SONNETS

I

Je vis, je meurs, je me brusle et me noye,

J'ai chaut extresme en endurant froidure,

La vie m'est et trop molle et trop dure;

J'ai grans ennuis entremeslez de joye.

Tout à un coup je ris et me larmoye,

Et en plaisir maint grief tourment j'endure;

Mon bien s'en va, et à jamais il dure;

Tout en un coup je seiche et je verdoye.

Ainsi amour inconstamment me meine;

Et quand je pense avoir plus de douleur,

Sans y penser je me treuve hors de peine.

Puis, quand je croy ma joye estre certaine

Et estre en haut de mon désiré heur,

Il me remet en mon premier malheur.

Anthologie féminine · 第 35 / 537 题