(FRANÇOISE D'ISSEMBOURG D'HAPPONCOURT)
(1695-1758)
Mariée à un chambellan de la cour de Lorraine grossier et cruel,
elle fut forcée de se séparer de son mari et vécut dans des embarras
pécuniaires des plus pénibles, auxquels vinrent s'ajouter des critiques
acerbes dont elle fut le but, en dépit des relations d'amitié qu'elle
entretint avec Voltaire et Mme du Châtelet. Pendant son séjour à
Ferney, elle écrivit des lettres très curieuses sur la vie intime de
ses hôtes, lettres qui furent publiées longtemps après sa mort.
Elle publia les _Lettres péruviennes_, roman dans lequel on trouve,
selon Palissot, des sentiments, de la passion, mais plus ordinairement
Une métaphysique où le jargon domine,
Souvent imperceptible à force d'être fine.
Ces _Lettres péruviennes_ furent son début littéraire. Elle avait
cinquante-deux ans. Elle eut un grand succès au théâtre avec _Cénie_,
et un grand revers qui l'accabla profondément avec _la Fille
d'Anatide_. Sainte-Beuve l'accuse de _cailletages_; elle-même ne
disait-elle pas:
Cailleter, oh! c'est une douce chose.