(1553-1615)
Fille de Henri II et de Catherine de Médicis, sœur de Charles IX et de
Henri III, première femme de Henri IV, répudiée en 1599, Marguerite de
Valois eut une vie privée aussi irrégulière et aussi joyeuse que celle
de son mari.
Elle écrivit pendant son exil au château d'Usson des _Poésies_ et
des _Mémoires_ comprenant, de 1569 à 1582, une période de pas moins
de treize années, qu'elle comparait dans la préface de cet ouvrage
adressée à Brantôme «à de petits oursons qui vont vers l'historien, en
masse lourde et difforme pour y recevoir leur formation».
Ces mémoires furent écrits par elle dans le but de justifier sa
conduite. Ils sont aussi peu possibles à lire par tous les yeux que les
_Contes_ de la reine de Navarre, sa grand'belle-mère.
Son style clair, précis, délicat, sympathique et naïf en même temps,
lui vaut cet éloge de Bacon dans son _Histoire de la littérature
française jusqu'au XVIe siècle_, «qu'elle sert de transition entre
Christine de Pisan et Mme de Sévigné». De goût élégant, elle supprima
le hennin et imagina de se coiffer avec ses cheveux.