. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je ne vous ferai point ici l'histoire des révolutions que la physique
a éprouvées; il faudrait, pour les rapporter toutes, faire un gros
livre. Je me propose de vous faire connaître _moins ce qu'on a pensé
que ce qu'il faut savoir_.
Jusqu'au dernier siècle, les sciences ont été un secret impénétrable
auquel les prétendus savants étaient seuls initiés; c'était une
espèce de cabale dont le chiffre consistait en des mots barbares qui
semblaient inventés pour obscurcir l'esprit, pour le rebuter.
Descartes parut dans cette nuit profonde comme un astre qui venait
éclairer l'univers. La révolution que ce
grand homme a causée dans les sciences est sûrement plus utile et est
peut-être plus mémorable que celle des plus grands empires, et l'on
peut dire que c'est à Descartes que la raison humaine doit le plus:
car il est plus aisé de trouver la vérité, quand on est une fois sur
ses traces, que de quitter celles de l'erreur. La Géométrie de ce
grand homme, sa Dioptrique, sa Méthode, sont des chefs-d'œuvre de
sagacité qui rendront son nom immortel, et s'il s'est trompé sur ces
quelques points de physique, c'est qu'il était homme, et qu'il n'est
pas donné à un seul homme ni à un seul siècle de tout connaître.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .