Madame, sellon les propos que le comte de Lestre m'a naguières tenuz,
lesquelz je récite en la lettre du Roy, le Sr de Valsingam semble
n'avoir bien comprins la responce que Vostre Majesté luy a faicte,
touchant les deux mil escuz qui alloient en Escoce, bien qu'il l'a au
moins escripte en façon que la Royne d'Angleterre ne doubte plus que
je ne les aye baillez, mais dict que Vostre Majesté n'advouhe pas
qu'ilz soient provenuz du Roy ny qu'ilz fussent envoyez au Sr de
Vérac, son agent en Escoce. A quoy, Madame, je vous suplie très
humblement que, la première foys que le dict Sr de Valsingam viendra à
l'audience, il vous playse luy dire qu'après vous estre mieulx
informée du faict des dicts deniers, vous avez trouvé que la moictié
d'iceulx provenoit du Roy, et l'aultre moictié d'une partie que Mr de
Glasco m'avoit adressée; mais que le tout estoit envoyé par vostre
commandement au Sr de Vérac, et que pourtant vostre vouloir est qu'ilz
soient remiz en mes mains: car, Madame, cella emporte grandement à la
réputation de voz affaires, et au bien de vostre service par deçà. Et
encores semble que le dict Sr de Valsingam n'ayt bien remonstré à la
Royne, sa Mestresse, que Voz Majestez ayent à cueur le faict de la
Royne d'Escoce et de son royaulme. Néantmoins j'espère aller trouver
bientost la dicte Royne, sa Mestresse, pour continuer toutjours la
gracieuse négociation d'amytié et de bonne intelligence, qui est
commancée entre Voz Majestez et elle, et réduyre le tout aulx
meilleurs termes qu'il me sera possible. Et sur ce, etc.
Ce Ve jour de novembre 1571.