(_L'Echo belge_, 10 juillet 1916, p. 1, col. 2.)
Hâtons-nous de dire que les chefs du mouvement flamand ont immédiatement
compris la nécessité de déjouer les manoeuvres allemandes. Ainsi, déjà en
juillet 1915, ils faisaient circuler une déclaration animée du plus pur
patriotisme. En voici la traduction:
Les soussignés, Belges flamands, tiennent à faire la déclaration suivante:
1° Toute faveur que l'autorité allemande accorderait, contrairement aux
lois belges, à une partie de la population, serait considérée comme
indésirable et inacceptable;
2° Ils déclarent que des journaux récemment créés qui, sous le manteau du
flamingantisme, servent des intérêts autres que ceux de la Belgique, ne
représentent aucune fraction du mouvement flamand;
3° Ils font un appel à leurs compatriotes flamands et wallons, pour qu'on
laisse reposer tous les différends linguistiques aussi longtemps que la
liberté de la Belgique est entravée par l'occupation étrangère.
Traduisons aussi la déclaration qui est inscrite en épigraphe à la
manchette de _De Vlaamsche Leeuw_ (pl. VI):
En ces temps de deuil et d'épreuves, nous, Flamands, nous nous groupons
sans condition, avec nos frères wallons, autour du drapeau tricolore belge
et nous partageons avec eux les mêmes besoins et les mêmes dangers.
Nous sommes convaincus que, lorsque la victoire finale sera obtenue, nous
partagerons également ensemble les mêmes droits.
Aucun moyen n'est négligé par nos ennemis pour s'attirer la bienveillance
des Flamands. N'ont-ils pas imaginé de proscrire les noms français des
faubourgs de Bruxelles! Et voyez comme ils réussissent bien. Le cachet
que la poste allemande appliqué sur les lettres à Forest est ainsi conçu:
_Vorst bij Brüssel--Belgien_ (pl. XVI). Or _Vorst bij_ (Forest près) sont
des mots flamands, mais _Brüssel--Belgien_ sont allemands.