PAR POSTILLE.

Ce que j'ay dict cy dessus, d'avoir le consens du Pape, seroit

pour dispenser Monsieur sur le mariage de ceste princesse et sur

la forme des nopces, et pour la pouvoir accompaigner quelquefoys

à son oratoyre, et pouvoir aussi estre quelques jours sans ouyr

la messe, si la nécessité ainsy le requéroit, entrant en son

royaulme, se chargeant Mon dict Seigneur, le jour qu'il

l'ouyroit, d'un plus grand service de prières catholiques; car,

au reste, nul ne faict difficulté qu'estant icy il n'obtienne

assés en cella, sellon que la Royne d'Angleterre mesmes et toutz

ceulx de son conseil sçavent et permettent que plusieurs

seigneurs de ce royaulme puyssent avoir la messe en leurs

maisons, et elle mesmes les en dispence, et, au pis aller,

l'ambassadeur du Roy, qui sera icy, accommodera toutjours Mon

dict Seigneur et les siens du dict exercice de sa religion, et ne

sera inconvéniant, s'il le trouve bon, qu'aulx grandes festes, il

passe à Bolloigne pour y faire la solempnité; qui n'est pas plus

loing que là où le Roy d'Espaigne se retire souvant en telz jours

pour sa dévotion, car, pourveu qu'il se conserve et se monstre

catholique, et qu'en quelque sorte il ayt l'exercice de sa

religion, et qu'il ne soit obligé à la protestante, il ne luy

peult, quant au reste, estre rien imputé en cest endroict ny

envers Dieu, ny envers les hommes: et pourtant, Madame, il ne

fauldra toucher ung seul mot au sieur de Valsingan du dict faict

de la religion, ny l'admettre luy qu'il vous en parle.

Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Quatrième Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 110 / 362 题