De tous les noms que la destinée avait réservés pour la princesse
Marie-Lætitia Bonaparte-Wyse, c'est sous celui de Ratazzi qu'elle s'est
acquis le plus de notoriété et que nous croyons devoir l'inscrire
ici. Sa mère, fille de Lucien Bonaparte, avait épousé sir Thomas
Wyse, membre du Parlement et diplomate du gouvernement britannique.
Marie-Lætitia épousa d'abord le comte de Solms, dont elle eut un fils.
Devenue veuve, elle se remaria à Urbain Rattazzi, premier ministre
de Victor-Emmanuel; après la mort de ce second mari, elle épousa en
troisièmes noces don Luis de Rute, riche Espagnol, tué en duel en
1890. Les vicissitudes de la fortune l'accompagnèrent dans ses divers
mariages. Jolie, spirituelle, artiste, elle n'eut jamais un de ces
salons fermés dont il est difficile d'enfoncer la porte. Sa trop grande
hospitalité l'a trahie.
Elle a fait paraître les œuvres de son second mari, M. Ratazzi, et a
beaucoup écrit elle-même de romans, de poésies, de pièces de théâtre,
sous le nom de Ratazzi et de Rute; c'est sous ce dernier nom qu'elle a
fondé une revue, _les Matinées espagnoles_, à laquelle nous empruntons
une page où elle se défend des calomnies qui venaient de l'assaillir: