Juliette Lamber est née à Verberie, près Senlis; son père était
médecin. Elle épousa M. Émile Adam. C'est une des figures de femmes
du XIXe siècle appelée à vivre dans la postérité, à cause du rôle
politique qu'elle a su prendre et qui l'a sortie d'entre les nombreuses
femmes de lettres de notre époque. Elle est presque unique en France
en son genre. C'est ce que nous appelons une tête de ligne. Depuis
1870, et avec Gambetta pour commensal, dont son mari défunt était l'ami
intime, elle a tenu un salon politique encore plus ou tout autant
que littéraire et artistique. Elle a fondé une revue, tâche rarement
entreprise par une femme. Dans cette revue, elle s'est surtout réservé
la partie de la politique extérieure, et les _Lettres_ qu'elle y publie
périodiquement ne sont pas sans être lues avec considération dans les
pays étrangers.
Mme Adam se délasse de temps en temps de la politique par des œuvres de
sentiment et d'imagination.
Elle débuta en 1858 par:
_Idées anti-proudhoniennes sur l'amour et la femme._
_La Papauté dans la question italienne._
_Garibaldi, sa vie, d'après des documents inédits._
_Blanche de Civry._
_Le Mandarin_, 1860; _Mon village; Récits d'une Paysanne_, 1862;
_Voyage autour du Grand Prix_, 1863; _Dans les Alpes_, 1867;
_L'Education de Laure_, 1868; _Saine et sauve_, 1870; _Récits du golfe
de Juan_, 1873; _Journal d'une Parisienne pendant le Siège de Paris_;
_Jean et Pascal_, 1876; _Laide_, 1878; _Grecque_, 1879; _Galathée_,
1880; _Poètes grecs contemporains_, 1882; _Chanson des nouveaux
époux_, 1882; _Païenne_, 1883; _Patrie hongroise_, 1884; _Récits d'une
paysanne_, 1884; _Coupable comédie_, 1885; _Pensées spirites_, 1888;
_Lettre d'un Paysan hongrois_.