou à 0m,15 du sol, selon

qu'il est sec ou humide, une rangée de petites ouvertures qui

doivent être faites avec la main, et à 0m,33 les unes des autres,

dans lesquelles on place le blanc[6] à fleur du flanc de la meule,

puis on appuie légèrement, afin de mettre le blanc en contact

parfait avec le fumier; mais, dans le cas où l'on craindrait qu'il

n'y eût encore trop de chaleur, on ne rapprocherait le fumier qu'au

bout de quelques jours. Si, huit ou dix jours après avoir lardé la

meule, on aperçoit de petits filaments blanchâtres qui commencent à

s'étendre sur toute la surface, on prendra de la terre légère et

maigre, salpêtrée autant que possible, on la passera à la claie et

l'on en étendra partout une épaisseur d'environ 0m,03 que l'on

appuiera légèrement avec le dos de la pelle, ce qu'on appelle

_gobeter_.

[Note 6: On appelle blanc de Champignons de petits filaments

blancs assez semblables à la moisissure et qui se forment dans le

fumier. On le trouve soit dans le fumier en tas depuis longtemps, où

il s'en forme souvent de très-bon, soit dans les vieilles couches à

Melons; à défaut, on peut en prendre dans une meule déjà en rapport,

mais où l'on n'aurait encore fait qu'une récolte. Placé dans un lieu

sec, le blanc de Champignons peut se conserver pendant deux ans.]

Dans le cas où l'on n'aurait pas remarqué les traces dont nous avons

parlé, il faudrait recommencer l'opération en remettant de nouveau

blanc dans des ouvertures pratiquées à côté des anciennes.

Si le temps est doux et sec, on rafraîchit la meule par de légers

bassinages; mais il faut bien se garder de lui donner trop d'eau à

la fois, car l'excès d'humidité détruirait les Champignons

naissants. Après avoir gobeté, on couvre la meule d'une chemise de

0m,05 à 0m,06 de grande litière (une couverture plus épaisse

pourrait faire de nouveau fermenter le fumier, ce qui détruirait

tout espoir de récolte), qu'on augmentera pendant les gelées et

suivant la rigueur du froid. Environ six semaines après, on

commencera à cueillir les premiers Champignons. Pour les chercher,

on relèvera la litière avec soin, et après les avoir cueillis, on

remplira les trous qu'ils occupaient avec de la terre de même nature

que celle qui a servi à gobeter la meule. Si l'on trouvait quelques

petites places où les jeunes Champignons eussent péri, il faudrait

enlever toute la partie détruite et remettre de la terre nouvelle.

Il faut en tout temps, même après avoir épuisé un côté de la meule,

la recouvrir soigneusement avec de la litière. Une meule peut

produire de trois à cinq mois en tout temps, mais mieux en été. On

peut établir ses meules dans une cave peu éclairée, et alors, vu

l'égalité de température qui règne dans ces localités, il devient

inutile de couvrir les meules de litière.

CHENILLETTE (_Scorpiurus vermiculata_), VERS (_Astragalus hamosus_).

LIMAÇON (_Medicago turbinata_).--Plantes annuelles indigènes de la

famille des Papilionacées, dont les fruits imitent des chenilles,

des vers ou des limaçons, et qui doivent être semées en place, en

avril et mai, à environ 0m,30 les unes des autres.

CHERVIS ou CHIROUIS (_Sium sisarum_).--Plante dont les racines,

charnues et très-sucrées, se mangent comme les Scorsonères. On la

sème au printemps ou en septembre, en terre franche bien meuble,

puis on bine et l'on donne de fréquents arrosements.

La durée germinative de la graine de Chervis est de deux ans.

CHICORÉES. _Chicorée sauvage_ (_Cichorium intubus_).--Avec les feuilles

naissantes de cette espèce on fait une salade fort estimée, que l'on

peut se procurer presque toute l'année en en semant sur couche dès le

mois de mars; puis en pleine terre, à partir du mois d'avril jusqu'à

l'automne. Si l'on veut faire avec les racines la salade appelée

_Barbe-de-capucin_, il faut, en avril, semer en rayons, et tous les

soins consistent à donner des binages et quelques arrosements; puis, à

l'approche des gelées, on arrache les racines, en les soulevant à la

fourche afin de ne pas les rompre. On les met en jauge de manière à les

avoir à sa disposition, et dans le courant d'octobre, époque à laquelle

on commence ordinairement ce travail, on prépare une couche d'environ

0m,40 d'épaisseur, dont la chaleur soit de 15 à 20 degrés. L'endroit le

plus favorable pour cette opération est une cave basse sans air ni

lumière. Lorsque la couche a jeté son premier feu, on réunit les racines

par bottes, mais seulement après en avoir enlevé avec soin les vieilles

feuilles et toutes les parties qui seraient susceptibles d'engendrer de

la moisissure; après quoi on les place debout sur la couche, puis on

bassine fréquemment avec l'arrosoir à pomme; mais, comme toujours, les

arrosements doivent être proportionnés à la chaleur de la couche; dès

que la Chicorée commence à pousser, les arrosements doivent être donnés

avec beaucoup de ménagement pour éviter d'engendrer la pourriture dans

l'intérieur des bottes. Ordinairement, au bout de quinze à dix-huit

jours la Chicorée est assez longue pour être récoltée. On peut

successivement en faire blanchir depuis le mois d'octobre ou de novembre

jusqu'en avril. On peut encore faire blanchir de la Chicorée en

enterrant des racines sur une couche recouverte de panneaux à cadres

pleins, afin d'intercepter la lumière, ou de panneaux ordinaires, que

l'on tiendra constamment couverts de paillassons.

Les graines de Chicorée sauvage mûrissent en septembre, et se

conservent bonnes pendant huit à dix ans.

_Chicorée frisée_ (_Cichorium endivia_).--Les premiers semis peuvent

avoir lieu en septembre sous cloches, mais à froid. À partir de

cette époque jusqu'en juin, on sème la Chicorée frisée ou d'Italie.

Dans les premiers jours d'octobre, on repique le plant également

sous cloches, et vers la fin d'octobre ou au commencement de

novembre, on plante la Chicorée sur terre, mais sous panneaux; on

donne de l'air aussi souvent que possible, et pendant les gelées on

couvre les panneaux dans la nuit. En janvier ou février, on sème sur

couche chaude et sous panneaux. La couche ne doit pas avoir moins de

20 à 25 degrés de chaleur, car pour obtenir du plant qui ne monte

pas, il faut que les graines germent en vingt-quatre heures,

n'importe l'époque; mieux vaut recommencer le semis que de repiquer

du plant qui aurait langui. Douze ou quinze jours après le semis, on

repique le plant en pépinière, pour le planter quinze jours ou trois

semaines après, toujours sous panneaux, mais sur une couche moins

forte. Dans la seconde quinzaine de mars, on peut commencer à

repiquer ses Chicorées en pleine terre, mais sous cloches ou sous

panneaux, qu'on enlève aussitôt que le temps est favorable. En

avril, mai et juin, on sème encore les Chicorées sur couche; mais

alors le plant peut être repiqué immédiatement en pleine terre. On

trace quatre rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on plante à

0m,40 de distance sur la ligne.

En juin et juillet, on sème la Chicorée de Meaux en pleine terre à

une exposition ombragée. Toutefois, dans bien des terrains, il

vaudrait mieux continuer de semer sur couche, mais à l'air libre.

Lorsque le plant est de force à être repiqué, on étend un bon

paillis sur chaque planche, puis on plante à la distance ci-dessus

indiquée, et l'on donne un bon arrosement pour faciliter la reprise;

les autres soins consistent à arracher les mauvaises herbes et à

mouiller au besoin. Lorsque les Chicorées sont suffisamment garnies,

on profite d'un temps sec pour relever les feuilles, qu'on lie avec

du jonc ou de la paille pour en faire blanchir l'intérieur; mais

comme elles blanchissent en peu de temps, il n'en faut lier qu'à

proportion de la consommation. Dès qu'elles sont liées, il ne faut

plus les arroser qu'au goulot, afin d'éviter de les mouiller, ce qui

pourrait les faire pourrir, et, dès les premières gelées, il faut

les couvrir avec des paillassons ou de la litière, que l'on enlève

toutes les fois que le temps le permet; puis, lorsque les gelées

augmentent, on les arrache et on les rentre dans la serre à

légumes, où on les enterre à moitié dans du sable: de cette manière

on en conserve jusqu'en janvier.

_Chicorée frisée de la Passion._--Cette intéressante variété que

nous devons à l'obligeance de M. Charvet, propriétaire à la

Cellette, près de Blois, est tout aussi rustique que la Laitue dont

elle porte le nom. Semée dans le courant du mois d'août, repiquée en

septembre et mise en place en octobre, la Chicorée frisée de la

Passion est bonne à récolter en mars et avril, époque de l'année où

les produits du potager sont généralement peu abondants. À ce titre,

la Chicorée frisée de la Passion peut être considérée comme une

bonne acquisition.

_Chicorée toujours blanche._--Cette variété n'est pas aussi répandue

qu'elle le mérite, car elle peut, et avec avantage, remplacer les

Épinards, surtout en été, époque où il est souvent difficile de se

procurer ce légume. On sème cette Chicorée en place et à la volée

pour être coupée toute jeune; on peut la semer sur couche ou en

pleine terre, depuis le mois de février jusqu'au mois d'août.

_Scarole._--La Scarole est une variété de Chicorée dont la culture

est tout à fait analogue à celle de la Chicorée de Meaux.

Les graines sont bonnes à récolter à la fin de septembre, et elles

se conservent pendant cinq ou six ans.

=Variétés.=--Frisée de Meaux, -- fine d'été ou d'Italie, -- de

Rouen, ou corne-de-cerf, -- de la Passion, -- toujours blanche,

-- sauvage, -- panachée, -- améliorée, -- Scarole ordinaire, --

blonde ou à feuilles de laitue.

CHOUX (_Brassica_).--Les choux demandent une terre un peu fraîche et

surtout bien fumée; car plus ils ont d'engrais, plus ils deviennent

gros. Ils sont très-nombreux en variétés, mais toutes peuvent se

rapporter à cinq races principales, savoir: 1º les _Choux cabus_ ou

_pommés_; 2º les _Choux de Milan_ ou _pommés frisés_; 3º les _Choux

verts_ ou _non pommés_; 4º les _Choux-raves_, et 5º les

_Choux-fleurs_ et _Brocolis_.

N. 1. _Choux cabus ou pommés._--Vers la fin d'août ou dans les

premiers jours de septembre, on sème les Choux cabus hâtifs. En

octobre, on repique le plant en pépinière le long d'un mur à bonne

exposition, pour le mettre en place vers la fin de novembre ou au

commencement de décembre, et en février ou mars dans les terres

froides ou humides. Si l'hiver est rigoureux, il sera nécessaire de

garantir le plant, soit avec de la litière, soit avec des

paillassons posés sur des gaulettes. Si, au printemps, il arrivait

que l'on manquât de plants, on pourrait en semer en février sur

couche et en mars sur plate-bande bien terreautée.

Les Choux cabus de seconde saison et les Choux cabus tardifs ne se

sèment ordinairement qu'en février ou mars; cependant on peut aussi

les semer dans le courant d'août. Quelle que soit l'époque du semis,

ces Choux doivent être repiqués immédiatement en place, à 50, 60 ou

80 centimètres les uns des autres, suivant les proportions que

doivent acquérir les variétés que l'on cultive; le terrain doit être

largement pourvu d'engrais: car il ne faut pas oublier que c'est

seulement à force de fumier et d'eau que l'on peut obtenir tout ce

que cette plante doit produire.

=Variétés.=--_Cabus hâtifs_, d'York, -- coeur-de-boeuf, --

pain-de-sucre.

_Cabus_ 2e _saison_, de Poméranie, -- de Winigstadt, -- Joannet,

-- de Schweinfurt.

_Cabus tardifs_, de Saint-Denis, -- de Hollande, -- vert de

Vaugirard, -- d'Allemagne dit Quintal, -- rouge foncé.

_Conservation des Choux cabus._--Comme les fortes gelées sont

très-préjudiciables aux Choux pommés, il faut, en novembre,

arracher tous ceux dont les pommes sont faites et les mettre en

jauge dans une planche, mais près l'un de l'autre et en ayant soin

d'en incliner un peu la tête. Lorsqu'il vient de fortes gelées, on

les couvre de litière ou de feuilles que l'on retire dès que le

temps est doux. Dans les terres légères, on peut enterrer la tête au

lieu des racines: de cette manière, les Choux peuvent se conserver

jusqu'au mois de mai sans couverture; il est bon cependant d'en

couvrir une partie, afin de pouvoir en arracher pendant les gelées.

N. 2. _Choux de Milan._--On les sème depuis la fin de février

jusqu'en juin, on les repique immédiatement en place comme les Choux

cabus. Plus rustiques que ces derniers, les Choux de Milan

supportent ordinairement l'hiver sans abris.

=Variétés.=--Hâtif d'Ulm, -- pied-court, -- Victoria, --

ordinaire, -- doré, -- pancalier, -- des Vertus, -- de Bruxelles.

N. 3. _Choux verts non pommés._--Nous les divisons en deux

catégories: ceux de la première sont à peu près les seuls cultivés

dans le potager; les autres sont cultivés en grand comme fourrage,

et quelques-uns comme plante d'ornement. On sème les premiers en mai

et juin, pour les planter en juillet et août; ils craignent peu le

froid, et sont même plus agréables à manger lorsque la gelée les a

attendris.

=Variétés.=--Chou à grosse côte, -- Chou à grosse côte frangé, --

Choux fraise-de-veau.

Ceux de la seconde catégorie se sèment en juillet et août, ou mieux

en mars et avril, et l'on repique le plant immédiatement à demeure;

mais on peut aussi semer en place, soit en lignes, soit a la volée.

Ces Choux donnent leurs produits en feuilles pendant tout l'hiver

et jusqu'à leur seconde année.

=Variétés.=--Cavalier ou Chou-arbre, -- Caulet de Flandre, --

branchu de Poitou, -- de grand Jouan.

N. 4. _Choux-raves._--Les premiers semis ont lieu vers la fin de

février, et peuvent se continuer jusqu'en juin; on sème sur une

plate-bande terreautée, pour plus tard mettre en place. Ces Choux

différent des autres par leur collet, qui est renflé et charnu, et

que l'on emploie en cuisine comme les Navets; mais, pour les avoir

bien tendres, il faut, en été, leur donner de fréquents arrosements.

=Variétés.=--Blanc ou de Siam, -- blanc hâtif, -- violet, --

violet hâtif.

Le _Chou-navet_, assez semblable au précédent, produit en terre une

tubérosité charnue de même saveur que le Chou-rave. On le sème en

place, en mai et juin, soit en lignes, soit à la volée; puis les

autres soins consistent à éclaircir le plant de manière que les

Choux se trouvent à environ 0m,40 les uns des autres. Ils craignent

peu la gelée, et, à moins d'un hiver rigoureux, on peut ne les

arracher qu'au fur et à mesure du besoin.

Les graines de Chou mûrissent en juillet; elles se conservent bonnes

pendant cinq ou six ans.

=Variétés.=--Chou-navet blanc, -- Rutabaga ou navet de Suède.

N. 5. _Choux-fleurs._--Ils sont beaucoup plus délicats que les

autres races de Choux, aiment une terre légère, bien fumée et

surtout beaucoup d'arrosements en été. On en cultive plusieurs

variétés, mais il est impossible de conseiller plutôt l'une que

l'autre, car les résultats tiennent uniquement à des causes

locales. Les premiers semis se font en septembre, sur une

plate-bande bien terreautée ou sur une vieille couche, pour être

repiqués, en octobre, en pépinière, sur un ados; et lorsqu'il gèle,

on pose des cloches ou des panneaux sur le plant. Il faut avoir soin

de donner de l'air tous les jours et aussi longtemps que la

température le permettra. Si, malgré cette précaution, il arrivait

que le plant avançât trop, il faudra l'arracher et le replanter pour

en retarder la végétation; puis, quand les froids deviennent

rigoureux, on entoure les cloches avec de la litière, et l'on couvre

le tout avec des paillassons; on découvre toutes les fois que le

temps le permet, et l'on donne de l'air. En décembre, on peut

planter une partie de ses Choux-fleurs sur couche et sous panneaux,

et entre eux quelques Laitues. Pendant la nuit, on couvre les

panneaux avec des paillassons, on arrose au besoin, et l'on donne de

l'air toutes les fois que la température le permet; puis, lorsque

les Choux-fleurs atteignent les vitraux, il faut avoir soin

d'exhausser les coffres; si dans la seconde quinzaine de mars, le

temps est favorable, on enlève les panneaux. Ces Choux-fleurs

produiront en avril et mai; en mars, on plantera l'autre partie en

pleine terre, et ils donneront depuis la fin de mai jusqu'en

juillet. On peut aussi semer sur couche, en février et en mars, et

peu de temps après on repique le plant également sur couche, pour le

planter en pleine terre vers la fin de mars ou au commencement

d'avril, et il produira en juin et juillet.

On sème les derniers Choux-fleurs en juin: c'est l'époque où l'on en

sème le plus et celle où la culture en est le plus facile: c'est

celle des Choux ordinaires, et tout le succès dépend de l'abondance

des arrosements, qui doivent être très-fréquents, surtout pendant

les premiers mois. Il faut semer à une exposition ombragée sur une

plate-bande bien terreautée; puis, lorsque le plant est assez fort,

on repique immédiatement en place. Ces Choux-fleurs produisent

depuis la fin d'août jusqu'en novembre; on peut même en conserver

jusqu'en février, et quelquefois jusqu'en avril. Pour cela, il faut

ne les couper que le plus tard possible, et surtout par un temps

bien sec, afin de ne les rentrer que bien ressuyés, car de là dépend

toute la durée de leur conservation.

_Conservation des Choux-fleurs._--Après avoir bien enlevé toutes les

feuilles de ses Choux-fleurs, on les dépose sur les tablettes de la

serre à légumes, ou bien, ce qui est encore préférable, on les pend

la tête en bas; et, comme en séchant ils se réduisent beaucoup, il

faut, la veille du jour où l'on veut les manger, rafraîchir le bout

du trognon et les mettre tremper dans l'eau fraîche pendant quelques

heures, en ayant soin d'éviter de mouiller la tête; ils ne tardent

pas à reprendre leur forme primitive, sans avoir rien perdu de leur

qualité.

On récolte la graine de Choux-fleurs en septembre. Sa durée

germinative est de cinq ans.

=Variétés.=--Tendre ou petit Salomon, -- demi-dur ou gros

Salomon, -- Lenormand, -- dur de Paris, -- d'Angleterre, -- de

Hollande.

_Chou brocoli._--On sème les Brocolis en mars, avril et mai, en

commençant par les variétés les plus hâtives. Lorsque le plant est

suffisamment fort, on le repique en pépinière, et plus tard on le

plante en lignes comme les Choux-fleurs.

Les variétés hâtives semées en mars sont bonnes à récolter en

septembre. Les autres donnent successivement pendant l'hiver et le

printemps.

Plus rustique que le Chou-fleur, le Brocoli peut supporter sans

souffrir quelques degrés de froid. Cependant, il est plus prudent

de relever les pieds en mottes à l'approche des gelées, pour les

replanter dans une tranchée sur laquelle on place des châssis ou des

paillassons.

La durée germinative de la graine de Brocoli est de cinq ans.

=Variétés.=--Blanc hâtif, -- blanc tardif, -- violet hâtif, --

violet tardif, -- Sprouting (cette dernière variété produit de

petites pommes comme le Chou de Bruxelles).

CHOU MARIN (_Crambe maritima_).--Le Crambé est un fort bon légume

dont on mange les feuilles naissantes, qu'on fait blanchir en

buttant le pied; il est rustique et d'une culture facile. Dans des

conditions favorables (c'est-à-dire dans un terrain sablonneux et

bien fumé), il produit pendant fort longtemps. Nous avons vu une

plantation de Crambés en plein rapport, qui depuis quinze ans donne

chaque année plusieurs récoltes. On le multiplie de graines semées

en place ou en pépinière peu de temps après la récolte; car les

semis d'automne réussissent généralement mieux que ceux de

printemps. On peut aussi multiplier les Crambés par boutures de

racines, mais le semis produit toujours, comme il est facile de le

comprendre, des plants plus vigoureux.

On plante les Crambés en automne ou au printemps. On trace alors

deux rangs dans Une planche de 1m,33 de largeur, et l'on plante à

0m,50 de distance sur la ligne. Chaque année, à l'automne, on enlève

les feuilles mortes, on donne un binage; puis on étend sur les

planches un bon lit de fumier à moitié consommé. Dès la seconde

pousse, on pourrait commencer à couper les feuilles des Crambés;

mais il est préférable d'attendre la troisième, car alors ils seront

dans toute la force de leur végétation, et on les conservera

beaucoup plus longtemps. On commence ordinairement à butter les

Crambés vers la fin de janvier ou au commencement de février; mais,

afin que tous ne donnent pas ensemble, on n'en butte qu'une partie,

et le reste quinze jours après, ce qui a lieu de la manière

suivante: on dépose sur chaque pied un tas de terreau (ou de terre

légère) d'environ 0m,20, et l'on recouvre le tout d'un bon lit de

fumier ou de feuilles, afin d'activer la végétation; un mois après

environ, lorsque l'extrémité des feuilles commence à paraître, on

les coupe rez terre, mais en ayant soin de ménager les yeux qui se

trouvent au collet de la plante, car sans cette précaution elle ne

repousserait plus. Après la récolte, on les butte de nouveau, et ils

donnent une seconde récolte souvent aussi abondante que la première.

Après la seconde coupe, on détruit les buttes, on étend une partie

du terreau sur les planches, et l'on enlève le reste. On peut aussi

forcer le Crambé sous panneaux, comme les Asperges: ce qui consiste

tout simplement à placer, en janvier ou février, des coffres et des

panneaux sur les Crambés, après les avoir buttés; à défaut de

panneaux à cadre plein, on peut utiliser les panneaux ordinaires, à

la condition de les tenir constamment couverts de paillassons. Pour

activer la végétation des Crambés, on peut entourer les coffres d'un

réchaud de fumier, car la chaleur ne nuit en rien à cette plante. On

peut même, comme cela se fait en Angleterre, placer pendant l'hiver

de fortes touffes de Crambés dans la serre à forcer, afin d'en avoir

de bons à récolter avant l'époque, ou donner ceux forcés sur place.

On récolte les graines de Crambé en août; elles se conservent bonnes

pendant trois ans.

CIBOULE COMMUNE (_Allium fistulosum_).--Les premiers semis ont lieu

dans le courant de février, en place et à la volée; et à partir de

cette époque, on peut continuer de semer successivement jusqu'en

juillet. Après le semis, on couvre les graines d'une légère couche

de terreau, et l'on arrose toutes les fois qu'il en est besoin. Pour

ne pas manquer de Ciboule en hiver, il faut en arracher en novembre,

la mettre en jauge, puis la couvrir de litière sèche pendant les

gelées.

Les graines mûrissent en août, et se conservent pendant deux ans.

_Ciboule vivace._--Elle se multiplie d'éclats au printemps ou à

l'automne.

CIBOULETTE. _Civette_ (_Allium Schoenoprasum_).--Cette plante se

multiplie par ses caïeux, que l'on sépare en février et mars pour

les planter en bordures. Elle est d'autant plus tendre et pousse

d'autant mieux, qu'on la coupe plus souvent.

Pour lui faire passer l'hiver, on la coupe au niveau du sol, puis on

la couvre de terreau.

CONCOMBRE (_Cucumis sativus_).--On sème les Concombres en janvier,

février et mars, sur couche chaude et sous panneaux. Lorsque les

cotylédons et les premières feuilles sont bien développés, on les

repique dans de petits pots, qu'on enfonce sur une couche chaude,

pour les planter quelque temps après également sur couche et sous

panneaux. Plus tard, lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on

peut planter les Concombres en pleine terre. Dans les terres

légères, faciles à s'échauffer, on peut même semer les Concombres en

place, dans de petites fosses remplies de terreau.

Comme les Melons, les Concombres doivent être taillés pour donner de

beaux fruits; ce qui doit avoir lieu comme il est indiqué à

l'article _Melon_.

_Concombre vert petit à cornichons._--On le sème au commencement de

mai sur couche et sous panneaux. Peu de temps après, on repique le

plant en pépinière également sur couche et sous panneaux. Dès qu'il

est repris, on commence à donner un peu d'air, afin de le fortifier,

et vers la fin de mai ou le commencement de juin, on le relève en

mottes pour le mettre en pleine terre à bonne exposition, à 0m,60 de

distance.

On peut aussi semer le Cornichon en pleine terre; plus rustique même

que les autres Concombres, il n'a pas besoin d'être taillé.

Dans les terrains naturellement humides, il faut, pour récolter de

beaux fruits, ramer les Concombres et les Cornichons, comme les Pois

et les Haricots, afin qu'ils ne posent pas sur le sol.

La durée germinative des graines de Concombre est de cinq ans.

=Variétés.=--Blanc hâtif, -- blanc gros, -- jaune long, -- vert

long anglais, -- de Russie, -- serpent.

COURGE POTIRON (_Cucurbita maxima_).--On sème les potirons en mars,

sur couche chaude et sous panneaux; en avril, on les repique en

pépinière également sur couche et sous panneaux. Quelques jours

après le repiquage, on commence à donner un peu d'air, afin de

fortifier le plant; et, en mai, on prépare des trous que l'on

dispose de manière que les Potirons soient au moins à 1m,65 les uns

des autres. On remplit les trous de fumier, que l'on couvre

d'environ 0m,15 de terreau. Si, après la plantation, il survient de

petites gelées blanches pendant la nuit, il faut couvrir les

Potirons avec des cloches, ou, à défaut, avec de la litière. Pendant

leur végétation, il faut les arroser abondamment, et les autres

soins consistent à pincer la première tige au-dessus du second oeil,

afin de favoriser le développement d'une ou de deux branches sur

chacun. Lorsqu'elles ont environ 1m,50 de longueur, on les marcotte,

ce qui consiste à coucher les branches en terre, afin qu'elles

produisent des racines; de cette manière, on obtient une végétation

beaucoup plus vigoureuse. Dès qu'un fruit est noué et jugé digne

d'être conservé, il faut pincer la branche qui le porte à deux ou

trois yeux au-dessus du fruit; et si l'on veut en obtenir de

volumineux, on ne doit en laisser qu'un ou deux sur chaque pied,

excepté sur celui de _Hollande_, variété dont les fruits sont moins

gros, mais d'excellente qualité; c'est même celui que l'on doit

réserver de préférence pour les provisions d'hiver; car, cueilli

avant les gelées et déposé sur les tablettes du fruitier ou de

l'orangerie, il se conserve souvent jusqu'en mars et avril.

Les Courges à la moelle, pleine de Naples, de l'Ohio, de Valparaiso,

de Barbarie, de Madère, des Patagons, le Giraumont turban et le

Pâtisson, se cultivent exactement comme le Potiron.

La durée germinative des graines de Courge est de cinq ans.

=Variétés.=--Jaune gros, -- d'Espagne, -- de Hollande, -- blanc,

-- de Corfou.

CRESSON DE FONTAINE (_Nasturtium officinale_).--Cette plante,

jusqu'à présent employée en cuisine comme salade et fourniture

seulement, peut aussi être préparée à la manière des Épinards, et

sous cette forme elle a une saveur fort agréable. La consommation du

Cresson est devenue tellement considérable que, dans un rayon

très-rapproché de Paris, des terrains très-étendus sont consacrés à

cette culture.

Ces cressonnières sont alimentées par des sources naturelles ou

artificielles, et disposées de manière à être submergées à volonté.

Le terrain est divisé par fosses larges chacune d'environ 3 mètres

sur 0m,40 à peu près de profondeur, séparées par des plates-bandes

élevées, destinées à divers genres de culture, tels que Artichauts,

Choux, etc. On multiplie le Cresson de graines semées au printemps,

ou mieux de boutures faites en août. Avant la plantation, il faut

bien unir le terrain; et s'il arrivait qu'il ne fût pas assez

humide, on y laisserait couler un peu d'eau. Une fois le terrain

bien préparé, on prend du Cresson, et on le place au fond des fosses

par petites pincées, à environ 0m,12 à 0m,15 l'une de l'autre. Au

bout de peu de temps, il est enraciné et couvre complétement le sol;

alors on étend sur toute sa surface une légère couche de fumier de

vache bien consommé; puis, au moyen d'une planche à laquelle on

adapte un manche placé obliquement, on comprime le tout légèrement;

après quoi, on introduit 0m,10 à 0m,12 d'eau, quantité bien

suffisante pour cette culture. En été, on cueille le Cresson tous

les quinze jours ou toutes les trois semaines. Pour le cueillir avec

plus de facilité, on pose une planche en travers de la fosse. Dès

qu'une fosse est récoltée, on la met à sec, et l'on étend de nouveau

un peu de fumier de vache, qu'on appuie avec l'instrument mentionné

ci-dessus, opération qu'il faut recommencer immédiatement après

chaque coupe. Quand une fosse a produit pendant un an, on la détruit

pour la replanter, comme nous l'avons indiqué précédemment, mais

seulement après avoir enlevé les vieilles racines et les débris de

fumier, qui forment une épaisseur assez considérable dans le fond.

On peut aussi en semer ou en planter sur le bord des cours d'eau,

comme il en circule souvent dans les jardins d'agrément. Les tiges

ne tardent pas à s'étendre, et l'on peut en couper chaque année

jusqu'aux gelées, pourvu qu'on le fasse assez souvent pour

l'empêcher de monter en graine.

La durée germinative des graines de Cresson de fontaine est de

quatre ans.

_Cresson de terre_, _Cresson vivace_ (_Erysimum præcox_).--Il peut

remplacer le Cresson de fontaine, dont il a tout à fait la saveur.

On le sème au printemps, en rayons, dans une terre franche, légère

et humide.

La durée germinative des graines de Cresson de terre est de trois

ans.

_Cresson alénois_ (_Lepidium sativum_).--Comme cette plante monte

très-vite en graine, on est obligé d'en semer très-souvent; les

semis se font en rayons, au printemps sur couche, et en été à une

exposition ombragée.

Les graines de Cresson alénois mûrissent en juin, et se conservent

pendant cinq ans.

=Variétés.=--Cresson alénois frisé, -- Cresson doré.

ÉCHALOTE (_Allium Ascalonicum_).--On ne la cultive avec succès que

dans une terre légère et substantielle, fumée de l'année précédente.

Elle se multiplie de caïeux plantés en février et mars, à 0m,08 ou

0m,10 de distance, et presque à fleur de terre, afin d'éviter

l'humidité, qui lui est très-préjudiciable. On choisit, pour

replanter, les Échalotes les plus minces et les plus allongées, car

ce sont celles qui produisent les plus belles bulbes. On les arrache

en juillet ou en août, lorsque les feuilles sont sèches, et on les

laisse deux ou trois jours au soleil, puis on les rentre dans un

lieu sec.

ÉPINARDS (_Spinacia oleracea_).--On les sème, en lignes ou à la

volée, depuis le mois de mars jusqu'à la fin d'octobre; et comme ils

restent peu de temps en terre, on en sème souvent parmi les plantes

nouvellement repiquées ou pour garnir les planches qui doivent être

employées à une autre culture environ un mois après. Les semis d'été

doivent se faire à une exposition ombragée; il faut arroser

fréquemment, pour les empêcher de monter.

Les graines d'Épinards mûrissent en juillet, et se conservent

pendant cinq ans.

=Variétés.=--Épinards de Hollande, -- d'Angleterre, -- de

Flandre, -- d'Esquermes, à feuilles de laitue.

ESTRAGON (_Artemisia dracunculus_).--On le multiplie de graines,

mais plus fréquemment par éclats des pieds, qu'on replante au

printemps à bonne exposition. On coupe les tiges à l'entrée de

l'hiver, et on couvre les touffes de quelques centimètres de

terreau.

FENOUIL (_Anethum feniculum_).--On en cultive plusieurs variétés;

mais, comme légume, le Fenouil doux est le plus estimé. On le

multiplie de graines que l'on tire d'Italie chaque année; celles

qu'on récolte dans nos jardins dégénèrent promptement. On sème, de

mars en juin, en place ou en pépinière, et on repique à 0m,40 de

distance; puis on donne des binages et de fréquents arrosements

pendant la sécheresse. Quand le Fenouil est assez fort, on le fait

blanchir à la manière du Céleri. On mange les racines et les jeunes

pousses.

La durée germinative des graines de Fenouil est de cinq ans.

FÈVE (_Faba vulgaris_).--On sème les premières Fèves en janvier,

sous panneaux (pour semer à cette époque, on prend de préférence la

Fève naine hâtive); en février, on les repique en rayons un peu

profonds, qu'on trace à 0m,35 les uns des autres; on les couvre de

litière pendant les mauvais temps, et lorsqu'elles ont quelques

centimètres de hauteur on donne un binage, puis on achève de remplir

les rayons, ce qui augmente la vigueur des plantes et des produits;

lorsqu'elles sont défleuries, l'on pince toutes les extrémités, afin

de forcer la séve à se porter vers le fruit. En février, on sème en

pleine terre, par touffes ou en rayons; et à partir de cette époque,

les semis peuvent être continués successivement jusqu'à la fin de

mai; enfin, quelle que soit l'époque des semis, les soins consistent

à donner quelques binages et à pincer l'extrémité des tiges, comme

nous l'avons précédemment indiqué.

La durée germinative des semences de Fèves est de six ans.

=Variétés.=--Naine hâtive, -- Julienne, -- de marais, -- de

Windsor, -- toujours verte, -- violette, -- à fleur pourpre, -- à

longue cosse.

FRAISIER (_Fragaria vesca_).--On multiplie les Fraisiers de graines

ou de filets, qui ne doivent être pris que sur du plant d'un an; car

ceux qui proviennent de vieilles touffes produisent beaucoup moins,

les fruits en sont moins beaux et de moins bonne qualité. On sème en

mars, à une exposition ombragée; on couvre les graines d'une légère

couche de terre fine, mêlée de terreau, et l'on entretient la

fraîcheur de la terre par des bassinages.

Dès que le plant a quatre ou cinq feuilles, on le repique en

pépinière, deux par deux, sur une vieille couche. Aussitôt après le

repiquage, on bassine avec l'arrosoir à pomme, ce que l'on continue

de faire suivant le besoin; et pendant quelques jours on garantit

les jeunes plants contre l'action du soleil avec un peu de litière,

qu'on étend bien légèrement.

Dans le commencement de juillet, on relève les plants en mottes pour

planter en pleine terre, à environ 0m,15 de distance l'un de

l'autre, et, comme après le premier repiquage, on protége la reprise

par de fréquents arrosements. Le résultat de ces repiquages est de

favoriser le développement d'une grande quantité de jeunes racines;

et plus les Fraisiers en sont garnis, plus ils deviennent

productifs. À partir de cette époque jusqu'au moment de les mettre

en place, on a soin de supprimer toutes les fleurs et les filets qui

se développent sur le jeune plant, et d'arracher ceux qui paraissent

dégénérer, ce qu'il est facile de reconnaître à leur vigueur et à

l'absence des fleurs.

Vers la fin de septembre, on donne un bon labour aux planches dans

lesquelles on doit planter ses Fraisiers; et si le terrain ne se

trouvait pas être de bonne qualité, il faudrait pour l'améliorer

n'employer que des engrais bien consommés: car lorsque les racines

des Fraisiers atteignent le fumier non consommé, les feuilles se

dessèchent successivement, et souvent les touffes périssent. Après

avoir bien préparé le terrain, on trace cinq rangs par planche de

0m,33 de largeur; puis on plante ses Fraisiers à 0m,35 de distance

sur la ligne, ce qui toutefois ne doit avoir lieu que pour les

Fraisiers des Quatre-Saisons, car pour ceux à très-gros fruits, tels

que le Fraisier Keen's seedling, on trace quatre rangs seulement, et

l'on plante à 0m,50 de distance sur la ligne; après quoi l'on

continue de couper les fleurs et les filets de chaque touffe avant

qu'ils soient enracinés, afin de concentrer sur chaque pied la force

de reproduction dont ils sont doués.

Au printemps, on donne un binage à chaque planche; dès que les

fleurs commencent à paraître, il faut couvrir la terre d'un paillis

un peu long, ce qui d'une part a l'avantage de conserver l'humidité

du sol, et de l'autre empêche les fruits de porter sur la terre. Les

arrosements doivent être faits avec les arrosoirs à pomme, au

printemps le matin, et le soir en été. L'année suivante, on continue

les mêmes soins; mais, comme au bout de quelques années les produits

dégénèrent, il ne faut pas conserver les Fraisiers plus de deux ans.

Cependant, dans un bon terrain, on peut les conserver trois ou

quatre ans, en ayant soin de les rechausser chaque année au

printemps avec de la terre neuve.

Les Fraisiers qu'on multiplie de filets doivent être plantés en

juillet, et comme ce que nous venons de dire pour les Fraisiers

provenant de graines est en tout applicable à ces derniers, nous

croyons inutile de traiter ce sujet plus longuement.

_Des Fraisiers forcés._--Les Fraisiers cultivés pour forcer sont: le

Fraisier des Quatre-Saisons, Keen's seedling, Princesse royale,

Marguerite Lebreton, Victoria Trolopp, Elton.

Dans le courant de janvier ou dans les premiers jours de février, on

pose des coffres, puis des panneaux, sur les planches des Fraisiers

qu'on veut forcer; on enlève la terre des sentiers qui entourent les

coffres jusqu'à environ 0m,45 de profondeur, après quoi on remplit

les sentiers de fumier, mais jusqu'au niveau du sol seulement, et

dans la première quinzaine de février on achève de les remplir. À

partir de cette époque, il faut avoir soin de les entretenir à la

hauteur des panneaux: pour cela, on rapporte du fumier au fur et à

mesure qu'il en est besoin. On couvre les panneaux pendant la nuit

avec des paillassons, et l'on donne de l'air au moment du soleil.

Vers la fin d'avril, on commence à donner quelques bassinages, si la

température l'exige, ce que l'on continue de faire au besoin. Les

Fraisiers étant ainsi traités, les fruits commenceront à mûrir dans

le courant d'avril.

Après la récolte, ou enlève les panneaux (qui peuvent encore servir

pour mettre sur les Melons), ce qui n'empêchera pas les Fraisiers,

ceux des Quatre-Saisons surtout, de fructifier jusqu'aux gelées.

Néanmoins, on peut également obtenir une seconde récolte des Keen's

seedling et autres variétés à gros fruits. Pour cela, il faut les

priver d'eau pendant quelque temps, afin d'en arrêter la

végétation; et lorsque les touffes sont presque fanées, on supprime

une bonne partie des feuilles, on les bine légèrement, puis on

favorise leur végétation par de bons arrosements. Dans les premiers

jours d'août, on aura une seconde fructification, tout aussi

abondante que la première.

Au lieu de détruire, après la récolte, les Fraisiers cultivés en

pots, comme on a l'habitude de le faire, on peut, dans le courant de

l'automne, retrancher les vieilles racines et renouveler la terre

des pots. Traités après cette opération comme les jeunes plants que

l'on renouvelle chaque année, ces Fraisiers donnent des fruits tout

aussi beaux et tout aussi abondants que les jeunes plants. Nous

avons vu à Tours, chez M. Bellanger, un de nos amis, des Fraisiers

soumis à ce traitement depuis quinze ans, dont la vigueur ne laisse

véritablement rien à désirer.

Depuis l'adoption du chauffage au thermosiphon, on a modifié la

culture forcée des Fraisiers. Ainsi, après avoir traité les

Fraisiers comme nous l'avons indiqué, vers la fin de septembre ou au

commencement d'octobre, on les relève en mottes pour les planter

dans des pots de 0m,15. On emploie pour l'empotage une bonne terre

douce, passée à la claie, et, aussitôt après la plantation, on place

les pots l'un à côté de l'autre dans un coffre, de manière à pouvoir

les garantir des grandes pluies et des gelées, en posant dessus des

châssis ou des paillassons; puis on les arrose pour en faciliter la

reprise, et, comme pour les pieds cultivés en pleine terre, on

supprime les filets et les fleurs au fur et à mesure qu'ils

paraissent. Dans le courant de janvier, on prépare les coffres à

recevoir les Fraisiers; puis on les place sur le sol, tous à côté

les uns des autres, ou sur un gradin sous lequel on fait circuler

les tuyaux du thermosiphon. Après avoir tout disposé, on bine la

terre des pots, on enlève les feuilles mortes, et l'on pose les

panneaux, que l'on couvre de paillassons pendant la nuit. Arrivé à

ce point, on commence à les chauffer, ce qu'il ne faut faire que

modérément et de manière à entretenir sous les panneaux une

température de 12 à 15 degrés, et, comme nous l'avons indiqué pour

les Fraisiers forcés en pleine terre, on bassine et on donne de

l'air toutes les fois que la température est favorable. On peut, par

ce moyen, avoir des fruits mûrs dès les premiers jours de mars.

Comme ceux de pleine terre, les Fraisiers forcés en pots sont

susceptibles de donner une seconde récolte; il suffit de les

dépoter, de les planter en pleine terre et de leur donner les soins

ci-dessus indiqués.

On divise les Fraisiers en plusieurs sections, qui contiennent

chacune un grand nombre de variétés. Nous indiquerons seulement

celles qui entrent le plus communément dans la culture.

La durée germinative des graines de Fraisiers est de trois ans.

=Variétés.=--Des Quatre-Saisons, -- Ambroisia, -- Amiral Dundas,

-- British Queen, -- Eleonor Myatt, -- Elton, -- Jacunda, --

Keen's sedling, -- Lucas, -- Marguerite Lebreton, -- Napoléon

III, -- Princesse royale, -- Sir Harry, -- Victoria Trolopp, --

Vicomtesse Héricart de Thury.

HARICOT (_Phaseolus vulgaris_).--On sème les premiers Haricots en

décembre, sur couche et sous panneaux; mais, comme à cette époque, il y

a souvent absence complète de soleil, ce qui est très-défavorable à ce

genre de culture, il est préférable de ne commencer ce travail que dans

le courant de janvier, et à partir de cette époque l'on peut continuer

jusqu'à la fin de mars. On sème sur couche et sous panneaux, et aussitôt

après le développement des cotylédons, on repique les Haricots en

pépinière, toujours sur couche et sous panneaux. Quelques jours après,

on prépare une couche d'environ 0m,50 d'épaisseur dont la chaleur soit

de 20 à 25 degrés; on pose les coffres, on charge la couche de 0m,12 à

0m,15 de terre légère, et l'on plante les Haricots.

On trace quatre rangs par coffre, et l'on plante à environ 0m,15 sur

la ligne; après quoi les soins à donner consistent à refaire les

réchauds de temps à autre, afin d'entretenir la chaleur nécessaire

dans la couche; à couvrir les panneaux pendant la nuit; à donner de

l'air toutes les fois que la température le permet; enfin, à

bassiner au besoin, surtout au moment de la floraison, afin

d'empêcher les fleurs de couler; et lorsque les Haricots ont environ

0m,25 de hauteur, on les couche vers le haut du coffre, puis on les

maintient dans cette position au moyen de petites tringles de bois

qu'on pose sur les tiges. Peu de jours après, l'extrémité des tiges

se relève (on peut alors enlever les tringles), mais la partie

inférieure reste couchée sur le sol. Ainsi traités, on commence

ordinairement à cueillir les premiers Haricots six semaines après le

semis.

C'est souvent à tort que l'on détruit les Haricots aussitôt après

qu'on en a récolté les premiers produits; car en les nettoyant avec

soin, opération qui consiste à enlever les feuilles mortes et les

fruits que l'on a trouvés trop petits pour être cueillis, ils

donneront au bout de quelque temps une seconde récolte aussi

abondante que la première.

On peut faire avec avantage l'application du chauffage par le

thermosiphon à la culture des Haricots sous panneaux. Il suffit

alors de préparer une couche très-mince dans le but seul de garantir

les Haricots de l'humidité du sol, puis on fait circuler les tuyaux

de l'appareil au-dessus de la couche; on entretient la chaleur de 15

à 20 degrés sous les panneaux; et comme l'on peut régler ce

chauffage à volonté, on découvre tous les jours, sans avoir égard à

l'état de la température, et l'on donne de l'air aussi souvent qu'il

est nécessaire, ce qui contribue puissamment au succès de

l'opération.

En avril, on semé encore sur couche, mais on repique en pleine terre

et sous cloches. On repique trois Haricots sous chacune; au bout de

quelques jours, on commence à donner de l'air, puis on enlève les

cloches lorsque les gelées ne sont plus à craindre et que la

température est favorable. Il va sans dire qu'on peut indifféremment

employer des cloches ou des panneaux.

On sème en pleine terre en mai; en terre légère, on sème dans la

première quinzaine du mois; mais en terre forte, dans la seconde

seulement, par touffes, ou mieux en rayons, car, par ce moyen, on

obtient une végétation beaucoup plus vigoureuse, et par conséquent,

des produits plus abondants. On trace des rayons d'environ 0m,05 de

profondeur à 0m,40 les uns des autres; après quoi, on sème les

Haricots un à un, à 0m,15 ou 0m,20 sur la ligne, puis on les couvre

d'environ 0m,02 de terre.

Pour semer par touffes, on fait des trous de 0m,05 à 0m,06 de

profondeur, disposés en échiquier, à 0m,40 les uns des autres; on

sème cinq ou six Haricots dans chacun, puis on les recouvre de la

même quantité de terre que ceux qui sont semés en rayons. Quelque

temps après, on donne un binage pour faciliter la levée des graines;

mais c'est seulement lorsque les Haricots sont bien levés qu'on

finit de remplir les trous ou les rayons. À partir de l'époque

ci-dessus indiquée, on peut semer des Haricots en pleine terre,

jusqu'à la mi-août, pour manger en vert (les Haricots qu'on cultive

particulièrement pour cet usage sont: le Nain de Hollande, le

Flageolet et le Bagnolet); mais, quand on veut récolter en sec, il

ne faut pas semer après le mois de mai, excepté pour quelques

variétés naines hâtives, que l'on peut encore semer dans la

première quinzaine de juin. On cultive encore un grand nombre de

variétés de Haricots, que l'on divise en deux catégories.

La durée germinative des semences de Haricots est de trois ans.

_Haricots à manger en vert ou écossés._--Nain de Hollande, h.

0m,30,--Noir de Belgique, h. 0m,35,--de Soissons nain, h. 0m,50.--de la

Chine, h. 0m,35,--Flageolet, h. 0m,35,--Fl. jaune, h. 0m,40,--Suisse

blanc, 0m,45,--S. gris, h, 0m,45--de Chartres, h. 1m,40,--de Soissons,

h. 2m,--Sabre, h. 2m,--Riz, h. 0m,60.

_Haricots sans parchemin ou Mange-tout._--Nain blanc, h. 0m,50,--Sabre

nain, h. 0m,50,--de Prague marbré nain, h. 0m,45,--Princesse nain, h.

0m,40,--Jaune du Canada, h. 0m,40,--Beurre nain, h. 0m,35,--Predomme, h.

1m,50,--Princesse, h. 2m,--Beurre 2m,50,--B. blanc, h. 2m,--de Prague

rouge, h. 2m,50,--de P. marbré, h. 2m,--de P. bicolore, h. 2m,50,--de

Villetaneuse, h. 2m.

IGNAME DE LA CHINE (_Dioscorea Batatas_).--Cette plante, dont

l'introduction en France date de 1848, a résisté à l'épreuve du

temps, sous laquelle ont succombé un grand nombre de plantes

nouvelles. Elle justifie de plus en plus les espérances fondées sur

les services qu'elle rend dans son pays natal, et l'on peut dire

maintenant qu'elle est digne à tous égards de figurer au premier

rang sur la liste de nos plantes potagères.

La saveur des racines tuberculeuses de l'Igname de la Chine diffère

peu de celle de la Pomme de terre; elles sont aussi riches en

fécule, et peuvent, comme la Pomme de terre, recevoir toute sorte

d'assaisonnements.

Ces racines sont annuelles; laissées en terre, elles s'atrophient

chaque année, mais seulement après avoir donné naissance à de

nouvelles racines, qui partent du collet de la plante.

On multiplie l'Igname de la Chine en plantant, en mars ou avril,

sans plus de soins que n'en exige la culture bien comprise de la

Pomme de terre, soit les bulbilles qui naissent dans les aisselles

des feuilles, soit les jeunes racines que produisent les bulbilles,

soit enfin le collet des racines destinées à la consommation. On

plante les Ignames de la Chine en lignes, à 0m,20 ou 0m,25 les unes

des autres, en tous sens. Dans les terrains siliceux, qui

conviennent mieux que tous les autres à la culture de cette plante,

la récolte des Ignames de la Chine peut être faite l'année même de

la plantation. Les frais d'arrachage ne dépassent pas sensiblement

alors ce que coûte ordinairement la récolte des Carottes longues,

par exemple. Néanmoins, pour obtenir de cette plante tout ce qu'elle

peut produire, il faut laisser les racines en terre pendant deux

ans. D'après ce que nous avons été à même de constater dans nos

propres cultures, le rendement en racines de l'Igname de la Chine

dépasse toujours de beaucoup la seconde année ce que la même étendue

de terrain aurait pu produire de Pommes de terre. Il en résulte que,

malgré les deux années de culture et les frais d'arrachage, cette

opération offre encore des avantages certains.

Bien que les tiges de l'Igname de la Chine soient grimpantes, elles

n'ont pas besoin d'être ramées, et l'on peut les laisser ramper sur

le sol. S'il arrivait même qu'elles prissent un trop grand

développement la seconde année, on pourrait sans inconvénient en

donner une partie aux bestiaux, qui les mangent avec plaisir comme

fourrage frais. L'Igname de la Chine est peu sensible au froid; sous

le climat de Paris, elle passe très-bien en pleine terre les hivers

ordinaires. Cependant, il est prudent d'arracher les Ignames de la

Chine dès que les tiges sont complétement sèches.

Placée dans les mêmes conditions que la Pomme de terre, l'Igname de

la Chine peut se conserver facilement cinq et six mois hors de

terre.

LAITUE (_Lactuca sativa_).--On en cultive deux races principales:

les Laitues pommées (_Lactuca capitata_) et les Laitues romaines

(_Lactuca romana_).

_Laitues._--On les divise en Laitues pommées, de printemps, d'été,

d'hiver, et à couper.

_Laitues de printemps._--Dans la première quinzaine d'octobre, on

sème la variété dite petite noire, sur un ados exposé au midi;

lorsque les cotylédons sont bien développés et que les premières

petites feuilles commencent à paraître, on place trois rangs de

cloches sur l'ados, et l'on repique sous chacune une trentaine de

plants; puis on élève ces Laitues sans jamais leur donner d'air.

Mais il n'en est pas de même pour les autres variétés, qu'on sème

dans la seconde quinzaine du mois: car lorsque le plant est bien

repris, ce qui se voit quand il commence à végéter, on donne un peu

d'air en soulevant les cloches d'environ 0m,03 du côté opposé au

vent. Au bout de quelques jours, on augmente progressivement, selon

l'état de la température, et afin de fortifier le plant. Il ne faut

rabattre les cloches que lorsqu'il gèle à 2 ou 3 degrés. Lorsque la

gelée devient plus forte, on garnit les cloches avec du fumier bien

sec, qu'on augmente en raison de l'intensité du froid.

On découvre les cloches au moment du soleil; mais on doit s'assurer

avant si le plant ne souffre pas de la gelée; car il faudrait alors,

au lieu de découvrir, augmenter la couverture et le laisser dégeler

graduellement.

Dans la première quinzaine de novembre, on plante sur couche (sous

panneaux ou sous cloches), et à partir de cette époque, on continue

successivement jusqu'à la fin de février. En mars, on plante en

pleine terre, à bonne exposition, toujours avec des plants pris sur

le même ados.

Vers la fin de février ou au commencement de mars, on sème sur

couche et sous panneau; et lorsque le plan est assez fort, on le

repique en planches que l'on aura eu soin de pailler avant la

plantation.

=Variétés.=--Crêpe ou petite noire, -- Gotte, -- Georges, -- À

bord rouge. -- Bigotte.

On sème aussi ces variétés en août et en septembre; on les plante

sur des vieilles couches, qu'on recharge de terreau, de manière

qu'elles se trouvent près du verre; mais c'est seulement quand il

gèle qu'on les recouvre de panneaux, et en ayant soin de leur donner

autant d'air qu'il est possible. On en conserve souvent jusqu'en

décembre.

_Laitues d'été._--On commence à en semer dès les premiers jours

d'avril, puis jusqu'en juillet, successivement tous les quinze

jours, afin d'en avoir qui se succèdent pendant toute la saison. Les

soins sont les mêmes que ceux que nous avons indiqués précédemment;

seulement, en raison de l'époque, les arrosements doivent être

beaucoup plus fréquents.

=Variétés.=--Blonde de Versailles, -- Bl. d'été, -- Bl. de

Berlin, -- Batavia blonde, -- Bl. brune, -- de Malte, -- Turque,

-- Impériale, -- verte de Gênes, -- grosse brune paresseuse, --

Palatine, -- rouge chartreuse, -- rousse à graine jaune, --

sanguine ou flagellée.

_Laitues d'hiver._--On commence à les semer en août, et l'on peut

continuer jusque vers le milieu de septembre. En octobre on les

plante dans une plate-bande, à bonne exposition, et on les garantit

des fortes gelées et de la neige en les couvrant avec de la

litière, qu'on enlève toutes les fois que le temps le permet.

=Variétés.=--De la passion, -- Morine -- Brune d'hiver.

_Laitues à couper._--On peut facilement en avoir presque toute

l'année, et en commençant à semer sur couche en janvier et en

février, puis en pleine terre dès le mois de mars successivement

jusqu'en novembre.

=Variétés.=--À pincer, -- Chicorée, -- Épinard.

_Laitues romaines._--On en cultive plusieurs variétés que l'on peut

classer, comme les Laitues pommées, en Romaines de printemps, d'été

et d'hiver.

_Romaines de printemps._--Dans la première quinzaine d'octobre, on

sème la Romaine verte hâtive, et dans la seconde, les Romaines

blonde et grise maraîchère; on traite le plant comme celui des

Laitues pommées cultivées à cette époque; seulement, dans le courant

de novembre, on relève le plant des Romaines vertes pour le

replanter immédiatement; mais alors on n'en place plus que douze ou

quinze par cloche.

Vers la fin de décembre ou le commencement de janvier, on commence à

planter sous panneaux ou sous cloches, et à partir de cette époque

on continue successivement jusqu'à la fin de février; en mars, on

plante en pleine terre, à bonne exposition.

_Romaines d'été._--On les cultive absolument comme les Laitues

d'été, à la seule différence que pour les faire blanchir, on lie

avec un ou deux liens de paille les variétés qui ne se coiffent pas

elles-mêmes. Cette opération ne doit avoir lieu que par un temps

sec, et dès lors il faut s'abstenir de mouiller les feuilles en

arrosant.

=Variétés.=--Alphange, -- Blonde de Brunoy, -- Monstrueuse, --

Panachée, -- Dorée, -- À feuille de chêne.

_Romaines d'hiver._--On les traite comme les Laitues d'hiver; et

pour semer à cette époque, on donne généralement la préférence à la

Romaine rouge d'hiver, variété très-rustique et supportant le mieux

les gelées.

Les graines de Laitues et de Romaines mûrissent en août, et elles se

conservent bonnes pendant cinq ans.

LENTILLES (_Ervum lens_).--Cette plante est plus cultivée en plein

champ que dans les jardins; on la sème en rayons en mars et avril.

Dans un terrain sec et sablonneux ses produits sont beaucoup plus

abondants que dans un terrain gras et humide; car alors elle végète

beaucoup, mais ne donne que très-peu de graines. La variété à

laquelle on donne généralement la préférence est celle de

_Gallardon_.

La durée germinative des semences de Lentille est de trois ans.

MÂCHE DE HOLLANDE (_Valerianella olitoria_).--Elle aime une terre

douce et bien fumée. On commence à en semer en août et jusqu'à la

fin d'octobre. On la sème à la volée; et après avoir hersé à la

fourche, on la recouvre légèrement avec le râteau, et l'on arrose si

le temps est sec. Celle qu'on a semée en octobre sera bonne au

printemps.

Il existe une nouvelle variété de Mâche à feuilles panachées, qui

peut être cultivée exactement de la même manière.

_Mâche d'Italie ou régence._--C'est une espèce à feuilles plus

larges, mais plus tardive; on en sème souvent parmi celle de

Hollande, de manière à prolonger la durée du semis.

Les graines de Mâche sont bonnes à récolter en juin, et elles se

conservent pendant quatre ou cinq ans.

MAÏS (_Zea maïs_).--Dans les jardins, on cultive particulièrement le

Maïs pour ses jeunes épis, que l'on fait confire au vinaigre comme

les cornichons ou pour manger cuits à l'eau comme les pommes de

terre. On le sème en mai en pleine terre, ou en avril sur couche,

pour le repiquer ensuite à 0m,60 de distance. Quand les plantes

prennent de la force, on les butte, et on retranche les bourgeons

qui viennent au pied.

La durée germinative des semences du Maïs est de deux ans.

=Variétés.=--Blanc hâtif, -- Quarantain, -- à poulets, -- sucré.

MELONS (_Cucumis Melo_).--La culture des Melons, sur laquelle il a

déjà paru beaucoup de traités, rarement écrits par des praticiens,

est on ne peut plus facile; cependant, dans nos pays elle exige des

soins assidus et intelligents, surtout pour ceux de première saison:

car alors on a à lutter contre les chances défavorables de la

température; et la bonne culture a une telle influence sur la

qualité des fruits, que, quoique placés dans des conditions bien

moins favorables, nos Melons cantaloups sont ordinairement

supérieurs en qualité à ceux des contrées méridionales, où ils sont

semés en plein champ et abandonnés à eux-mêmes.

Cette culture peut se faire de trois manières: sous panneaux, sous

cloches et en pleine terre.

_Melons sous panneaux._--On ne cultive sous panneaux que le

Cantaloup Prescott fond blanc et ses variétés.

Dans la culture de haute primeur on sème les premiers Melons dès les

premiers jours de janvier; mais, dans les cultures ordinaires, on

sème seulement dans les premiers jours de février.

On prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur, composée de

moitié fumier neuf, moitié fumier recuit.

On la charge de 0m,10 de terreau, de manière que le semis se trouve

peu éloigné du verre. On entoure le coffre d'un bon réchaud de

fumier, et lorsque la chaleur de la couche est favorable (25 à 30

degrés), on trace des rayons, on sème des graines, que l'on recouvre

légèrement; on tient les panneaux couverts de paillassons pendant

deux ou trois jours, jusqu'à ce que ces graines aient levé; après

quoi on découvre tous les jours, en ayant soin de recouvrir avant la

nuit. Quelques jours après la levée des graines, on commence à

donner un peu d'air par le haut des panneaux chaque fois que le

temps le permet, afin de fortifier le plant. Lorsque les cotylédons

sont bien développés, on prépare une autre couche, de même épaisseur

que la précédente, mais dont la longueur doit être proportionnée à

la quantité de plants que l'on veut repiquer; puis on la charge de

terreau. On place les coffres, on étend le terreau également, et

lorsque la chaleur de la couche est favorable, on choisit le plant

le plus vigoureux, et on le repique avec le doigt, comme on le

ferait avec un plantoir. On fait ordinairement dix rangs par coffre,

et l'on repique ses Melons à 0m,12 de distance sur la ligne, ayant

soin de les enfoncer jusqu'aux cotylédons; ou bien on enfonce des

pots de 0m,08 de diamètre sur la couche; on les emplit de bonne

terre douce mêlée de terreau, on la foule légèrement, et lorsque la

chaleur est favorable, on repique un pied de Melon dans chaque

pot[7]; et, dans ce cas comme dans l'autre, on tient les panneaux

couverts de paillassons pendant trois ou quatre jours, pour

faciliter la reprise du plant; après quoi on découvre tous les

jours, et l'on donne un peu d'air au moment du soleil.

[Note 7: Ces deux modes de repiquage sont encore pratiqués dans

la culture maraîchère. Cependant bon nombre de maraîchers ont

abandonné le repiquage en pot; car l'expérience prouve qu'un Melon

dont les racines sont contournées (ce qui arrive nécessairement aux

pieds repiqués en pot, si la plantation se trouve retardée de

quelques jours), doit végéter avec moins de vigueur que celui, qui

est repiqué sur couche, et dont les racines n'ont pas été gênées

dans leur développement.]

_Première taille._--Lorsque la tige primitive a trois ou quatre

feuilles, on la coupe au-dessus de la seconde feuille (_fig. 11_);

ensuite on supprime les cotylédons, dans la crainte que l'humidité

ne pourrisse ces organes et qu'ils ne gâtent la tige.

[Illustration: Fig. 11.--Melon, première taille.]

Dans la seconde quinzaine de février, on prépare des couches de

0m,60 d'épaisseur et 1m,33 de largeur, composées de fumier neuf, de

feuilles d'arbres et de marc de raisin; ou de fumier neuf et d'un

tiers de fumier provenant d'anciennes couches. On les charge

d'environ 0m,15 de bonne terre de potager mêlée de terreau; on place

les coffres, et après avoir bien étendu la terre dans les coffres,

on place les panneaux, on remplit les sentiers à moitié, et, quand

la couche a jeté son premier feu, on plante deux pieds de Melon sous

chaque panneau. Avant la plantation on fait un rang de trous sur le

milieu de la couche; puis, si l'on a repiqué sur couche, on lève les

plants avec une bonne motte, et l'on plante un pied de Melon dans

chaque trou, en ayant soin de l'enfoncer jusqu'aux premières

feuilles. Si l'on a repiqué en pot, on dépote le plant avec

précaution. Pour cela, on prend le pot de la main droite, on place

la main gauche sur la surface de la terre, de sorte que la tige se

trouve entre deux doigts. On renverse le pot, puis on frappe

légèrement sur le bord du coffre, et lorsque la motte est sortie du

pot, on plante le Melon comme nous l'avons indiqué. Aussitôt après

la plantation on donne un peu d'eau au pied; au moment du soleil,

on ombrage les panneaux avec un peu de litière, et pendant quelques

jours on s'abstient de donner de l'air.

Quelques jours après la plantation on entoure les coffres d'un bon

réchaud de fumier, et l'on achève de remplir les sentiers. Pendant

la nuit et par le mauvais temps on couvre les panneaux avec des

paillassons, puis on donne de l'air toutes les fois que la

température le permet.

[Illustration: Fig. 12.--Melon, deuxième taille.]

_Deuxième taille._--La première taille, c'est-à-dire le pincement de

la tige primitive, ayant déterminé le développement de deux branches

latérales, on en dirige une vers le haut du coffre et l'autre Vers

le bas; et lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille

au-dessus de la troisième ou quatrième feuille (_fig. 12_), suivant

la vigueur des pieds. Arrivé à ce point, et avant le développement

de nouvelles branches, on étend sur toute la couche un bon paillis

de fumier à moitié consommé.

_Troisième taille._--La seconde taille détermine le développement de

trois ou quatre branches sur chaque branche latérale. Pendant leur

végétation, on les dirige de manière qu'elles ne se croisent pas; et

lorsqu'elles ont environ 0m,33 de longueur, on les taille au-dessus

de la troisième feuille (_fig. 13_), sans avoir égard aux fleurs,

que l'on supprime, car les premières fleurs du Melon sont

ordinairement des fleurs mâles, qu'on nomme fausses fleurs; si par

hasard il se trouve quelques fleurs femelles nommées mailles, on

supprime aussi les branches où elles se trouvent, car alors les

plantes n'étant pas encore assez fortes, les fruits seraient

très-inférieurs à ceux qu'on obtiendra plus tard. Après la troisième

taille, on surveille avec soin le développement des nouvelles

branches; et lorsqu'on a de jeunes fruits noués, on choisit le mieux

fait; on pince la branche qui le porte à deux yeux au-dessus du

fruit, que l'on garantit avec les feuilles environnantes, de manière

qu'il ne soit pas atteint par les rayons directs du soleil, qui le

durciraient; puis l'on supprime immédiatement sur chaque pied tous

les autres fruits, afin de favoriser le développement de celui que

l'on a laissé, et l'on pince toutes les autres branches au-dessus de

la seconde feuille (_fig. 13_).

[Illustration: Fig. 13.--Melon, troisième taille.]

Comme il arrive quelquefois que le jeune fruit n'a pas une forme

régulière, ou bien qu'il allonge trop, dans ce cas on le supprime,

et l'on fait choix d'une autre maille. Enfin, quand il a atteint à

peu près sa grosseur, si les plantes sont vigoureuses, on choisit

sur chaque pied, parmi les fruits nouvellement noués, un second

fruit, mais en exigeant toujours les mêmes conditions que pour le

premier; après quoi on supprime tous les autres, ce qui fera un ou

deux Melons sur chaque pied. Les autres soins se bornent à couper

toutes les branches nouvelles au-dessus de leurs premières feuilles

et à supprimer l'extrémité des branches qui sortiraient du coffre.

Pour toutes les opérations qui obligent d'enlever les panneaux, il

faut choisir le moment de la journée où la température est la plus

douce, afin que le froid ne saisisse pas les Melons, qui sont

excessivement tendres. Lorsque les arrosements deviennent

nécessaires, on bassine avec l'arrosoir à pomme; mais à cette époque

il faut que l'eau qu'on emploie soit au même degré de température

que l'atmosphère dans laquelle on la répand, afin de ne point

retarder la végétation. Si les Melons poussent très-vigoureusement,

il est bon de ne pas arroser ou de ne leur donner que très-peu d'eau

avant qu'ils aient des fruits noués; car plus ils sont vigoureux,

moins ils sont disposés à fructifier. Chaque jour, au moment du

soleil, on donne de l'air aux panneaux, en ayant soin de les

soulever à l'opposé du vent. Il ne faut pas, autant que possible,

les habituer à être ombragés; il vaut mieux aérer davantage à mesure

que le soleil prend de la force. En effet, lorsqu'on a commencé, il

faut continuer, et avec beaucoup d'exactitude; car souvent il ne

faut qu'un rayon de soleil pour brûler les feuilles. On continue de

couvrir les panneaux toutes les nuits; et à partir de l'époque de la

plantation, il faut entretenir les réchauds à la hauteur des

panneaux et les remanier tous les mois environ, en ajoutant chaque

fois au moins la moitié de fumier neuf, afin d'entretenir la chaleur

de la couche; mais il ne faut pas refaire les réchauds dans toute

leur profondeur une fois que les Melons pousseront vigoureusement,

car ils ont des racines qui rampent presque à la superficie du sol;

et comme elles se développent rapidement, elles ne tardent pas à

pénétrer dans les sentiers; c'est pourquoi il faut s'abstenir de

toute opération qui pourrait en arrêter le développement.

Par ce traitement, les fruits de la première saison commencent à

mûrir dans la première quinzaine d'avril, et ceux semés en février

donnent en mai[8].

[Note 8: Un fait assez important à connaître est le point précis

de la maturité des Melons. À ce sujet, nous dirons qu'il n'est pas

toujours indispensable d'attendre la maturité complète pour récolter

un Melon; il suffit qu'il soit frappé, c'est-à-dire qu'il commence à

changer de couleur ou de teinte; lorsqu'il est arrivé à ce point, on

peut le cueillir, le déposer dans un lieu frais, où il achève de

mûrir sans rien perdre de sa qualité; par ce moyen, on peut

facilement prolonger la récolte. Bien qu'il ne soit pas toujours

facile de constater la maturité d'un Melon, nous dirons qu'on le

juge arrivé au point d'être mangé, lorsqu'il prend une coloration

jaune, qui devient assez intense dans les variétés de couleur

claire; lorsque la queue se cerne à son point d'insertion, comme si

elle allait se détacher; enfin lorsque le fruit répand une odeur

agréable, et qu'en pressant doucement l'ombilic (le point opposé à

la queue), on le sent fléchir sous le doigt. Les variétés à écorces

minces sont les plus faciles à distinguer; quant aux Cantaloups, ils

présentent plus d'incertitude.]

Les Melons de primeur sont au nombre des plantes qu'il est

avantageux de chauffer avec le thermosiphon, car une des

circonstances les plus défavorables à cette culture est l'absence du

soleil, ce qui a souvent lieu en janvier et février; et comme,

malgré la rigueur de la température, il est nécessaire de bassiner

les Melons, a cause de la chaleur de la couche, il arrive souvent

que l'atmosphère du châssis se charge d'humidité et que de

nombreuses gouttelettes d'eau se forment sur toute la surface

intérieure des panneaux; or, si la température ne permet pas de

donner de l'air, cet excès d'humidité occasionne la coulure des

fleurs. C'est dans cette circonstance qu'on peut apprécier l'effet

bienfaisant du thermosiphon. Comme on règle ce chauffage à volonté,

on peut donner de l'air toutes les fois qu'il est nécessaire. Par

ce moyen, les soins sont exactement les mêmes que ceux précédemment

indiqués; seulement on fait une couche beaucoup moins forte, et on

fait circuler les tuyaux de l'appareil au-dessous de la couche.

Dans la seconde quinzaine de février on sème une seconde saison de

Melons.

Comme à l'époque où ces Melons sont bons à planter la température

commence à être plus favorable, on ne fait plus les couches aussi

fortes, et il n'est plus nécessaire de refaire les réchauds aussi

souvent. Une quinzaine de jours après le repiquage, on choisit un

emplacement bien exposé au midi, mais où l'on n'ait pas cultivé de

Melons l'année précédente; car, pour que le succès de cette culture

soit plein et entier, il ne faut pas planter deux années de suite

sur le même terrain. On fait une première tranchée de 1 mètre de

largeur et de 0m,33 de profondeur; on dépose les terres à

l'extrémité du carré, c'est-à-dire à l'endroit où l'on doit faire la

dernière tranchée; puis on prépare une bonne couche d'environ 0m,66

d'épaisseur, composée, comme pour les Melons de première saison, de

fumier, de feuilles ou de marc de raisin. Ensuite on ouvre une

tranchée à 0m,66 de la première, et avec de la terre, si elle n'est

pas trop compacte, on charge la couche de 0m,15; on fait une couche

dans la seconde, et ainsi de suite jusqu'au bout du carré, où l'on

trouvera la terre de la première tranchée pour charger la dernière

couche.

Après cela, on laboure les sentiers, on place les coffres, on étend

la terre dans l'intérieur des coffres, on pose les panneaux, puis on

entoure les coffres d'un bon réchaud de fumier, et on remplit les

sentiers. Lorsque la chaleur de la couche est au point convenable,

on plante deux pieds de Melon sous chaque panneau et on leur donne

les mêmes soins qu'aux Melons de première saison.

_Melons sous cloches._--Pour planter sous cloches, on peut encore

semer les Melons cantaloups Prescott; mais beaucoup de jardiniers

préfèrent les Melons brodés, qui fructifient beaucoup plus. Vers la

fin de mars ou le commencement d'avril, on sème sur couches et sous

panneaux, en ayant soin d'observer tout ce qui a été indiqué pour

l'éducation du plant de première saison. Quelque temps avant la

plantation, on fait une tranchée de 0m,65 de largeur sur 0m,40 de

profondeur, puis on prépare une couche d'environ 0m,75 d'épaisseur.

On la bombe légèrement au milieu, et on la couvre d'un lit de bonne

terre mêlée de terreau. Lorsque la chaleur de la couche est

favorable, on plante ces Melons sur un rang et à 0m,66 les uns des

autres. Aussitôt après la plantation, on couvre chaque Melon d'une

cloche, que l'on enveloppe de litière pendant deux ou trois jours,

pour favoriser la reprise du jeune plant; pendant la nuit, on couvre

les cloches avec des paillassons. Dès que les Melons commencent à

végéter, on donne un peu d'air en soulevant les cloches pendant le

jour, puis on augmente graduellement jusqu'au moment de les enlever,

ce qui a lieu lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches,

mais ce qu'il ne faut faire que par un beau temps, car il vaudrait

mieux retarder cette opération que de les enlever par un temps

humide. À partir de l'époque ci-dessus indiquée jusqu'à la

Saint-Jean (du 20 au 25 juin), on peut successivement planter

plusieurs saisons de Melons sous cloches. L'éducation du plant, la

taille et les autres soins sont en tout conformes à ceux indiqués

pour les Melons cultivés sous panneaux.

_Melons sur buttes._--Nous allons maintenant donner la description

d'une méthode aussi simple que peu dispendieuse, récemment indiquée

par M. Loisel. Dans le courant de mai on élève sur le sol des buttes

en forme de cône, faites avec du fumier à moitié consommé, des

feuilles ou de la mousse. On leur donne environ 0m,50 ou 0m,60 de

diamètre à la base, 0m,60 de hauteur, et on les établit à environ 1

mètre l'une de l'autre. Les fumiers doivent être préparés comme pour

les autres couches, c'est-à-dire qu'il faut bien les mélanger, et

les mouiller s'ils sont trop secs; puis, à mesure qu'on les emploie,

il faut les fouler de manière que les buttes subissent le moins de

tassement possible; et, quelle que soit la nature des substances

employées pour construire ces buttes, il faut les couvrir d'environ

0m,15 de bonne terre, préparée comme nous l'avons indiqué

précédemment. On fait sur le sommet de chaque butte un petit trou

d'environ 0m,10 de diamètre, que l'on remplit de terreau fin; puis

on sème trois ou quatre graines dans chacun, pour ne laisser plus

tard que les deux pieds les plus vigoureux, ou bien, ce qui est

encore préférable, on plante des pieds tout élevés. Il faut, dans

ces deux cas, les couvrir aussitôt d'une cloche, que l'on enlèvera

lorsqu'elle ne pourra plus contenir les branches. Nous renvoyons,

pour les soins à donner et pour la première taille, à ce qui a été

dit à l'égard des Melons sous châssis. Avant d'enlever les cloches,

on binera légèrement la terre des buttes, en ayant soin de leur

conserver leur forme arrondie, ainsi que le terrain environnant,

puis on les couvrira complétement d'un paillis de fumier, que l'on

peut étendre à 1 mètre environ autour. Cette couverture a l'avantage

de maintenir la fraîcheur des arrosements. On visitera les buttes de

temps à autre. Les soins à donner consistent à faire descendre les

branches qui prendraient une mauvaise direction, à arracher les

mauvaises herbes à mesure qu'elles paraîtront; et lorsque les

branches seront arrivées à peu près au milieu de la butte, on en

pincera l'extrémité. Cette opération donnera naissance à de

nouvelles branches, qui se chargeront bientôt de fleurs et de

fruits; et comme elles atteignent promptement le bas de la butte, il

en faut couper une dernière fois toutes les extrémités, lorsqu'elles

commencent à ramper sur le sol. Une fois arrivé à ce point, tous les

soins se borneront à les arroser au besoin et à poser une tuile ou

un bout de planche sous chaque fruit, lorsque celui-ci sera arrivé à

peu près à moitié de sa grosseur. Outre l'économie que présentent

ces buttes, elles offrent l'avantage d'être plus facilement

pénétrées par les rayons solaires, ce qui est un point important

dans les cultures de ce genre. D'un autre côté, l'inclinaison des

branches est tellement favorable à la fructification, que chaque

butte peut facilement produire 10 ou 12 bons Melons dans le courant

de l'été; les premiers commencent ordinairement à mûrir dans la

seconde quinzaine de juillet, et continuent à donner des fruits

jusqu'en septembre.

On divise les Melons en trois races, dont nous allons indiquer les

meilleures variétés:

_Melons brodés._--Maraîcher.--Sucrin de Tour.--S. à chair

blanche.--Ananas d'Amérique,--d'Arkangel,--de Grammont,--de

Honfleur,--de Cavaillon.

_Melons cantaloups._--Orange.--Noir des Carmes,--de Vingt-Huit

Jours.--Prescott fond blanc.--Pr. fond gris.--Galeux fond vert,--de

Portugal.--Noir de Hollande.

_Melons à écorce lisse._--De Malte,--de M. à chair

rouge,--d'Hiver,--de Perse.[9]

[Note 9: Ces Melons, déposés dans un lieu sec, se conservent

sans altération jusqu'en janvier, et quelquefois plus longtemps.]

_Melons d'eau, Pastèques_ (_Cucurbita Citrullus_).--On les cultive

comme les Melons à cloches, à cette différence près, qu'on laisse

une plus grande quantité de fruits sur chacun.

La durée germinative des graines de Melons est de cinq ans.

NAVET (_Brassio Napus_).--Les navets viennent assez bien dans tous

les sols, mais ils préfèrent une terre douce et sablonneuse; ce

n'est même que dans un sol de cette nature qu'ils acquièrent une

bonne qualité. On les sème à la volée, depuis le mois de mai

jusqu'au commencement de septembre, et autant que possible par un

temps pluvieux. Lorsque le plant est assez fort, on l'éclaircit plus

ou moins, suivant la grosseur de la variété. Ceux que l'on destine

pour la consommation d'hiver doivent être semés en juillet et août.

On les arrache à l'approche des froids, et on leur coupe la fane,

afin qu'ils ne repoussent pas; puis on les met en jauge et on les

couvre de paille pendant les gelées; de cette façon on peut les

conserver jusqu'en avril. On en cultive un grand nombre de variétés,

que l'on divise en _Navets tendres_, _demi-tendres et secs_; pour

les premiers et les derniers semis, ce sont les tendres qu'il faut

prendre, comme étant les plus hâtifs.

Les graines de Navet mûrissent en juin, et se conservent bonnes

pendant cinq ans.

_Navets tendres._--Des Vertus.--Blanc plat hâtif.--Rouge plat

hâtif.--Boule de Neige.

_Navets demi-tendres._--Jaune de Hollande.--J. d'Écosse.--J. de

Malte.--J. de Finlande.--Rose du Palatinat.--Rond de Croissy.--Gris

de Morigny.

_Navets secs._--De Freneuse,--de Meaux,--de Berlin petit.--Jaune

long.

OIGNON (_Allium cepa_).--L'Oignon aime une terre douce et

substantielle, fumée de l'année précédente; on le sème à la volée

dans la seconde quinzaine de janvier, si le temps est favorable,

mieux en février et même en mars dans les terres fortes. Après le

semis, on herse et on foule le terrain; dans les terres légères, il

faut même affermir le sol avant de semer; puis on passe le râteau,

et on recouvre les graines d'une légère couche de terreau. Si le

temps est sec, on arrose de temps à autre, afin de favoriser la

germination; puis, lorsque les graines ont bien levé, on éclaircit

dans les places où le plant est trop épais, et l'on repique dans

celles où il en manque. Pendant leur végétation les Oignons

n'exigent d'autres soins que des binages et des arrosements, qu'il

faut même supprimer dès qu'ils commencent à tourner; assez

ordinairement, lorsqu'ils ont atteint leur grosseur, on abat les

fanes avec le dos du râteau, afin d'arrêter la circulation de la

séve au profit de l'Oignon. On récolte les Oignons vers la fin

d'août ou au commencement de septembre; après les avoir arrachés, on

les laisse sur le terrain pendant une quinzaine de jours, pour

qu'ils achèvent de mûrir, après quoi on les dépose dans un grenier.

Si l'on a soin de les étendre et d'enlever tout ce qui pourrait

engendrer de la pourriture, on peut en conserver jusqu'à la fin de

mai.

=Variétés.=--Rouge foncé, -- R. pâle, -- Jaune des Vertus, --

Souffré d'Espagne, -- pyriforme, -- de Madère.

On peut aussi les semer au mois d'août: par ce moyen, l'on a même

des Oignons deux mois plus tôt; mais il arrive souvent que beaucoup

montent à graine au printemps.

_Oignon blanc._--On le sème en pépinière et à la volée dans la

première quinzaine d'août, pour le repiquer en octobre, et vers la

fin du même mois pour repiquer en mars. En octobre dans les terres

légères, et en mars dans les terres fortes, on prépare le terrain

qu'on destine à la plantation de l'Oignon blanc. On trace 10 ou 12

rangs par planche de 1m,33 de largeur, et l'on repique les Oignons à

0m,10 de distance sur la ligne.

Dans les hivers rigoureux, il est prudent de couvrir le plant avec

de la litière. On commence à récolter les Oignons blancs vers la fin

d'avril ou au commencement de mai.

Si, par une circonstance imprévue, il arrivait qu'on manquât de

plant ou bien que la quantité fût insuffisante, on peut semer en

janvier ou en février sur couche et sous panneaux; on peut aussi en

semer en pleine terre en février et mars; ces Oignons produiront

beaucoup plus tôt que les autres variétés semées à la même époque.

=Variétés.=--Oignon blanc hâtif, -- Oignon blanc gros.

_Oignon d'Égypte_ ou _Rocambole_.--Il diffère des autres en ce qu'il

porte sur sa tige des bulbilles qui servent à le multiplier. On les

plante en mars, à 0m,12 les uns des autres, et chacun de ces

bulbilles produit un bon et gros Oignon, que l'on arrache lorsque

les feuilles jaunissent; on les dépose dans un lieu très-sec pour

servir à la consommation, en ayant soin toutefois de réserver le

nombre nécessaire pour la plantation, qui doit avoir lieu en mars

suivant. Chacun de ces Oignons monte en tige, et rapporte des

bulbilles que l'on conserve pour replanter à l'époque précédemment

indiquée.

_Oignon Patate._--On le plante en février ou plus tôt, si le temps

le permet, à 0m,30 ou 0m,40 de distance; pendant sa végétation on le

butte à plusieurs reprises, afin de favoriser le développement des

bulbes qui croissent au tour de l'Oignon mère.

On récolte les graines d'Oignons en août, et elles se conservent

pendant deux ans.

OSEILLE (_Rumex acetosa_).--On la multiplie au printemps par éclats

de pieds ou par graine, qu'on sème en rayons depuis mars jusqu'en

juillet. Après le semis on recouvre les graines d'une légère couche

de terreau, et l'on donne de fréquents bassinages: on en fait

ordinairement des bordures; mais, pour n'en pas manquer en été, il

faut aussi la cultiver en planches, auxquelles on donne de copieux

arrosements pendant la sécheresse.

On fait la dernière récolte vers la fin d'octobre; après quoi on

donne un binage, puis on étend un bon paillis de fumier à moitié

consommé sur chaque planche, ou bien, à la même époque, on relève

les touffes d'Oseille pour les mettre en jauge et les chauffer en

hiver.

À cet effet, on prépare une couche de 0m,35 à 0m,40 d'épaisseur,

dont la chaleur soit de 10 à 12 degrés; on place les coffres, et on

charge la couche de 0m,15 à 0m,20 de terreau; après quoi on plante

10 à 12 rangs d'Oseille par coffre. Pendant les gelées on couvre les

panneaux avec des paillassons; on donne de l'air aussi souvent que

possible.

On peut aussi forcer l'Oseille sur place. Pour cela, l'on pose des

coffres sur les planches, puis des panneaux. On creuse les sentiers

qui entourent les coffres, et l'on élève un réchaud de fumier, que

l'on remanie de loin en loin.

On commence à chauffer l'Oseille vers la fin de novembre ou au

commencement de décembre, et l'on peut continuer successivement

jusqu'à la fin de février.

Les graines d'Oseille mûrissent en juillet, et se conservent pendant

deux ans.

=Variétés.=--Vierge, -- de Belleville, -- de Frévent.

_Oseille Épinard._--On cultive sous ce nom la Patience des jardins,

_Rumex Patientia_. Cette plante a les feuilles grandes et allongées;

elle est d'une saveur plus douce que l'Oseille, et se multiplie

facilement, soit de graines semées au printemps, en place ou en

pépinière, pour être repiquées, ou bien par éclat des pieds. Il faut

les mettre. à environ 1 mètre l'un de l'autre.

La durée germinative des graines de Patience est de trois ans.

OXALIS CRÉNELÉE (_Oxalis crenata_).--Cette plante est d'une

multiplication et d'une culture très-faciles; elle produit un grand

nombre de petits tubercules, mais dont la saveur plaît généralement

peu. Les feuilles et les sommités des pousses peuvent être mangées

comme Épinards. On la multiplie par tubercules ou par boutures, que

l'on plante en avril et mai, à 1 mètre de distance; et dès qu'elles

ont poussé d'environ 0m,12, on commence à les butter au centre, afin

de forcer chaque jet à prendre une direction horizontale; puis, à

mesure qu'elles s'allongent, on les charge successivement de terre

jusqu'en septembre, époque où les tubercules commencent à se former.

À l'approche des gelées, on étend sur le terrain une couche de

fumier ou de feuilles, afin de ne faire la récolte que le plus tard

possible, car les tubercules grossissent jusqu'à une époque assez

avancée.

PANAIS (_Pastinaca sativa_).--Il leur faut une terre profonde et

substantielle. On peut les cultiver comme les Carottes, mais il faut

les éclaircir davantage, parce que les fanes sont beaucoup plus

larges; on peut les laisser en terre pendant l'hiver, car ils ne

craignent nullement les gelées.

La graine de Panais mûrit vers la fin d'août et n'est bonne que

pendant un an.

=Variétés.=--Panais long, -- Panais rond.

PATATE DOUCE (_Convolvulus Batatas_).--On cultive les Patates sur

couche et sous châssis, sur couche sourde et en pleine terre.

On les multiplie de graines, qu'on sème en mars sur couche et sous

châssis; mais comme on en récolte rarement, le plus souvent on les

multiplie de la manière suivante: dans les premiers jours de janvier

on fait choix de quelques tubercules parmi les mieux conservés; on

les dépose sur couche chaude et on les couvre de châssis sur

lesquels on étend des paillassons pendant la nuit; peu de temps

après ils entrent en végétation. Alors on les couvre de 0m,05 ou

0m,06 de terre légère, et à l'époque de la plantation, on détache le

plant du tubercule mère pour le planter immédiatement en place; ou

bien, lorsqu'on veut avoir du plant d'une reprise plus facile, on

enlève les jeunes pousses à mesure qu'elles ont atteint 0m,06 ou

0m,08 de longueur, on les repique dans des pots d'environ 0m,06 que

l'on enterre sur couche; on les couvre d'une cloche, après quoi l'on

bassine au besoin, et lorsque les boutures sont enracinées, ce qui a

lieu assez promptement, on commence à soulever un peu la cloche, et

l'on augmente graduellement pour l'enlever tout à fait lorsqu'elles

peuvent supporter l'air sans se faner.

1. _Patates sur couche et sous châssis._--Dans la première quinzaine

de février, on prépare une couche de 0m,60 à 0m,70 d'épaisseur,

moitié fumier et moitié feuilles. La hauteur de la couche doit être

calculée de telle sorte qu'après qu'elle aura été chargée d'environ

0m,25 de bonne terre mêlée de terreau, le tout ne soit pas à plus de

0m,10 du verre. Après avoir placé les coffres, on pose les panneaux,

et lorsque la chaleur de la couche est favorable, on plante les

Patates sur deux rangs et à 0m,60 de distance sur la ligne. En les

plantant, il faut avoir soin de bien étendre les racines; car si

elles étaient contournées, cela nuirait essentiellement à la

production des tubercules. Pendant la nuit, on couvre les panneaux

avec des paillassons, puis on remanie les réchauds de temps à autre,

afin d'entretenir la chaleur de la couche; on bassine au besoin et

l'on donne de l'air toutes les fois que le temps le permet. Comme en

grossissant il arrive souvent que les tubercules sortent de terre,

il faut avoir soin de les recouvrir de quelques centimètres de

terre. On peut récolter en mai ou juin au plus tard les Patates

ainsi traitées; on détache les plus grosses, et si l'on recouvre les

racines avec soin, elles ne continueront pas moins de végéter

jusqu'à l'automne. En septembre on suspend les arrosements, afin de

ne point prolonger la végétation, ce qui nuirait essentiellement à

la maturité des tubercules.

2. _Patates sur couche sourde._--Dans le courant d'avril, on prépare

une couche sourde d'environ 1 mètre de largeur sur 0m,50

d'épaisseur; on la recouvre de 0m,20 à 0m,25 de bonne terre légère

et substantielle, et vers la fin d'avril ou au commencement de mai

on plante les Patates sur un rang et à 0m,65 l'une de l'autre; on

couvre chaque pied d'une cloche sur laquelle on met un peu de

litière au moment du soleil; au bout de quelques jours on commence à

donner de l'air, en soulevant les cloches pendant le jour, et on

enlève celles-ci lorsqu'elles ne peuvent plus contenir les branches.

Pendant la végétation, les soins se bornent à arroser toutes les

fois qu'il en est besoin.

Vers la fin d'août ou au commencement de septembre, on trouvera des

tubercules bons à être consommés; mais c'est seulement dans le

courant d'octobre que l'on fait la récolte complète. Il faut la

faire avec beaucoup de précaution, car les Patates qui sont rompues

ou froissées pourrissent promptement.

3. _Patates en pleine terre._--En mai, on fait de 0m,60 en 0m,60

des trous de 0m,50 de largeur et de 0m,35 à 0m,40 de profondeur; on

remplit le fond de fumier, on le couvre d'environ 0m,20 de terre

légère et substantielle, et l'on plante trois Patates dans chaque

trou, en les disposant de manière qu'elles se trouvent à environ

0m,8 l'une de l'autre. On arrose, on recouvre d'une cloche, et l'on

ombre au besoin.

Dans les terres légères et saines, on peut, sous le climat de Paris,

cultiver les Patates simplement en pleine terre, sur buttes de 0,80

de hauteur ou par planches d'environ 1 mètre de largeur, dont on

recharge le milieu de manière à former un billon sur la crête duquel

on plante un rang de Patates. Après la plantation, on les garantit

des rayons brûlants du soleil jusqu'à une parfaite reprise, après

quoi tous les soins consistent à les arroser au besoin.

4. _Conservation des Patates._--Le procédé le plus simple pour

conserver les Patates consiste à déposer les tubercules dans un lieu

sec où la température, étant la plus égale possible, ne descende pas

au-dessous de 12 degrés. Par ce moyen, l'on peut facilement

conserver des Patates sans altération jusqu'en février et mars. On

peut aussi conserver les Patates sur place, comme le fait M.

Souchet, jardinier du château de Fontainebleau, en les couvrant avec

des panneaux vitrés et des paillassons, de manière à empêcher le

froid de pénétrer sous les panneaux.

=Variétés.=--Blanche, -- jaune, -- rose de Malaga, -- violette.

PERCE-PIERRE. _Bacille maritime_, _Fenouil marin_ (_Crithmum

maritimum_).--On la sème aussitôt la maturité des graines ou en

mars, sur couche, pour la repiquer au pied d'un mur, au midi ou au

levant; on la couvre de litière pendant l'hiver, parce qu'elle est

délicate et sensible aux gelées.

La graine de Perce-pierre ne conserve sa qualité germinative que

pendant un an.

PERSIL (_Petroselinum sativum_).--On le sème en rayons, depuis le

mois de février jusqu'en mai et juin; et pour, n'en pas manquer en

hiver, il faut le couvrir de feuilles ou de litière dès l'approche

des gelées. On peut aussi poser des coffres sur des planches

disposées à cet effet, puis on les couvre de panneaux; enfin, en

janvier ou février, on peut semer sur terre, mais sous panneaux; de

cette manière on a du jeune Persil dans la seconde quinzaine de

mars.

Les graines de Persil mûrissent en août, et elles se conservent

pendant trois ans.

=Variétés.=--Frisé, -- Nain très-frisé à grosse racine.

PIMENT (_Capsicum annuum_).--On le sème sur couche en février ou

mars, en avril sur plate-bande terreautée, pour le repiquer à la fin

d'avril ou au commencement de mai en pleine terre, à bonne

exposition.

La durée germinative de la graine de Piment est de quatre ans.

=Variétés.=--Long, -- rond, -- du Chili, -- doux d'Espagne, --

tomate.

PIMPRENELLE (PETITE) (_Poterium Sanguisora_).--On la sème au

printemps ou à l'automne; on en fait ordinairement des bordures qui

sont excessivement rustiques.

Les graines de Pimprenelle mûrissent en septembre, et elles se

conservent pendant deux ans.

PISSENLIT. _Dent de lion_ (_Taraxacum dens leonis_).--Cette plante

est peu cultivée, car on en trouve abondamment dans les prés;

cependant, quand les pissenlits sont semés au printemps, on les

obtient plus beaux et de meilleure qualité, surtout si l'on a soin

de récolter les graines sur les individus dont les feuilles sont les

plus larges. Indépendamment de la salade, qu'ils produisent vers la

fin de l'hiver, on peut en faire blanchir à l'automne. Il suffit,

pour cela, de les recouvrir de 0m,12 à 0m,15 de terreau bien

consommé; et dès qu'ils commencent à percer la couche de terreau, on

les coupe sur le collet de la racine.

La durée germinative des graines de Pissenlit est de deux ans.

POIREAU (_Allium Porrum_).--On commence à semer le Poireau vers la

fin de décembre ou le commencement de janvier, sur couche et sous

panneaux; vers la fin de février ou au commencement de mars, on

repique le plant en pleine terre et il la volée; vers la fin

d'avril, c'est-à-dire lorsque le plant est assez fort, on trace huit

ou dix rangs par planches de 1m,33 de largeur, et l'on repique le

Poireau à 0m,15 de distance sur la ligne. On arrache le plant

nécessaire à la plantation en éclaircissant le semis, et l'on

commence à consommer les pieds restés en place, ce qui donne à ceux

qu'on a repiqués le temps de se former. On peut aussi en semer en

juillet pour repiquer au commencement de septembre; puis, dans la

seconde quinzaine de septembre, on fait un dernier semis, et, comme

toujours, on sème à la volée, mais très-clair, car alors on ne

repique pas. Ce Poireau est bon à récolter en juin.

Les graines de Poireau sont bonnes à récolter en août, et elles ne

se conservent que pendant deux ans.

=Variétés.=--Court, -- long, -- monstrueux de Rouen, -- jaune du

Poitou.

POIRÉE BLONDE (_Beta vulgaris_).--On la sème en rayons, de mai en

août; et pour avoir toujours des feuilles bien tendres, il faut les

couper souvent et les arroser fréquemment pendant la sécheresse.

Pour n'en pas manquer en hiver, on peut, dès l'approche des gelées,

relever ses racines en motte, pour les planter sur couche; ou bien

on pose des coffres et des panneaux sur des planches disposées à cet

effet. On relève la terre des sentiers, puis on entoure les coffres

d'un réchaud de vieux fumier; ou donne de l'air aussi souvent que

possible.

La Poirée blonde peut au besoin être mangée comme épinards.

_Poirée à cardes._--On la sème en pépinière en mai et juin. Lorsque

le plant est assez fort, on le repique immédiatement en place. On

trace trois rangs par planche de 1m,33 de large, et l'on repique à

0m,50 de distance sur la ligne. Pendant la sécheresse on arrose

abondamment, afin d'avoir des cardes grosses et bien tendres.

Pendant les gelées on les couvre de litière, et c'est seulement au

printemps qu'on commence à les récolter.

Les graines de Poirée mûrissent en septembre, et se conservent

bonnes pendant cinq ou six ans.

=Variétés.=--À cardes blanches, -- à cardes rouges, -- à cardes

jaune, -- du Chili. La plus remarquable de toutes les Poirées à

cardes par le développement et la riche coloration de ses côtes.

POIS (_Pisum sativum_).--Au commencement de novembre, on sème les

premiers Pois sur terre, mais sous panneaux, pour repiquer le plan

également sous panneaux.

Dans le courant de décembre, on place les coffres qu'on destine à la

plantation et on enlève environ un bon fer de bêche dans chacun, de

manière à avoir 0m,45 à 0m,50 de profondeur sous les panneaux; l'on

dépose la terre dans les sentiers, ce qui sert à accoter les

coffres; après quoi on dresse le terrain, on passe le râteau, et

l'on trace dans chaque coffre quatre rayons d'environ 0m,08 de

profondeur, en ayant soin de les distancer également, mais de

manière à laisser plus d'espace vers le bas du coffre, qui est

naturellement la partie la plus humide. Une fois l'emplacement

préparé, et dès que le plant a 0m,08 ou 0m,10 de hauteur, on le

soulève, afin de ne point rompre les racines en l'arrachant, puis on

le repique par 3 ou 4 ensemble et à environ 0m,20 de distance sur la

ligne.

Lorsque les Pois ont 0m,20 à 0m,25 de hauteur, on couche toutes les

tiges vers le haut du coffre; et pour les maintenir dans cette

position, on les recouvre d'un peu de terre. Peu de jours après,

l'extrémité des tiges se relève et continue de pousser; ils ne

tardent pas à fleurir; alors on pince toutes les tiges au-dessus de

la troisième ou de la quatrième fleur, afin de les faire fructifier

plus promptement.

Pendant la nuit on couvre les panneaux avec des paillassons; on

donne de l'air toutes les fois que la température le permet, et l'on

fait quelques bassinages, ce qui doit avoir lieu avec beaucoup de

ménagement, afin de ne point déterminer une végétation trop

vigoureuse, qui nuirait essentiellement à la récolte.

Lorsqu'on a une bonne côtière et que l'on se trouve à court de

panneaux, on peut semer les pois sous cloches, vers la fin de

janvier et dans le courant de février; enfin, selon l'état de la

température, on les repique dans des rayons un peu profonds; puis on

les couvre de litière pendant le mauvais temps. Ces pois donnent

après ceux qui sont cultivés sous panneaux, mais beaucoup plus tôt

que les Pois semés en place en novembre et décembre.

_Pleine terre._--En pleine terre, les premiers semis ont lieu dans

la seconde quinzaine de novembre, dans une côtière du midi. On trace

des rayons un peu profonds et à 0m,25 les uns des autres. Après le

semis, on couvre les Pois de quelques centimètres de terreau; et

lorsqu'ils ont 0m,15 ou 0m,20 de hauteur, on donne un binage et l'on

remplit les rayons. Si l'hiver est rigoureux, on couvre les Pois

avec de la litière, qu'on enlève toutes les fois que la température

le permet; mais il faut s'assurer avant si les Pois ont souffert de

la gelée, car alors il faut, pour ne pas les perdre, les laisser

dégeler graduellement et ne les découvrir que si le temps se

radoucit. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut semer

successivement jusqu'en juillet pour manger en vert; pour récolter

en sec, il faut semer en mars. Quelle que soit l'époque du semis,

les soins consistent à donner quelques binages, à pincer l'extrémité

des espèces hâtives au-dessus de la troisième ou de la quatrième

fleur, afin de hâter la maturité, et à mettre des rames aux grandes

variétés. On cultive un grand nombre de variétés de Pois; nous ne

citerons seulement que les plus répandues, que nous placerons dans

leur ordre de précocité; toutefois, nous dirons que pour les semis

qui auront lieu en pleine terre avant le mois de février, il faut

prendre le Michaux ordinaire, car le Pois le plus hâtif est moins

rustique et pourrait souffrir de l'hiver; mais ce dernier, semé en

février, produit tout aussi tôt que le Michaux semé d'automne.

La durée germinative des semences de Pois est de quatre à cinq ans.

_Pois à écosser._--Carter, h. 0m,80.--Prince Albert, h. 0m,45.--Ridé

nain hâtif, h. 0m,25.--Michaux de Hollande, h. 0m,90.--M. de Ruelle,

h. 1m.--M. ordinaire, h. 1m,20.--Nain de Hollande, h. 0m,60.--N. à

châssis, h. 0m,20.--N. de Bretagne, h. 0m,36.--N. gros sucré, h.

0m,30.--N. vert anglais, h. 0m,46.--N. vert de Prusse, h. 0m,60.--N.

vert impérial, h. 0m,50.--Bishop à longue cosse, h. 0m,48.--Champion

d'Écosse, h. 0m,60,--de Clamart, h. 1m,30,--de Marly, h.

1m,35,--d'Auvergne, h. 1m,20;--à la moelle de Victoria, h.

1m,50.--Ridé ou de Knight, h. 1m,40.--R. vert, h. 1m,30.--Turc, h.

0m,85.

_Pois sans parchemin ou Mange-tout._--Nain, h. 0m,75,--à fleurs

blanches, h. 1m,65,--à fleurs rouges, h. 1m,60,--à cosse blanche, h.

1m,45,--à cosse jaune, h. 1m,20.--Géant, h. 1m,90.

POMMES DE TERRE (_Solanum tuberosum_).--On ne cultive ordinairement

dans les jardins que les variétés peu répandues ou recommandables

par leurs qualités et l'époque de leur maturité, car les autres

appartiennent essentiellement à la grande culture.

Les premières plantations de Pommes de terre peuvent avoir lieu, sur

couche et sous panneaux, vers la fin de janvier ou au commencement

de février. À cet effet, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur,

on l'entoure d'un réchaud, puis on la charge de 0m,20 de bonne

terre; on trace quatre rangs par coffre, après quoi on plante les

pommes de terre à 0m,33 de distance sur la ligne (la variété connue

sous le nom de Marjolin est la plus avantageuse pour planter à cette

époque); pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des

paillassons, et l'on donne de l'air aussi souvent que possible. Par

ce moyen, on peut avoir des Pommes de terre nouvelles dans la

première quinzaine de mars. On détache les plus grosses et l'on

recouvre les autres, qui peuvent être récoltées quelque temps après.

_Pleine terre._--En pleine terre, on plante les premières Pommes de

terre dans le courant de février. Le terrain destiné à la plantation

doit être labouré et fumé d'avance. S'il arrivait que l'on fût forcé

de fumer en plantant, il faudrait n'employer que des engrais à

moitié consommés. Pour planter les Pommes de terre, on fait

ordinairement des trous semblables à ceux dans lesquels on sème les

Haricots; seulement, ils doivent être plus profonds et plus

rapprochés les uns des autres que pour les Haricots.

Dans les terres humides et froides, au lieu de faire des trous pour

planter les Pommes de terre, on dispose la semence par rang sur le

sol, puis on fait une tranchée entre chaque rang, et, avec la terre

provenant de la fouille, on recouvre les Pommes de terre.

Quel que soit le mode de culture, la semence doit être choisie avec

soin, c'est-à-dire que les tubercules doivent être sains et d'une

maturité parfaite. Les plus gros peuvent être divisés.

Pour avancer l'époque de la récolte, on peut, comme le font beaucoup

de cultivateurs des environs de Paris, faire germer les Pommes de

terre avant de les planter, en les plaçant dans une pièce de

l'habitation.

Pendant l'été, les Pommes de terre doivent être binées plusieurs

fois, puis buttées lorsqu'elles sont arrivées au terme moyen de leur

développement. Cette opération, considérée comme inutile par les

uns, recommandée par les autres, est, on peut le dire, aussi

nécessaire dans les terres légères qu'elle peut être nuisible dans

les terres humides.

Depuis quelques années, des essais de plantations d'automne ont été

tentés dans le but de récolter les Pommes de terre beaucoup plus

tôt.

Malgré tous les soins apportés à cette opération, nous n'avons pas

trouvé jusqu'à présent de différence appréciable dans les résultats

de cette culture, comparés à ceux qu'on obtient en plantant au

printemps, et, à notre avis du moins, il serait préférable, plutôt

que de planter en automne, de rechercher les variétés hâtives qui

peuvent être récoltées avant l'époque où la maladie des Pommes de

terre commence à sévir.

On récolte dans la première quinzaine de juin les Pommes de terre

hâtives plantées en février; et, comme nous l'avons dit relativement

aux pieds cultivés sur couche, on détache seulement les plus

grosses, et l'on recouvre les racines avec soin, afin de prolonger

la récolte. À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on peut

planter successivement jusqu'à la fin de juin.

=Variétés.=--_Jaunes rondes._ Naine hâtive, Schaw, régent des

Cordillières. -- _Jaunes longues._ Marjolin, lapston kidney,

marjolin deuxième saison. -- _Rouges rondes._ Truffe d'août, de

Strasbourg, de Montreuil. -- _Rouges longues._ Pousse debout.

Vitelotte. Xavier. -- _Violettes._ Plate hâtive, -- de Vincennes,

-- Smith seedling.

POURPIER (_Portulaca oleracea_).--On le sème sur couche en février

et mars, et en pleine terre en mai et pendant tout l'été; il ne faut

presque pas recouvrir les graines; mais on doit les bassiner

assidûment jusqu'à ce qu'elles aient bien levé.

La durée germinative de la graine de Pourpier est de huit ans.

=Variétés.=--Pourpier vert, -- Pourpier doré.

RADIS (_Raphanus sativus_).--Les premiers semis ont lieu vers le 15

septembre, sur ados. S'il survient des froids pendant la nuit, on

couvre le plant avec des paillassons. En décembre, on sème sur

couche et sous panneaux; en février, on sème encore sur couche, mais

à l'air libre, puis en mars commencent les semis de pleine terre,

qui peuvent être continués jusqu'en automne. Pour avoir toujours des

radis bien tendres, il faut en semer souvent, et par conséquent en

petite quantité, ce qui fait que, sur couche comme en pleine terre,

on ne les sème ordinairement que parmi d'autres plantes. Les semis

d'été doivent autant que possible, être faits à l'ombre et arrosés

souvent, et pour cette époque on peut semer indistinctement toutes

les variétés; mais sur couche il faut semer de préférence le Radis

rose hâtif ou le rose demi-long.

=Variétés.=--Blanc hâtif de Hollande, -- violet hâtif, -- rose

rond hâtif, -- rose demi-long, -- rose demi-long à bout blanc, --

gris d'été, -- jaune ou roux.

RAVES.--On les cultive exactement de même que les Radis roses.

_Radis d'hiver, Raifort._--On les sème à la volée depuis le 1er juin

jusqu'au 10 juillet: comme on sème presque toujours trop dru, il

faut éclaircir le plant. Ces radis peuvent se conserver tout l'hiver

en les mettant en jauge et en les couvrant pendant les gelées, ou

bien en les déposant dans la serre à légumes.

=Variétés.=--Noir, -- rose de Chine, -- violet de Gournay.

_Radis serpent_, _Radis queue de rat_ (_Raphanus caudatus_).--Semés

pendant les mois de juin, juillet et août, à 1 mètre les uns des

autres en tous sens, ces Radis prennent en peu de temps un grand

développement et produisent une quantité prodigieuse de siliques que

l'on peut manger comme les Radis ordinaires, dont elles ont

exactement la saveur.

Les graines de Radis sont bonnes à récolter en août, et elles

peuvent se conserver pendant cinq ans.

RAIFORT SAUVAGE (_Cranson_, _Cochlearia armoracia_).--Les racines de

cette plante ont une saveur extrêmement piquante; après avoir été

râpées, elles peuvent remplacer la Moutarde. On le multiplie de

tronçons de racines à l'automne; mais ce n'est guère que la

troisième année que les racines sont de grosseur à être employées.

RAIPONCE (_Campanula rapunculus_).--On sème la Raiponce à la volée

en juin et juillet. Comme la graine est extrêmement fine, il faut la

mêler avec du sable ou de la terre fine et très-sèche, car sans

cette précaution le semis serait inégal ou trop dru. On ne recouvre

pas la graine; il suffit de passer le râteau, de fouler le terrain

très-légèrement, après quoi on étend sur le tout un peu de grande

litière, qu'on enlève aussitôt après la levée des graines, dont on

favorise la germination par de fréquents bassinages; assez

ordinairement on sème parmi la Raiponce un peu d'Épinards ou de

Radis, afin de protéger le jeune plant. C'est seulement en février

que l'on commence à récolter les Raiponces, et la récolte peut s'en

prolonger jusqu'à ce qu'elles montent en graines.

Les graines de Raiponce mûrissent en juillet et août, et elles se

conservent bonnes pendant cinq ans.

RHUBARBE (_Rheum_).--On cultive de la Rhubarbe dans les jardins pour

le pétiole de ses feuilles, avec lequel on fait d'excellentes

confitures, ou pour remplacer les fruits que l'on met quelquefois

dans les pâtisseries.

Elle se multiplie de graines semées aussitôt après la maturité, ou

mieux encore par la séparation des pieds, que l'on divise au

printemps, en ayant soin que chaque éclat soit au moins muni d'un

germe reproducteur; enfin, quel que soit le mode de multiplication,

on les plante à environ 1 mètre de distance, et tous les soins

consistent à couper les vieilles feuilles et à donner chaque année

un binage au printemps. On commence ordinairement à couper les

pétioles vers la fin de mai ou au commencement de juin.

On récolte les graines de Rhubarbe en juin, et elles se conservent

bonnes pendant trois ans.

=Variétés.=--Myatt's linnæus, -- Myatt's Victoria, -- prince

Albert.

SALSIFIS BLANC (_Tragopogon porrifolium_).--On le sème en mars,

avril et mai, en lignes ou à la volée, en terre profonde et

substantielle, fumée de l'année précédente. Si le temps est sec, on

bassine assidûment le semis, afin de favoriser la levée des graines;

si le plant est trop dru, on éclaircit, puis on donne quelques

binages.

On commence à récolter les racines en octobre, puis successivement

jusqu'au printemps. Pour n'en pas manquer en hiver, on en met en

jauge vers la fin de novembre, ou bien on les couvre sur place

pendant les gelées.

Les graines de Salsifis mûrissent en juillet, et elles ne sont

bonnes que pendant un an.

SARRIETTE DES JARDINS (_Satureia hortensis_).--On la sème au

printemps, après quoi elle se ressème tous les ans d'elle-même, sans

qu'il soit nécessaire de lui donner aucun soin.

_Sarriette vivace_ (_S. montana_).--On la multiplie de graines

semées au printemps, ou par éclats des pieds à la même époque.

Les graines de Sarriette se conservent bonnes pendant trois ans.

SCORSONÈRE D'ESPAGNE OU SALSIFIS NOIR (_Scorzonera Hispanica_).--On

la sème soit en août, soit en mars et avril, en ligne ou à la volée:

les soins à donner sont exactement les mêmes que ceux qui sont

indiqués pour le Salsifis blanc; seulement, comme elle monte en

graines la même année, dans le courant de juillet on coupe les tiges

rez terre; et comme rarement les racines acquièrent dès la première

année la grosseur suffisante pour être mangées, il faut recommencer

cette opération l'année suivante. On commence à récolter les racines

en octobre, puis successivement jusqu'au printemps.

On récolte les graines de Scorsonère vers la fin de juillet sur les

individus de deux ans, et elles se conservent bonnes pendant deux

ans.

TÉTRAGONE ÉTALÉE ou ÉPINARDS D'ÉTÉ (_Tetragonia expansa_).--Cette

plante peut très-bien remplacer l'Épinard pendant l'été, car elle

en a complétement la saveur. On la sème sur couche en février et

mars, après avoir fait tremper les graines, et lorsqu'on ne craint

plus les gelées, on repique le plant en pleine terre à environ 0m,60

de distance en tous sens. Dès que les tiges commencent à couvrir le

sol, on coupe les feuilles et l'extrémité des jeunes pousses.

Les semences mûrissent en automne, et elles se conservent bonnes

pendant cinq ans.

TOMATE ou POMME D'AMOUR (_Solanum lycopersicum_).--On sème les

premières Tomates, dès le mois de septembre, et en pots, que l'on

dépose dans la serre à Ananas, ou sur couche et sous panneaux, pour

les planter sur couche en janvier. Plantées à cette époque, les

fruits commencent à mûrir dès les premiers jours de mai. En janvier

on sème sur couche et sous panneaux; et lorsque le plant est assez

fort, on le repique en pépinière également sur couche et sous

panneaux. Quelques jours après la plantation, on commence à donner

un peu d'air, afin de fortifier le plant. En février ou mars, on

prépare une seconde couche de 0m,50 d'épaisseur, dont la chaleur

soit de 20 à 25 degrés; on la charge de 0m,25 de terreau, après quoi

l'on plante quatre pieds de Tomates sous chaque panneau. Pendant la

nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons, on bassine au

besoin, on donne de l'air au moment du soleil; et lorsque les

plantes commencent à se développer, on fait choix de deux branches

sur chacune, puis on les abaisse de manière à empêcher qu'elles ne

touchent à la surface intérieure des panneaux. Pour les maintenir

dans cette position, on les attache à de petits piquets qu'on

enfonce dans la couche à une certaine distance du pied; puis on

supprime les autres rameaux; et lorsque les plantes sont

suffisamment garnies de fleurs, on pince l'extrémité de toutes les

branches.

À partir de cette époque on supprime avec soin tous les nouveaux

bourgeons, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille

complétement sur les fruits, afin d'avancer la maturité. On sème

encore des Tomates en février et mars, et lorsque le plant est bon à

planter, on prépare une couche de 0m,40 d'épaisseur et de 0m,80 de

largeur. On la charge de 0m,25 de terreau, on trace deux rangs, et

l'on plante les Tomates à 0m,80 de distance sur la ligne. On met une

cloche sur chacune et l'on donne de l'air toutes les fois que le

temps le permet; puis on enlève les cloches dès que les gelées ne

sont plus à craindre. Lorsque les plantes commencent à se

développer, on choisit trois ou quatre branches sur chacune, on les

attache à un échalas, et l'on supprime les autres; puis,

lorsqu'elles ont atteint 0m,75 à 1 mètre de hauteur, on en pince

toutes les extrémités, si toutefois les plantes sont garnies de

fleurs, car dans le cas contraire on ne les rabat que lorsqu'elles

sont plus élevées, et, comme nous l'avons indiqué précédemment, on a

soin d'enlever tous les nouveaux bourgeons; on supprime quelques

feuilles, et quand les Tomates commencent à rougir, on effeuille

complétement sur les fruits.

Pour planter en pleine terre, on sème en février et mars, également

sur couche et sous panneaux; on repique le plant en pépinière, et

lorsque les gelées ne sont plus à craindre, on relève le plant en

motte pour le mettre en pleine terre.

On trace deux rangs par planche, et l'on plante les Tomates à 0m,80

de distance sur la ligne. On arrose abondamment pendant les

chaleurs, après quoi la taille et les autres soins sont en tout

semblables à ceux que nous avons précédemment indiqués.

Les graines de Tomates se conservent bonnes pendant cinq ans.

=Variétés.=--Rouge hâtive, -- rouge grosse, -- à tige raide ou

monstrueuse, -- jaune, -- poire, -- cerise.

_Serre à légumes._--On n'a pas toujours un lieu convenable pour

serrer ses légumes, et l'on est souvent obligé d'accepter un hangar

incommode ou bien une cave humide et mal aérée, où les plantes

potagères ne peuvent être conservées sans altération.

Dans une circonstance semblable, il n'y a rien à faire, et il faut

se résigner à ne garder que de petites provisions; mais quand on

peut disposer d'une cave spacieuse, privée de lumière, et dont l'air

peut être renouvelé à volonté par des portes ou des soupiraux, on se

trouve dans les conditions les plus favorables pour conserver les

légumes.

La serre à légumes doit être divisée en plusieurs compartiments,

dans lesquels on dépose par lits les végétaux qu'on veut conserver,

en ayant soin de mettre un peu de sable ou de terre sèche entre

chacun. Cette méthode convient aux plantes à racines; quant aux

Choux, Choux-fleurs, Cardons, Chicorée, etc., il faut les arracher

avec leurs racines et les planter dans le sable à un intervalle

suffisant pour éviter un contact qui engendrerait la pourriture.

On peut par ce moyen conserver jusqu'en avril et mai des légumes de

l'année précédente.

CHAPITRE XII

Maladies des Plantes potagères.

La connaissance des maladies qui attaquent les plantes potagères est

d'une mince importance, d'autant plus que rarement on peut y porter

remède, et que la nature seule peut amener la guérison.

Chaque fois qu'un végétal se trouve dans un état pathologique par

suite d'influences ambiantes défavorables qui ont développé en lui

un état morbide, et que ses tissus ne jouissent plus d'assez

d'énergie vitale pour lutter contre le mal, la désorganisation

commence, et l'unique moyen de guérison est un redoublement de soins

pour rendre au végétal sa vigueur première.

Les parasites qui croissent sur les végétaux malades ne sont pas la

cause du mal; ils en sont tout simplement l'effet. À quoi bon alors

savoir que le _Puccinia Asparagi_ croît sur l'Asperge, le

_Sclerotium varium_ sur le Chou; plusieurs espèces d'_Uredo_ sur le

Céleri, le Haricot, la Pimprenelle et le Poireau; le _Botrytis

effusa_ sur l'Épinard; le _Fusisporium_ sur le Melon; l'_Acrosporium

monilioides_ sur l'Oignon; l'_Erysiphe communis_ sur les Pois; le

_Botrytis infestans_ sur la Pomme de terre, etc.?

Ce sont là, nous le répétons, des effets et non des causes.

Dans les saisons froides et humides, à des expositions défavorables,

par suite de l'absence de soins et de précautions, les végétaux

souffrent et tombent malades; mais avec de l'eau, du fumier et des

abris, on peut prévenir tout ce mal, qu'on ne pourrait pas réparer

une fois qu'il existerait.

CHAPITRE XIII

Jardin fruitier.

Les personnes pour lesquelles nous écrivons ce livre ayant rarement

un jardin fruitier distinct du potager, nous n'avons pas cru devoir

donner des dispositions spéciales pour le verger; nous nous sommes

borné à réunir toutes les notions qu'il importe de posséder pour

tirer un parti avantageux de ses arbres fruitiers.

Ce chapitre contient les principes généraux de plantation, de

taille, d'ébourgeonnage et de palissage, sans avoir égard aux

différences qui existent entre les arbres de diverses sortes. Nous

traiterons dans des articles spéciaux des soins qu'il convient de

donner à chaque espèce en particulier.

§ 1.--Plantation.

Le succès des plantations dépend de plusieurs conditions qui,

malheureusement, ne sont pas assez observées. La première est de se

rendre compte de la nature du sol, ce qui devra guider pour le choix

des arbres; car un arbre greffé sur un tel sujet languira dans un

terrain où il aurait, au contraire, prospéré, s'il eût été greffé

sur un autre. Le choix des arbres est également très-important, mais

présente bien des difficultés; car les pépiniéristes se préoccupent

si peu de l'avenir des arbres qu'ils élèvent, qu'ils négligent trop

souvent leur éducation première et préparent ainsi bien des

déceptions aux planteurs. Il faut qu'ils soient jeunes et vigoureux,

que l'écorce en soit bien lisse, le sujet toujours bien proportionné

à la greffe, et surtout qu'ils aient été arrachés avec beaucoup de

soin.

L'époque la plus favorable pour la plantation est aussitôt après la

chute des feuilles, dans les terres légères; mais dans les terres

fortes et humides on ne plantera qu'en février et mars. Avant de

planter, on visitera les racines, et l'on coupera proprement

l'extrémité de toutes celles qui auraient été rompues, sans en

retrancher aucune et en ayant soin de conserver tout le chevelu. Si,

à cette époque, le terrain n'était pas prêt à être planté, ou si la

plantation nécessitait plusieurs journées de travail, il faudrait

faire mettre les plants en jauge par rangées et de manière à

pouvoir les retirer un à un lors de la plantation. Si quelque

circonstance empêchait de planter aux époques indiquées à partir de

la fin de mars jusqu'à l'époque où l'on pourra les mettre en place,

il faudra les relever tous les quinze jours, et les remettre

immédiatement en jauge, puis les arroser. Plus la saison avancera,

plus il faudra prendre de précautions: car ils auront poussé

beaucoup de jeunes racines, qu'il faut avoir soin de ne pas rompre.

Si l'on observe bien ce que nous conseillons, on pourra ne les

planter définitivement qu'en juin. Ces plantations tardives devront

être arrosées pendant les fortes chaleurs; il sera même bien de

mettre un ou deux arrosoirs d'eau dans le trou avant de planter.

Pour les plantations faites aux époques ordinaires, il faut toujours

que les trous soient faits en automne, même dans les terrains où

l'on ne doit planter qu'en mars; ils devront être larges et

profonds, c'est-à-dire proportionnés au volume des racines, et de

manière qu'elles s'y étendent à leur aise. Dans les terres

très-légères, on obtiendra toujours un bon résultat si, après avoir

fait des trous d'un mètre au moins de profondeur et d'une largeur

proportionnée, on met, au fond, des gazons placés de telle sorte que

les racines soient en dessus. Dans les terres humides et sujettes à

retenir l'eau, il faut aussi faire des trous très-larges et

très-creux, et mettre au fond de menus plâtras; puis on les remplit

jusqu'à la hauteur nécessaire avec de bonne terre mêlée de fumier

consommé; enfin, il vaudrait mieux retarder la plantation de

quelques jours que de planter par la pluie ou dans une terre trop

humide. Quand le moment de la plantation sera venu, on placera

l'arbre au milieu du trou, le plus d'aplomb possible, pendant qu'une

autre personne fera couler la terre bien meuble et fine entre les

racines; puis, pour ne laisser aucun vide, on soulèvera l'arbre

doucement en le maintenant dans sa position verticale. On ne doit

enterrer les arbres que jusqu'au collet, c'est-à-dire à environ

0m,10 au-dessus des racines; et, pour ceux qui sont greffés rez

terre, on ne doit pas les couvrir par-dessus la greffe, afin que,

par suite du tassement des terres, les racines ne se trouvent pas

trop profondément enterrées. Lorsqu'on jugera que l'arbre est à la

hauteur voulue, on couvrira toutes les racines de terres fines, puis

on remplira le reste du trou avec de la terre mêlée de fumier

consommé. Pour fixer l'arbre, on foulera légèrement la terre avec

les pieds, en appuyant davantage sur les bords. On remettra ensuite

de la terre pour achever de remplir le trou.

Quelques personnes sèment en place des sujets d'arbres fruitiers

destinés à recevoir la greffe, afin d'avoir des arbres plus

vigoureux et qui ne soient pas retardés par la transplantation. Pour

agir ainsi avec succès, il faut bien connaître le sous-sol; car, si

l'on n'avait pas un bon fond de terre, on n'obtiendrait qu'un

très-mauvais résultat. Ces arbres ayant toujours un pivot qui

descend très-profondément, lorsqu'ils atteignent la mauvaise terre,

ils jaunissent et n'ont plus qu'une végétation languissante.

§ 2.--Taille.

La taille des arbres fruitiers est une opération très-importante:

1º Elle a pour but de distribuer la séve également dans toutes les

parties de l'arbre, et de lui donner une forme agréable;

2º Elle dispose les arbres à donner de plus beaux fruits et de

meilleure qualité:

3º Si un arbre n'était pas taillé, ses branches superflues

épuiseraient infailliblement sa force, et il durerait moins

longtemps; ainsi, lorsqu'une taille est bien raisonnée, elle

prolonge l'existence des arbres.

De toutes les opérations du jardinage, la taille des arbres est la

partie la moins avancée. Sous ce rapport, il serait à désirer que

les praticiens se livrassent à l'étude de la physiologie végétale:

en effet, comment procéder à une opération d'une aussi haute

importance, si l'on ne connaît les fonctions de chacune des parties

d'un arbre?

Les instruments employés pour la taille sont la _serpette_ et le

_sécateur_. Quoique ce dernier abrège beaucoup le travail, il ne

peut pas complétement remplacer la serpette; car son emploi

nécessite beaucoup d'habitude, et il arrive souvent qu'avec le point

d'appui on occasionne une pression qui meurtrit la branche

au-dessous de la coupe; mais il est très-avantageux pour rabattre

une branche que l'on enlèverait difficilement à la serpette, et pour

tailler la Vigne et les Rosiers.

Indépendamment de ces deux instruments, il est quelquefois

nécessaire d'employer la scie à main ou l'égohine pour couper les

grosses branches.

On commence ordinairement à tailler à la fin de janvier et jusqu'en

mars, et quelquefois même encore au commencement d'avril; mais il

est impossible d'indiquer d'une manière précise l'époque la plus

favorable pour commencer cette opération, car elle varie suivant

l'exposition et la différence de température des années.

Il serait beaucoup plus naturel d'exécuter la taille dans l'ordre de

la végétation: ainsi, on commencerait par les Abricotiers; puis

viendraient les Pêchers, les Pruniers, les Poiriers, les Cerisiers

et les Pommiers. Mais, par économie de temps, l'usage est de

commencer par les Poiriers et les Pommiers, parce qu'ils craignent

peu les gelées, et que l'on a presque toujours fini de les tailler à

l'époque ou l'on commence à tailler les Pêchers.

Règle générale, on doit commencer par les arbres faibles et terminer

par les plus vigoureux, afin d'en ralentir un peu la vigueur;

cependant il faut toujours tailler avant que la séve soit en

mouvement; car plus tard on altérerait beaucoup la santé de ces

arbres, et l'on n'obtiendrait que des pousses très-faibles.

Il est aussi quelques principes généraux dont il ne faut jamais

s'écarter:

1º On doit toujours, en taillant, faire une coupe bien nette, un peu

oblique, opposée à l'oeil sur lequel on taille, et à 0m,03 environ

au-dessus, afin que la séve puisse facilement recouvrir la plaie;

c'est aussi pour ce motif que toutes les fois qu'il est nécessaire

de rabattre une branche, il faut la couper le plus près possible de

son insertion, et faire une plaie bien nette, qui se recouvre

toujours plus facilement.

2º Il ne faut pas tailler les arbres trop court, car alors ils

poussent trop vigoureusement et rapportent peu de fruit.

3º Une taille trop allongée épuise les arbres, parce qu'ils se

mettent trop à fruit, et il n'y a réellement aucun avantage; car les

fruits en sont moins beaux, les arbres en sont fatigués, et ils

restent ordinairement plusieurs années sans rapporter.

Nous allons donner la description des différentes parties d'un

arbre, qu'il est essentiel de savoir reconnaître avant de commencer

à tailler.

1. _Arbres à fruits à noyaux._

Le _tronc_ ou la _tige_ est la partie qui s'élève depuis la racine

jusqu'à la naissance des branches.

Les _branches mères_ sont ainsi nommées parce que ce sont celles qui

donnent naissance à toutes les autres; elles naissent directement

sur le tronc.

Les _membres_ sont les branches qui poussent sur le côté des

branches mères, et dont on favorise le développement pour former la

charpente de l'arbre.

Les _branches de bifurcation_ sont des membres destinés à remplir

les vides qui résultent du prolongement des branches mères et des

membres; il ne faut jamais les établir que sur le troisième ou le

quatrième bourgeon au-dessus de la taille précédente.

Les _branches à bois_ sont celles qui servent à former la charpente

de l'arbre et le prolongement de chaque membre; elles sont faciles à

reconnaître sur tous les arbres, à leur grosseur et aux yeux dont

elles sont garnies, yeux qui sont toujours minces et pointus.

Les _branches à fruits_ sont généralement minces et allongées; dans

les Pêchers, l'écorce est verte du côté du mur et rougeâtre du côté

du soleil. Ces branches doivent être renouvelées annuellement, car

elles ne donnent du fruit qu'une fois.

_Branches de remplacement._--Les branches à fruits du Pêcher ne

produisent que la seconde année, et ne portent fruit qu'une fois,

comme nous venons de le dire. Il est donc essentiel de les remplacer

chaque année, ce qui est très-facile, car chaque branche à fruits a

plusieurs yeux à sa base; il suffit donc, une fois que ces yeux se

sont développés, de choisir le bourgeon le plus vigoureux et le plus

rapproché possible de l'insertion de la branche à fruits et de

supprimer les autres. Ce sont ces nouvelles branches qu'on appelle

branches de remplacement; après avoir porté fruit, elles devront

être remplacées à leur tour, et ainsi de suite.

_Branches gourmandes._--Sur les arbres en espalier, les gourmands

sont généralement placés sur le dessus des membres. On les reconnaît

facilement à leur large empatement et à leur vigueur, qui est

tellement préjudiciable aux autres branches, qu'il faut en arrêter

le développement par tous les moyens possibles; on ne doit jamais

en voir sur un arbre bien traité.

Les _bourgeons_ sont de jeunes pousses de l'année; la seconde année,

le bourgeon devient une branche à bois ou à fruits, selon sa

position.

Les _faux bourgeons_ ou _bourgeons anticipés_ sont ceux qui naissent

entre les feuilles des pousses de l'année.

2. _Arbres à fruits à pépins._

Les branches à bois ayant à peu près les mêmes caractères sur tous

les arbres à fruits, nous ne parlerons que des boutons dont elles

sont garnies: ceux des Poiriers et Pommiers sont enveloppés d'une

membrane écailleuse; mais ils sont toujours minces et allongés,

comme sur les Pêchers.

Les _boutons à fleurs_ sont beaucoup plus gros que les boutons à

bois, d'une forme arrondie, et enveloppés d'une grande quantité

d'écailles.

Les _brindilles_ sont de petites branches minces et allongées,

terminées par un bouton à feuille ou à fleur. Les yeux dont elles

sont garnies sont très-rapprochés, et se transforment facilement en

boutons à fleurs. Elles doivent être conservées, car elles peuvent

donner du fruit pendant plusieurs années.

Les _lambourdes_ sont des parties essentiellement productives; elles

naissent sur les brindilles, et souvent aussi sur les branches à

bois. Elles sont presque toujours terminées par un bouton à fleur,

qui ne s'épanouit souvent que la seconde année. Les yeux dont elles

sont garnies sont beaucoup plus rapprochés que sur les autres

rameaux, et toujours très-disposés à fructifier. Elles restent

plusieurs années avant d'atteindre tout leur développement, sont

beaucoup plus grosses à leur base qu'à leur extrémité, et

recouvertes d'une écorce ridée circulairement dont les plis

deviennent plus profonds en vieillissant.

§ 3.--Ébourgeonnage.

On commence cette opération dès le mois de mai, et on la continue

pendant tout le temps de la végétation; elle consiste à supprimer

les bourgeons mal placés, qu'il faudrait enlever à la taille

suivante. L'ébourgeonnage a lieu sur les branches des années

précédentes, et pour le faire on peut employer l'outil nommé

_ébourgeonneur_.

Quant à celui qui a lieu sur les bourgeons de l'année, comme il

consiste à enlever les faux bourgeons, on le fait avec l'ongle. Dans

un cas comme dans l'autre, il faut supprimer sur les arbres en

espalier les bourgeons placés sur le devant et le derrière des

branches, et ceux des côtés qui seraient trop rapprochés les uns des

autres; et sur les autres arbres on enlève les bourgeons placés sur

le dessus et le dessous des membres, ainsi que ceux qui seraient

trop rapprochés.

On doit commencer cette opération dès que les bourgeons à supprimer

auront de 0m,02 à 0m,03 de longueur, afin que la séve qui sera

nécessaire à leur végétation, si l'on attendait plus tard, tourne

immédiatement au profit de ceux qui doivent être conservés.

§ 4.--Palissage.

Le palissage consiste à fixer les bourgeons des arbres en espalier

sur des treillages ou sur les murs, et pour cela on se sert d'osier

et de jonc pour palisser sur le treillage, de loques et de clous sur

les murs qui sont assez tendres pour qu'on puisse les y enfoncer

facilement[10].

[Note 10: Une échelle étant toujours indispensable pour cette

opération, nous conseillons celle de M. Forest. Les arcs-boutants

décrivent un arc de cercle qui empêche, lorsque les pieds de

l'échelle entrent dans le sol, d'endommager les branches sur

lesquelles elle porte.]

L'époque où il faut commencer le palissage est indiquée par le

développement des bourgeons; c'est ordinairement en juin qu'il est

essentiel de s'en occuper, pour ne finir que vers la fin de la

saison. On doit commencer en suivant l'ordre du développement des

bourgeons; car le but de cette opération est non-seulement de fixer

les bourgeons dans la crainte qu'ils ne soient rompus par le vent,

mais encore de ralentir la vigueur des plus avancés en les palissant

plus tôt que les autres. Il faut toujours, en palissant, placer les

bourgeons en ligne droite, à égale distance et sans jamais les

croiser l'un sur l'autre. C'est en faisant le premier palissage

qu'il faut supprimer les fruits mal placés et éclaircir ceux qui

sont trop serrés et qui se nuiraient réciproquement.

§ 5.--Fruitier.

La plupart des personnes qui cultivent les arbres à fruits

choisissent pour leur fruitier la pièce la plus saine de leur

habitation, et quelquefois même la première venue. Aussi rien

n'est-il regardé comme plus difficile que la conservation des

fruits. Il est certaines conditions qu'on observe généralement fort

peu, et qui sont cependant indispensables.

Pour conserver les fruits le plus longtemps possible et avec le plus

de chances de succès, il faut disposer pour cet usage un local

spécial, à demi enterré, à une exposition où la température soit le

moins susceptible de varier et où l'air et la lumière puissent être

renouvelés ou interceptés à volonté. On y dispose des tablettes de

0m,50 à 0m,60 de largeur, munies d'un rebord pour empêcher les

fruits de tomber, et on les couvre d'un lit de paille neuve, fine,

sèche et sans odeur.

C'est dans ce local qu'on place par espèces les fruits que la saison

avancée empêche de laisser sur les arbres, et qui doivent mûrir à

des époques plus ou moins éloignées. Il faut, quelques jours avant

de les placer définitivement dans le fruitier, les trier avec soin,

pour en séparer ceux qui ne valent pas la peine d'être conservés, et

les laisser se ressuyer. Quand le fruitier sera garni et bien sec,

on le fermera à l'air et à la lumière, et tous les soins se

borneront à visiter les fruits une ou deux fois par semaine.

Les Raisins se conservent sur les tablettes comme les autres fruits,

ou plutôt suspendus au plafond; mais ils exigent une surveillance

scrupuleuse, et sont généralement d'une conservation assez

difficile.

Les personnes qui attachent un grand prix à la conservation de leurs

fruits peuvent faire garnir de bois toutes les parois des murailles

de leur fruitier, et elles augmenteront les chances de conservation.

On pourrait aussi placer de la chaux vive sur les derniers rayons,

en ayant soin de la renouveler toutes les fois qu'elle serait

éteinte. Par ses propriétés siccatives, cette chaux conservera

l'atmosphère toujours sèche.

Le moyen que nous indiquons est le seul employé par les

fruitiers-orangers; toutes les recettes de conservation sont ou peu

sûres ou tout à fait impraticables, et nous conseillons de se

contenter d'un fruitier, en observant les conditions de conservation

que nous indiquons ici.

§ 6.--Culture des meilleures espèces de fruits.

ABRICOTIER (_Armeniaca vulgaris_).--Tous les terrains conviennent

aux Abricotiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. On les

greffe ordinairement sur le Prunier Saint-Julien; mais, comme dans

les terres fortes ils poussent très-vigoureusement et fructifient

peu, il faut en ce cas les prendre greffés sur le Prunier Cerisette,

qui pousse beaucoup moins que le Saint-Julien.

Les fruits des Abricotiers en plein vent étant beaucoup plus

parfumés que ceux des arbres en espalier, on ne plante ordinairement

que quelques-uns de ces derniers, pour avoir des fruits mûrs un peu

plus tôt, ou dans les localités où ils mûrissent mal en plein vent.

On plante les Abricotiers à haute tige à environ 6 mètres l'un de

l'autre. Après avoir donné une bonne direction aux jeunes arbres, il

sera encore nécessaire de les tailler chaque année; car sans cela

les branches se dégarniraient facilement du bas; mais par une taille

raisonnée et faite à propos on forcera facilement la séve à refluer

dans les parties inférieures; on traitera de même les arbres à haute

tige, et de plus on retranchera toutes les branches qui se

dirigeraient vers l'intérieur, afin que l'air puisse circuler

facilement. On peut rajeunir les Abricotiers en rabattant les

grosses branches; on choisit pour les remplacer les jeunes jets les

plus vigoureux et les mieux disposés.

On n'avance que difficilement la maturité des Abricotiers;

néanmoins, dans le cas où l'on voudrait l'essayer, il faut ne leur

donner que très-peu de chaleur et ne commencer à les chauffer qu'en

février.

=Variétés.=--Précoce ou Abricotin, -- Angoumois, -- Commun, -- de

Hollande, -- Alberge, -- Pêche.

AMANDIER (_Amygdalus communis_).--C'est sur la variété commune que

se greffent les Amandiers cultivés, et l'on ne les plante guère

qu'élevés en plein vent, où ils n'exigent aucun soin. Néanmoins,

dans le Nord, il est nécessaire de les planter en espalier, à une

bonne exposition, et dans cette circonstance ils doivent être

taillés.

L'Amandier fleurit souvent dès le mois de février; c'est à cause de

cela qu'on le place assez ordinairement dans les jardins d'agrément.

=Variétés.=--Amandier à gros fruits, -- Amandier de Tours, --

Amandier Princesse ou des Dames, à coque tendre.

CERISIER (_Cerasus_).--Les Cerisiers ne sont pas difficiles sur le

choix du terrain: on greffe les Cerisiers à haute tige sur le

Merisier, et pour les autres formes sur le Sainte-Lucie.

Pour avoir des fruits un peu plus tôt, on peut planter quelques

Cerisiers anglais en espalier ou en former des quenouilles qui

produisent beaucoup; mais on plante plus souvent des arbres à haute

tige, qui produisent toujours davantage. Si on les place en lignes,

il faut les mettre à environ 6 mètres l'un de l'autre. Il n'est

nécessaire de les tailler que pendant les premières années, pour

former la charpente de l'arbre; et pour les espaliers et les

quenouilles, une fois formés, il faut ne leur supprimer que le moins

de branches possible. On se bornera à donner une bonne direction à

chaque membre, à mesure qu'ils prendront de l'étendue. Quand les

Cerisiers cessent de donner du fruit, on peut facilement les

rajeunir en rabattant les grosses branches près de leur insertion;

ils en fournissent promptement de nouvelles, avec lesquelles on

formera une autre tête.

_De la culture forcée du Cerisier._--Pour avancer la maturité des

arbres fruitiers, il faut avoir égard à la température moyenne de

l'époque où chaque espèce commence à végéter, à entrer en fleur, et

enfin à celle qui règne ordinairement à l'époque de la maturité des

fruits, afin que, dans un espace de temps qui doit toujours être

moins long que dans l'état naturel, on fasse subir aux arbres les

différentes modifications de chaleur par lesquelles ils passent

ordinairement; car, dans un cas comme dans l'autre, ils ne peuvent

fructifier qu'après avoir accompli toutes les phases de la

végétation.

On peut avancer la maturité des Cerisiers en espalier en plaçant

devant eux des châssis vitrés, ou, mieux encore, en plantant en pots

à l'automne des Cerisiers nains, de l'espèce anglaise ou royale,

qui sont ceux qui réussissent le mieux. Ils doivent être le plus

ramifiés possible. On enterre les pots à bonne exposition, et,

l'année suivante, en janvier, on les met dans une serre vitrée, où

il suffira d'entretenir la température à 12 ou 14 degrés. On donnera

de l'air au moment du soleil. On pourrait même les réunir aux

Pruniers et leur donner les mêmes soins. En les mettant dans la

serre à l'époque indiquée, les fruits sont ordinairement mûrs au

commencement d'avril. On peut ainsi les chauffer plusieurs années de

suite.

=Variétés.=--Anglaise, -- Royale, -- Reine-Hortense, -- Belle de

Choisy, -- de Portugal, -- Belle magnifique, -- du Nord tardive,

-- grosse, -- Guigne noire, -- Guigne ambrée, -- Gros bigarreau

noir.

COIGNASSIER (_Cydonia communis_).--On cultive généralement les

Coignassiers pour recevoir la greffe du Poirier. La plantation doit

avoir lieu à l'époque indiquée pour ces derniers. On n'en élève que

peu comme arbres fruitiers; cependant les fruits en sont très-beaux,

mais l'odeur qu'ils répandent lorsqu'ils commencent à mûrir déplaît

généralement et force à reléguer ces arbres loin des habitations.

Dans ce cas, il n'est pas nécessaire de choisir le terrain comme

quand ils servent de sujets à greffer les Poiriers; car alors ils

viennent bien partout, même dans les endroits humides.

On n'a pas besoin de tailler les Coignassiers; il suffit d'enlever

le bois mort. La seule variété cultivée n'est guère que celle de

_Portugal_, greffée sur le Coignassier commun, et dont les fruits

mûrissent en octobre.

ÉPINE-VINETTE (_Berberis_).--L'Épine-Vinette croît dans les sols les

plus arides, et donne à l'automne des fruits dont on fait

d'excellentes confitures.

FIGUIER. (_Ficus Carica_).--Tous les terrains conviennent aux

Figuiers, pourvu qu'ils ne soient pas trop humides. Il ne faut

planter ces arbres qu'à la fin de mars ou dans le courant d'avril;

et, comme ils sont d'une reprise assez difficile, il faut les

planter en mottes ou les élever en pots. On les mettra de préférence

près d'un mur et à l'exposition la plus chaude; il serait même

préférable, dans certains endroits, de les mettre en espalier et de

les palisser comme les autres arbres. Mais, sous quelque forme que

l'on élève les Figuiers, il faut les couvrir en hiver afin de les

préserver de la gelée. Vers la fin de novembre on réunit toutes les

branches et on les enveloppe de paille maintenue par des liens.

Lorsque les tiges sont jeunes et peu élevées, on les abaisse sur le

sol et on les y maintient par des crochets de bois; puis on les

couvre de 0m,15 de terre ou de paille, pour ne les découvrir qu'à la

fin de mars. Quelle que soit la manière dont on les abrite, il faut

avoir grand soin de garantir le pied, et, dans le cas où les tiges

seraient atteintes par la gelée, on les couperait au niveau du

collet, opération que l'on pourrait faire aussi quand ils sont

devenus trop forts. Ils repoussent rapidement de nouvelles tiges,

qui donnent du fruit la seconde année.

Les Figuiers produisent ordinairement deux récoltes; mais sous notre

climat il est extrêmement rare que celle d'automne mûrisse; nous ne

parlerons donc que de la première, qui mûrit en juillet et août.

Pour favoriser le développement des fruits et en avancer la

maturité, on pincera en juin le boutoir terminal des branches

portant des fruits, ce qui empêchera ces derniers de tomber avant la

maturité. Les Figuiers ne se taillent pas, car les amputations leur

sont très-préjudiciables, à cause de la grande quantité de séve

qu'ils perdent chaque fois. On se contentera donc, au printemps, de

couper les branches mortes et de rabattre celles qui sont trop

maigres pour donner du fruit. Cependant, s'ils poussent trop

vigoureusement, on pincera l'extrémité des branches, moyen employé

souvent avec avantage pour les faire fructifier. On en cultive un

grand nombre de variétés dans le Midi; mais à Paris on n'en cultive

guère avec succès que deux, la _blanche ronde_ et la _violette_.

_De la culture forcée du Figuier._--En janvier, on recouvre les

Figuiers d'une petite serre mobile, et on commence à les chauffer à

15 degrés; puis on élève progressivement la chaleur jusqu'à 25

degrés sans inconvénient, et dans les premiers jours de mai, on

obtient des fruits mûrs.

Nous ne parlerons que fort brièvement d'un procédé tombé chez nous

en discrédit et sur le compte duquel on commence à revenir: nous

voulons parler de la _caprification_. Des faits récents semblent

prouver que cette opération n'est pas aussi inutile qu'on l'a

prétendu, bien qu'elle ne soit pas indispensable pour la fécondation

des Figuiers. Elle augmente le nombre des fruits, qui viennent plus

sûrement à maturité. En l'absence des insectes fécondateurs qu'on

trouve dans le fruit du Figuier sauvage, dont on suspend une branche

sur le Figuier qu'on veut caprifier, on peut se borner à piquer

l'oeil de la Figue avec une aiguille trempée dans de l'huile

d'olive, et attendre le résultat. Cette opération, que nous livrons

à nos lecteurs pour ce qu'elle peut valoir, a au moins l'avantage de

ne pas compromettre les fruits sur lesquels l'essai a été fait.

FRAMBOISIER (_Rubus Idæus_).--Les Framboisiers viennent partout;

mais ils préfèrent un terrain frais, léger et bien amendé, car ils

épuisent considérablement la terre, et il est nécessaire, pour en

avoir de beaux fruits, de leur mettre au pied, à l'automne, des

terres neuves ou des engrais consommés.

On les plante en automne, ou bien en février et mars, selon les

variétés, à environ 1 mètre de distance. Après la plantation, on les

rabattra à environ 0m,15 de hauteur.

Chaque année, en juin, on choisira sur chaque touffe les cinq ou six

plus beaux bourgeons, et l'on coupera les autres. Cette suppression

tournera à l'avantage des tiges qu'on aura laissées, et les fruits

qu'elles produiront seront beaucoup plus beaux; ils mûrissent en

juillet.

En mars, on coupera rez terre les tiges qui ont porté fruit, et l'on

taillera les autres plus ou moins long, selon leur vigueur. Il

faudra, suivant le terrain et les soins qu'ils auront reçus, les

changer de place tous les quatre, cinq ou six ans.

=Variétés.=--Framboisier rouge, -- Fr. à fruit couleur de chair,

-- Fr. blanc, -- Fr. des quatre saisons.

GROSEILLIER À GRAPPES (_Ribes rubrum_).--Les Groseilliers, quoique

peu difficiles sur le choix du terrain, produiront des fruits plus

beaux et de meilleure qualité dans les terres douces et fraîches,

sans excès d'humidité, que dans les autres sols. On peut leur donner

toutes les formes que l'on veut; mais il est préférable, en raison

de la taille à laquelle ils doivent être soumis, de les élever en

touffes.

Les Groseilliers à grappes peuvent être mis en espalier, et ils

mûrissent ordinairement leurs fruits de juin en juillet; mais on

peut facilement en avancer la maturité en plaçant des châssis devant

eux.

On les plante a environ 1m,30 l'un de l'autre, à l'automne ou en

février, selon la nature du terrain.

On les taille en février: la première année, on les taille court,

afin de favoriser le développement des yeux du bas; mais pour les

tailles successives on devra tailler plus long, et toujours se

rappeler que les Groseilliers ne donnent abondamment de fruits que

sur le bois de deux ans.

On laissera successivement se développer, chaque année, les

branches nécessaires pour former une belle touffe, et l'on aura soin

d'enlever les bourgeons qui partent du pied, puis de rabattre les

grosses branches à mesure qu'elles atteignent leur sixième année (ce

qu'il sera facile de voir en comptant les pousses de chaque année);

car alors elles deviennent trop élevées, se dégarnissent du bas et

ne donnent plus que des fruits de qualité médiocre; après quoi on

remplacera chaque branche retranchée par un jeune bourgeon.

_De la culture forcée du Groseillier._--On peut facilement chauffer

les Groseilliers à grappes sur place, s'ils sont plantés en

contre-espalier; plantés en pots, on pourra les traiter comme les

Cerisiers.

=Variétés.=--Groseillier à fruit rouge, -- Gr. blanc, -- Gr.

couleur de chair, -- Gr. cerise, -- Gr. Gondouin, -- Gr. Queen

Victoria.

GROSEILLIER À FRUIT NOIR, CASSIS, POIVRIER (_R. nigrum_).--On le

traite exactement comme le Groseillier ordinaire; seulement on peut

le rabattre plus souvent, car le bois d'un an porte fruit.

GROSEILLIER ÉPINEUX OU À MAQUEREAU (_R. uva crispa_).--On a obtenu,

par la voie du semis, un nombre considérable de variétés du

Groseillier à maquereau dont plusieurs sont remarquables par la

grosseur de leurs fruits.

Pour avoir toujours de beaux fruits, il faut démonter les branches

qui produisent depuis trois ans.

MÛRIER (_Morus_).--Les Mûriers sont des arbres très-rustiques qui

s'accommodent de presque tous les terrains, même de ceux de médiocre

qualité, excepté de ceux qui sont constamment humides. Quelle que

soit l'espèce, il ne faut pas la planter avant le mois de février,

ni en retrancher aucune branche; après quoi tous les soins

consistent à donner quelques binages.

Comme arbre à fruit, on ne cultive guère que le Mûrier noir, dont

les fruits mûrissent de juillet en septembre. Il ne se taille pas,

et l'on se borne à retrancher le bois mort. Lorsque ces arbres sont

trop vieux et qu'ils ne donnent plus que de petits fruits, il faut

les rabattre, c'est-à-dire rabattre les branches à quelques

centimètres du tronc; ils produiront de jeunes jets très-vigoureux

qui ne tarderont pas à se mettre à fruit.

Le Mûrier blanc est cultivé comme arbre d'agrément, mais plus

particulièrement encore pour recevoir la greffe des espèces à larges

feuilles cultivées pour la nourriture des vers à soie.

L'époque la plus favorable pour les greffer est la fin d'avril, et

la variété la plus avantageuse, parmi celles qui sont cultivées pour

l'usage indiqué plus haut, est le Moretti, dont les feuilles sont

très-larges et de beaucoup préférables à celles du Multicaule. Sa

rusticité est au moins égale à celle du Mûrier blanc ordinaire. Il

se reproduit très-bien de graines semées au printemps.

On élève les Mûriers en baliveaux ou en touffes, dont on peut faire

des haies qui, bien conduites, produiront beaucoup de feuilles.

Il est préférable de couper les branches dont on veut prendre les

feuilles pour la nourriture des vers; mais il faut avoir soin de

laisser toutes les petites branches, et de n'en pas détacher les

feuilles, afin de ne pas intercepter complétement la circulation de

la séve. À la fin de juin ou au commencement de juillet, enfin

aussitôt qu'on aura fini de nourrir les vers, on taillera

immédiatement les Mûriers, afin que les pousses qui se développeront

à la séve d'août prennent assez de force pour résister aux gelées.

NÉFLIER (_Mespilus Germanica_).--Les Néfliers réussissent très-bien

partout, même dans les terrains très-frais. On les plantera en

automne, à moins que la nature du sol ne le permette pas; comme les

fruits viennent à l'extrémité des branches, ces arbres ne doivent

pas être taillés; il serait d'ailleurs impossible de leur donner une

forme régulière.

On plantera de préférence le _Néflier à gros fruits_.

Il faut cueillir les fruits en octobre et novembre, et les étendre

sur la paille ou sur des tablettes, où ils mûrissent.

NOISETIER (_Corylus_).--Les Noisetiers sont très-rustiques, et

doivent être plantés en automne; ils viennent dans tous les terrains

et à toutes les expositions. On les élève en touffes ou à tiges, et

ils fructifient aussi bien dans un cas que dans l'autre.

Les fruits mûrissent en août et septembre, et tombent aussitôt après

leur maturité.

Plusieurs espèces ne sont cultivées que pour l'ornement des jardins

d'agrément.

=Variétés.=--Noisetier à fruit rouge, -- N. grosse aveline de

Provence, -- N. avelinier rouge, -- N. à fruits en grappes.

NOYER (_Juglans regia_).--Les Noyers méritent sous plusieurs

rapports d'être cultivés; cependant on leur accorde rarement une

place dans les jardins, à cause de l'espace qu'ils couvrent (il faut

entre les pieds au moins 20 ou 30 mètres) et de l'étendue de leurs

racines, qui épuisent la terre et nuisent beaucoup aux cultures

environnantes. Ils aiment une terre douce, substantielle et

profonde. Ils supportent assez bien la transplantation lorsqu'ils

sont jeunes et qu'on y apporte beaucoup de soin; il faut surtout

éviter de rabattre en les plantant, ce qui nuirait beaucoup à leur

élévation.

Il y a avantage à les semer en place. Dans ce cas, il faut choisir

les noix les plus belles et les plus mûres de la variété que l'on

veut semer, et à l'automne on les met en terre ou bien on les fait

stratifier dans du sable pour ne les semer qu'au printemps. Ils

fructifieront au bout de six à huit ans de semis.

Si l'on voulait changer la variété que l'on a semée, ou si l'on

craignait qu'elle ne se reproduisît pas identiquement lorsque les

sujets auront atteint environ 1 mètre de hauteur et 0m,03 de

diamètre, il faudra, au printemps, les greffer, soit en fente, soit

en anneau; ils prendront alors un peu moins de développement.

Les Noyers n'ont pas besoin d'être taillés; seulement, quand ils

sont vieux, il arrive souvent que l'extrémité des branches meurt; il

faut alors les rabattre à environ 0m,60 du tronc, et il se forme une

nouvelle tête.

=Variétés.=--Noyer à coque tendre, -- N. tardif,-- N. à bijoux

(pour la grosseur des fruits).

Il y a une nouvelle espèce très-intéressante, connue sous le nom de

_Juglans præparturiens_. Elle s'élève peu et donne des fruits de

bonne qualité dès la seconde année de semis.

Les noyers mûrissent leurs fruits vers la fin de septembre ou le

commencement d'octobre; mais on peut les manger en cerneaux dès la

fin de juillet.

On cultive aussi comme arbres d'ornement plusieurs espèces de Noyers

d'Amérique.

PÊCHER (_Amygdalus Persica_)[11].--Dans les terrains profonds, on

plantera de préférence des Pêchers greffés sur Amandier; mais dans

ceux qui n'ont qu'une couche peu épaisse de bonne terre, et dont le

fond serait de tuf ou de glaise, il faut planter des arbres greffés

sur Prunier, car ils ont des racines traçantes qui se contentent

d'une terre moins profonde.

[Note 11: Nous ne parlerons que des Pêchers en espalier, car les

Pêchers en plein vent ne réussissent réellement bien que dans nos

départements méridionaux.]

On peut établir des espaliers de Pêchers à toutes les expositions;

seulement, au nord et à l'ouest, on plantera des variétés hâtives,

et on leur donnera un peu moins d'écartement qu'aux autres

expositions. La distance ordinaire est de 8 à 10 mètres, suivant la

forme qu'on leur donne et la nature du terrain. On peut planter dans

l'intervalle un Poirier, qui donne des fruits en attendant que le

développement des Pêchers en amène la suppression.

Il est presque toujours préférable de planter des Pêchers greffés de

dix-huit mois; ils ont, avec un concours de circonstances

favorables, plus de chances de succès que ceux qu'on plante tout

formés, c'est-à-dire ayant déjà subi plusieurs tailles. Il faut

avoir soin, en plantant, de placer les plus fortes racines par

devant, et il faut que le collet de l'arbre soit à environ 0m,15 du

mur sur lequel la tige est inclinée.

(Pour l'époque de la plantation et les autres précautions, voir

l'article _Plantation_, page 182.)

Pour entretenir la vigueur des arbres, il est nécessaire de fumer la

plate-bande où sont les Pêchers; mais il n'est pas possible de

déterminer le temps qui doit s'écouler entre deux fumures, car cela

dépend de la nature du terrain. On emploiera de préférence des

terres neuves, des gazons ou des fumiers à moitié consommés. Dans

les années où il sera nécessaire de fumer les Pêchers, il faudra les

tailler plus long, et chaque année, après la taille, il faudra

donner un binage au pied des arbres.

En juillet et août, à l'aide de la pompe à main, on arrosera les

feuilles des Pêchers. Cette opération est très-utile; mais elle ne

doit se faire que lorsque le soleil ne donne plus sur l'espalier.

La température élevée de cette époque oblige souvent d'arroser le

pied des Pêchers; on doit alors donner un binage et former autour de

chaque arbre un bassin qu'on remplira de fumier court, qui conserve

plus longtemps l'humidité.

Il faut, aussitôt après la plantation, fixer d'une manière positive

la forme sous laquelle on veut élever ses Pêchers; et, sans nous

arrêter à discuter les avantages et les inconvénients des autres

modes de culture, nous nous bornerons à indiquer celui qui est en

usage à Montreuil, comme le plus simple et l'un des plus avantageux.

Pour arriver à un bon résultat, nous conseillons de tracer un quart

de cercle sur le mur (_fig._ 17), où nous indiquerons chaque année

la place que les branches principales devront occuper suivant leur

développement.

_Première année._ On coupera après la plantation la tige des jeunes

Pêchers dont nous recommandons l'emploi à 0m,15 ou 0m,20 au-dessus

de la greffe. Ce qui détermine le développement de plusieurs

bourgeons.

_Ébourgeonnage._--Quand les bourgeons auront de 0m,25 à 0m,30 de

longueur, on choisira les deux plus vigoureux, un de chaque côté,

pour former les deux branches mères _b_ (_fig._ 14), puis on

supprimera les autres.

_Palissage._--Dans la crainte qu'elles ne soient cassées, on les

attachera, mais de manière à ne pas les gêner dans leur

développement. Si l'un des deux bourgeons était plus vigoureux que

l'autre, il faudrait l'incliner davantage, afin de rétablir

l'équilibre de la séve, principe dont il ne faudra jamais s'écarter;

car de là dépend tout l'avenir de l'arbre.

_Deuxième année._--En février, c'est-à-dire lorsque la séve commence

à gonfler les boutons, et non pas lorsqu'ils sont en fleur, comme

quelques personnes le conseillent, après avoir dépalissé l'arbre, ou

devra nettoyer le mur ainsi que les membres sur lesquels on

trouverait des gallinsectes, ce qu'il faudra faire chaque année;

après quoi on coupera le chicot _a_ (_fig._ 14), et on couvrira la

plaie avec de la cire à greffer.

Les branches mères _b_ seront taillées à 0m,35 ou 0m,40 de longueur,

selon la forme de l'arbre immédiatement au-dessus de l'oeil destiné

à prolonger les branches. À défaut de l'oeil de devant, on peut

prendre celui de dessus, ce qui devra être observé à chaque taille.

Arrivé à ce point, le développement des branches mères permet

d'établir une branche sous-mère inférieure de chaque côté de

l'arbre, au moyen des yeux latéraux placés à la base des branches

mères.

[Illustration: Fig. 14.--Pêcher, 2e année.]

Lorsqu'on attachera les deux branches mères _b_, on leur donnera

environ 10 degrés d'ouverture.

_Ébourgeonnage._--Dans le courant de mai, on enlèvera avec l'ongle,

ou bien avec la pointe d'une serpette, tous les bourgeons qui se

trouvent trop rapprochés les uns des autres, ceux qui font double et

triple emploi par suite du développement des yeux, doubles et

triples, si nombreux sur les Pêchers; ceux placés sur le devant ou

le derrière des branches; tous ceux, enfin, qu'il faudrait supprimer

à la taille afin de favoriser tout spécialement le développement

des bourgeons qui doivent fournir les secondes branches sous-mères

inférieures.

Forcé de faire un choix, on supprimera de préférence le bourgeon du

milieu des yeux triples, qui, toujours plus vigoureux que les

autres, pourrait être plus tard une cause d'embarras. Quant aux

autres bourgeons, on ne conservera, dans un cas comme dans l'autre,

que le mieux placé des deux.

La raison qui fait supprimer le bourgeon le plus vigoureux des yeux

ordinaires fait que l'on doit conserver ce même bourgeon en

ébourgeonnant l'oeil terminal de chaque branche; car, destiné à

prolonger la branche, ce bourgeon doit toujours dominer les autres.

Plus tard, on supprimera également les faux bourgeons, et l'on

pincera au-dessus de la septième ou huitième feuille ceux que l'on

croira devoir conserver.

À partir de l'époque ci-dessus indiquée, on continue l'ébourgeonnage

successivement jusqu'en juillet, puis on pince avec l'ongle

l'extrémité de tous les bourgeons dont il est nécessaire de modérer

le développement.

_Palissage._--À mesure que les bourgeons se développeront, on les

palissera; mais cette opération nécessite beaucoup de soin, car les

bourgeons sont tellement tendres qu'ils cassent net si l'on ne prend

beaucoup de précautions pour les amener à la place qu'ils doivent

occuper. On leur donnera toujours la position la plus directe

possible, afin que la circulation de la séve ne soit ralentie par

aucun obstacle, et il faut toujours éviter de croiser les bourgeons

l'un sur l'autre.

_Troisième année._--À l'époque de la taille, et avant de dépalisser

l'arbre, on examinera la végétation de chaque membre, et l'on jugera

s'il ne serait pas nécessaire, en taillant, de rétablir l'équilibre

de la séve dans le cas où un membre serait beaucoup plus vigoureux

que l'autre.

On coupera les branches mères _b_ (_fig._ 15) à peu près à 0m,40 ou

0m,50 de longueur, suivant leur vigueur, en ayant soin que l'oeil

sur lequel on taillera soit placé de manière à les prolonger le plus

directement possible, ce qu'il faudra observer à chaque taille et

pour chaque branche.

[Illustration: Fig. 15.--Pêcher, 3e année.]

On taillera les branches sous-mères selon leur force, mais toujours

un peu plus longues que les branches mères; tous les bourgeons de

l'année précédente, qui garnissent les branches à bois, seront

taillés à deux ou trois yeux de leur insertion, afin d'avoir l'année

suivante autant de branches fruitières que la vigueur de l'arbre

permettra d'en laisser; puis on supprimera tous les bourgeons qui

seraient mal placés.

Si les bourgeons placés à la base des branches mères sont

très-vigoureux, il faudra les tailler court, afin de déterminer le

développement des branches à fruits; mais dans le cas contraire, on

les taillera à cinq ou six yeux.

On donnera aux branches mères, en les rattachant, environ 25 à 30

degrés d'ouverture, si elles sont de même force; dans le cas

contraire, il faudrait donner une position plus verticale à la moins

vigoureuse, ce qu'il faudra encore observer chaque année.

_Ébourgeonnage._--On enlèvera les bourgeons et les faux bourgeons

qui seraient mal placés, en prenant les mêmes précautions que

l'année précédente.

On favorisera le développement des bourgeons placés à la base des

branches mères, qui doivent fournir les premières branches

sous-mères supérieures; ce qu'il faudra également faire, pour les

bourgeons des branches fruitières les plus rapprochés de la branche

principale: car ce sont eux qui doivent, à la taille suivante,

remplacer les branches fruitières; pour le reste de l'ébourgeonnage,

il faudra observer ce qui a déjà été dit.

_Palissage._--Lorsque les bourgeons auront environ de 0m,25 à 0m,30

de longueur, on les palissera, en commençant toujours par les plus

vigoureux.

_Quatrième année._--Après avoir, comme chaque année, dépalissé

l'arbre, on taillera plus ou moins longues, suivant leur vigueur,

l'extrémité des branches mères _b_ (_fig._ 16), au point 3, par

exemple.

On taillera également les branches sous-mères inférieures suivant

leur force, et toujours sur l'oeil le plus favorable à leur

prolongement; on rabattra les branches fruitières sur celles de

remplacement, qui devront toujours être les plus rapprochées

possible des branches principales, de manière que ces dernières

semblent toujours être rajeunies par des pousses nouvelles; puis on

taillera les branches de remplacement, pour porter fruit, à cinq ou

six yeux, selon leur force et la vigueur de l'arbre, mais toujours

dans le but d'obtenir un bourgeon de remplacement le plus près

possible de leur insertion. Quant aux faux bourgeons, il faut, comme

toujours, les tailler à deux ou trois yeux....

On rattachera les branches mères, auxquelles on donnera environ 35 à

40 degrés d'ouverture, en ayant toujours soin d'observer ce qui a

été dit à ce sujet pour l'année précédente.

_Ébourgeonnage._--Il faudra surveiller les branches à bois qui

tendraient à s'établir là où il ne doit jamais y avoir que des

branches à fruits; il faut s'attacher surtout à favoriser le

développement des bourgeons, qui doivent fournir les secondes

branches sous-mères supérieures et les branches de bifurcation,

ainsi que les bourgeons destinés à former les branches de

remplacement.

[Illustration: Fig. 16. Pêcher, 4e année.]

On aura soin de pincer les bourgeons à fruits; s'il n'y a pas de

fruits, ou qu'ils soient tombés avant la maturité, il faudra

rabattre ces bourgeons immédiatement sur le bourgeon de

remplacement, à moins cependant que l'un d'eux ne soit trop

vigoureux; car alors il serait préférable de ne le rapprocher qu'à

la taille.

Pour le reste de cette opération, on peut se reporter à tout ce qui

a été dit relativement à l'ébourgeonnement de la seconde année.

Il faut surtout pincer à propos les bourgeons qui, par leur vigueur,

menaceraient de devenir ce que l'on nomme des _gourmands_.

_Palissage._--Le palissage sera fait d'après les mêmes principes, et

successivement, comme les années précédentes.

Comme l'arbre devra porter des fruits, il faudra, aux approches de

la maturité, les découvrir, mais progressivement, précaution qu'on

devra toujours avoir.

_Cinquième année._--Le but de la taille de cette année est d'étendre

et de fortifier toutes les parties de l'arbre (_fig. 17_).

On raccourcira les rameaux terminaux d'après les mêmes principes que

pour les tailles précédentes, et, en taillant les branches

fruitières, on y laissera du fruit suivant leur vigueur et la santé

de l'arbre; on taillera les faux bourgeons à deux ou trois yeux,

comme les années précédentes, et on donnera aux branches mères

environ 45 à 50 degrés d'ouverture.

On favorisera le prolongement des branches de bifurcation _e_, _f_,

ainsi que celui des bourgeons _g_, dont on pourra faire par la suite

de nouvelles branches de bifurcation.

Enfin, par l'ébourgeonnement des jeunes pousses et par celui des

faux bourgeons mal placés, par le pincement et le palissage, on

maintiendra ou l'on ramènera toutes les parties de l'arbre à un

parfait équilibre de végétation.

À mesure que l'arbre avancera en âge, la taille et les autres

opérations deviendront plus compliquées, mais les principes seront

toujours les mêmes; on établira successivement des branches de

bifurcation, pour remplir les intervalles, et il faudra toujours

avoir soin de conserver aux branches mères, ainsi qu'à toutes les

autres, les proportions relatives à leurs diverses fonctions.

[Illustration: Fig. 17.--Pêcher, 5e année.]

_Pêcher en U._

Les pêchers élevés sous cette forme conviennent tout

particulièrement aux personnes qui veulent avoir des murs

promptement garnis. Plantés à un mètre les uns des autres, ces

pêchers peuvent sans exiger de soins particuliers fructifier

abondamment dès la troisième année.

[Illustration: Fig. 18.--Pêchers en U.]

Comme tous les arbres cultivés en espalier, les pêchers en U doivent

être rabattus après la plantation à 0m,15 ou 0m,20 au-dessus de la

greffe, afin de favoriser le développement des bourgeons destinés à

fournir les deux mères branches. Pendant le cours de leur

végétation, ces deux bourgeons seront dirigés de manière à figurer

un U simple ou double (_fig._ 18), en ayant soin toutefois de

laisser les extrémités libres, afin qu'elles ne soient pas gênées

dans leur développement. Arrivés à ce point, les pêchers en U sont

tout aussi faciles à diriger que les pêchers obliques, sur lesquels

ils ont véritablement un avantage marqué.

_De la culture forcée du Pêcher._--On peut facilement avancer la

maturité des Pêchers en espalier, surtout des variétés hâtives; et,

pour être plus certain du succès de l'opération, on avancera de

préférence ceux qui sont placés à l'est ou à l'ouest.

[Illustration: Fig. 19.--Serre à forcer.]

En janvier, on placera devant les Pêchers une petite serre mobile,

couverte par des châssis de 2 mètres de longueur, supportés par des

chevrons dont le haut sera scellé dans le mur, et qui porteront en

bas sur un soubassement de planches qui aura 0m,85 de hauteur, ce

qui produira intérieurement 0m,90, espace suffisant pour donner les

soins nécessaires, qui, au reste, sont absolument les mêmes que ceux

qui ont été indiqués plus haut.

Après avoir taillé les arbres, on commencera à leur donner une

température de 12 degrés; puis, progressivement, on augmentera

jusqu'à 18 degrés, mais pas plus; et comme au moment du soleil la

chaleur sera beaucoup plus élevée, on donnera de l'air; pendant la

nuit on couvrira la serre avec des paillassons, on seringuera les

feuilles au besoin; et comme les fruits sont ordinairement plus

nombreux qu'en plein air, il est souvent nécessaire d'en supprimer

quelques-uns, afin de ne point épuiser les arbres. Après la

maturité, qui a lieu en avril, on enlève les châssis.

Ordinairement, on laisse une année ou deux de repos aux Pêchers qui

ont été forcés; mais nous dirons que l'on peut sans inconvénient

recommencer cette opération l'année suivante.

=Variétés.=--Avant-Pêche blanche, -- Petite Mignonne, -- Grosse

Mignonne, -- Malte, -- Madeleine, -- Chevreuse, -- Chevreuse

tardive, -- Admirable Belle de Vitry, -- Brugnon musqué, --Madeleine

rouge tardive, -- Alberge jaune, -- Galande, -- Vineuse pourpre

hâtive, -- Madeleine de Courson, -- Violette hâtive, --Veloutée

tardive, -- Téton de Vénus, -- Bourdine, -- Bon ouvrier, --Pourprée

tardive, -- Belle de Doué, -- Reine des vergers.

POIRIER (_Pyrus_).--_Plantation._--Les Poiriers greffés sur

Coignassier réussissent dans presque tous les terrains, même dans

ceux qui ont peu de profondeur, pourvu cependant qu'ils ne soient

pas glaiseux ou humides; car alors, malgré tous les soins, ils

périraient au bout de quelques années. Toutes les fois que l'on aura

à planter dans un terrain profond, il sera préférable de planter des

Poiriers greffés sur franc, parce qu'ils sont beaucoup plus

robustes.

C'est à tort que l'on dit que ces arbres sont trop lents à se mettre

à fruit, parce qu'ils poussent trop vigoureusement; car si, par une

taille bien raisonnée et proportionnée à la force des arbres, on

établit une égale répartition de séve dans tous les membres, on

parviendra souvent à les faire fructifier dès les premières années;

une fois que ces arbres sont à fruit, ils en donnent abondamment, et

vivent très-vieux. Si l'on plante des Poiriers greffés sur

Coignassier, on prendra des arbres de dix-huit ou vingt mois de

greffe; mais s'ils sont greffés sur franc, comme ils poussent

beaucoup plus vigoureusement, on peut quelquefois les planter

greffés de l'année. Nous conseillons, pour planter dans les

plates-bandes, de prendre des Poiriers élevés en quenouille; car,

dans cette position, c'est réellement la forme la plus avantageuse,

en ce qu'elle occupe peu de place et produits beaucoup de fruits. Il

faut mettre entre deux pieds un Pommier ou un Poirier nain, que l'on

taillera en gobelet. Il faudrait alors les planter à environ 4 ou 5

mètres l'un de l'autre.

1. _Poiriers en quenouille._

[Illustration: Fig. 20.--Poirier en quenouille.]

_Taille._--La première année, on taillera le rameau terminal à sept

ou huit yeux, selon la vigueur de l'arbre, afin d'obtenir trois ou

quatre nouveaux membres. On aura soin de tailler sur l'oeil placé le

plus favorablement, pour prolonger la tige le plus verticalement

possible (_fig._ 20).

On taillera aussi le rameau terminal de chaque rameau sur un oeil

placé de manière à prolonger le bras horizontalement. Les bras

inférieurs étant les plus âgés, ils seront plus allongés que ceux

qui sont placés au-dessus, et il faudra à chaque taille avoir soin

de leur conserver les mêmes proportions. On enlèvera sur chaque

membre les rameaux qui se trouveraient placés dessus et dessous,

puis on taillera à environ 0m,03 de longueur ceux qui ne sont pas

nécessaires à la forme de l'arbre. Ce sont les jeux inférieurs de

ces rameaux qui donneront naissance aux brindilles. S'il se trouvait

quelques lambourdes terminées par un bouton à fleur, il ne faudra

pas les tailler, car on se priverait de quelques fruits.

Si, à la place où il est indispensable d'établir un membre pour

compléter la régularité de l'arbre, il ne se trouvait pas de

bourgeon pour le former, on pourra facilement en obtenir un, soit en

posant un écusson, soit en cernant l'oeil le plus rapproché de la

place où l'on a besoin d'un membre, ce qui doit se faire de la

manière suivante. À l'époque de la taille, on fait une incision

transversale immédiatement au-dessus, puis une seconde à 0m,02 ou

0m,03 au-dessus de la première, enfin plus ou moins, selon la force

qu'on veut donner au bourgeon. Ensuite, partant de la seconde

incision, on fait à 0m,02 ou 0m,03 de chaque côté de l'oeil une

incision longitudinale, puis on enlève la portion d'écorce qui se

trouve entre les deux incisions transversales. Ainsi cerné, l'oeil

se développe avec autant de vigueur que si l'on avait supprimé toute

la partie qui est au-dessus.

Cette opération peut être pratiquée avec succès non-seulement sur la

tige, mais encore sur tous les membres d'un arbre sur lequel il y a

des vides à remplir.

_Ébourgeonnage._--Pour favoriser le développement du bourgeon

terminal, on pincera très-courtes deux ou trois bourgeons qui en

sont les plus rapprochés, à moins que le premier n'ait fourni une

pousse trop faible; il faudrait alors le remplacer par le plus

vigoureux et le plus rapproché de l'extrémité. On choisira parmi les

autres les mieux placés pour en former des membres à la taille

suivante, en observant toujours qu'ils ne doivent jamais être placé

juste au-dessus de ceux de l'année précédente; car les membres d'une

quenouille doivent être disposés de manière que, partant de

l'insertion du premier membre, les autres tournent en spirale autour

de la tige. On pincera également les deux ou trois bourgeons les

plus rapprochés du rameau terminal de chaque bras, et on enlèvera

sur chaque membre tous les bourgeons qui naîtront dessus et dessous.

On pincera, sur les membres de l'année précédente, les bourgeons qui

poussent trop vigoureusement; puis on taillera des brindilles à

0m,16 ou 0m,18 de longueur. La taille des rameaux terminaux sera

proportionnée à la vigueur de l'arbre, et l'on taillera toujours sur

l'oeil le mieux placé pour les prolonger suivant leur position. Les

autres rameaux seront taillés à environ 0m,05, même ceux qui ont été

pincés à l'ébourgeonnage; les brindilles qui ont donné du fruit le

seront à 0m,12 ou 0m,15, et si celles qui ont été rompues à

l'ébourgeonnage avaient poussé, il faudrait les tailler au-dessus de

la pousse.

On protégera successivement l'établissement des branches fruitières,

et l'on surveillera celles qui pousseraient trop vigoureusement, de

manière qu'il ne puisse se former de gourmands sur aucune partie de

l'arbre; enfin, on traitera les quenouilles la seconde année comme

on les a traitées la première, et ainsi de suite; seulement, à

chaque taille, les opérations deviendront plus compliquées.

Comme souvent il arrive que les membres d'une quenouille tendent à

s'élever verticalement, ce qui est non-seulement contraire aux

principes, mais encore préjudiciable au développement ultérieur de

l'arbre (car alors ces membres poussent avec une telle vigueur

qu'ils absorbent une forte partie de la séve nécessaire à la

végétation des autres membres), il faut, dans cette circonstance,

chercher le moyen de remédier à un pareil état de choses. Souvent on

a recours à de petits arcs-boutants; mais comme ce moyen présente

beaucoup de difficultés et de graves inconvénients, nous allons

faire connaître un procédé communiqué à la Société centrale

d'horticulture par M. Chevalier Gérolme: «J'ai placé quatre piquets

au pied de chaque pyramide, avec une encoche de 0m,028 à la tête de

chacun; j'y ai attaché un cercle avec de fil du fer à 0m,081

d'élévation du sol, afin de pouvoir biner et nettoyer. Avec ce

simple appareil, que j'appelle _treillage horizontal_, et qui

m'offre les ressources d'un mur à la Montreuil, je deviens maître de

mon arbre. Muni d'une grande quantité de loques en cuir percées aux

deux bouts et d'une botte d'osier, je prends la branche à incliner,

petite ou grosse, courte ou longue, n'importe; à l'endroit

convenable je la cerne de ma loque, que je ferme avec l'un des bouts

d'un brin d'osier, dont je viens arrêter l'autre sur le cercle à la

place que réclame l'inflexion de la branche ou le vide de l'arbre.

Avec ce procédé, j'ai pu rectifier mille irrégularités indépendantes

de la taille, comme proportionner les espaces, détruire la confusion

qui existe toujours dans les pyramides, faciliter la circulation de

l'air, le mouvement de la lumière; en un mot, satisfaire à toutes

les conditions de développement et d'équilibre qui jusqu'alors

n'avaient point été remplies.»

2. _Poiriers en espalier._

Pour former un espalier de Poiriers on prendra des arbres nains,

jeunes et vigoureux, et on les plantera de préférence à l'est ou à

l'ouest. On peut les élever sous plusieurs formes, mais nous

considérons celles en éventail (_fig._ 21) et en palmette (_fig._ 22

et _fig._ 23) comme les plus faciles à diriger et les plus

avantageuses. Les Poiriers que l'on veut former en éventail seront

plantés à 5m,33, 6m,66 ou 8 mètres l'un de l'autre, selon la nature

du terrain et la hauteur des murs, et l'on donnera la préférence aux

arbres greffés de l'année. On les rabattra de manière à obtenir cinq

bourgeons de chaque côté pour former la charpente de l'arbre.

[Illustration: Fig. 21.--Poirier en éventail.]

Si la première année, l'on n'obtenait pas le nombre de bourgeons

nécessaire pour former l'arbre, il faudrait diriger verticalement le

bourgeon terminal pour prolonger la tige, et l'année suivante on le

rabattra de manière à obtenir les membres _a_, _b_, _c_, _d_, _e_. À

mesure que les bourgeons se développeront, on les palissera, en les

plaçant aussi parallèlement que possible et à égale distance l'un

de l'autre. On pincera l'extrémité de ceux qui pousseraient plus

vigoureusement que les autres, de telle sorte que chaque membre ait

une végétation à peu près égale. On pincera aussi très-court les

bourgeons placés devant et derrière les branches, pour les démonter

par suite de la taille.

Par l'ébourgeonnage, on favorisera le prolongement du bourgeon

terminal de chaque membre, et l'on pincera très-court tous ceux qui

sont mal placés. Aux tailles suivantes, on établira sur chaque

membre successivement, et selon le besoin, des branches de

bifurcation, _f_, _g_, _h_, _i_ (_fig._ 21), pour remplir les

intervalles.

Pour compléter la régularité des Poiriers cultivés en espalier, on

peut, indépendamment de ce que nous avons indiqué pour ceux qui sont

élevés en quenouille, avoir recours à la greffe par approche, ce qui

doit se faire de la manière suivante. À l'époque où les bourgeons

sont encore il l'état herbacé, on choisit le plus rapproché de la

place où l'on a besoin d'établir un membre, on l'abaisse avec

précaution afin de ne pas le rompre, et, après avoir fait une plaie

longitudinale sur chaque partie, on les applique l'une sur l'autre,

puis on les maintient dans cette position au moyen d'une ligature

que l'on desserre aussitôt après la reprise de la greffe; lorsque le

bourgeon est arrivé à l'état ligneux, on fait une entaille à

mi-bois, juste au-dessous de la greffe, mais on ne sèvre

complétement celle-ci qu'à l'époque de la taille. On peut sans

inconvénient placer sur le même arbre autant de greffes qu'il est

nécessaire; ce que nous avons été à même d'observer sur un espalier

de Poiriers confié aux soins de M. Fourquet, habile horticulteur,

qui, à l'aide de la greffe par approche, est parvenu en très-peu de

temps à donner une forme régulière à des Poiriers dont les membres

étaient dans un désordre complet.

Si l'on plantait des arbres ayant déjà le nombre de branches

nécessaire pour les former, il faudrait tailler toutes les branches

bien placées à environ 0m,04 et sur un oeil disposé de manière à

prolonger le membre dans la direction voulue d'après la forme de

l'arbre. On démontera les autres, en ayant toujours soin de

conserver les lambourdes et les brindilles.

[Illustration: Fig. 22.--Poiriers en palmette.]

On plantera, à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre, ceux que l'on destine

à être élevés en _palmette_; on rabattra la tige de manière à

obtenir à droite et à gauche quelques bourgeons, dont on formera les

premiers membres a (_fig._ 22), en les établissant à environ 0m,30 à

0m,35 les uns au-dessus des autres. Ceux de droite doivent alterner,

autant que possible, avec ceux de gauche; en les palissant, il faut

les incliner plus ou moins, suivant que l'on voudra favoriser le

développement de l'un ou restreindre celui de l'autre. Les années

suivantes, on les abaissera davantage, mais en observant qu'ils ne

doivent jamais être placés horizontalement. On guidera verticalement

le bourgeon qui sert à prolonger la tige, et l'on pincera les

bourgeons mal placés; puis, les années suivantes, on taillera le

rameau vertical de manière à obtenir chaque année deux branches

latérales, jusqu'à ce que l'arbre soit arrivé à garnir le mur dans

toute sa hauteur. On taillera les bras à environ 0m,15 à 0m,18 de

longueur, suivant leur force et leur position, mais toujours sur un

oeil placé de manière à les prolonger le plus directement possible.

S'il arrivait qu'un bourgeon de prolongement fût beaucoup plus

vigoureux que l'autre, il faudrait, au palissage, l'incliner plus

que les autres, de manière à rétablir l'équilibre.

[Illustration: Fig. 23.--Poirier en palmette à double tige.]

L'éducation des Poiriers élevés sous la forme de palmette à double

tige (_fig._ 23) doit avoir lieu d'après les principes suivis pour

la palmette à tige simple.

Cette forme est adoptée maintenant par le plus grand nombre de

cultivateurs de Poiriers, qui la préfèrent à toutes les autres.

Les Poiriers à tiges seront plantés à 5 ou 6 mètres l'un de l'autre,

et, pendant les premières années, ils devront être taillés de

manière que les branches qui doivent former la charpente de l'arbre

soient également espacées. On surveillera leur développement pour

favoriser celles qui seraient les moins vigoureuses, jusqu'à

l'époque où les arbres pourront être abandonnés à eux-mêmes,

c'est-à-dire environ deux ans après.

Lorsque les Poiriers sont très-vieux ou épuisés au point de ne plus

produire de fruits, on peut encore en tirer un bon parti en les

rabattant et en les greffant en couronne. (Voir l'article _Greffe_,

p. 67.) On pose plus ou moins de greffes, suivant la force de

l'arbre; puis, lorsqu'elles sont bien reprises, on choisit les plus

vigoureuses pour en former la nouvelle charpente.

_Liste des meilleures variétés de poires admises par le Congrès

pomologique._

ADÈLE DE SAINT-DENIS (Adèle de Saint-Céras, baronne de Mello).

Fertile; moyen; bon; octobre[12].

[Note 12: Le nom en PETITES CAPITALES indique le _nom

définitif_; les noms _entre parenthèses_ indiquent les _synonymes

détruits_; le mot _fertile_ s'applique à la fertilité de

l'_arbre_; le mot _moyen_, à la grosseur du _fruit_; le mot

_bon_, à la qualité de la _chair_; enfin, l'énonciation du mois

de l'année fait connaître l'époque de la _maturité_.]

BEAU PRÉSENT D'ARTOIS (Présent royal de Naples). Très-fertile;

gros; assez bon; commencement de septembre. (Entre-cueillir.)

BERGAMOTE D'ANGLETERRE (Gansel's bergamote, Bezy de Caissoy par

plusieurs pépiniéristes.) Fertile; moyen; bon; septembre,

octobre. (Greffer sur franc.)

BERGAMOTE ESPEREN. Très-fertile; moyen; très-bon; mars, mai.

BEURRÉ BEAUMONT (Beurré de Beaumont, Bezy Waët, Bezy de

Saint-Waast, Belmont, Beymont). Fertile; moyen; bon; janvier.

BEURRÉ CAPIAUMONT (Beurré aurore). Très-fertile; moyen; bon;

octobre. (Greffer sur franc; très-bon cuit.)

BEURRÉ CLAIRGEAU. Très-fertile; gros ou très-gros; bon; novembre,

décembre.

BEURRÉ D'AMANLIS, BEURRÉ D'AMANLIS PANACHÉ (Wilhelmine, Hubard,

Duchesse de Brabant, Poire Delbert ou d'Albert, Poire kessoise).

Très-fertile; gros; septembre.

BEURRÉ D'AREMBERG (Orpheline d'Enghien, Colmar Deschamps, Beurré

Deschamps, Beurré des orphelins, Délices des orphelins).

Très-fertile; moyen; très-bon; décembre, janvier. (Greffer sur

franc.)

BEURRÉ D'ANJOU (Ne plus Meuris, _Nec plus Muris_). Peu fertile;

assez gros; très-bon; décembre.

BEURRÉ DAVY (Beurré Spence, Beurré de Bourgogne, Beurré

Saint-Amour, Belle de Flandre ou des Flandres, Nouvelle gagnée à

Heuze, Beurré des bois, Fondante des bois, Boss père, Poire des

bois, Boss pear, Beurré d'Elberg, Beurré Davis, B. Foidart).

Fertile; gros ou très-gros; bon; octobre.

BEURRÉ D'ARDENPONT (Beurré d'Arenberg par erreur, Glou morceau,

Goulu morceau de Cambron, Beurré de Kent, Beurré Lombard, Beurré

de Cambronne). Fertile; gros; très-bon; janvier.

BEURRÉ DIEL (Beurré magnifique, Beurré incomparable, Beurré

royal, Beurré des trois tours, Dry Toren, Melon de Knops, Poire

melon, Graciole d'hiver, Fourcroy, Dorothée). Fertile; gros;

très-bon; novembre, décembre. (Recommandé.)

BEURRÉ GIFFART. Fertile; moyen; très-bon; fin juillet.

BEURRÉ PICQUERY (Urbaniste, Louis Dupont, Beurré Drapiez, Louise

d'Orléans, Serrurier d'automne, Vergaline musquée). Peu fertile;

moyen; très-bon; octobre, novembre.

BEURRÉ QUETELET (Beurré Dumortier). Très-fertile; moyen;

très-bon; septembre, octobre.

BEZY DE MONTIGNY (Non pas Doyenné musqué, vulgairement nommé Bezy

de Montigny). Très-fertile; moyen; bon; septembre.

BON CHRÉTIEN NAPOLÉON (Liard, Médaille, Mabille, Captif de

Sainte-Hélène, Charles d'Autriche, Charles X, Beurré Napoléon,

Bonaparte, Gloire de l'Empereur, Napoléon d'hiver). Très-fertile;

assez gros; très-bon; octobre, novembre.

BON CHRÉTIEN WILLIAM (Bartlett de Boston, de Lavault).

Très-fertile; gros ou très-gros; très-bon; septembre.

BONNE D'ÉZÉE (Belle ou Bonne des Zées, Belle et Bonne des haies).

Très-fertile; gros; bon; septembre.

CALEBASSE MONSTRE (Calebasse Carafon, Calebasse royale, Calebasse

monstrueuse du Nord, Van Marum, Triomphe de Hasselt).

Très-fertile; très-gros; assez bon; octobre. (Greffer sur franc.)

COLMAR D'ARENBERG (Kartoffel). Très-fertile; très-gros; assez

bon; novembre.

DÉLICES D'HARDENPONT D'ANGERS (Poire-Pomme de Racqueingheim).

Très-fertile; moyen; très-bon; novembre, décembre.

DOYENNÉ BOUSSOCH (Beurré de Mérode, Double Philippe, Nouvelle

Boussoch); Fertile; gros; bon; septembre.

DOYENNÉ D'HIVER (Bergamote de la Pentecôte, Seigneur d'hiver,

Doyenné de ou du Printemps, Dorothée royale, Poire Fourcroy,

Canning d'hiver, Merveille de la nature, Pastorale d'hiver, Poire

du Pâtre, Beurré roupé). Très-fertile; gros; bon; janvier, mai.

DUCHESSE D'ANGOULÊME (Poire de Pézénas, des Éparonnais,

Duchesse). Très-fertile; très-gros; bon; octobre, novembre.

DUCHESSE DE BERRI D'ÉTÉ. Assez fertile; moyen; très-bon; fin

août.

ÉPINE DU MAS (Belle Épine Dumas, Colmar du Lot, Duc de Bordeaux,

Épine de Rochechouart, C. de Limoges). Fertile; moyen; bon;

novembre.

FIGUE (Figue d'Alençon, Figue d'hiver, Bonissime de la Sarthe).

Fertile; assez gros; très-bon; novembre, décembre.

FONDANTE DE CHARNEUX (Beurré ou Fondante des Charneuses, Duc de

Brabant (Van Mons), Miel de Waterloo. Fertile; assez gros;

très-bon; octobre. (Greffer sur franc.)

FONDANTE DE NOËL (Belle ou Bonne de Noël, Belle ou Bonne après

Noël, Souvenir d'Esperen). Fertile; moyen; bon; décembre.

JALOUSIE DE FONTENAY (Jalousie de Fontenay-Vendée, Belle

d'Esquermes). Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.

LOUISE BONNE D'AVRANCHES (Louise de Jersey, Bonne ou Beurré

d'Avranches, Bergamote d'Avranches, Bonne de Longueval).

Très-fertile; assez gros; très-bon; septembre.

MARIE-LOUISE DELCOURT (Marie-Louise Nova, Marie-Louise Nouvelle,

Van Donkelaer, Vandonckelaër, Marie-Louise Van Mons).

Très-fertile; moyen ou assez gros; très bon: octobre, novembre.

NOUVEAU POITEAU (Tombe de l'amateur). Fertile; gros; bon;

novembre. (Blettit avant de jaunir.)

PASSE-COLMAR (Passe-Colmar gris, Passe-Colmar nouveau,

Passe-Colmar ordinaire). Très-fertile; moyen; très-bon; décembre,

février.

ROUSSELET D'AOÛT (Gros Rousselet d'août, Van Mons). Très-fertile;

moyen; très-bon; août.

SAINT-MICHEL-ARCHANGE. Fertile; assez gros; très-bon; octobre.

SAINT-NICOLAS (Duchesse d'Orléans). Très-fertile; moyen;

très-bon; septembre, octobre.

SEIGNEUR (ESPEREN). (Seigneur d'Esperen, Bergamote Fiévée,

Bergamote lucrative, Lucrate, Brésilière, Beurré lucratif.

Fondante d'automne, Arbre superbe). Très-fertile; moyen; assez

gros; très-bon; septembre, octobre.

SOLDAT LABOUREUR. Fertile; assez gros; bon; octobre, décembre.

SUZETTE DE BAVAY. Très-fertile; petit; bon; février, avril.

TRIOMPHE DE JODOIGNE. Fertile; gros ou très-gros; assez bon;

décembre.

VAN MONS (Van Mons de Léon Leclerc). Fertile; gros; très-bon;

novembre. (Greffer sur franc.)

_Poiriers spécialement pour espaliers._

BERGAMOTE CRASSANE (Cressane, Cressane d'automne, Beurré plat).

Fertile; moyen; très-bon; novembre. (Contre un mur et au soleil.)

BEURRÉ GRIS (Beurré doré, Beurré d'Amboise, Beurré roux, Beurré

d'Isambart, Beurré du Roi, Isambart le bon, Beurré de

Terwerenne). Fertile; moyen et gros; très-bon; septembre et

octobre. (Contre un mur, avec avant-toit; levant, couchant; peut

s'élever en haute tige.)

BEZY DE CHAUMONTEL (Beurré de Chaumontel, Chaumontel, Beurré

d'hiver). Assez fertile; moyen et gros; assez bon; janvier. (Peut

aussi s'élever en pyramide.)

BON CHRÉTIEN DE RANS (Beurré de Rance, Beurré de Flandre, Beurré

Noirchain, Beurré noire chair, Hardenpont de printemps, Beurré de

Pentecôte). Assez fertile; assez gros; assez bon; janvier, mars.

(Sur franc, contre un mur; bonne exposition.)

DOYENNÉ BLANC (Beurré blanc, par erreur, Saint-Michel, Bonne

ente, Doyenné picté, de Neige, du Seigneur, Citron de septembre,

etc.). Très-fertile; moyen; très-bon; octobre. (Sur franc, contre

un mur avec avant-toit; nord, levant, couchant.)

DOYENNÉ GRIS (Doyenné roux, Doyenné crotté, Doyenné galeux,

Doyenné jaune, Saint-Michel gris, Neige grise). Très-fertile;

moyen; très-bon; octobre, novembre. (Sur franc, contre un mur

avec avant-toit; terre légère; levant, couchant, nord.)

SAINT-GERMAIN D'HIVER (Inconnue Lafare, Saint-Germain gris,

Saint-Germain vert). Fertile; assez gros; très-bon; novembre,

mars. (Contre un mur au soleil.)

_Variétés dont les fruits sont à cuire._

BELLE ANGEVINE (Angora, Bolivar, Comtesse ou Beauté de Terweren,

Royale d'Angleterre, Duchesse de Berri d'hiver, Abbé Mongein,

Très-grosse de Bruxelles). Assez fertile; énorme; assez bon fin

d'hiver. (Pyramide, mieux en espalier, contre un mur au midi.)

BON CHRÉTIEN D'HIVER (Poire d'angoisse, Poire de Saint-Martin,

Bon Chrétien de Tours). Assez fertile; gros; bon; mars, mai.

Contre un mur à bonne exposition.

CATILLAC (Quenillat, Téton de Vénus, Gros-Gillot, Bon Chrétien

d'Amiens, Grand Monarque, Monstrueuse des Landes, Chartreuse,

Abbé Mongein). Très-fertile; très-gros; bon; février, mai.

(Pyramide, mieux en espalier et haute tige.)

CERTEAU D'AUTOMNE (Cuisse-Dame, par erreur). Très-fertile; moyen;

très-bon; octobre, novembre. (Mieux en espalier et haute tige.)

CURÉ (Monsieur le Curé, de Monsieur, de Clio, Belle de Berri,

Belle Andréanne ou Adrienne, Bon Papa, Pater Noster, Vicar of

Wakefield, Belle Héloïse, Beurré Comice de Toulon, Belle

Andréine). Fertile; gros; très-bon; novembre, janvier. (Pyramide,

espalier, haute tige.)

LÉON LECLERC. Fertile; gros; assez bon; mars, mai. (Pyramide;

mieux, en espalier; sur franc; bonne exposition.)

MARTIN SEC (Rousselet d'hiver). Assez fertile; petit; très-bon;

décembre, janvier. (Mieux en haute tige.)

MESSIRE-JEAN (Mi-Sergent, Messire-Jean gris, Messire-Jean doré,

Chaulis). Assez fertile; moyen; bon; novembre. (Mieux en tige.)

_Poiriers spécialement pour haute tige_ (Arbres de verger).

BERGAMOTE SYLVANGE (Poire Sylvange). Fertile; moyen; bon;

novembre.

BEURRÉ D'ANGLETERRE (Bec d'Oie, Amande, Poire d'Amande, Poire

anglaise, Saint-François, Poire des Finnois). Très-fertile;

moyen; assez bon; septembre.

BEURRÉ GOUBAULT. Très-fertile; moyen; bon; septembre.

(Entre-cueillir.)

BLANQUET (Blanquet gros, Cramoisin, Cramoisine). Fertile; petit;

assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)

CITRON DES CARMES (Petite Madeleine, Saint-Jean). Très-fertile;

petit; assez bon; juillet. (Entre-cueillir.)

COLMAR NÉLIS (Nélis d'hiver, Bonne ou Fondante de Malines).

Fertile; moyen; bon; novembre et décembre.

DOYENNÉ DE JUILLET (Roi Jolimont). Très-fertile; petit; très-bon;

juillet. (Entre-cueillir.)

ÉPARGNE (Beau-Présent, Cuisse-Madame, Grosse Madeleine;

Saint-Samson, Chopine, Beurré de Paris, Cueillette, de la Table

des Princes). Très-fertile; moyen ou assez gros; bon; juillet,

août. (Réussit en espalier.)

JOSÉPHINE DE MALINES. Peu fertile; moyen et petit; très-bon;

janvier. (Réussit en espalier.)

ROUSSELET DE REIMS (Petit Rousselet, Rousselet musqué). Fertile;

petit; bon; septembre. (Très-bon confit.)

SECKLE (Shakespeare, Seckle pear). Fertile; petit; bon; octobre.

POMMIER (_Pyrus malus_).--Tous les terrains, même ceux qui sont un

peu frais, conviennent au Pommier; toutes les expositions, excepté

le sud, lui sont favorables. On greffe les arbres à haute tige sur

égrin et les nains sur doucin et sur paradis.

Ce que nous avons dit de la culture et de la taille des Poiriers

peut, en toutes circonstances, s'appliquer également aux Pommiers.

On peut facilement leur faire prendre toutes les formes. Ceux qu'on

élève à haute tige sont les plus durables et ceux qui produisent le

plus. Nous conseillons de les tailler pendant les premières années.

Si on les plante en lignes, on les met à 8 ou 10 mètres l'un de

l'autre, et quelquefois plus, selon la nature du terrain. Dans les

jardins, on ne plante ordinairement que des arbres nains, qui

n'occupent que peu de place, et qui, bien dirigés, produisent

beaucoup au bout de très-peu de temps.

Dans les terrains légers et chauds, on plantera de préférence les

Pommiers greffés sur doucin, parce qu'alors leurs racines

s'enfoncent plus profondément que lorsqu'ils sont greffés sur

paradis. Dans ce dernier cas, ils s'élèvent peu, mais fructifient

beaucoup, et les fruits en sont généralement très-beaux. Il faut les

planter à environ 1m,65 les uns des autres.

Comme presque toutes leurs racines sont à la surface du sol, il ne

faut leur donner que les binages.

Nous avons conseillé, à l'article POIRIER, de placer un Pommier nain

entre chaque quenouille; la forme la plus avantageuse a leur donner

est celle d'un gobelet (_fig._ 24). La première année, on choisit

cinq ou six bourgeons placés, autant que possible, a égale distance,

pour établir la charpente de l'arbre, et on les palissera sur un

cerceau. L'année suivante, on taillera les mères branches suivant

leur force, et toujours sur un oeil placé de manière à les prolonger

dans la même direction.

[Illustration: Fig. 24.--Pommier en gobelet.]

À l'ébourgeonnage, on pincera très-court les bourgeons qui se

dirigeraient intérieurement, de manière à évider l'intérieur de

l'arbre; puis on pincera aussi ceux qui pousseraient en dehors.

On placera un second cerceau qui devient nécessaire pour palisser le

prolongement des branches, et par suite il faudra établir des

branches pour remplir les vides qui résulteront de l'écartement des

branches mères.

Généralement, il faudra tailler plus long et beaucoup plus tard les

arbres qui pousseront trop vigoureusement.

Les bordures de buis du potager peuvent être avantageusement

remplacées par de jeunes Pommiers paradis, que l'on plante à environ

2 mètres les uns des autres, et que l'on dirige horizontalement sur

une seule branche (_fig._ 25.)

Avant de planter, on marque la place de chaque arbre par un piquet

destiné à servir de support au fil de fer sur lequel on attache les

Pommiers. Ces piquets doivent être enfoncés de manière que le fil de

fer puisse être tendu à 0m,40 ou 0m,50 du sol.

[Illustration: Fig. 25.--Pommiers en cordons.]

Après la plantation, ou courbe la tige de chaque arbre avec

précaution, on la maintient le long du fil de fer au moyen de

quelques ligatures en osier, puis on coupe l'extrémité plus ou moins

longue, suivant la vigueur de l'arbre.

Quand on veut obtenir deux branches sur chaque Pommier, il suffit,

après la plantation, de couper la tige au-dessous du fil de fer, et

l'année suivante on dirige une branche à droite et une branche à

gauche.

Les années suivantes, on taille toutes les branches latérales le

plus près possible de leur insertion, afin de favoriser le

développement des boutons à fruits; puis on prolonge les cordons de

0m,40 à 0m,50, suivant la vigueur de l'arbre, et cela jusqu'à ce

qu'ils aient atteint une longueur qui permette de les greffer l'un

sur l'autre, de manière à former un seul et même cordon.

Nous conseillons de former des haies de Pommiers toutes les fois

qu'on devra faire des clôtures dans les endroits où l'on n'aura pas

à craindre la dévastation des fruits; on prendra des arbres greffés

sur doucin, et on les plantera à environ 1 mètre l'un de l'autre.

Pendant les premières années, on maintiendra l'inclinaison des

membres en les attachant sur des échalas placés de loin en loin. On

greffera par approche toutes les branches principales qui se

croiseront, et on entrelacera les autres.

À l'époque de l'ébourgeonnage, on pincera la haie sur les deux

faces; puis, par la taille et les ébourgeonnages, on tâchera

d'éviter qu'elle ne se dégarnisse par le bas.

=Variétés.=--Api, -- Calville blanc, -- C. rouge, -- Fenouillet

gris, -- Pigeonnet, -- Potophe d'hiver, -- Gros Rambour, --

Reinette de Hollande, -- R. franche, -- R. du Canada, -- R.

d'Angleterre, -- R. dorée, -- R. grise, -- R. de Bretagne, -- R.

d'Espagne, -- R. de Granville.

PRUNIER (_Prunus_).--Les Pruniers, ayant des racines traçantes,

n'exigent pas un terrain très-profond; ils viennent assez bien

presque partout, pourvu cependant que le sol ne soit ni trop sec ni

trop humide. On les greffe sur le Prunier Saint-Julien ou sur le

Damas noir; et, quoiqu'ils réussissent bien sous toutes les formes,

on n'en plante guère en espalier que dans les contrées où les fruits

mûrissent mal; il faut alors les mettre à bonne exposition.

Il est beaucoup plus avantageux de planter des arbres à haute tige.

Si l'on en forme des lignes, il faut les placer à 6 mètres l'un de

l'autre. Plusieurs espèces peuvent aussi être plantées pour former

des haies intérieures, ou dans les endroits où l'on n'a pas à

craindre la dévastation des fruits. Il n'est pas absolument

nécessaire de tailler les Pruniers, si ce n'est pendant les

premières années, pour former la charpente de l'arbre.

_De la culture forcée du Prunier._--On peut facilement avancer la

maturité de plusieurs variétés, telles que le Monsieur hâtif, la

Mirabelle et la Reine-Claude. Pour cela, à l'automne, on plantera

dans des pots de 0m,30 de jeunes Pruniers élevés sous la forme de

petites quenouilles; on les choisira aussi ramifiés que possible, et

après l'empotage on enfoncera les pots à une bonne exposition.

L'année suivante, en janvier, on les placera dans une serre vitrée

dont on n'élèvera pas la température à plus de 12° ou 14°. On

donnera de l'air au moment du soleil, et la nuit on couvrira la

serre avec des paillassons. Les autres soins consistent à arroser

ces arbres à propos et à les seringuer de temps à autre, après

qu'ils sont défleuris; les fruits seront mûrs dans les premiers

jours de mai. On peut chauffer les mêmes Pruniers deux ou trois

années de suite.

=Variétés.=--Jaune hâtive, -- Monsieur, -- Royale de Tours, --

Reine-Claude, -- R.-C. Coëgolden drop, -- R.-C. violette, --

R.-C. monstrueuse de Bavay, -- Mirabelle grosse et petite, --

Impériale blanche, -- Surpasse-Monsieur, -- Jefferson, -- Drap

d'or d'Esperen. -- Washington, -- Gros Damas, -- Perdrigon rouge,

-- de Sainte-Catherine, -- de Saint-Martin, -- Pond's Seedling.

VIGNE (_Vitis vinifera_).--La vigne vient dans presque tous les

terrains, et il est peu de localités où l'on ne puisse en obtenir de

beaux et bons produits, si elle est plantée à une exposition

favorable et bien gouvernée: cependant le sol le plus propice est

une terre franche, douce et profonde, amendée de temps à autre par

des engrais bien consommés.

[Illustration: F. 26. Vigne à la Thomery.]

Avant de planter un espalier de Vigne, il faut arrêter la forme sous

laquelle on la conduira, en tenant compte de l'emplacement: ainsi,

pour garnir les trumeaux d'une orangerie ou d'un bâtiment

quelconque, on peut élever la Vigne en palmette; mais en toute autre

circonstance, nous conseillons de la conduire à la Thomery (_fig._

26), ce mode de plantation offrant tous les avantages désirables.

1. _Plantation._--La distance à observer entre chaque pied de Vigne

dépend de la nature du sol; car, dans un terrain de peu de

profondeur ou de médiocre qualité, il faut planter les Vignes plus

près les unes des autres que dans une bonne terre, afin de donner

moins d'extension à chaque membre; enfin, dans les terrains, où l'on

peut espérer une végétation satisfaisante, on plantera de la manière

suivante: tous les 0m,65, on fera une tranchée d'environ 0m,33 de

largeur et 0m,35 de profondeur; on la commencera 1m,33 ou 1m,65 du

mur, suivant la longueur des marcottes, puis on la continuera

jusqu'à 0m,65 du mur. En automne, on prendra des marcottes

enracinées ou des crossettes (mais alors il faudrait une année de

plus pour atteindre le mur); on ne laissera qu'un seul jet à chaque

marcotte, mais garni de tous ses yeux, même sur la partie qui doit

être couchée en terre. On placera la marcotte dans la tranchée, de

telle façon que l'extrémité qui doit sortir de terre à 0m,65 du mur

soit garnie de bons yeux, et, pour la faire sortir de terre, on la

courbera avec beaucoup de précaution afin de ne pas la rompre.

Les racines devront être placées dans un sol bien meuble, puis

recouvertes de bonne terre, ainsi que la partie couchée dans la

tranchée. On mettra par-dessus un lit de bon fumier et on finira de

remplir la tranchée avec la terre du sol.

En février ou mars, on taillera toutes les marcottes à deux ou trois

yeux au-dessus de la terre, en ayant soin de ne tailler que quelques

millimètres au-dessus de l'oeil, et de faire que le biseau de la

coupe soit toujours opposé à l'oeil terminal.

Parmi les bourgeons qui se développeront, on choisira le plus

vigoureux; pour favoriser sa végétation, on supprimera les autres et

on mettra un échalas à chaque pied. On y attachera chaque bourgeon,

en ayant soin d'enlever les faux bourgeons à mesure qu'ils se

développeront.

2. _Taille._--_Première année._--À l'automne suivant, on continuera

les tranchées jusqu'au mur et à la même profondeur que l'année

précédente; puis on couchera chaque cep, que l'on amènera près du

mur à la place qu'il doit occuper et qui aura dû être marquée

d'avance.

À l'époque favorable, on taillera également tous les ceps à deux ou

trois yeux au-dessus du sol. On palissera les bourgeons sur le mur à

mesure qu'ils se développeront, en ayant soin d'enlever les faux

bourgeons dès qu'ils auront 0m,12 ou 0m,15 de longueur. Comme il est

probable, si l'année est favorable, que chaque bourgeon produira

quelques grappes, il faudra, si elles étaient trop nombreuses, en

supprimer quelques-unes, afin de ne pas trop fatiguer les jeunes

Vignes.

_Deuxième année._--On rabattra le bourgeon supérieur sur celui qui

est placé au-dessous, à moins cependant qu'il ne soit trop faible,

car il faut toujours tailler sur le plus vigoureux; puis on taillera

toutes les tiges _a_ sur un oeil placé à quelques centimètres

au-dessous du premier cordon, que l'on établira à 0m,25 du sol. Si

les tiges _b_, à la hauteur du deuxième cordon, qui doit être à

0m,75 du sol, sont garnies d'yeux qui, par leur grosseur, promettent

des bourgeons vigoureux, on les taillera comme les tiges _a_.

On taillera les tiges _c_, _d_, _e_ d'après leur vigueur, et les

années suivantes on établira les cordons des tiges _c_ à 1m,25 du

sol, ceux des tiges _d_ à 1m,75, et enfin ceux des tiges _e_ à

2m,25.

En général, pour rabattre sur de bons yeux, il faut tailler la

pousse de l'année à la moitié de sa longueur, à moins cependant que

le premier ou le deuxième oeil au-dessus ne se trouve à la hauteur

d'un cordon, sur la partie de la tige que l'on prolongera chaque

année et jusqu'à ce qu'elle soit arrivée à la hauteur où elle doit

former cordon. On laissera sur chaque tige trois ou quatre bourgeons

qu'on choisira parmi ceux qui ont le plus de grappes; on les

palissera à mesure qu'ils se développeront, et, comme les autres

années, on supprimera les faux bourgeons, puis on pincera très-court

tous les autres bourgeons, et à la taille suivante on les démontera

au rez de la tige.

_Troisième année._--L'année suivante, on taillera le bourgeon

vertical des tiges qui dès l'année précédente avaient été rabattues

à la hauteur du cordon, à partir de son insertion sur le second

oeil, y compris celui du talon, ce qui donnera naissance à deux

bourgeons, dont on formera les deux bras horizontaux; mais il ne

faudra les amener que graduellement à la place qu'ils doivent

occuper, et il vaudrait souvent mieux attendre à l'automne que de

s'exposer à les casser. Pendant leur végétation on les attachera à

mesure qu'ils se développeront, et on enlèvera les faux bourgeons,

ainsi que tous les bourgeons placés devant et derrière et ceux qui

se développent sur les tiges.

_Quatrième année._--On taillera les deux branches qui forment le

cordon à environ 0m,35 de longueur, suivant leur vigueur, mais

toujours sur l'oeil placé le plus favorablement pour prolonger le

cordon dans la même direction. Puis, pour former les branches

fruitières, on taillera les bourgeons placés sur la partie

supérieure du cordon, en observant qu'ils doivent avoir entre eux

une distance de 0m,16 à 0m,20.

Comme précédemment, on enlèvera tous les faux bourgeons, ainsi que

les bourgeons mal placés, et l'on pincera ceux qui sont le plus près

de l'extrémité, afin de favoriser la végétation des bourgeons de

prolongement, ce qu'il faudra observer jusqu'à ce que le cordon ait

atteint toute sa longueur. D'après l'écartement indiqué pour la

plantation, chaque partie du cordon devra avoir 1m,60 de long de

chaque côté.

_Cinquième année._--On taillera les branches fruitières en courson

sur deux yeux, puis on prolongera chaque part du cordon d'environ

0m,35; et comme, arrivés à ce point, les soins à donner à la Vigne

pendant la végétation sont exactement les mêmes que ceux

précédemment indiqués, nous croyons inutile de traiter ce sujet plus

longuement.

_Sixième année._--Pour cette taille et celles qui auront lieu

successivement, on démontera toutes les branches fruitières sur le

bourgeon le plus près du cordon, afin de les rajeunir chaque année;

et ensuite on taillera les coursons sur un ou deux yeux, ce que

l'expérience indiquera; car si, après avoir taillé sur un oeil, on

obtenait des bourgeons trop vigoureux, il faudrait l'année suivante

tailler sur deux yeux. Lorsque chaque cordon est arrivé à remplir le

cadre qui lui est assigné, il ne s'agit plus que de maintenir

l'équilibre de la séve, afin d'avoir une végétation égale dans toute

la longueur du cordon. Pour arriver à ce résultat, il faut

surveiller la végétation des bourgeons placés vers l'extrémité (car

ils sont toujours disposés à attirer vers eux une grande quantité de

séve), et, par des pincements et le palissage, forcer la séve à

refluer vers le centre.

Ces notions, quoique bien succinctes, suffisent pour faire connaître

la série des opérations nécessaires à la conduite d'une treille, et

l'étude attentive des dernières tailles servira à l'intelligence des

autres.

3. _Vigne en palmette._--Après avoir amené les Vignes à la place

qu'elles doivent occuper, on les taille toutes à trois ou quatre

yeux au-dessus de terre; aussitôt après le développement des

bourgeons, on choisit le plus vigoureux, on le dirige verticalement,

et, pour en favoriser la végétation, on pince ou l'on supprime les

autres. L'année suivante, on rabat toutes les tiges à peu près à la

moitié de leur longueur, plus ou moins, selon leur vigueur; après

quoi, sur chacune, on fait choix d'un bourgeon pour prolonger la

tige, puis on palisse les bourgeons placés à droite et à gauche, en

ayant soin de les incliner plus ou moins, suivant qu'on voudra

favoriser le développement de l'un ou restreindre celui de l'autre;

et, comme toujours, on supprime les bourgeons placés devant et

derrière, ainsi que les faux bourgeons.

Les années suivantes, on taille les bourgeons à droite et à gauche

en courson sur deux yeux, puis on rabat le bourgeon vertical de

manière à obtenir chaque année quelques nouveaux bourgeons, et cela

jusqu'à ce que l'on soit arrivé à garnir le mur dans toute sa

hauteur.

4. _Vigne en contre-espalier._--Pour former un contre-espalier, nous

conseillons d'observer tout ce qui a été indiqué pour la treille à

la Thomery, de manière à représenter les deux premiers cordons _a_,

_b_ (_fig._ 26).

Après la plantation, on enfoncera un pieu de loin en loin, et l'on

tendra dessus un fil de fer pour guider chaque cordon, puis un autre

entre les deux pour attacher les bourgeons du premier cordon, et

enfin un quatrième à 0m,28 au-dessus du second cordon, pour en

attacher aussi les bourgeons. Pour l'établissement des cordons et

les soins à leur donner pendant leur végétation, on observera tout

ce qui a été indiqué précédemment.

On peut chaque année en chauffer une partie, ainsi que nous l'avons

indiqué dans le chapitre II, relatif à la disposition d'un jardin;

mais on ne commencera qu'au bout de trois ou quatre ans de

plantation, et alors on pourra chaque année chauffer le quart de la

longueur, de sorte que lorsqu'on sera arrivé à reprendre la première

partie, elle ait eu trois ans de repos.

5. _De la culture forcée de la Vigne._--Vers la fin de décembre,

dans le courant de janvier et même jusqu'en février, enfin suivant

la maturité du bois, on taille la Vigne; puis, suivant la position,

on place devant elle soit des panneaux si elle est plantée le long

d'un mur, soit une petite bâche mobile[13].

[Note 13: Cette bâche se compose d'un coffre de 0m,80 de largeur

sur 1m,33 de hauteur par derrière et de 0m,33 par devant. On

maintient l'écartement au moyen de barres assemblées à queue

d'aronde par le haut et par le bas, et placées de manière à servir

de support aux panneaux.]

Si la Vigne est plantée en contre-espalier, on entoure le tout d'un

réchaud de fumier qu'on remanie au besoin, puis on pose les

panneaux; mais on arrive à des résultats beaucoup plus prompts en

faisant passer dans la bâche le tuyau d'un poêle ou mieux d'un

thermosiphon. Ce mode de chauffage est très-favorable à la

végétation, et nécessite beaucoup moins de surveillance pour arriver

à un bon résultat. On règle la température comme il suit: à partir

de l'époque où l'on commence à chauffer jusqu'à ce que la Vigne

entre en végétation, on maintient une chaleur de 15° à 18° dans la

bâche; après quoi on augmente de 4° à 5°, température que l'on

entretient jusqu'à ce que la grappe soit bien formée, et pendant la

floraison on chauffe de 25° à 30°; mais une fois que les grains sont

bien formés on diminue graduellement la chaleur, de manière à

n'avoir plus que 18° à 20° jusqu'à parfaite maturité.

La température est d'autant plus facile à régler, que cette bâche ne

contient qu'une très-petite quantité d'air.

Pendant la nuit, on couvre les panneaux avec des paillassons qu'on

enlève tous les jours; et si, au moment du soleil, le thermomètre

monte plus haut que nous ne l'avons indiqué, on donne un peu d'air

en soulevant les panneaux par le haut. Pour entretenir l'humidité

nécessaire à la Vigne, on donne des bassinages, qui doivent être

plus ou moins fréquents, suivant la température et les progrès de la

végétation. L'eau qu'on emploie pour ces arrosements doit être

déposée sous la bâche quelque temps avant d'être employée, afin

qu'elle soit, autant que possible, à la température de l'atmosphère

dans laquelle on la répand.

La Vigne étant ainsi traitée, on aura des Raisins mûrs au bout de

quatre mois ou quatre mois et demi, à partir de l'époque où l'on

aura commencé à chauffer.

Pour utiliser la place qui reste au devant de la Vigne, on peut

mettre quelques rangs des Fraisiers en pots, qui s'accommodent

très-bien de la même température.

=Variétés.=--Madeleine noire, -- M. blanche, -- Chasselas de

Fontainebleau, -- Ch. de Bar-sur-Aube, -- Ch. gros coulard, --

Ch. musqué, -- Ch. rose, -- Muscat blanc, -- M. violet, -- M.

d'Alexandrie, -- Corinthe, -- Panse commune, -- Gromier du

Cantal, -- Frankental, -- Cornichon, -- Raisin cassis.

CHAPITRE XIV

Maladies des Arbres.

Les maladies qui attaquent les arbres et les font périr sont dues à

deux causes distinctes: les unes, telles que le chancre et la gomme,

sont le résultat de causes internes, tandis que les autres sont

produites par des causes extérieures, et surtout par la présence des

plantes parasites comme les Lichens, les Mousses et les Champignons.

Les premières, souvent mortelles, peuvent être guéries par

l'amputation des parties maladives, si l'arbre n'en est attaqué que

partiellement ou si les causes qui les ont produites sont passagères

et n'ont pu détruire en lui tout germe de vie; mais quand il en est

envahi tout entier et que sa végétation est modifiée au point que

le dépérissement est journalier, l'arbre languit et meurt bientôt,

sans que les secours du jardinier puissent le sauver.

Il n'en est pas de même des maladies dues à l'établissement de

végétaux parasites sur l'épiderme de l'arbre; des lotions avec de

l'eau de chaux et un nettoyage attentif avec une brosse ou un

émoussoir suffisent ordinairement pour détruire les Lichens et les

Mousses, et rendre la santé à l'arbre qui en était chargé.

Quant aux Champignons, il faut pour les détruire avoir recours à un

moyen plus énergique, surtout pour celui de la Vigne nommé _Oïdium

Tuckeri_; car l'eau de chaux a été reconnue insuffisante, et

l'hydrosulfate de chaux[14], étendu dans la proportion de 1 litre

pour 50 litres d'eau, est, jusqu'à présent du moins, le moyen le

plus simple et le plus efficace que l'on ait encore trouvé.

[Note 14: Pour faire de l'hydrosulfate de chaux, on prend 250

grammes de soufre en poudre et environ un demi-litre de chaux

fraîchement éteinte; on fait du tout une pâte à laquelle on ajoute 3

litres d'eau.

On place cette préparation sur le feu, dans une marmite de fonte ou

de terre vernie; on la fait bouillir pendant dix minutes environ,

après quoi on la met en bouteilles.]

Plus anciennement connue, la fleur de soufre appliquée après un

bassinage détruit également bien le Champignon de la Vigne; mais,

que l'on emploie la fleur de soufre ou l'hydrosulfate de chaux,

l'important pour réussir est d'opérer à temps, c'est-à-dire aussitôt

que l'on aperçoit les premières traces blanches qui caractérisent la

maladie, car elle se propage avec une grande rapidité.

Si, malgré le soin apporté à l'opération, le Champignon n'était pas

détruit par un premier traitement, il faudrait recommencer quelques

jours après.

La fleur de soufre et l'hydrosulfate de chaux peuvent être également

employés avec succès pour détruire le _blanc_ ou _meunier_, qui fait

tant de tort aux Pêchers.

C'est à ces notions insuffisantes que se borne notre science, et les

seuls moyens que nous ayons pour prévenir les maladies sont des

soins attentifs, des abris dans les mauvais temps, et le choix d'une

bonne exposition.

Il est à regretter que cette partie importante de l'horticulture

soit si négligée et que personne ne s'en occupe sérieusement.

CHAPITRE XV

Jardin d'agrément.

Nous ne pouvons, pour cette partie, qui est soumise à des

modifications dépendant de la situation et de la forme du terrain,

ainsi que du goût du propriétaire, entrer dans les mêmes détails que

pour le potager, qui admet des règles plus fixes.

Quoique les murs soient pour tous les jardins le meilleur mode de

clôture, ils ne sont pas indispensables pour un jardin d'agrément,

qui peut être fermé par des haies vives.

Bien que l'Épine blanche (Aubépine) soit considérée comme l'arbre

qui convient le mieux pour établir une haie, on peut, selon la

nature du terrain, employer les essences suivantes: Acacia blanc

(Robinier), Arbre de Judée, Acer campestre et Tataricum, Buplevrum

fruticosum, Charme, Cornus sanguinea, Clavalier (Xanthoxylum),

Caragana arborea, Celtis (Micocoulier) occidentalis et australis;

Cerisier, Cyprès, Épine-Vinette, Elæagnus angustifolia, Frêne

commun, Gleditschia Sinensis et triacanthos; Houx, Hêtre, If, Lilas,

Lycium Barbarum; Maclura aurantiaca, Mûrier blanc, Noisetier, Orme,

Prunus spinosa (Prunellier), incana, Mahaleb (Sainte-Lucie) et

insititia (Prunier sauvage); Poirier commun, Pommier, Rhamnus

catharticus (Nerprun), Paliurus, hybridus, sempervirens et

Alaternus (Alaterne); Sureau commun, Troëne commun, Thuya, Viburnum

lantana (Viorne).

Lorsqu'on établit une haie, il faut, pendant les premières années,

la protéger au dehors par une haie morte ou un fossé assez large et

assez profond pour la défendre contre la dent des bestiaux. Comme

clôture, les haies sont d'un aspect moins désagréable que les murs,

et elles permettent de profiter de chaque échappée de vue, avantage

immense dans la composition d'un jardin d'agrément.

L'étude de la position du terrain doit avoir pour but de ménager

tout ce qui peut contribuer à rendre la perspective agréable, et de

masquer les endroits que l'on voulait cacher.

Rien de plus disgracieux dans un jardin d'agrément que la

disproportion entre ses différentes parties; les allées, les

pelouses, les massifs, les bassins, tout enfin doit être

proportionné à l'étendue du terrain.

Les arbres plantés dans les massifs ne doivent pas être disséminés

au hasard, mais dans l'ordre de leur élévation; il faut les

distancer assez pour que la végétation n'en soit pas gênée. On doit

les grouper en harmonisant les feuillages et les fleurs de manière à

produire sur la vue une impression agréable.

Nous ne saurions trop recommander l'introduction dans les jardins

d'agrément, au lieu d'arbres inutiles, des arbres fruitiers à haute

tige, tels que Cerisiers, Abricotiers, Pruniers, Pommiers, Poiriers,

Amandiers, Coignassiers, etc., en les plaçant de préférence à la

pointe des massifs, pour qu'ils ne soient pas étouffés par la

végétation des arbres voisins et qu'ils jouissent les premiers de

l'air et du soleil.

Bien des personnes ont été arrêtées dans l'idée de plantation

d'arbres fruitiers par la crainte de voir une partie de leur

récolte dévorée par les oiseaux, et de n'avoir que des fruits de

médiocre grosseur.

Cette considération ne doit pas être un motif d'exclusion: car,

quelque mince que soit le produit de chaque arbre à fruit, il ne

sera pas, comme pour les arbres d'ornement, complétement stérile; de

plus, les arbres fruitiers ne le cèdent pas aux arbres d'ornement,

tant par la beauté de leur feuillage que par le coloris brillant et

l'abondance de leurs fleurs, et ils ont, de plus que les autres, des

fruits, qui flattent aussi agréablement la vue que la grappe du

Sorbier, le fruit des Mespilus, de Sureaux, etc.

Les arbres verts et tous les arbres à feuilles persistantes qui font

jouir, au milieu de l'hiver, d'une verdure sévère peut-être, mais

qui rappelle les beaux jours, doivent aussi trouver place dans un

jardin d'agrément.

Le Cèdre du Liban, le Mélèze, le Sapin épicéa, le Cyprès distique,

les grands arbres de nos forêts, comme le Hêtre, le Bouleau, peuvent

être plantés isolément et servir à rompre la monotonie des lignes

droites.

En établissant un jardin d'agrément, il faut que l'allée qui en fait

le tour ne soit pas trop près de la clôture, afin de cacher autant

que possible l'étendue de la propriété.

Les allées principales doivent avoir plus de largeur que les autres,

et l'on doit en les traçant éviter la régularité; des courbures plus

ou moins longues, de sinuosités qui dissimulent le parcours sont

indispensables pour ôter à un jardin de cette espèce la monotone

symétrie de nos anciens jardins publics.

On peut, suivant l'étendue du jardin, élever çà et là quelques

constructions rustiques, ménager des salles de verdure où l'on

arrive sans s'y attendre dans le cours de la promenade, et l'on ne

doit pas négliger de placer des bancs de distance en distance, et

surtout aux endroits où l'on a ménagé des échappées de vue.

Quelle que soit l'étendue du terrain, il faut toujours une partie de

gazon devant la maison.

La pelouse devra avoir des contours gracieux et s'harmoniser avec

les parties environnantes. On la creusera un peu au milieu, afin de

produire un effet plus naturel, et l'on disposera sur les bords de

petits massifs, placés de manière à concourir à l'effet général sans

masquer la perspective.

Pour établir une pelouse, on emploie le plus souvent en France du

_Rye-grass anglais_, auquel on ajoute une petite quantité de Trèfle

blanc de Hollande; mais en Angleterre on a depuis longtemps renoncé

au _Rye-grass_ pour semer du _Lawn's grass_ (herbe à pelouse),

mélange composé d'Agrostis traçante, de Crételle des prés, de Brome

des prés, de Fétuque ovine, de Fétuque traçante, de Flouve odorante,

de Paturin des prés, de _Rye-grass anglais_, de Mille-feuilles et de

Trèfle blanc.

Mélangées dans des proportions raisonnées, ces plantes produisent un

aussi bel effet que le _Rye-grass_, et elles ont l'avantage de durer

beaucoup plus longtemps. Bien que ces mélanges conviennent à tous

les terrains à peu près, on doit dans les terres fraîches remplacer

les Fétuques ovine et traçante par de la Fétuque des prés, qui

s'élève un peu plus, il est vrai, mais qui convient plus

particulièrement que les autres espèces aux terrains humides.

Dans les terres sèches, on peut aussi, au lieu de _Rye-grass

anglais_, semer du _Rye-grass d'Italie_, qui réussit dans les plus

mauvaises conditions.

Sous les grands arbres, on sème de préférence du Paturin des bois,

seul ou avec un peu d'Agrostis traçante, de Fétuque ovine, de

Fétuque hétérophylle et de Fétuque des prés, graminées qui viennent

également bien a l'ombre.

Dans les grands jardins, où les pelouses ont souvent beaucoup

d'étendue, on peut, après avoir consulté la nature du terrain,

remplacer le gazon par une véritable prairie naturelle dont le foin

peut être donné aux bestiaux; mais il faut alors faire choix de

plantes qui puissent convenir à la nature du sol auquel elles sont

destinées.

L'époque la plus favorable pour semer une pelouse est le mois de

septembre dans les terrains légers, ou bien le mois de mars dans les

terres fortes ou humides; mais quelle que soit l'époque, il faut,

avant de semer, bien préparer le terrain, ce qui consiste à briser

les mottes de terre et à extraire toutes les racines et les pierres;

puis, suivant la nature du sol, on fera le labour plus ou moins

profond.

Si l'on détruit un vieux gazon pour en semer un autre, il faut le

retourner à la bêche, de manière qu'il se trouve enterré à la

profondeur de 0m,35 au moins; après le labour, il faut herser la

terre à la fourche, puis enlever avec le râteau les pierres et les

mottes qui se trouvent à sa superficie, afin que le sol soit

parfaitement uni. Si la mauvaise qualité de la terre forçait

d'ajouter des engrais, il ne faudrait les employer que bien

consommés.

Le semis ne devra être fait que par un beau temps, à cause des

opérations qui doivent le suivre. On sème à la volée, et aussitôt

après le semis on herse légèrement à la fourche; ensuite on passe le

rouleau, ou, à défaut, on foule avec les pieds, si cependant

l'étendue n'est pas trop considérable; puis on recouvre les graines

d'une très-légère couche de terre ou de terreau très-fin.

Pour conserver un gazon longtemps en bon état, il faut le couper

souvent. On fera la première coupe au commencement de mai, et la

dernière à la fin d'octobre ou au commencement de novembre. Il nous

est impossible d'indiquer le nombre de celles qui devront être

faites entre ces deux époques, car cela dépendra de l'état

d'humidité dans lequel on les entretiendra. Pendant la sécheresse

de l'été, les arrosements doivent être très-fréquents, et doivent se

faire, le matin ou le soir, avec les arrosoirs à pomme.

Il faut après chaque coupe donner un coup de râteau, afin d'enlever

tout ce qui pourrait occasionner de la pourriture; puis après le

nettoyage, on passera le rouleau. Chaque année, après la dernière

coupe, il faut enlever la mousse avec le râteau, et étendre partout

une légère couche de terreau.

Comme, pour garnir de gazon les talus ou les bancs, le semis ne peut

se faire qu'avec beaucoup de difficulté, il vaut mieux se servir de

plaques de gazon levées dans les prairies ou sur le bord des

chemins; on les ajuste les unes à côté des autres; on fixe avec de

petites fiches de bois celles qui se trouvent dans une position

verticale, après quoi on les appuie légèrement avec une petite

batte. L'époque la plus favorable pour faire cette opération est

ordinairement le mois de mars.

Pour les pelouses de peu d'étendue on peut, au lieu de semer des

graminées, planter des Rosiers à fleur remontante, dont on fixe les

branches sur le sol après les avoir étendues dans tous les sens.

Lorsque le terrain est complétement couvert, il est impossible de

voir quelque chose de plus ravissant qu'une pelouse de Rosiers,

surtout quand les couleurs ont été bien variées dans la plantation.

Les arbustes qui fleurissent le plus longtemps possible doivent être

massés sur les bords du gazon; et l'on y pourra jeter, comme au

hasard, quelques beaux arbres verts, comme Cèdre du Liban, Cèdre

Deodora, Abies Pinsapo, Cryptomeria Japonica, Pinus Sabiniana, Pinus

Lambertiana, Taxodium sempervirens, etc.

Un Saule pleureur, un Frêne pleureur, un Hêtre pourpre, un Negundo

à feuilles panachées, etc., et, parmi les végétaux moins élevés, les

Pivoines en arbre, les Gynerium argenteum, les Bambusa edulis et

aurea, les Andropogon formosum, les Saccharum Maddeni, les Rheum,

les Gunnera scabra, les Heracleum, les Caladium et les Wigandia,

produisent également un bel effet sur les pelouses de gazon.

L'usage, actuellement fort répandu, d'établir dans le jardin

d'agrément des massifs d'une ou plusieurs espèces de plantes

d'ornement est de très-bon goût, en ce qu'il permet d'apprécier

complétement la valeur ornementale d'une foule de plantes qui

produisent tout leur effet seulement lorsqu'elles se produisent par

groupes.

Les amateurs peu familiarisés avec les ressources que leur offre

l'horticulture pour ce genre de décoration sont souvent embarrassés

dans le choix des plantes de chaque saison dont on peut former des

massifs. Voici, à cet égard, quelques indications qui pourront

servir à les guider:

_Première garniture._

Crocus de Hollande, Jacinthes de Hollande, Tulipes à fleur simple,

Tulipes à fleur double, Anémones à fleur simple, Auricules,

Primevères des jardins, Hépatiques printanières, Pensées à grande

fleur, Aubrietia deltoidea, Cynoglosse omphalode, Corbeille d'or,

Thlaspi vivace, Ellébore rose de Noël, Héliotrope d'hiver,

_Tussilago suaveolens_, Saxifrage de Sibérie, Doronicum Caucasicum,

Silene pendula, Nemophila, Phlox verna, Giroflées jaunes de diverses

nuances, Pieds-d'alouette, Tourette printanière, Myosotis alpestris,

Coquelicots à fleur double, Lunaire annuelle, Dielytra spectabilis

et Iris Germanica.

Dans cette liste, on remarquera qu'il se trouve des plantes de

hauteurs diverses, depuis les Crocus de Hollande, tout à fait nains,

jusqu'aux Pieds-d'alouette et aux Coquelicots de moyenne grandeur;

il y a donc de quoi former des massifs de toutes dimensions, selon

l'étendue et la situation du jardin dont ils doivent faire partie.

Pour ne citer qu'un seul exemple de ce que l'on peut faire avec ces

plantes, nous dirons qu'un massif composé de Tourettes printanières,

de Saxifrages de Sibérie et de Doroniques produit au printemps un

charmant effet.

_Deuxième garniture._

N. 1. Ageratum du Mexique avec un double rang de Calcéolaires jaunes

et de Verveines rouges.

Ces trois plantes, disposées en cercles concentriques, bleu

améthyste, jaune vif et rouge foncé, produisent un très-bel effet;

les autres listes sont calculées dans le même but d'association de

forme et de couleur qui s'accordent le mieux entre elles, et

flattent le plus agréablement la vue.

2. Calcéolaires jaunes avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs

bleues.

3. Capucines naines avec un rang de Verveines bleues.

4. Chrysanthèmes à fleurs blanches avec un rang de Géranium rouges

ou de Verveines rouges.

5. Cuphea ignea avec un rang de Cerastium tomentosum.

6. Fuschia avec un rang de Géranium à feuilles panachées ou de

Verveines blanches.

7. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et de

Calcéolaires jaunes.

8. Géranium rouge avec un double rang de Pétunia blanc et d'Ageratum

Mexicanum.

9. Géranium rouge ou rose avec un rang de Verveines blanches.

10. Géranium à feuilles panachées avec un rang de Verveines bleues

ou de Verveines rouges.

11. Lantana Camara avec un rang de Lantana delicatissima.

12. Menthes à feuilles panachées avec un rang de Verveines rouges.

13. Perilla Nankinensis avec un rang de Géranium à feuilles

panachées ou de Verveines blanches.

14. Pétunia roses avec un double rang de Chrysanthèmes à fleurs

blanches et de Géranium rouge.

15. Salvia fulgens avec un rang d'Ageratum Mexicanium.

16. Souci de Trianon avec un double rang de Pétunia blanc et de

Géranium rouge.

17. Tagetes lucida ou Calcéolaires jaunes avec un double rang de

Géranium rouges et de Nierembergia gracilis.

18. Verveines rouges avec un double rang de Nierembergia gracilis et

de Lobelia Erinus à fleurs bleues.

19. Verveines blanches avec un rang de Lobelia Erinus à fleurs

bleues.

20. Héliotrope du Pérou.

21. Coleus Werschaffelti avec un rang de Cineraria maritima ou de

Centaurea candidissima.

22. Canna discolor.

23. Caladium esculentum.

24. Wigandia Caracasana.

25. Dahlias variés.

On peut également, dans les grands jardins, former des groupes de

plantes annuelles que l'on sème immédiatement en place pour éviter

les frais de culture.

En remplaçant successivement les plantes qui font partie de la

seconde garniture par des Chrysanthèmes de la Chine, on peut avoir,

en adoptant l'assolement que nous proposons, des massifs garnis de

fleurs pendant toute l'année.

Comme les longues descriptions servent uniquement à grossir un

ouvrage, nous avons cru devoir suivre dans notre livre un plan

différent de celui qui est adopté dans les autres traités de

culture: nous avons préféré grouper les végétaux d'après la place

qu'ils doivent occuper dans un jardin, en indiquant brièvement, pour

chacun d'eux, l'époque du semis, celle de la floraison, la couleur

de la fleur et la hauteur de la plante. Cependant, nous avons

consacré un article spécial aux plantes dont la culture demande des

soins particuliers.

SECTION I.--Arbustes pour bordures.

BUIS À BORDURES.--Pour établir une bordure, on prend des touffes de

_Buis_, que l'on divise en autant d'éclats qu'il est possible.

On plante ces éclats, en automne ou au printemps, en ligne mince et

régulière, en ayant soin de ne laisser sortir de terre que

l'extrémité des branches.

L'année suivante, en septembre ou en février, c'est-à-dire avant ou

après la pousse, on taille le Buis en bordure, avec de grands

ciseaux, opération qu'il faut faire chaque année; autrement, il

prendrait un trop grand développement.

LIERRE GRIMPANT.--Pour planter sous les grands arbres, où il est

toujours si difficile d'avoir de la verdure, il n'est rien qui

convienne mieux que le _Lierre grimpant_ ou l'une de ses variétés.

Toutes peuvent être cultivées en bordures; mais la variété connue

sous le nom de _Lierre d'Irlande_ convient mieux que les autres, en

raison de la beauté de son feuillage. Pour établir une bordure, on

plante, en automne ou au printemps, de jeunes Lierres élevés en

pots, ou, à défaut, des marcottes enracinées, que l'on dispose de

manière à garnir le terrain. Pour faciliter le développement des

racines sur toute la longueur des branches, on les fixe sur le sol

au moyen de petites fiches de bois semblables à celles que l'on

emploie pour marcotter les Oeillets.

Une fois la reprise assurée, tous les soins consistent à couper ou

fixer au sol toutes les jeunes pousses, afin d'avoir toujours des

bordures régulières.

ROSIERS.--Les rosiers-pompons et les variétés connues sous le nom de

Rosiers de miss Lawrence, à fleurs blanches, roses ou cramoisies,

peuvent être cultivés en bordures. Véritables miniatures, ces

derniers ne s'élèvent pas à plus de 0m,12 à 0m,15. Plus vigoureux,

les Rosiers-pompons doivent être préférés; car ils résistent mieux

aux inconvénients de toutes sortes que les plantes à bordures ont à

supporter.

2. _Plantes vivaces formant des touffes._

ALYSSE CORBEILLE-D'OR, THLASPI jaune (_Alyssum saxatile_).--Fleurs

jaunes, en avril et mai; multiplication d'éclats au printemps ou de

graines semées aussitôt après la maturité.

AUBRIÉTIE deltoïde (_Aubrietia deltoidea_), ALYSSE deltoïde

(_Alyssum deltoideum_).--Au printemps et pendant l'été, fleurs

nombreuses de couleur bleu-clair. Les _Aubriéties_ forment de larges

touffes peu élevées, que l'on replante tous les deux ou trois ans.

ASPÉRULE odorante (_Asperula odorata_).--Hauteur, 0m,20 à 0m,30;

fleurs blanches odorantes, en mai; multiplication par séparation.

ASTER Reversii.--En septembre, en octobre, fleurs blanches carnées,

extrêmement abondantes. On multiplie cette charmante petite plante

par la séparation des touffes, comme tous les autres Asters.

BERMUDIENNE à petites fleurs (_Sisyrinchium Bermudiana_).--Hauteur,

0m,18 à 0m,20; fleurs blanches, en juin et juillet; multiplication

de graines ou par l'éclat des pieds.

BRUNELLE à grandes fleurs (_Brunella grandiflora_).--Fleurs bleues,

pourpres, roses ou blanches, en juillet; multiplication de graines,

semées en mars ou d'éclats en automne.

CAMPANULE gazonnante (_Campanula cespitosa_).--Tout l'été, fleurs

bleues ou blanches, petites, mais nombreuses. Les _Campanula

Carpathica_ et _Bocconi_ peuvent également être cultivées en

bordures. Toutes se multiplient par la séparation des touffes.

CÉRAISTE cotonneux, ARGENTINE (_Cerastium tomentosum_).--En mai et

juin, fleurs blanches; multiplication de graines ou de traces.

CYNOGLOSSE printanière (_Cynoglossum Omphalodes_). OMPHALODE

printanière (_O. verna_).--Charmante petite plante que l'on peut

placer à l'ombre. Fleurs bleues, en mars et avril. Multiplication de

traces.

DORONIC du Caucase (_Doronicum Caucasicum_).--Fleurs jaunes, de mars

en mai; multiplication de rejetons, en automne.

GENTIANE acaule (_Gentiana acaulis_).--Fleurs d'un très-beau bleu,

en avril et mai; multiplication par l'éclat des pieds.

GRAMINÉES.--Le _Rye-grass anglais_ est d'une des graminées les plus

fréquemment employées pour semer en bordures. Cependant l'_Agrostis

traçante_, la _Fétuque ovine_ et la _Fétuque glauque_ conviennent

tout aussi bien pour cet usage que le _Rye-grass anglais_.

HÉMÉROCALLE du Japon, H. à feuilles en coeur (_Hemerocallis

Japonica_, _Funkia subcordata_).--En août, fleurs blanches,

très-odorantes. Variétés à fleurs bleues. Multiplication par

séparation.

HÉPATIQUE printanière (_Anemone hepatica_).--De février en mars,

fleurs blanches, roses ou bleues, simples ou doubles, selon la

variété; multiplication d'éclats en automne.

IRIS d'Allemagne (_Iris Germanica_).--Voir l'article relatif à la

culture de cette plante.

LIPPIA REPENS. Plante vivace propre à gazonner les terrains en

pente. Elle est rustique et donne de juin en octobre de nombreuses

fleurs de couleur lilas. Multiplication d'éclats en toute saison.

LYCHNIDE laciniée (_Lychnis flos cuculi_).--De juin en septembre,

fleurs rouges ou blanches, semblables à de petits Oeillets.

Variétés à fleurs doubles. Multiplication par la séparation des

touffes, en février.

OEILLET Mignardise (_Dianthus moschatus_, _D. plumarius_).--Fleurs

rouges, blanches ou roses, simples ou doubles, en mai et juin;

multiplication en août par marcottes, sans incision.

OPHIOPOGON du Japon, Herbe aux turquoises. Plante gazonnante, propre

à faire des bordures dans les terrains secs. Multiplication d'éclats

en automne ou au printemps.

PAQUERETTE petite Marguerite (_Bellis perennis_).--Vivaces; fleurs

doubles, blanches, roses, rouges ou panachées; replanter tous les

ans après la floraison.

PHLOX subulé (_Phlox subulata_).--Fleurs roses, marquées d'une

étoile d'un pourpre violet, d'avril en mai; multiplication par la

division des touffes.

PHLOX à feuilles étroites (_P. setacea_).--Fleurs roses ou pourpres,

tachées de rouge, en juin ou juillet.

Variétés à fleurs blanches; même multiplication.

PRIMEVÈRE auricule, OREILLE-D'OURS (_Primula auricula_).--Fleurit en

avril et mai; variétés très-nombreuses obtenues par les semis, qui

ont lieu en février et mars; il faut peu recouvrir les graines.

PRIMEVÈRE des jardins (_P. veris_).--En mars; fleurs simples ou

doubles de toutes nuances; multiplication d'éclats, en automne, ou

de graines semées aussitôt après la maturité.

PYRETHRUM INODORUM.--En juin et juillet, fleurs blanches doubles,

d'un très-bel effet; multiplication de boutures ou d'éclats.

SABLINE des montagnes (_Arenaria montana_).--Hauteur, 0m,20; en

juin, fleurs blanches; multiplication de traces.

SABLINE grandiflore (_A. grandiflora_).--Hauteur, 0m,05 ou 0m,06;

fleurs blanches; même multiplication.

SALVIA _tricolor_, charmante variété de la _Salvia officinalis_, à

feuilles panachées de rouge et de jaune.

On la multiplie de boutures, d'une reprise facile.

SAXIFRAGE ombreuse (_Saxifraga umbrosa_).--Fleurs blanches, en avril

et mai; on les multiplie toutes par séparation, en automne ou en

février.

SAXIFRAGE mousseuse, GAZON turc (_S. hypnoides_).--Fleurs blanches,

en mai.

SAXIFRAGE géranioïde (_geranioides_).--Fleurs blanches, en mai.

SEDUM.--Tous les _Sedum_ peuvent être cultivés en bordures; ils sont

rustiques et d'un bel effet, surtout le _Pulchellum_. Les _Sedum

acre_ et _cruciatum_ conviennent également bien pour cet usage.

STATICÉ gazon d'Olympe (_Statice Armeria_), ARMERIA commun (_Armeria

vulgaris_).--En mai, juin et juillet, fleurs rouges, blanches ou

lilas.

En coupant les fleurs aussitôt qu'elles sont passées, on obtient une

seconde floraison, souvent tout aussi abondante que la première.

Le _Statice bellidifolia_ peut également être cultivé en bordures.

On le multiplie, comme le _Statice Armeria_, d'éclats que l'on

plante en automne ou au printemps.

THLASPI vivace (_Iberis semperflorens_.) Fleurs blanches, en avril

et mai; multiplication en été, par boutures ou marcottes.

TOURRETTE printanière (_Turritis verna_,) ARABETTE printanière

(_Arabis verna_).--Fleurs blanches, en mars et avril; multiplication

de traces, en automne.

VIOLETTE odorante (_Viola odorata_).--Fleurs bleu foncé, blanches ou

roses, de février en avril; multiplication de graines ou mieux

d'éclats de pieds, en automne.

VITTADINIA _triloba_.--Tout l'été, fleurs simples, blanches, rosées,

exactement semblables à de petites Marguerites; multiplication de

boutures, faites en août et septembre, et hivernées sous châssis.

3. _Plantes bulbeuses pour bordures._

AIL doré (_Allium moly_).--Fleurs d'un beau jaune, en juin; variété

à fleurs blanches; multiplication par caïeux.

AMARYLLIS jaune (_Amaryllis lutea_).--Fleurs jaunes, en septembre.

CROCUS, Safran printanier (_Crocus vernus_).--En février et mars,

fleurs jaunes, bleues, blanches, ou blanches rayées de violet, selon

les variétés, qui sont très-nombreuses; planter en automne, pour

relever tous les trois ans.

GLAÏEUL commun (_Gladiolus communis_).--Fleurs blanches ou rouges,

de mai en juin; planter en automne.

NARCISSE des poètes (_Narcissus poeticus_).--En mai, fleurs blanches

à couronne pourpre; odeur suave; Variétés à fleurs doubles. Planter

en octobre.

NARCISSE des prés (_N. Pseudo-Narcissus_).--Fleurs jaunes, doubles,

en avril; même multiplication.

OXALIDE de Deppe (_Oxalis Deppei_).--Fleurs rouges, tout l'été;

planter au printemps, pour les relever chaque année à l'automne.

4. _Plantes annuelles que l'on multiplie de graines._

CAMPANULE miroir-de-Vénus (_Campanula speculum_), SPÉCULAIRE

miroir-de-Vénus (_Specularia speculum_).--En mai, juin et juillet,

fleurs violettes ou blanches; semer en place, en septembre ou au

printemps.

COLLINSIE de deux couleurs (_Collinsia bicolor_).--Fleurs lilas ou

blanches, tout l'été; semer en place, en septembre ou au printemps.

=Variétés.=--Grandiflora, -- Multicolor.

COLLOMIE écarlate (_Collomia coccinea_).--Hauteur, 0m,25; fleurs

d'un rouge écarlate, tout l'été; semer en place, en septembre ou au

printemps.

CRÉPIS rose (_Creris rubra_) BARKHAUSIE rouge (_Barkhausia

rubra_).--Hauteur, 0m,25. Tout l'été, fleurs roses ou blanches;

semer en place ou en pépinière, pour repiquer en automne ou au

printemps.

CYNOGLOSSE à feuilles de lin (_Cynoglossum

linifolium_).--Bisannuelle; hauteur, 0m,50; fleurs blanches, de juin

en août; semer en place, en septembre ou au printemps.

KAULFUSSIE amelloïde, CHARIEIS à feuilles variées (_Charieis

heterophylla_).--Hauteur, 0m,20; fleurs bleues, tout l'été; semer en

place, au printemps.

JULIENNE de Mahon, GIROFLÉE de Mahon (_Cheirantus maritimus_,

_Malcolmia maritima_).--Fleurs d'abord rouges, ensuite violettes, en

juin et juillet; variété à fleurs blanches; semer en place, en

automne ou au printemps.

LEPTOSIPHON androsace (_Leptosiphon androsaceus_), GILIE androsace

(_Gilia androsacea_).--Hauteur, 0m,25; fleurs bleues ou blanches;

tout l'été, semer en place, en septembre ou au printemps.

LEPTOSIPHON à fleurs denses (_L. densiflorus_), GILIE à fleurs

denses (_Gilia densiflora_).--Hauteur, 0m,30 à 0m,35; tout l'été,

fleurs d'un rose clair passant au bleu clair; même multiplication.

LEPTOSIPHON AUREUS.--Touffe arrondie, semblable à celle des _Statice

armoria_. Tout l'été, fleurs d'un jaune d'or du plus bel effet;

multiplication de graines, que l'on sème en septembre en pots, que

l'on hiverne sous châssis.

LINAIRE à fleurs d'ORCHIS (_Linaria bipartita_).--Hauteur, 0m,45;

fleurs d'un violet bleuâtre, en été; semer en septembre ou au

printemps.

LOBÉLIE Erine (_Lobelia Erinus_).--Charmante petite plante à fleurs

bleues, blanches ou roses, formant de larges touffes couvertes de

fleurs, qui se succêdent pendant tout l'été.

On sème les _Lobelia_ en mars et avril, sur couche, ou mieux en

septembre; puis on repique le plant en pots, que l'on hiverne sous

châssis.

NÉMÉSIE à fleurs nombreuses (_Nemesia floribunda_).--Hauteur, 0m,40;

tout l'été, fleurs lilas, jaunes et blanches; semer en place, en

septembre ou au printemps.

NÉMOPHILE remarquable (_Nemophila insignis_).--Hauteur, 0m,33; tout

l'été, fleurs d'un beau bleu; semer en place, en septembre ou au

printemps.

NÉMOPHILE maculée (_N. maculata_).--Fleurs blanches, largement

maculées de bleu; même culture.

PIED-D'ALOUETTE nain (_Delphinium Ajacis_).--Hauteur, 0m,35 à 0m,40.

En mai, juin et juillet, fleurs doubles, de couleurs très-variées;

on doit toujours supprimer les pieds à fleurs simples; semer en

place, en automne ou en février et mars.

REINE-MARGUERITE hâtive (_Aster Sinensis_, _Callistephus

hortensis_).--Hauteur, 0m,33; en fleur de juillet en septembre;

semer depuis mars jusqu'en juin, en pépinière pour repiquer ensuite

en place.

SANVITALIA _rampante_ (_Sanvitalia procumbens_).--Semer sur couche

en mars. Cette plante, une fois repiquée, s'étend naturellement sur

le sol et donne en abondance de charmantes fleurs jaunes à disque

brun simples ou doubles.

SAPONAIRE de Calabre (_Saponaria Calabrica_).--Tout l'été, fleurs

roses ou blanches, plus petites que celles des _Silènes_, avec

lesquelles elles ont beaucoup de rapport. Multiplication de graines,

semées en septembre, en pépinière, ou en mars et avril.

SCHIZANTE étalé (_Shizanthus porrigens_).--Hauteur, 0m,30; fleurs

lilas et jaunes, ponctuées de brun, tout l'été; semer au printemps,

en place ou en pépinière, pour être ensuite repiqué.

SILÈNE à fleurs roses (_Silene bipartita_).--Hauteur, 0m,22 à

0m,28; fleurs roses, en juin et juillet; semer en septembre, en

pépinière, ou au printemps, immédiatement en place.

Manuel pratique de Jardinage contenant la manière de cultiver soi-même un jardin ou d'en diriger la culture · 第 1 / 12 章