--Ce n’est pas tout?
--Non, il y a un mais...
--Ah oui! le défaut dont vous parliez tout à l’heure: ce quelque chose
qui manque à ma fille pour être une perfection.
--Oui... et ce défaut est assez difficile à définir. En un mot,
marquise, ce qui lui manque, c’est... l’étincelle! Je m’explique. Si
vous voulez, prenons une comparaison. Vous avez beaucoup voyagé.
Vous avez fait autrefois, si je ne me trompe, quand votre mari était
attaché à je ne sais quelle ambassade lointaine, un séjour aux Indes.
--Oui. Mais, grand Dieu! général, quel rapport?
--Attendez... Vous avez dû assister à des fêtes bouddhiques; vous avez
vu le peuple hindou se presser dans les pagodes pour porter des
offrandes aux idoles?
--Je vous avoue que je ne vois pas où vous voulez en venir... Nous
parlions de ma fille...
--J’y reviens. Parmi les innombrables divinités qu’adorent ces païens,
j’ai remarqué une magnifique déesse au sourire énigmatique, qui était
choyée particulièrement; on éparpillait des fleurs à ses pieds, on lui
brûlait sous le nez des huiles parfumées: comme vous le pensez, elle
recevait les hommages de ses fidèles avec le même sourire indifférent,
la même attitude impassible.
--J’espère, dit Mme de Trivières en prenant un air choqué, que ce n’est
pas le portrait de Diane que vous faites-là?
--Un peu, si. Ne vous fâchez pas! Vous souvenez-vous du nom de cette
idole qui préside aux fêtes humaines? Elle porte un bien joli nom: c’est
Mayâ-Davi, la reine Illusion.
Le général d’Antivy s’arrêta de parler et regarda la marquise avec un
fin sourire.
Celle-ci dit d’un ton un peu sec:
--Je n’aime pas les apologues, général, et le vôtre me semble
ténébreux...
--Bon! suivez mon raisonnement. Telle la déesse Illusion, votre
admirable fille attire et captive par sa rare beauté; comme elle, elle
reçoit d’un air impassible les offrandes de ses adorateurs, elle aime
attirer les hommages, elle joue avec le feu pour dédaigner ensuite ceux
qu’elle a subjugués...
--Pourquoi ne pas me dire tout simplement que ma fille est une coquette?
--Non, chère amie... Je n’entends pas cela. Diane ne peut être confondue
avec une coquette vulgaire parce qu’elle ne quête aucun hommage. Comme
mon idole Mayâ-Davi, elle se contente de les laisser venir à elle sans
qu’un muscle de son visage vibre. La seule expression de son regard
froid est l’orgueil satisfait.
--Vous ne voudriez pas, bon ami, que Diane, une fille bien élevée,
s’éprît, à tort et à travers, de tous les jeunes gens qui lui ont fait
la cour.
--Oh! non, morbleu! cela nous entraînerait loin, seulement... Tout vieux
grognard que je suis, je me souviens d’avoir été jeune... de mon temps
où les jeunes filles n’étaient ni avocates, ni doctoresses, ni ferrées
sur les sciences exactes comme de vieux professeurs, on se servait d’une
expression courante pour traduire leur charme; on disait: «Elle a du
sentiment.» Aujourd’hui, ces demoiselles sont ravies quand on dit
d’elles: «Elles ont du chic.»
Mme de Trivières réfléchit un moment, puis:
--Si je vous comprends bien, tout ceci signifie: «Chère amie, votre
fille est délicieuse, mais elle est une idole sans âme, et c’est la
faute de l’éducation frivole que vous lui avez donnée.» On ne saurait
parler avec plus de franchise, ni être plus aimable, vraiment!
--Voyons, marquise, n’exagérons rien! Je vous en prie, ne voyez dans mes
paroles que l’intérêt très profond que je porte à cette chère enfant.
Sans dire que Diane manque de cœur, j’avoue que j’en verrais plus
souvent avec plaisir les manifestations, et, si je puis me permettre une
critique au genre de vie assez... mouvementé que vous aviez adopté, je
dirais qu’il eût été préférable, au milieu des distractions mondaines,
de réserver peut-être une part plus grande aux choses sérieuses, aux
œuvres charitables, par exemple...
--Mais, général, vous ne savez donc pas que je fais partie de toutes
sortes d’œuvres. Tenez, aujourd’hui encore, j’ai envoyé cent francs aux
soldats tuberculeux.
--L’argent a son bon côté, oui, j’en conviens; mais ce n’est pas tout!
J’ai rencontré dans mes tournées d’inspection de bonnes petites
infirmières qui n’avaient certainement pas la fortune de Diane, mais qui
possédaient infiniment de mérite.
--Comment, bon ami! s’exclama Mme de Trivières sincèrement indignée,
voudriez-vous que j’autorise ma fille à s’en aller seule, dans des
hôpitaux, soigner des gens malpropres, remplis de maladies
contagieuses... ce serait convenable! ce serait...
--Permettez! nos hôpitaux sont fort propres, et du reste, quand il y
aurait un risque... Seulement ce sont des questions que Diane ne
comprendrait même pas et auxquelles elle n’a jamais songé... Cependant,
d’autres l’ont fait... Ainsi la petite de Lizerolles, la fille du
colonel, une ancienne amie de votre fille, partie en expédition à
Salonique avec la Croix-Rouge.
--Ah bien! s’écria Mme de Trivières suffoquée, je vois Diane à
Salonique!
Le général dit en riant:
--Et moi, je ne la vois pas... non, pas du tout! J’ajoute même que je
suis très heureux que ma pupille ne m’ait pas mis dans l’alternative ou
de lui refuser mon consentement, ou de passer à mes propres yeux pour un
mauvais patriote. Mais, entre ces... exagérations du devoir et
l’indifférence complète de Diane, il me semble qu’il y aurait place pour
ce que j’appellerai «le sens de la guerre». Ainsi j’aimerais qu’en un
temps où tous les dévouements sont précieux, Diane, au lieu de rêver à
ses toilettes, cherchât un peu quel bien elle pourrait faire autour
d’elle... Ce serait peut-être aussi intéressant que de s’occuper de
ses...--comment dit-elle? fleurts--_flirts_?
Sentant la justesse de ces réflexions et le bien-fondé de ces reproches,
la marquise avait pris, depuis un moment, le parti de tamponner ses
beaux yeux de son petit mouchoir pour marquer son affliction.
Elle dit enfin d’un ton plaintif:
--Vous êtes bien dur, chez ami: pour les soldats que pourrions-nous
faire de plus? Diane a huit protégés; on leur écrit, on leur envoie des
paquets... ainsi...
--Ah!... ah! très bien! très bien cela, j’ignorais...
Le général d’Antivy resta silencieux, pendant que la marquise, calmant
son émotion légère, faisait disparaître son mouchoir et passait d’un
geste habituel ses belles mains sur les côtés de sa coiffure, savant
échafaudage où l’oxygène et le henné n’étaient pas étrangers à certain
lustre de jeunesse persistante... ce pendant qu’elle fixait son regard
sur son visiteur en se demandant ce qui allait encore sortir de
désagréable pour elle de son long silence.
Tout à coup le général demanda:
--Quel est celui des admirateurs de Diane qui tient en ce moment le rôle
de prétendant?
--Des admirateurs, général? C’est beaucoup dire! Les pauvres garçons ne
sont plus là! Et du reste, notre vie mondaine, cette vie que vous m’avez
assez souvent reprochée, est devenue bien restreinte... à part quelques
dîners... bridges... ou concerts...
--Ah! marquise, je vois que vous me gardez rancune!...
--Mais non, mais non, bon ami, je suis habituée.
--Quand je vous exprime, dans mon franc parler de soldat, mes opinions,
vous ne devriez y voir que ma profonde tendresse pour vos enfants, les
enfants que mon vieux camarade m’a recommandés à l’instant de sa mort...
Je lui ai juré de les protéger... de les guider... de tenir sa place,
enfin!
Mme de Trivières, toute frivole qu’elle était, possédait un excellent
cœur... Par un revirement plein de charme, elle sourit au vieillard et
lui tendit sa main, spontanément.
--Pardonnez-moi, bon ami, je sais bien que je devrais plus souvent tenir
compte de vos conseils... Mais, que voulez-vous... je suis de mon temps,
ou plutôt de celui de mes enfants... Vous savez que je ne vis plus que
pour eux!
Le général baisa galamment la belle main et Mme de Trivières ajouta:
--Maintenant que la paix est faite, dites-moi vite pourquoi vous
m’interrogez sur un prétendant possible à la main de Diane? En
auriez-vous un à me proposer?
--Peut-être... Je ne vous en ai encore jamais parlé pour plusieurs
raisons: d’abord, c’est que mon candidat était extrêmement jeune et
qu’il lui manquait un peu de plomb dans la tête pour en faire un mari;
ensuite, au moment où je pensais à en parler la guerre a commencé et il
aurait fallu ajourner nos projets. Enfin, la plus délicate de ces
raisons, c’est que je jugeais préférable que Diane eût un peu vu par
elle-même si, dans les différentes réunions où vous la conduisiez, elle
ne rencontrerait pas l’élu de son cœur, ce qui m’eût dispensé de jamais
vous parler d’un autre... Je crois que le cœur de ma pupille n’a pas
encore parlé?
--Non... S’il est tel que vous le dites, général, il est peu probable...
--Ah! marquise, la paix est signée!
--Oui, c’est vrai. Et votre candidat... c’est?
--Quelqu’un à qui vous avez fait allusion...
--Votre neveu Hubert?
--Mon petit-neveu: le fils de ma pauvre nièce Charlotte de Louvigny...
Vous l’avez connu, je l’ai amené ici il y a quelques années quand il
était au lycée, faisant sa préparation à l’École. Je vous l’amenais
quelquefois, le dimanche.
--Oui, je me souviens. Il jouait avec les enfants. Un beau garçon, assez
fort, grand, blond, distingué, très causeur, très gai...
--C’est cela! toujours le même, exclama le général. Eh bien! que vous en
semble?
--Mais que ce serait parfait! Comment se fait-il que nous n’y ayons pas
pensé plus tôt?
--J’y pensais, c’était mon plus cher désir d’unir ces enfants pour qui
j’éprouve la plus grande affection... Je ne vous en parlais point pour
les raisons que j’énumérais tout à l’heure.
Mme de Trivières fit avec un petit sourire:
--Dites-moi, bon ami, vous n’avez pas peur que le gros défaut de Diane
fasse fuir votre neveu si vous le lui dévoilez?
Il répondit sur le même ton:
--Ah! c’est bien possible, chère amie: si notre jeune beauté prend ses
grands airs de reine, il fuira, malgré sa bravoure... Pourtant, cette
petite, elle est si ensorceleuse quand cela lui plaît!... Elle a des
moments--des moments très courts, où il faut la saisir--c’est une
expression de visage, un mot, un sourire; on sent que la bonté, la
sensibilité sont là... à fleur d’âme pour ainsi dire, qu’il suffirait du
moindre choc pour ouvrir la source fermée... pour la laisser déborder.
--Vous avez toujours été poète, général, dit Mme de Trivières,
sérieusement. Vous avez manqué votre vocation... Un poète et un
sentimental; tout le contraire de mon pauvre mari auquel Diane ressemble
tant!
--C’est pour cela que nous nous entendions si bien, en vertu de la loi
des contrastes. Plus j’y pense, plus je suis convaincu que ces enfants
sont faits l’un pour l’autre... Belle fortune des deux côtés: vous savez
qu’Hubert était fils unique. Il a hérité de la totalité de la fortune
des Louvigny et des d’Antivy... sauf la part que je lui réserve. Tout
irait parfaitement, mais voilà... Hubert est un sentimental comme son
vieil oncle; il s’est mis en tête de choisir sa femme, de ne faire qu’un
mariage d’amour, et si nous les présentons l’un à l’autre tout
bonnement...
--Eh bien? demanda la marquise prête à remonter sur ses ergots... ne
trouverait-il pas ma fille de son goût?
--Il ne s’agit point de cela. Comment pourrait-elle ne pas lui plaire?
La difficulté c’est que si Mlle Diane ne l’agrée pas du premier coup,
Hubert restera décontenancé, il perdra de ses moyens et... l’affaire
sera manquée.
Il faudrait trouver un moyen, une... ruse quelconque qui leur permît de
faire leur connaissance réciproque et approfondie sans qu’ils fussent
avertis qu’il s’agit de mariage... presque en dehors de nous, qui les
fît ébaucher un petit roman et s’aimer comme de vrais amoureux... des
amoureux de mon temps.
--Ah oui! dit la marquise en riant, la petite fleur bleue, les
marguerites effeuillées, les tendres aveux. Mon ami, je crois que votre
neveu sera un fameux magicien s’il peut convertir ma fille à ces
charmantes bêtises sentimentales.
--... Sait-on jamais? Qui vous assure que Diane ne soupire pas aussi
après le moment où elle découvrira la petite fleur bleue?
--Ah! ah!
--C’est pourtant cette fleur de poésie qui fait le charme le plus
certain des préliminaires du mariage... C’est du reste pour cette raison
que, ne l’ayant jamais trouvée, je suis resté vieux garçon.
--Ou bien, vous avez passé auprès du bonheur, vous l’avez rencontré par
hasard sans le connaître.
--Par hasard? rencontré? Non, marquise. Pour moi, le bonheur n’est pas
un effet du hasard. Je considère le bonheur comme un art très difficile,
très compliqué et dont la condition première est, pour nous autres
hommes: la femme. J’entends une femme digne d’être aimée... Voici
pourquoi je désire qu’Hubert, cet enfant qui représente le plus grand
intérêt de ma vie, mette dans son jeu tous les atouts en choisissant une
femme accomplie...
--Et malgré toutes les précautions, raisonna la marquise, il arrive
souvent que ce bonheur si bien combiné tombe et s’écroule comme un
château de cartes.
--Mais reconnaissez de bonne foi que si le château de cartes est
d’avance boiteux et mal ajusté, il n’en aura que plus de chances pour
s’écrouler.
--Mon Dieu, soupira Mme de Trivières, qu’y a-t-il de stable en ce
monde?... et surtout à l’heure actuelle? Je vous avoue que je tremble en
m’occupant de mariage pour ma fille en un tel moment!
--Ce n’est qu’un projet très éloigné, notez bien, mais... nous pourrions
toujours les fiancer... en attendant.
--S’il arrivait malheureusement que Diane s’éprît tout à fait de votre
neveu qui, d’après ce qu’il promettait, doit être devenu tout à fait
agréable.
--Il est charmant... très beau garçon... spirituel...
--Et si..., continua la marquise, suivant son idée, il disparaissait
tout à coup, pensez au désespoir de ma pauvre enfant...
--Il faudrait alors que notre Diane fût bien changée!... Voyons,
marquise, tâchons d’être plus optimistes... Prenons le temps présent tel
qu’il est, et ne soyons point trop exigeants. Tâchons de procurer à nos
enfants, qui sont en pleine jeunesse, l’illusion que nous avons eue,--ou
aurions pu avoir,--pendant la nôtre... Le temps où ils vivent leurs
meilleures années n’est déjà pas si gai!
Depuis un moment, la marquise ne suivait plus son vieil ami... Elle
était absorbée dans ses réflexions,
--Oh! s’écria-t-elle soudain, j’ai trouvé!
--Quoi donc?
--Notre moyen: le moyen du petit roman qui doit obtenir, suivant vous,
la poésie dans le mariage, le sentiment, toutes ces choses rares dont
vous parliez tout à l’heure...
--Ce moyen, quel est-il?
--Puisque nos enfants ne peuvent faire une connaissance approfondie l’un
de l’autre en se voyant, votre neveu étant à l’armée, pourquoi ne la
feraient-ils pas par correspondance d’abord?... Ils se verraient plus
tard.
--C’est une idée... mais pour qu’ils s’écrivissent, il faudrait un
prétexte.
--Oh! mon Dieu! Diane écrit bien à ses filleuls... cela lui en ferait un
de plus...
--Si elle lui écrit de la même façon, chère amie, ce ne serait peut-être
point le bon moyen pour séduire Hubert!
--Mais nous lui dirons de qui il s’agit. Laissez-moi faire. Je me charge
de parler à Diane de son ancien camarade de jeux... Je rafraîchirai ses
souvenirs. Nous lui dirons que ce malheureux jeune homme, n’ayant plus
de famille, se trouve très abandonné, personne pour lui écrire.
--Et moi, chère amie, vous me supprimerez?
--Oui, dit la marquise en riant, je vous supprime. Nous aurons comme
prétexte que, devant partir en tournée d’inspection ainsi que vous nous
l’aviez annoncé...
--Je venais même vous faire mes adieux. Je pars après-demain.
--C’est parfait. Je dirai que vos nombreuses occupations ne vous
permettront plus, durant plusieurs mois, d’écrire à votre neveu; il va
être désespéré, c’est un affreux remords pour vous, aussi, vous nous
avez chargées, Diane ou moi, de la suite de votre correspondance pendant
le temps que vous inspecterez et rédigerez vos rapports... N’est-ce pas
bien trouvé?
--Bravo! Machiavel n’était rien auprès de vous, et naturellement vous
verrez les lettres?
--Ah! vous êtes naïf, général! Comment voulez-vous que ces enfants
s’écrivent librement s’ils savent que chaque mot sera contrôlé. Non, je
ne le demanderai pas... Mais je connais ma fille, continua Mme de
Trivières avec assurance. Je sais qu’elle me montrera ses lettres, elle
ne m’a jamais rien caché.
--Elle vous les montrera jusqu’à un certain moment.
--Comment? Qu’insinuez-vous, sceptique!
--Hé! hé! belle amie, j’insinue que vous les verrez jusqu’au moment que
nous désirons et que nous aurons provoqué: c’est-à-dire celui où mon
Pygmalion animera votre Galathée!
--Décidément, vous tenez à faire des comparaisons plus ou moins
avantageuses pour ma fille. Je vous passe Galathée, mais ne me dites
plus jamais... vous entendez? jamais! que Diane est une idole hindoue...
cela je ne vous le pardonnerai pas!
--C’était pourtant une très belle idole, je vous assure. Puisque je suis
en veine de comparaisons mythologiques, savez-vous à quelle déesse votre
superbe Diane peut être le plus justement comparée?... Non? Mais à celle
dont elle porte le nom païen, à Diane chasseresse. Malgré moi, je
cherche toujours au-dessus de son front le croissant symbolique.
--Taisez-vous, la voici, dit Mme de Trivières, en reprenant activement
son tricot. Ne parlons de rien maintenant...
--Vous m’écrirez?
--Oui, je vous tiendrai au courant.
Au même instant, une voix profonde, richement timbrée, résonna dans la
pièce:
--Vous étiez ici, bon ami, et on ne m’a pas prévenue?
Ils regardèrent entrer une grande jeune fille à la taille élégante, à
laquelle on aurait pu appliquer l’expression: «un port de reine». Sa
tête couronnée d’opulents cheveux bruns était petite et fine; elle avait
les traits réguliers de sa mère, avec moins d’expression dans la
physionomie et plus de fermeté dans le regard de ses yeux brun foncé...
Ainsi que la dépeignait son tuteur, Diane de Trivières était une
admirable statue.