Il est un âge heureux, mais qu'on perd sans retour,
Où la faible jeunesse entraîne sur ses traces
Le plaisir vif avec l'amour
Et les désirs avec les grâces.
Il est un âge affreux, sombre et froide saison,
Où l'homme encor s'égare et prend dans sa tristesse
Son impuissance pour sa sagesse
Et ses craintes pour la raison.
[Illustration]
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Je lis l'histoire, parce qu'il faut savoir les faits jusqu'à un
certain point, et puis parce qu'elle fait connaître les hommes; c'est
la seule science qui excite ma curiosité,
parce qu'on ne saurait se passer de vivre avec eux. (_Lettre à
Voltaire._)
[Illustration]
Toutes les conditions, toutes les espèces me paraissent également
malheureuses; le fâcheux, c'est d'être né, et l'on peut pourtant dire
de ce malheur-là que le remède est pire que le mal. (_Idem._)
[Illustration]
Ne parlons plus de bonheur, c'est la pierre philosophale qui ruine
ceux qui la cherchent. On ne se rend point heureux par système; il
n'y a de bonnes recettes pour le trouver que de prendre le temps
comme il vient et les gens comme ils sont. J'ajouterai être bien avec
soi-même. (_Idem._)