AU ROY.

Sire, plusieurs occasions ont faict que, jusques à ceste heure, nous

n'avons peu rien escripre à Vostre Majesté du faict des petites

lettres, y voyant intervenir à toute heure, et quasi à tout moment,

tant de dellibérations différantes et tant de contrariétez par la

menée, de ceulx qui n'espargnent ny dons, ny promesses, ny escuz

contantz pour l'interrompre, que nous ne sçavions que vous en mander;

et enfin, s'estant l'affaire acheminée en sorte que, si la Royne

d'Angleterre n'est plus recherchée du poinct de la religion, duquel ne

luy semble que, pour ceste heure, elle puysse rien capituller, ny

promettre, contre les loix de son royaulme, il se peult, quant à tout

le reste, espérer ung bon succez. Nous avons advisé de faire courir ce

mot devant, par ce porteur exprès, affin de vous advertyr, Sire, que,

s'il vous playt, à telle condicion, faire acheminer deçà monsieur de

Montmorency et messieurs de Foix et de Chiverny, que Vostre Majesté

les peult faire tenir prestz, sellon que, par le récit de moy,

Larchant, et du Sr Cavalcanty, qui partirons demain, et par les

lettres, que moy, La Mothe, vous escripray par eulx, il vous sera

plus amplement desduict. Sur ce, etc.

Ce IXe jour de juillet 1571.

_Signé_ LA MOTHE et LARCHANT.

Comme ce porteur a esté prest de partyr, le Sr de Vassal est

arrivé avec la dépesche de Voz Majestez, du IIe du présent, par

l'ocasion de laquelle et des pourtraictz, qu'il a fort bien

conduictz, moy, La Mothe, mettray peine de tenir toutjours les

choses en la meilleure disposition qu'il me sera possible.

Correspondance Diplomatique de Bertrand de Salignac de La Mothe Fénélon, Tome Quatrième Ambassadeur de France en Angleterre de 1568 à 1575 · 第 105 / 362 题