CADMAN.

Le jour des régates, on lisait:

«Salvation Army

Réunion gigantesque. A onze heures, réception du Saint-Esprit; à midi,

départ de la caserne, et marche triomphale à travers le camp de

l’ennemi; à deux heures, grande bataille.

On se réunira à deux heures trente dans la forteresse, d’où l’on tirera

l’évangile à boulets rouges dans les rangs des esclaves du diable (Ici

il faut entendre les paisibles promeneurs qui devaient aller voir les

régates).

N. B.--Un grand médecin (Jésus-Christ) sera présent, et prodiguera ses

soins aux malades et aux blessés.»

La ville de Guernesey est bâtie en amphithéâtre, il faut toujours monter

ou dévaler.

Le pays est très beau, très boisé et le climat délicieux. Jersey est

moins joli, moins pittoresque, moins fleuri que Guernesey, mais il a de

nombreuses baies pour prendre des bains, tandis qu’ici il n’y en a

guère. Si les plages sont désertes, en revanche, les maisons me semblent

encombrées de jeunes habitants: tout cela crie la nuit, tapage le jour;

cette marmaille est à l'âge agréable où les enfants peuvent être

considérés comme de petits fléaux.

La ville est très propre, les ruisseaux qui courent en pente comme les

rues nettoient tout en passant rapidement. Les promenades sont

charmantes, le long de la mer; un tramway en côtoie les bords. Je suis

montée sur une éminence attirée par la vue d’un grand monument en forme

d’aiguille élevé là en souvenir d’un seigneur du pays, le baron

Saumarez qui, paraît-il, a fait beaucoup de belles et bonnes choses.

J’ai visité les deux églises catholiques; rien de saillant. A neuf

heures et demie du soir on tire un coup de canon: serait-ce pour

remplacer le couvre-feu et inviter les habitants à rentrer chez eux?

Non, cela ne regarde que les militaires, c’est l’appel qui doit les

ramener tous à la caserne.

Voyages loin de ma chambre t.1 · 第 75 / 161 题