1. La marche des opérations militaires.

Nous venons de voir combien peu de créance méritent les communiqués

officiels allemands au sujet de la guerre. Heureusement que les journaux

étrangers et les petites feuilles dactylographiées nous servaient

d'antidote aux télégrammes Wolff. De temps en temps nos prohibés donnent

des aperçus d'ensemble sur la situation. Inutile de les signaler en

détail, car des chroniques de ce genre perdent tout de suite leur intérêt.

Chaque fois que l'armée allemande reçoit une raclée, les autorités

s'empressent de faire afficher des «nouvelles authentiques», par exemple

lors de la bataille de la Marne[24]; de la bataille d'Ypres et de

l'Yser[25], de la bataille de Champagne (voir p. 31). De plus, elles ont

soin de mettre les Belges en garde contre les «fausses nouvelles» données

par les prohibés. Nous avons déjà reproduit une affiche datant de la

bataille de la Marne (p. 27). Voici celle de la bataille de la Somme, en

juillet 1916:

[Note 24: Voir _Comment les Belges résistent_..., p. 221, 222.]

[Note 25: _Ibid_., p. 220, 222.]

Une fois de plus, on profite de l'offensive des forces franco-anglaises,

secondées par des troupes jaunes, brunes et noires, pour répandre des

bruits fantastiques et dénués de tout fondement, annonçant que les troupes

allemandes vont évacuer la Belgique. Le but de ces agissements est des

plus évidents. On veut inquiéter la population et, en se basant sur la

prétendue incertitude que présenterait l'avenir proche, détourner les

habitants de leurs travaux réguliers qui sont la condition _sine qua

non_ de l'ordre public et de la satisfaction personnelle. Des meneurs

impardonnables, s'adressant à des ouvriers, qui, après un chômage plus

ou moins long, gagnent de nouveau bien leur vie, ont même essayé de les

décider à abandonner l'ouvrage.

Ainsi que je l'ai déjà fait précédemment, en de semblables occasions,

je mets encore une fois les habitants travailleurs et raisonnables

formellement en garde, dans leur propre intérêt, contre ces faux bruits et

contre les menées tendant à troubler leur gagne-pain régulier. Un

avenir proche montrera combien j'étais en droit d'adresser ce nouvel

avertissement à la population.

Les autorités placées sous mes ordres ont été chargées de rechercher les

propagateurs de fausses nouvelles et de les punir sévèrement. J'engage

ceux qui, parmi les habitants, font preuve de clairvoyance et de zèle dans

le travail à ne pas cesser de croire que, secondé par mon administration,

je m'efforce toujours, tout en tenant compte des autres missions qui

m'incombent, de veiller mieux au bien-être du territoire qui m'est confié

que ceux qui excitent à la haine et à la résistance, et dont je ne

tolérerai pas les agissements.

(_L'Echo belge_, 4 août 1916, p. 1, col. 3.)

Tout le monde sait à l'étranger que les Allemands n'hésitent jamais à

mentir pour cacher leurs pertes. En Belgique, on est également au courant

de cette manoeuvre. Témoin l'entrefilet suivant qui relate les pertes

subies par les belligérants lors des combats sur l'Yser et l'Yperlee en

mai 1915: Steenstraate, Het Sas, la ferme Saint-Julien, Zonnebeke, les

Nonneboschen, Zillebeke, la hauteur 60, Fresenberg, etc.

Les pertes à l'Yser.

De notre correspondant particulier à la «Kommandantur»:

Dans une lettre adressée par le gouverneur baron von Bissing à???,

et qui, par un heureux hasard, est tombée entre les mains de notre

correspondant particulier, il fait part des pertes qui ont eu lieu à

l'Yser, du 1er au 11 mai. Elles se répartissent comme suit:

Belges 7.000 tués, blessés, prisonniers ou disparus.

Anglais 17.000 ---

Français 31.000 ---

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TOTAL 55.000 ---

La Presse Clandestine dans la Belgique Occupée · 第 45 / 112 题