Après ce qui a été dit au Chapitre 1er., Sect. 5, il me reste
peu de choses à ajouter pour démontrer que les arènes sont
non-seulement utiles mais nécessaires, très-nécessaires aux
pompes à vapeur.
Il y a précisement un siècle que les pompes à vapeur furent
introduites dans les exploitations de mines de houille du pays
de Liége :
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Alors il en fut établi quatre. Comment s'est-il donc fait
qu'aucun exploitant, si ce n'est quelques exploitans modernes,
ne se soient avisé dans un intervalle séculaire, d'opposer
dans leur intérêt privé, l'inutilité des arènes? La
réponse se trouverait-elle dans une différence à établir
entre les anciens exploitans et le plus grand nombre
d'exploitans modernes? Serait-ce parce que les premiers étaient
des gens de métier, tandis que le plus grand nombre de
derniers, sans connaissance aucune de l'art de mineur, ne voient
dans les exploitations qu'une entreprise plus ou moins
luvrative? Cependant, dans leurs moyens hostiles contre les
arèniers, des exploitans ont fait valoir, les uns que les
pompes à vapeur ont paralysé les bénéfices des arènes, les
autres ont prétexté qu'ils versaient au jour les eaux de leurs
ouvrages.
Ce qui se passe sous nos yeux, ce qui se passe en Angleterre,
prouve que les premiers ont tort, puisque les arènes sont
encore aujourd'hui ce qu'elles étaient il y a plusieurs
siècles, ce qu'elles furent à leur origine même. Aujourd'hui
comme alors, elles présentaient, soit dans les ouvrages
souterrains, soit dans l'orifice des bures, le même niveau
d'eau : s'il arrivait que ce niveau fût aujourd'hui inférieur,
où se trouvât exhaussé en quelque partie, les exploitans
seuls auraient pu commettre l'abattement ou élever l'obstacle.
Mais diront les exploitans : si les arènes reçoivent et
déchargent les eaux qui viennent de la superficie et si le sein
de la terre n'en contient pas, quel pourrait être le motif
d'élever à si grand frais des pompes à vapeur?
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Déjà cette question a été résolue au tit. Ier §5. J'y
ajouterai cette réponse que les arèniers peuvent aussi faire
de leur côté.
Pourquoi vous et vos auteurs, que rarement vous représentez par
succession, mais dont vous avez, avec tant de soins et à titres
plus ou moins onéreux, acquis les droits, lieux places et
degrés, pourquoi dis-je, pour avoir des titres à la
succession, que vous avez obtenue ou que vous sollicitez avec
tant d'instances, avez-vous commencé par exploiter les veines
les plus rapprochées de la superficie? Que les exploitans
primitifs aient attaqué ces veines parce qu'ils n'en
connaissaient peut-être pas d'inférieures, que ceux qui leur
ont succédé, bien qu'aidés des arènes, aient suivi les
travaux dans les couches attaquées, cela peut se concevoir;
l'art d'exploiter était dans son enfance : mais que vous ayez
continué de porter vos travaux sur les couches supérieures;
que vous ayez fait pis encore en rappelant les piliers et les
massifs, rappel qui ne peut, qui ne doit avoir lieu que
lorsqu'une exploitation, parvenue à la plus grande profondeur
possible, se trouve totalement épuisée et est conséquemment
arrivée à son terme, voilà ce qu'il serait difficile de
résoudre dans l'intérêt de la société; on ne le
résolverait pas dans le vôtre si le besoin de jouir ne vous
eût fait sacrifier les ressources de l'avenir.
À l'époque de l'établissement des pompes à vapeur, et il en
était temps encore, si au lieu d'attaquer les mines les plus
proches de la mer d'eau, si vous-même
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depuis 30 à 40 ans, eussiez employé les moyens pour atteindre
les couches à plus grande profondeur possible, vous n'auriez
point à redouter ces mares d'eau considérables qui se sont
formées dans les vides de vos travaux et qui, sous les pieds,
sur la tête du malheureux mineur, menace de l'engloutir à
chaque instant.
Soit qu'elles aient échappé par leur affluence à la décharge
que présentait l'arène, soit qu'elles soient tombées d'aplomb
par les anciens bures, soit qu'avant la construction des
arènes, elles eussent déjà occupé des vides inférieurs à
leur niveau, ce sont ces eaux que les pompes à vapeur doivent
faire remonter au niveau de l'arène et que sans le secours, de
celles-ci, vous devriez remonter au jour; ce sont ces eaux qui,
accumulées par des travaux irréguliers et parfois clandestins,
ont causé la mort à tant de mineurs et qui ont amené des
catastrophes semblables à celle de Beaujonc.
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