Décidément, j’aime mieux les bois que la mer, je préfère les verdoyants
feuillages aux verdoyantes eaux, les chansons de l’oiseau aux chansons
de la vague, les paysages variés à l’immensité uniforme, l’abîme me fait
peur!
Je troquerais tout Jersey rien que pour une de nos landes bretonnes,
parce que la vue de tout ce qui charma notre enfance fait du bien: ces
souvenirs là effacent les tristesses du présent, cela rajeunit; c’est
comme un bain de jouvence. Mais ici toutes les choses ne parlent qu’à
mes yeux et ne disent rien à mon cœur. Quand on s’est rendu compte des
beautés naturelles d’un pays, qu’on a admiré ses sites grandioses et ses
vastes horizons; lorsqu’on a parcouru les rues et visité les monuments
d’une ville et qu’on n’y connaît personne, il ne reste plus qu’une chose
à faire, c’est de s’en aller.
J’espère que nous ne tarderons pas à partir.