[631] Il me paraît très probable que ni le médecin Camille Falconet

(1671-1762), ni le sculpteur Étienne Falconet (1716-1791), n'est

coupable de ce barbare moyen de _quintessencier_ les livres, qu'on

leur a confusément attribué à l'un et à l'autre. VICTOR FOURNEL

(EDMOND GUÉRARD) raconte cette anecdote, précisément dans le

_Dictionnaire_ (t. I, p. 147) dont nous venons de parler, mais il

n'ajoute au nom de Falconet aucun prénom ni aucune épithète. Il

indique comme référence Panckoucke; mais ce nom isolé est

insuffisant pour nous renseigner. M. GUYOT-DAUBÈS (_loc. cit._, p.

37) accuse nettement, d'ailleurs sans preuve aucune ni indication de

source, «le célèbre médecin Falconet». Pour M. FERTIAULT (_les

Légendes du livre_, p. 200), le coupable serait Étienne Falconet,

qui «se rappelait sans doute avec terreur les 45 000 volumes de son

oncle Camille, le médecin. C'est Dalembert qui conte le fait»,

ajoute M. Fertiault. D'abord, ainsi que JAL le démontre

(_Dictionn._, art. Falconet), rien ne prouve les relations de

parenté entre Étienne et Camille Falconet; tout porte à croire, au

contraire, qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Ensuite, si

Dalembert «conte le fait», il n'en nomme pas l'auteur. Voici le

texte de DALEMBERT (_Encyclopédie_, t. II, p. 228, col. 2, art.

Bibliomanie): «J'ai ouï dire à un des plus beaux esprits de ce

siècle qu'il était parvenu à se faire, par un moyen assez singulier,

une bibliothèque très choisie, assez nombreuse, et qui pourtant

n'occupe pas beaucoup de place. S'il achette (_sic_), par exemple,

un ouvrage en douze volumes où il n'y ait que six pages qui méritent

d'être lues, il sépare ces six pages du reste, et jette l'ouvrage au

feu. Cette manière de former une bibliothèque m'accommoderait

assez,» conclut Dalembert. Le médecin Camille Falconet, qui était un

très obligeant érudit, possédait une «immense bibliothèque (elle

renfermait 45 000 volumes, dont 11 000 entrèrent à la Bibliothèque

du roi...). Elle était au service de tout le monde... Sa méthode

était d'écrire ses observations sur des cartes (fiches). Il en

laisse au moins 90 000, dont la plupart doivent être très

curieuses.» (GRIMM, _Corresp. litt._, février 1762, t. V, pp. 46-47.

Paris, Garnier, 1878.) Voir aussi DIDEROT, _Œuvres compl._, t. XIII,

p. 463, _Encyclop._, art. Biblioth., Paris, Garnier, 1876.--A notre

connaissance, aucun contemporain de Camille Falconet ne fait de lui

un massacreur de livres, un biblioclaste, _au contraire_. Ce sont

sans doute ses 90 000 fiches, soigneusement confectionnées par lui

et léguées à son ami Lacurne de Sainte-Palaye (Cf. HOEFER,

_Biographie génér._, art. Falconet), qui ont fait croire qu'il

s'agissait, non de résumés, de réflexions ou d'extraits copiés à la

main, mais d'extraits réels, de pages lacérées et enlevées. Telle la

singulière confusion qui attribue à Buffon l'habitude d'écrire non

seulement en jabot de dentelle et manchettes brodées,--ce qui

n'offre rien d'impossible ni de bien surprenant,--mais _sur_ ses

manchettes amidonnées; plutôt que l'habitude d'écrire sur les marges

ou _manchettes_ de son papier tout simplement.

[632] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 253.

[633] _Annuaire du bibliophile_, 1861, p. 215.

[634] Chap. III, p. 34.

[635] Chap. VIII, pp. 100-101.

[636] _Loc. cit._, p. 105.

[637] Sur la tendance qu'ont les relieurs à trop rogner les livres,

cf. _supra_, chap. V. pp. 154 et suiv.

[638] Voir _supra_, chap. I, pp. 30 et suiv.

[639] «... Comment ignorer aujourd'hui que, de siècle en siècle, des

milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux

dépens des documents historiques les plus secrets ou les plus

importants? La correspondance du cardinal de Granvelle (l'heureux

confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze

gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de

vingt aux âges futurs, si les ménagères d'un antique château de la

Franche-Comté n'avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots

de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux

parchemin.» (_Magasin pittor._, 1875, p. 307: Les Ennemis des

livres.)

[640] Cf. in _Magasin pittor._, années 1873, 1875, 1876, 1878, cette

suite d'articles anonymes humoristiques, auxquels je viens encore de

faire un emprunt: Les Ennemis des Livres.

[641] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. IV, pp. 39-40, trad.

Cocheris. Voici quelques versets de ce XXVe chapitre de

_l'Ecclésiastique_:

«Toute malice est légère au prix de la malice de la femme: qu'elle

tombe en partage au pécheur.

«La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous

mourons tous.

«Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit,

ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors.

«Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous

couvrira de confusion à la vue de vos ennemis.»

En revanche, le chapitre suivant (XXVIe) de _l'Ecclésiastique_ parle

très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et

offre ainsi la contre-partie du XXVe:

«La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de

ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses

bonnes actions.

«Qu'ils soient ou riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et

la joie sera en tout temps sur leurs visages.»

Etc., etc.

[642] O. UZANNE, _Zigzag d'un curieux_: Les Femmes bibliophiles, p.

30.

[643] P. EUDEL, _le Truquage_: Livres et Reliures, p. 275.

[644] _Bouquiniana_, pp. 36 et 94.

[645] Préface du catalogue de sa bibliothèque, in _le Temps_, 25

février 1901.

[646] _Ap._ UZANNE, _loc. cit._, p. 31.

[647] _Magasin pittor._, 1875, p. 262, _loc. cit._

[648] _Loc. cit._, p. 15.

[649] Il n'y a en effet rien d'absolu ici-bas, et il convient de

rappeler, comme correctif et exemples de femmes bibliophiles, les

noms d'Anne de Bretagne, de Catherine de Médicis, de la marquise de

Pompadour, de la comtesse de Verrue (la dame de Volupté), de la

vicomtesse de Noailles, des duchesses de Raguse et de Mouchy, de

Mlle Dosne, de Mlle Marie Pellechet surtout, à qui ses importants

travaux sur les incunables ont valu le titre (qui n'avait été

décerné à aucune femme avant elle) de bibliothécaire honoraire à la

Bibliothèque nationale; etc. (Cf. MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 43-44;

_Mémorial de la librairie française_, 4 juillet 1901, p. 395; et

surtout ERNEST QUENTIN-BAUCHART, _les Femmes bibliophiles de

France_, Paris, Morgand, 1886; 2 vol. in-8.)

[650] D'après LORENZ, _Catalogue général_, cet ouvrage, qu'il ne faut

pas confondre avec les articles anonymes publiés sous le même titre

dans _le Magasin pittoresque_, a pour auteur Mulsant (Étienne).

[651] ALKAN aîné, _loc. cit._, p. 15.

[652] Pour aider au maintien de cette horizontalité, on peut glisser,

sous la partie de droite du volume que l'on coupe, un livre moins

épais que lui de moitié environ, livre qu'on fera ensuite passer

sous la partie de gauche, lorsque celle-ci, au fur et à mesure de

l'opération, diminuera d'épaisseur.

[653] 1875, pp. 262-263.

[654] Sauf, comme nous le disons plus loin, pour les volumes tirés sur

papier du Japon. (A. C.)

[655] _Essai sur la lecture_, p. 364.

[656] Psaume XIV, 2.

[657] _Deutér._, chap. XXXI, § IV, 26.

[658] Allusion à ces mots: «On lui présenta le livre du prophète

Isaïe, et, l'ayant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient

écrites... Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et

s'assit.» (_Évangile selon saint Luc_, chap. IV, § 11, 17 et 20.)

[659] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. XVII, pp. 143-148, trad.

H. Cocheris.

[660] GRAESEL, _loc. cit._, p. 407--A propos des livres des

bibliothèques publiques et de leur malencontreux sort, on ne lira

pas sans intérêt les réflexions suivantes de M. HENRI BERALDI

(_Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 28): ...

«D'une façon générale, plaignons le livre mis en service public. On

a décrit les ravages exercés sur les bibliothèques par les rats, les

vers, les petites bêtes. Il faut, hélas! y joindre les désordres

graves causés par ce gros microbe qui s'appelle l'homme, brutal,

sans soin, et pas toujours très propre; désordres qui finissent par

faire périr le livre d'une véritable cachexie de surmenage. Le

_processus_ de cette redoutable affection est tel: décoloration du

maroquin par exposition au grand jour, bris du dos, éraillure des

nerfs, cassure des coins, salissure de la tranche de gouttière par

les pouces; à l'intérieur, taches d'encre, plis et cassures du

papier par un maniement sans égards; puis, sur les marges, aux

passages les plus consultés, accumulation d'une noirâtre couche de

crasse confluente; c'est la gangrène, précédant les accidents

ultimes, les déchirures bientôt multiples que nulle chirurgie, nulle

biblioplastie ne saurait réparer.»

[661] Vol. XI, nº 4, avril 1886, pp. 117-118.

[662] La traduction donnée par GRAESEL (_ibid._) est très incomplète.

La _Grande Encyclopédie_ (art. Bibliophilie, t. VI, p. 644) en a

publié une plus complète, mais qui n'est pas toujours exacte.

[663] _Don't stand your books on the fore-edge._

[664] Ce qui risque de casser ou de faire gauchir le dos.

[665] Recommandation contestée.--Sur les reliures en cuir de Russie,

voir _supra_, chap. V, p. 131, et chap. IX, p. 338.

[666] _Grande Encyclop._, art. Bibliophilie, t. VI, p. 644.

[667] Cité par PH. DE GRANDLIEU [LÉON LAVEDAN] in _le Figaro_ du 26

août 1879, p. 1, col. 2. Je n'ai pas trouvé cette anecdote dans les

historiens contemporains de saint Louis, notamment dans Joinville.

[668] Numéro de septembre 1898, p. 191.

[669] Pages 312-313.

[670] _Ibid._

[671] Cf. ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t.

III, p. 19.

[672] Conférence faite à Nancy par M. BROUARDEL, doyen de la Faculté

de médecine de Paris, sur les causes de la propagation de la

tuberculose. (_L'Indépendance de l'Est_, 26 mars 1900.)

[673] _Revue encyclop._, 14 juillet 1900 (l'Actualité), p. 110. Voir

aussi ce que nous avons dit, chap. I, p. 29. à propos des cabinets

de lecture.

[674] Page 77.

[675]

Eh! depuis quand un livre est-il donc autre chose

Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant;...

Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause,

Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant?

(A. DE MUSSET, _Premières Poésies_: Namouna, I, 7, p. 335. Paris,

Charpentier, 1861. In-18.)

[676] _Fantaisies bibliogr._, p. 264.

[677] SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. II, p. 170. Et cet homme qui

passe pour avoir «le plus lu» et qui possédait, comme particulier,

la plus vaste bibliothèque qu'on pût voir, savez-vous ce qu'il

pensait des livres? «Il prétendait que tout ce qui fut jamais écrit

depuis que le monde est monde pourrait tenir dans _neuf ou dix

in-folio_, si chaque chose n'avait été dite qu'une seule fois. Il en

exceptait les détails de l'histoire...» (ID., _ibid._)

[678] GUSTAVE BRUNET, _loc. cit._, p. 251; voir aussi pp. 266-267. Sur

les «annotations manuscrites sur les livres», cf. CHARLES NODIER,

_Mélanges tirés d'une petite bibliothèque_, pp. 49-56; et MAIRE,

_loc. cit._, p. 286.

[679] JULES RICHARD, _loc. cit._, p. 31.

[680]

Sacrés ils sont, car personne n'y touche.

(VOLTAIRE, _le Pauvre Diable_.--Œuv. compl., édit. du _Siècle_, t.

VI, p. 601.)

[681] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 365-366.

[682] La brachygraphie (de βραχὺς, bref et de γράφω, j'écris) est

l'art d'écrire par abréviation. Voir, pour les sigles, notes

tironiennes et autres systèmes brachygraphiques anciennement en

usage, le _Dictionnaire des abréviations latines et françaises

usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les

manuscrits et les chartes de moyen-âge_, par L.-ALPH. CHASSANT,

paléographe. Paris, Aug. Aubry, 3e édit., 1866, LII-170 pp. Pour les

différentes abréviations modernes dont il est question ci-après,

consulter les manuels de typographie de Lefevre, Desormes, Leclerc,

etc.; et les traités spéciaux: grammaire, géographie, chimie,

botanique, etc.

[683] Voir sur ce mot _infra_, p. 395, note 691.

[684] Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner

lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à

l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index

bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un

catalogue l'annonce d'un exemplaire des _Odes_ de ce poète, suivie

de la mention _e. bro._, au lieu de traduire cette mention, ainsi

qu'il le fallait, par _exemplaire broché_, il la prit pour un nom de

ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à

_Ébro_. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre

sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent

l'épithète latine de _socors_, que de mauvais plaisants traduisirent

par _sot corps_, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une

lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour

être ridicule». (Cf. _Curiosités littéraires_, p. 286, Paris,

Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. COURIER, lettre à

M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. _Œuvres_, p. 548.

Paris, Didot, 1865; in-18.

[685] Voir sur ce mode de reproduction des livres et des estampes

_supra_ chap. IV, p. 108, note 231.

[686] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.

[687] Cf. _supra_, p. 73, note 174.

[688] Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (p. 383, 2º), cette forme

d'abréviation, quand elle se rapporte à un mot masculin singulier,

devrait être rejetée comme inutile: autant vaut écrire en toutes

lettres _jaspé_ que _jasp._ D'autre part, l'abréviation _jas._

«n'exprimant pas la consonne _p_, qui appartient à la syllabe non

énoncée» (cf. p. 384, 3º), n'est pas régulière: resterait donc

seulement comme abréviation possible de _jaspé_ la lettre _j_, qu'on

peut avec grande raison considérer comme trop incertaine et vraiment

insuffisante. C'est ce qui explique et ce qui justifie encore une

fois (cf. p. 383, 2º) les abréviatifs _jasp._ ou _jas._ Cette

remarque s'applique à plusieurs autres des abréviations ci-dessus:

_lig._ pour _ligne_, _orn._ pour _orné_, _tit._ pour _titre_, etc.,

etc.

[689] Mentionné par ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un

bibliophile_, 3e édit., t. I, p. 132; et 5e édit., t. II, p. 120.

[690] Il est à remarquer que _ms._ (abréviation du substantif

singulier manuscrit) se termine par un point, ainsi que toutes les

autres abréviations qui, comme on le voit dans la présente liste,

laissent le mot inachevé, brusquement interrompu; mais que _mss_

(abréviation du substantif pluriel manuscrits), au contraire, n'est

pas suivi de point: «au pluriel, _mss_, sans point final» (LECLERC,

_loc. cit._, p. 156); «pluriel _mss_, sans point final» (_Règles

typographiques... Hachette_, p. 50); cf. aussi MAIRE, _loc. cit._,

p. 278. Voici la raison de cette règle: dans _ms._ (abréviation de

manuscrit, au singulier) l'_s_ finale correspond à l'_s_ médiale du

mot (manus) après laquelle la coupure a été faite: donc il faut

mettre un point après cette lettre, comme après toute coupure de

mot; dans _mss_ (abréviation de manuscrits, au pluriel), la seconde

_s_, l'_s_ finale de l'abréviation, correspond à l'_s_ finale du

mot: donc pas de point après cette lettre, puisqu'il n'y a pas là

coupure de mot. L'abréviation du mot _portrait_, que nous verrons

plus loin, rentre dans le même cas: _ptr._ (portrait, au singulier),

_ptrs_ (sans point final, pour portraits, au pluriel). De même

_saint_ et _saints_: _St_ et _Sts_ (sans point final). Manuscrit,

adjectif, suit la même règle que manuscrit, substantif: _n. ms._,

note manuscrite; _n. mss_ (sans point final), notes manuscrites.

[691] C'est-à-dire tranches dont le dessin en couleur représente des

dents de peigne: ce dessin est d'ailleurs effectué au moyen d'un

peigne à dents de cuivre. Il y a aussi des papiers _peigne_; on les

emploie surtout, ainsi que d'autres papiers de couleur dits

_escargot_ ou _tourniquet_, _paon_ ou _queue de paon_, etc., comme

feuillets de garde des livres. Voir sur la fabrication des papiers

_peigne_, _escargot_, etc., BLANCHON, _l'Art et la Pratique en

reliure_, pp. 73-79.

[692] Voir la note relative à médium, _supra_, p. 393, note 689.

[693] _Vieux style_ se dit, en chronologie, de la manière de compter

les jours de l'année avant la réforme opérée par Grégoire XIII en

1582, et qui est encore suivie dans les pays de religion orthodoxe,

notamment en Grèce et en Russie. On dit, par opposition, _nouveau

style_, pour la façon de compter depuis cette époque. Le vieux style

est actuellement (1901) en retard de treize jours sur le nouveau;

ainsi le 1er janvier, dans le vieux style, est le 14 janvier dans le

nouveau.

[694] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.

[695] Voir sur ce mot p. 395, note 691.

[696] L'abréviatif V. a l'inconvénient de se confondre avec le chiffre

romain V.

[697] Voir la note 696 de la page précédente.

[698] Cf. PETIT-RADEL, _Recherches sur les biblioth._, pp. 184 et 185.

[699] L'_errata_ se met ordinairement à la fin du volume, après la

table. «Il serait sans doute plus convenablement en place au

commencement, après le frontispice comme avertissement essentiel au

lecteur; mais, à cause de leur effet, de prime abord jugé fâcheux,

on préfère reporter--pour ne pas dire dissimuler--ces indications

tout à l'extrémité du volume.» (LECLERC, _loc. cit._, pp. 255-256.)

Sur les _errata_, voir LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 272-282;

et A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI. col.

675-676.

[700] Voir le _Dictionnaire de géographie ancienne et moderne à

l'usage du libraire et de l'amateur de livres_, par UN BIBLIOPHILE

(PIERRE DESCHAMPS), supplément du _Manuel du libraire_ de BRUNET,

œuvre d'une patiente et solide érudition, et d'une importance

capitale pour la géographie bibliographique (796 pages in-8: 1592

colonnes). Voir aussi le _Grand Dictionnaire de la langue

latine..._, par le docteur G. FREUND, et le _Dictionnaire

latin-français des noms propres de lieux_, par l'abbé CHEVIN (Paris,

Retaux, s. d. In-18). Ce dernier ouvrage est insuffisamment

documenté et très incomplet.

[701] Le terme auquel il est renvoyé est généralement le plus

important et le plus usité.

[702] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1896, col.

463.

[703] _Grande Encyclop._, art. Chiffres.

[704] Il s'agit probablement de PLINE L'ANCIEN; cf. son _Histoire

naturelle_, XXXIII, 47: «Non erat apud antiquos numerus ultra centum

millia», etc.

[705] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 183.

[706] Cf. NAMUR, _Manuel du biblioth._, p. 188.

[707] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 104.

[708] NAMUR, _loc. cit._

[709] Et ces énigmes sont parfois, non pas en chiffres, mais en vers.

En voici une qui termine le _Doctrinal du temps présent_, par Pierre

Michault, secrétaire du duc Charles de Bourgogne; nous en

reproduisons l'orthographe et la disposition:

«Vn trepier et quatre croissans

Par six croix auec sy nains faire

Vous feront estre congnoissans

Sans faillir de mon miliaire.

Cy fine le doctrinal du temps present

Imprime par Colard Mansion a Bruges.»

Par un trépied, l'auteur entend une M; par quatre croissants, quatre

C; par six croix, six X; et par six nains, six I. Ce qui donne: M

CCCC XXXXXX IIIIII (1466). (Cf. NAMUR, _loc. cit._, pp. 192-193, et

BRUNET, _Manuel du libr._, t. III, col. 1699.)

[710] _Ap._ LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Chiffre, t. IV, p. 98,

col. 4. Lemare cite à l'appui de ses critiques l'édition des

_Maximes_ de La Rochefoucauld, de Firmin Didot, où les 504 maximes

de ce recueil (plus trois suppléments: voir l'édition in-18, Paris,

1858) sont précédées chacune d'un numéro d'ordre exprimé en chiffres

romains. On y lit des nombres comme ceux-ci: CCCC XXX VIII, CCCC LXX

VII, CCCC LXXX VIII, etc. Ne vaudrait-il pas mieux écrire tout

simplement: 438, 477, 488, etc., et ne pas obliger le lecteur à

faire des calculs aussi fastidieux?

[711] Cf. _supra_, p. 238, ce que nous avons dit des noms composés où

entre le mot _saint_: Saint-Valery-sur-Somme, église Saint-Sulpice,

etc.

[712] Sur l'avantage qu'il y a à joindre les prénoms ou leurs

initiales par un trait d'union, voir _supra_, p. 247, note 468 (p.

248).

[713] Cf. _supra_, chap. VIII, p. 229.

[714] «Le nombre total des ouvrages de bibliographie a été évalué à

20 000 par quelques bibliographes» (E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._,

art. Bibliographie, t. VI, p. 608, col. 2.) La bibliothèque

nationale en possède 14 601. (L. DELISLE, _Catalogue général des

livr. impr. de la Biblioth. nation._, t. I, Introduction, p. L.)

[715] En pareil cas, et selon le judicieux avis de LITTRÉ, «la chose

nécessaire est, non pas d'être complet, ce qui est impossible, mais

de fournir un fonds solide de renseignements sûrs». (_Ap._

DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, préface, p. xj.)

[716] «Nullum esse librum tam malum, ut non aliqua parte prodesset.»

(PLINE L'ANCIEN _ap._ PLINE LE JEUNE, _Epist._, lib. III, 5.)

[717] C'est-à-dire paraissant tous les deux mois. Le _Grand

Dictionnaire_ de LAROUSSE traduit abusivement l'adjectif _bimensuel_

par «qui se reproduit ou paraît deux fois par mois». _Bimensuel_

signifie qui se fait ou paraît _tous les deux mois_, par opposition

à _semi-mensuel_, qui s'applique à ce qui se fait, qui paraît _deux

fois par mois_. LITTRÉ, dans le supplément de son _Dictionnaire_,

ajoute cette remarque: «C'est une erreur de prendre bimensuel pour

exprimer deux fois par mois. Bisannuel signifie, non pas deux fois

par an, mais qui se fait tous les deux ans, qui dure deux ans...»

Bimensuel, qui correspond à bisannuel, ne doit donc pas signifier

non plus deux fois par mois, mais qui se produit ou paraît tous les

deux mois, qui dure deux mois.

[718] Régulièrement, c'est en tête du livre que doit se placer la

table des matières, de même que c'est en tête des chapitres que se

place le sommaire, c'est-à-dire la table des matières afférente à

chaque chapitre: tel est l'avis des plus compétents bibliographes,

et telle est la méthode suivie par eux. Cf. PETIT-RADEL, _Recherches

sur les bibliothèques_, p. V;--LALANNE, _Curiosités

bibliographiques_, p. V;--MAIRE, _Manuel pratique du

bibliothécaire_, p. IX;--GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p.

XV;--MOURAVIT, _le Livre_, p. XVII. «Voulant joindre, dit ce

dernier, le précepte à l'exemple jusque dans les dispositions

matérielles de notre livre, nous avons, suivant un antique usage,

rétabli en tête de ce volume la table analytique des matières, qui

renferme le dessein et le plan de l'auteur (toutes choses que le

lecteur veut et doit tout d'abord connaître), tandis que nous avons

rejeté à la fin la table alphabétique, à laquelle on ne recourt que

pour les recherches.» Malgré ces excellentes raisons et ces

autorités, nous avons cru devoir enfreindre cette règle: la préface,

elle aussi,--son nom l'indique,--est faite pour être mise en tête du

livre; la nôtre renferme précisément, comme on a pu le constater,

l'exposé de notre «dessein» et le résumé de notre «plan», et il nous

a semblé que, placée immédiatement à sa suite, notre table des

matières disparaîtrait derrière elle et ferait avec elle en quelque

sorte double emploi. Nous avons donc rejeté cette table où l'on est

accoutumé maintenant de l'aller chercher, à la fin du volume, après

l'index alphabétique.

TABLE DES MATIÈRES[718]

Préface VII

Chapitre I. --L'AMOUR DES LIVRES ET DE LA LECTURE 1

Le livre d'autrefois et le livre d'aujourd'hui.--Concurrence faite

au livre par le journal;--par les sports.--Le livre, «la passion

des honnêtes gens».--Résumé historique et succincte anthologie de

l'amour des livres et de l'amour des Lettres.--Attraits extérieurs

du livre: leur importance.--On ne lit bien qu'un livre qui vous

appartient.--Dangers des livres empruntés.--Faut-il en prêter?

--Opinions diverses sur les «prêteurs» et les «non-prêteurs».

--«Garder un livre, ce n'est pas voler.»

Chapitre II. --LE PAPIER 37

Importance du papier: élément essentiel du livre.--Tirages à part

effectués pour les bibliophiles.--Historique, fabrication et

consommation du papier.--Papiers anciens et papiers modernes;--à la

forme et à la mécanique.--Papier collé, non collé, demi-collé.

--Papier glacé, satiné.--Papier couché.--Inconvénients et dangers

des papiers trop glacés et des papiers à fond rouge: «Ménagez vos

yeux!»--Papiers de luxe: vergé, hollande, Whatman, vélin, chine,

japon, parchemin.--Papiers divers: serpente, pelure, joseph, etc.

--Carton, bristol.--Mauvaise qualité de la plupart des papiers

modernes.

Chapitre III. --LE FORMAT 65

Ce qu'on entend par _format_.--Ce que signifient les mots _tome_,

_volume_, _exemplaire_, _tirage_, _édition_, _édition princeps_,

_incunables_, etc.--Il serait préférable de désigner les formats

par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes

archaïques: jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huit,

in-douze, in-seize, etc.--Confusion des formats.--Dimensions

métriques des principaux formats des livres.--Imposition.

--_Signatures_ et _réclames_.--Tableau des signatures.--Formats

de classement adoptés par les bibliothèques universitaires: grand,

moyen, petit;--par la Bibliothèque nationale.--Formats des

premiers livres.--Formats les plus appréciés par les lecteurs.

--Le plus commode et le meilleur des formats.--Concordance des

formats avec les matières traitées dans les livres.

Chapitre IV. --L'IMPRESSION 95

Une bibliothèque L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver et de s'en servir · 第 33 / 34 段