NOTES:

[1] Je n’avais pas tort. Voici ce que j’ai lu dernièrement dans le

_Courrier de Genève_:

=Vaud.=--Le Grand Conseil s’est réuni lundi soir en session ordinaire

d’automne. Il a d’abord liquidé deux interpellations, la première de M.

Paul Vulliet relative à la disparition, par suite de travaux exécutés au

château de Chillon, des traces de pas de Bonivard autour de la colonne à

laquelle il avait été enchaîné.

En réponse à cette interpellation, M. Vicquerat donne lecture d’un

rapport du directeur de la restauration.

Ce rapport établit que les traces en question n’ont jamais été creusées

par les pas de Bonivard; ensuite que ces traces sont rafraîchies chaque

hiver, alors que les étrangers sont peu nombreux, à l’aide de pelles et

de pioches, et d’ailleurs ces traces ont été rétablies depuis le dépôt

de l’interpellation.

Comme on le voit il est aussi fort bon de _raffraîchir_ l’histoire.

[2] Les années ont passé, mais les sentiments que j’éprouvais alors

n’ont pas changé. La guerre est une œuvre impie, le plus terrible des

fléaux, le plus épouvantable des malheurs, c’est le châtiment de Dieu!

D’après des documents réunis depuis, il résulte que la guerre de 1870 a

coûté à la France et à l’Allemage: deux cents mille morts, cinq cents

mille blessés et quinze milliards de francs!

[3] Autrefois on disait: «Pas d’argent pas de _Suisses_,» aujourd’hui on

peut toujours dire la même chose: Pas d’argent pas de _Suisse_, il faut

en avoir _beaucoup_ pour y aller. Une statistique de _La Zuricher Post_

constate qu’en 1892, les étrangers ont passé en Suisse cinq millions

huit cent cinquante-neuf mille cinq cents journées d’hôtel, ce qui leur

a coûté soixante-dix millions trois cent quarante-et-un mille francs.

De plus, on compte que les mêmes touristes ont dépensé environ quarante

millions pour leurs voyages en chemin de fer, bateau à vapeur, voie

funiculaire et à crémaillère, tramways, etc. C’est un beau denier pour

un si petit pays.

[4] Cet admirable monument fut érigé en 1821. Le dessin est du grand

maître Thorwaldsen, la sculpture de l’artiste Lucas Ahorn de Constance.

[5] Depuis cette année terrible, le richissime M. Osiris a fait don à la

ville de Lausanne de la statue de Guillaume Tell, d’une valeur de cent

mille francs, œuvre du sculpteur Antonin Mercié, en souvenir de

l’accueil hospitalier fait par la Suisse à l’armée de Bourbaki, en 1871.

«Cette noble figure de Guillaume Tell sera pour les siècles futurs une

belle preuve que la France se souvient et qu’elle a voulu le prouver en

gravant dans le marbre sa reconnaissance.»

Un autre monument rappelle encore la généreuse intervention des Bâlois

et des Zurichois lors du siège de Strasbourg, ce monument est de

Bartholdi.

Voyages loin de ma chambre t.1 · 第 160 / 161 题