En 1997, Yahoo! propose un classement en 63 grandes catégories
thématiques, tout comme une interface en sept langues: anglais,
allemand, coréen, français, japonais, norvégien et suédois. Yahoo! est
lancé en janvier 1994 par Jerry Lang et David Filo, deux étudiants de
l'Université de Stanford (Californie), pour recenser les sites web et
les classer par thèmes. Leur annuaire rencontre un succès immédiat,
avec un classement plus pointu que celui de moteurs de recherche comme
AltaVista, où ces tâches sont entièrement automatisées. Toutefois,
quand une recherche ne donne pas de résultat dans Yahoo!, elle est
automatiquement aiguillée vers AltaVista, et réciproquement.
Décembre 1997 > Babel Fish, premier logiciel de traduction en accès
libre
En décembre 1997, AltaVista est le premier moteur de recherche à lancer
un service gratuit de traduction automatisée de l'anglais vers cinq
autres langues (allemand, espagnol, français, italien et portugais) et
vice versa, la page originale et la traduction apparaissant en vis-à-
vis à l'écran. Babel Fish -- appelé aussi AltaVista Translation - est
l'oeuvre de SYSTRAN, une société franco-américaine pionnière dans le
traitement automatique des langues. Babel Fish est alimenté par des
dictionnaires multilingues comprenant 2,5 millions de termes. Bien
qu'ayant ses limites, avec une traduction de trois pages maximum et un
texte traduit très approximatif, ce service est immédiatement très
apprécié des douze millions d'usagers que compte le cyberespace mondial
de l'époque, dont un nombre croissant d'usagers non anglophones, et
contribue grandement au plurilinguisme du web.
Décembre 1997 > Les outils de la société de traduction Logos
disponibles sur la toile
En décembre 1997, la société de traduction Logos -- basée à Modène, en
Italie, avec des services en 35 langues - décide de mettre tous ses
outils professionnels en accès libre sur le web. Le Logos Dictionary
est un dictionnaire multilingue de 7,5 millions d'entrées. La
Wordtheque est une base de données multilingue de 328 millions de
termes, constituée à partir de milliers de traductions, notamment des
romans et des documents techniques. La recherche dans la Wordtheque est
possible par langue, mot, auteur ou titre. Linguistic Resources offre
un point d'accès unique à 553 glossaires. L'Universal Conjugator
propose des tableaux de conjugaison dans 17 langues. En 2007, la
Wordtheque - devenue la Logos Library - comprend 710 millions de
termes, Linguistic Resources offre un point d'accès unique à 1.215
glossaires, et Conjugation of Verbs - devenu l'Universal Conjugator -
propose des tableaux de conjugaison dans 36 langues.
1998 > La base de données en ligne du premier volume (1751) de
l'Encylopédie de Diderot
Projet commun du Centre national de la recherche scientifique (CNRS,
France) et de l'Université de Chicago (Illinois, États-Unis), le projet
ARTFL (American and French Research on the Treasury of the French
Language) donne accès en ligne en 1998 à la base de données
correspondant au premier volume de l'Encyclopédie (1751), à titre
expérimental. Cette mise en ligne est une première étape vers une base
de données exhaustive de la première édition (1751-1772) de
l'Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des métiers et
des arts de Diderot et d'Alembert, avec ses 72.000 articles rédigés par
plus de 140 collaborateurs (dont Voltaire, Rousseau, Marmontel,
d'Holbach, Turgot, etc.), ses 17 volumes de texte (qui représentent
18.000 pages et 20.736.912 mots) et ses 11 volumes de planches.
Destinée à rassembler puis divulguer les connaissances de l'époque,
l'Encyclopédie porte la marque des courants intellectuels et sociaux du
Siècle des Lumières, et c'est grâce à elle que se propagent les idées
nouvelles qui inspireront la Révolution française de 1789.
Avril 1998 > Le rêve derrière le web, selon Tim Berners-Lee, son
inventeur
Le web est une formidable aventure. Selon les termes mêmes de Tim
Berners-Lee, son inventeur en 1990, dans un texte qu'il rédige en avril
1998, «le rêve derrière le web est un espace d'information commun dans
lequel nous communiquons en partageant l'information. Son universalité
est essentielle, à savoir le fait qu'un lien hypertexte puisse pointer
sur quoi que ce soit, quelque chose de personnel, de local ou de
global, aussi bien une ébauche qu'une réalisation très sophistiquée.
Deuxième partie de ce rêve, le web deviendrait d'une utilisation
tellement courante qu'il serait un miroir réaliste (sinon la principale
incarnation) de la manière dont nous travaillons, jouons et nouons des
relations sociales. Une fois que ces interactions seraient en ligne,
nous pourrions utiliser nos ordinateurs pour nous aider à les analyser,
donner un sens à ce que nous faisons, et voir comment chacun trouve sa
place et comment nous pouvons mieux travailler ensemble.» (The World
Wide Web: a very short personal history, disponible sur la page de Tim
Berners-Lee sur le site du World Wide Web Consortium)