(1621-1689)
Nièce de l'évêque de Séez, fille d'un gentilhomme de la chambre du roi;
sa mère, d'origine espagnole, servant d'intermédiaire à la reine pour
correspondre secrètement avec sa famille, Françoise Bertaut, dès l'âge
de sept ans, fut attachée à la personne de la reine Anne d'Autriche;
mais Richelieu, craignant déjà son influence, l'éloigna. Vers sa
vingtième année, sa mère, qui l'avait conduite en Normandie, la maria
à M. Langlois de Motteville, qui en avait quatre-vingts. Après la
mort de Richelieu, elle revint près d'Anne d'Autriche, et fut pendant
vingt-deux ans plutôt une amie de la reine qu'une femme de chambre,
dont elle avait le titre. Mazarin la craignait aussi, mais ne fut point
aussi rigoureux que son prédécesseur. Elle n'a laissé que des _Mémoires
pour servir à l'histoire de la reine Anne d'Autriche_, écrits dans une
langue simple et spirituelle. On y rencontre quelques observations
assez véridiques:
Les rois ne voient jamais leurs maux qu'au travers de mille nuages.
La Vérité, que les poètes et les peintres représentent toute nue, est
toujours, devant eux, habillée de mille façons, et jamais mondaine
n'a si souvent changé de mode que celle-là en change quand elle va
dans les palais de roi.